L’importance de l’eau

Le vendredi 3 juillet 2009 à 09:14 par Daniel

Si la qualité du thé et un instrument d’infusion approprié à son infusion sont des facteurs importants afin d’apprécier pleinement un moment privilégié de dégustation, il pourrait arriver que l’on néglige un détail pourtant primordial de l’infusion: l’eau. En fait, 99,8% d’une tasse de thé se trouve à être de l’eau. Si votre eau n’est pas très bonne, il s’avérera presque impossible que votre infusion soit un délice à son plein potentiel. Le chlore, l’ennemi numéro 1 des arômes, a la capacité “d’éteindre” un thé merveilleux. Pour quiconque est habitué de déguster un thé préparé avec une eau non chlorée, vient un jour l’expérience troublante et décevante d’être, que cela soit en voyage ou en famille, au prise qu’avec la possibilité d’infuser son précieux thé avec l’eau du robinet… Cette eau sera donc à proscrire aux meilleures des possibilités. Si un filtre Brita ou un autre système de purification permettra d’amenuiser ses éléments nuisibles aux arômes, nous nous devons à tout le moins, à défaut d’un instrument de filtration, de laisser l’eau recueillie du robinet ”sur le comptoir” pendant quelques heures afin que le chlore s’évapore quelque peu. L’eau de source reste quant à elle la meilleure option. Différentes eaux sont disponibles en bouteilles, chacune donnant un goût ou une texture différente au même thé infusé dans l’une ou dans l’autre. Il y a quelques mois de cela, un test à l’aveugle où participaient plusieurs membres de notre équipe a su démontrer que certaines sources favorisaient des infusions plus délicieuses que d’autres! Pour les curieux, je vous recommande d’ailleurs de faire vos propres tests sur vos thés préférés, c’est assez surprenant! Mon conseil: Si vous ne voulez pas, comme moi, dépenser des sommes importantes sur des gallons et gallons d’eau de source (en plus de l’impact environnemental du plastique et/ou de l’acheminement), munissez-vous d’un Brita (préférablement celui qui se branche directement au robinet) pour vos thés quotidiens -et pourquoi pas pour le reste des usages de la maisonnée!- et choisissez-vous une bonne eau de source pour l’infusion de vos thés plus précieux. Vous remarquerez, j’en suis certain, une différence énorme. Et donnez-m’en des nouvelles!

 

1,2,3…Matcha!

Le vendredi 19 juin 2009 à 09:13 par Daniel

 

Un de mes chers lecteurs, Tommy, m’a suggéré de vous offrir mes impressions que me laissent les 3 différents Matcha que nous proposons sur notre carte. Je vais d’abord vous faire un petit résumé de ce qu’est le Matcha et d’où proviennent ces trois grades avant de vous présenter le trio de “poudres vertes”.

 

Le Matcha provient, traditionnellement et comme dans le cas de ceux que nous sélectionnons, de la mouture sur meule de pierre ou de céramique de feuilles de Tencha, un style de Gyokuro ayant été traité avec grand soin: on aura retiré soigneusement chacune des nervures des feuilles de Gyokuro avant de moudre finement ces dernières. C’est dans la belle région de Uji, au Japon, que l’on produit les Matcha les plus précieux. Particulièrement encore bien vivante dans la région de Kyoto, l’art de la cérémonie du thé (chanoyu) est d’ailleurs nourrie par ces productions locales de la plus haute qualité. Avec la méthode employée pour préparer le Matcha, une émulsion est créée quand la poudre est battue à l’aide d’un fouet de bambou (chasen) dans une petite quantité d’eau contenue dans un bol (chawan). Plusieurs grades sont disponibles sur le marché allant d’un dizaine de dollars la boîte de 50 grammes jusqu’à plusieurs centaines de dollars pour une quantité équivalente. Si certains des meilleurs grades seront utilisés pour la dégustation du thé léger (usucha) et d’autres pour le thé épais (koïcha), les Matcha dits “de cuisine” sont des grades inférieurs, pouvant provenir du Japon comme de d’autres pays producteurs, qui ne sont pas choisi pour être dégustés mais pour être ajoutés à des préparations alimentaires (crème glacée, smoothies, pâtisseries, etc.).

 

Les trois Matcha de dégustation que nous proposons sur notre carte sont élaborés par Monsieur Marukyu, producteur de onzième génération, dans la célèbre région de Uji:

 

Matcha Yugen: Onctueux, rond et puissant, possédant une amertume agréable, son caractère végétal aux accents iodés cache des notes de cacao, de noix de grenoble et d’amidon de pomme de terre. 

 

Matcha Kinrin: Dense, riche et équilibré, son émulsion est légèrement sucrée avec des notes de chocolat noir, de topinambours et d’épinards tendres. Il est savoureux mais ne présente aucune amertume.

 

Matcha Choan: Notre Matcha le plus fin. Sa texture est crémeuse et fondante. Équilibré, délicatement sucré et iodé, il possède des notes de beurre doux, de petits fruits, de chocolat au lait et de verdures fines. Gage de la grande qualité des feuilles utilisées pour sa fabrication, c’est la douceur riche et complexe de ses arômes qui fait la grande valeur de ce thé.

 

Je compare souvent un matcha à une tasse de café expresso: Plus ou moins allongé (ou ristretto, c’est-à-dire “serré”), c’est une boisson intense en goût, en caféine, en éléments, vitamines et antioxydants, que l’on boit en quelques gorgées seulement… en boire un bol au complet serait impensable et surtout beaucoup trop puissant! Son effet est rafraîchissant, stimulant et vivifiant, il porte à la concentration et à l’éveil de l’esprit. Il n’est d’ailleurs pas surprenant d’apprendre que les samouraïs ou les moines en faisaient usage avant les combats ou leur méditation, le matcha ayant la réputation de nous permettre de mieux se centrer et de focaliser sur ce que nous faisons. Riche et substantiel, c’est un thé qui, malgré sa petite quantité avalée, nous donne la réelle l’impression de nous nourrir… en fait, c’est la feuille entière que l’on absorbe! Un incontournable, tant au goût qu’à l’effet, que je vous recommande sans hésitation. Vous pouvez en faire l’expérience à notre salon de thé du Quartier-Latin (Montréal), à l’activité-atelier du Japon que nous offrons ou encore au pavillon japonais du Jardin Botanique de Montréal les samedis en période estivale.

 

 

Le Sencha Ashikubo

Le vendredi 5 juin 2009 à 07:47 par Daniel

 

Hugo et les frères Morishita, producteurs du Sencha Ashikubo

 

Si aujourd’hui mes lèvres se posent sur une tasse de mon thé vert japonais préféré, le Sencha Ashikubo, je le dois en partie à Maître Shoichi, un prête bouddhiste qui aurait rapporté avec lui des graines de théier de la Chine et qui les aurait plantées près de sa demeure, dans la vallée d’Ashikubo, il y a maintenant plus de 750 ans. Premier alors à cultiver le thé dans la région de Shizuoka, la vallée d’Ashikubo allait devenir, par cette simple initiative, le berceau d’origine du thé de la plus grande région productrice de l’archipel nippon. Les conditions climatiques y sont parfaites pour la culture du thé, avec ses collines recouvertes de brouillard (qui filtre les rayons brûlants du soleil), ses variations importantes de température entre le jour et la nuit (plus de 10 degrés d’écart), ses nombreux cours d’eau ainsi que ses vallons particulièrement bien exposés et possédant un sol profond et bien drainé. C’est ainsi, par le travail dévoué et raffiné de plusieurs générations de fermier à cultiver le thé, que Shizuoka s’est forgée une réputation unique au Japon.

 

Théiers à Ashikubo qui sont recouverts sous une bâche afin que les feuilles tombées des arbres pendant la nuit soient retirées au petit matin. Les Japonais sont reconnus pour leur perfectionnement exemplaire…

 

Le Sencha Ashikubo est tout simplement un bijou. Produit uniquement à raison de 300 kilos par année, il est rapidement devenu un de nos classiques pour les amoureux de thés japonais… et pour cause, il est d’un délicieux incomparable pour son prix. À leur état sec, ses grandes feuilles sont déjà enivrantes de par leurs arômes d’herbe fraîche et de fruits exotiques. Le caractère herbacé de son infusion est brillant et sucré avec des notes fruitées délicatement acidulées de mangue, de kiwi et de fruit de la passion. Un séchage final harmonieusement orchestré confère aussi à cette dernière un grillé pouvant rappeler le maïs ou encore la noisette. Sa texture limpide mais riche est sophistiquée, tout cela au cumul lui conférant à ce thé un équilibre et une complexité remarquable.

 

Je ne saurai donc jamais assez vous recommander le Sencha Ashikubo, spécialement pour quiconque désire s’initier aux thés japonais ou pour ceux qui, comme moi, veut déguster quotidiennement un thé relativement abordable possédant le niveau des thés hauts de gamme. Donnez-m’en des nouvelles!

 

Le verre de transport

Le vendredi 29 mai 2009 à 07:02 par Daniel

 

Que cela soit pour les gens qui bougent, pour le boulot, la détente dans un petit parc de quartier ou simplement pour qui que ce soit qui prône la simplicité, voici un objet du thé vraiment pratique: “le verre de transport” aussi nommé “le bocal thermos”. Adapté du pot “Mason” utilisé populairement par de nombreux Chinois pour infuser leur thé tout en vacant à leur travail, cet outil est devenu pour un grand nombre de nos clients un objet essentiel à leur quotidien. Amélioration de taille sur le pot de verre traditionnel,  son filtre grillagé nous permet de boire à même le bocal pendant que les feuilles infusent, en plus d’être composé d’un verre à double parois conservant la chaleur nécessaire à l’extraction des saveurs et éléments à l’intérieur tout en gardant l’extérieur tempéré pour les mains. Bien sûr, cet outil d’infusion n’est pas fait pour DÉGUSTER le thé, il est fait pour le BOIRE. Nous n’y mettrons pas les plus grands grades de thé, ce serait presque un gaspillage. Si on compte boire à même le thermos, les feuilles viennent qu’à sur-infuser et la liqueur devenir trop amère si on laisse les feuilles en contact avec la liqueur trop longtemps. Ce n’est pas mauvais, c’est simplement un peu plus fort qu’à l’habitude. Mis à part la possibilité de mettre moins de feuilles, une autre solution est de verser entièrement la liqueur dans un récipient (ex. une grande tasse) le moment venu où l’infusion arrive à terme… donc s’en servir comme un chung. Pratique! L’autre chose, il permet un truc rapide pour la préparation des thés fragiles tels que les thés verts ou blancs… plus besoin de thermomètre!: Verser un filet d’eau froide sur les feuilles (environ jusqu’au caractères du site web) et elle protégera ces dernières lorsque l’eau bouillante sera versé jusqu’en haut, rétablissant du coup la température aux environs des 80°C. Parfait pour quiconque va vite! L’essayer, c’est l’adopter!

 

Les coups de coeur de Daniel

Le vendredi 22 mai 2009 à 09:27 par Daniel

 

Des boîtes arrivées par avion descendent des camions de livraison presque quotidiennement. Dans ces coffres au trésor en carton ou en bois, des arômes et des saveurs qui brillent de leur sublime fraîcheur, des crus de thé tous aussi différents les uns que les autres. On reconnaît très bien certains d’entre eux qui, année après année, varient seulement de quelques nuances selon les conditions de culture. D’autres, quant à eux, n’attendent qu’à être découverts pour la première fois. Parmi les arrivages de 2009, certains thés retiennent particulièrement mon attention. Je voulais vous partager quelques uns de mes coups de coeur, mes petits favoris d’entre eux, toutes familles et gammes confondues.

 

Darjeeling Risheehat Dj-22 First Flush (noir, Inde): Cette récolte du jardin Risheehat est explosive en saveurs et en arômes, d’un équilibre quasi parfait de fleur opulente et de fruits d’été presque mûrs. Sa texture est presque crémeuse, sa persistance est suave. Il est, d’après moi, l’archétype parfait du Darjeeling de première récolte… que dire de plus?! 

 

Anji Bai Cha 2 (vert, Chine): Ah! Le Anji Bai Cha! Il reste un de mes classiques mais cette année… il est encore meilleur! Fraîcheur, onctuosité, souplesse, rondeur… tout cela mais d’une épaisseur si fine, si lumineuse, d’huile de noix, d’asperge beurrée, d’herbe odorante pleine de soleil… Je trouve que ce thé est simplement une ode à l’été. 

 

Long Jing Shi Feng 1 (vert, Chine): Une explosion d’arômes. Consternant tant le bouquet est parfait, ça arrive de tous les sens pour ne faire qu’un, au centre, droit au coeur. Le fruit frais, l’arachide, la frangipane, l’asperge, la tête de violon, le myosotis. Plus que juste un trip d’arômes, quelque chose se cache derrière toutes ces flaveurs. Un cadeau pour l’âme, un philtre précieux…

 

Qi Lan Xiang (wulong, Chine): Normalement, c’est un wulong noir que l’on retrouve torréfié. Là, il ne l’est pas. Résultat: une surprise plus que surprenante. Les feuilles carrément vertes offrent des fleurs, de lilas ou de pommier, du fruit à chair fine et aromatique, le litchi et la pêche mûre, du miel d’été et, pour tenir tout ça ensemble, cette légère amertume commune aux wulong du Guangdong, celle du pamplemousse rose. Une curiosité qui risque de ravir l’amateur de wulong verts.

 

Feng Huang Shui Xian 1998 (wulong, Chine): Un wulong noir torréfié savoureux à la belle complexité et à la persistance plus qu’agréable. Au-delà de ses arômes minéraux, de bois exotiques, de tabac, de noix et de fruits séchés, on sent la maturité de ce thé s’ayant reposé depuis quelques années, une sagesse qui se goûte! Généreux aux réinfusions.

 

Nilgiri Coonoor (noir, Inde): J’adore ce thé. Pour son prix, c’est un thé merveilleux. Éclatant, plein de saveur, complexe par ses arômes fruités, floraux et épicés, il présente un équilibre quasi parfait. Je n’arrive tout simplement pas à m’en lasser…

 

Chè Tom Soi Vang (vert, Viet-Nâm): Un thé vert qui me surprend pour son bel équilibre et sa complexité pour son prix. Vif et éclatant, son caractère végétal n’est pas linéaire, il rayonne de son herbe fraîche légèrement sucrée, de son fruit acide (mangue, zest d’agrume), de ses noix. Un thé de tous les jours vraiment intéressant, cultivé sans chimie, à prix gentil.

 

Sencha Shincha Mine (vert, Japon):  Thé de primeur, le Shincha arrive bien avant ses compères nippons. Fraîcheur. C’est vert, ça explose de fraîcheur, comme les premiers brins de gazon entre les orteils au premier pique-nique de l’année. À part son aspect chlorophyllé rafraîchissant, des notes de fruit frais, d’agrumes, de feuilles de moutarde, de mâche. Pour les amoureux des thés japonais, le Shincha c’est comme la tour Eiffel pour quiconque visite Paris pour la première fois, c’est un monument incontournable!

 

Je profite pour en nommer quelques autres qui ont su gagner mon coeur: Mayuan Shan de Mme. Nian (wulong, Taiwan), Wu He (vert, Taiwan), Zhi Lan Xiang Wu Dong (wulong, Chine), Darjeeling Samabeong Dj-7 et Sungma Dj-4 First Flush (noirs, Inde), Sencha Ashikubo (vert, Japon), Tian Mu Qing Ding (vert, Chine), Shan Lin Shi (wulong, Taiwan)…

 

 

 

Le périple de Hugo à Taiwan

Le jeudi 14 mai 2009 à 09:08 par Daniel

 

Après son exploration de jardins de thé au Viet-Nâm, Hugo nous fait maintenant part des découvertes et trouvailles qu’il vient de faire au cours des dernières semaines à Taiwan. Je suis ému à lire ses lignes car l’an dernier, à pareille date, j’étais moi-même avec lui à la rencontre des producteurs de wulong de cette île magnifique m’ayant totalement séduit. Je vous laisse lire le récit de son périple:

 

Toujours intense et intéressant de revoir nos producteurs et d’explorer plus en profondeur la matière. J ai eu la chance cette année de rencontrer deux spécialistes de deux centres de recherche sur le thé et de poser toutes les questions qui me trottaient dans la tête. Après avoir exploré la transformation depuis plusieurs années, je désirais en savoir plus sur l’évolution des théiers à Taiwan, soit de 1700 à aujourd’hui. Grâce à leur générosité et leur connaissance approfondie, j’ai pu en refaire le parcours. Je vous en parlerai plus abondamment à mon retour et lors des rencontres dans le cadre de « l’événement thés du printemps ».

 

J’ai également travaillé à la finalisation de la première théière signée Camellia Sinensis! D’une contenance de 700 ml, elle verse à merveille et permet l’utilisation de plusieurs filtres à thé. Elle devrait être disponible en deux couleurs, vers la fin août. Parlant, théière, j’ai élargie également notre gamme, notamment en augmentant la sélection de théière gong fu cha,  les bouilloires et les accessoires, ainsi que les article de la série Purion.

Madame Nian et son mari nous présentent fièrement leurs thés

 

Côté jardin, notre sélection 2009 des wulong, thé noir et vert de Taiwan sera à la hauteur. J’ai particulièrement aimé ma rencontre avec M. Fu à Pinglin, chez lequel j’ai sélectionné un délicieux petit lot de Bao Zhong. Bien que situé dans un recoin fort éloigné des autres régions productrices, j’ai adoré également la suite de mon exploration dans la province de Hualien. Définitivement Mme Nian (productrice à Hualien) est talentueuse et audacieuse.  Elle produit énormément de petits lots qui ont de la personnalité. J’ai arrêté mon choix sur un wulong de haute montagne (Mayuan) et un thé vert délicat, avec une finale sucrée (lot unique de 15kg). Je n’ai pas pu résister également à son « lao cha » 1982…

 

M. Nen yu nous a confectionné comme toujours deux très bon thé, soit le Tung ting et le Shanlinshi. Même son de cloche pour M. Zheng, qui signe de petites merveilles encore cette année (Lishan, Shanlinshi et Si ji chun). La sélection est longue, je m’arrête ici, mais il est étonnant de voir une aussi belle constance et les efforts déployés par les producteurs pour nous offrir des thés de cette trempe. Maintenant que ça fait plus de 7 ans que je leur rends visite, ils nous gardent ainsi toujours les plus beaux lots. Nous ne sommes sûrement pas leurs plus gros acheteurs, mais assurément nous sommes leurs plus fines bouches!

François au coeur de la Chine éternelle…

Le vendredi 8 mai 2009 à 09:38 par Daniel

 

Notre nouveau producteur de Xin Yang Mao Jian

 

Il ne manquait plus qu’un récit de voyage de François, en Chine, pour compléter l’épopée 2009 de nos chercheurs de thés adorés! C’est d’ailleurs pour moi un grand privilège de recevoir ainsi de leurs nouvelles et de vous les transmettre par la suite (en résumant parfois un peu!) afin que vous arriviez un peu plus à percevoir ce qu’ils puissent vivre dans les contrées productrices de thé au cours de leurs voyages annuels.

 

Au cours des deux dernières semaines, François a parcouru les régions de Anhui, du Henan et du Jiangxi afin de sélectionner les thés verts que nous proposons habituellement dans notre carte, tels que les Huang Shan Mao Feng, Taiping Hou Kui, Xin Yang Mao Jian, Wuyuan Zi Mei et Wuyuan Ming Mei pour ne nommer que ceux là. Après quelques péripéties rigolotes qu’il vous racontera sûrement à l’événement des thés de printemps ou à sa rencontre en boutique, il commencera véritablement l’exploration d’une nouvelle zone de production qui nous restait à visiter:

 

« Jiujiang était l’étape urbaine qui précédait l’exploration de la montagne Lushan. Quelle surprise que ce village des plus pittoresques. Ayant été étonnement fondé par des Européens, son architecture y est totalement différente de tout ce que j’ai pu voir en Chine jusqu’ici. On se croirait presque dans un petit village des Alpes mais… en pleine ambiance chinoise! Beaucoup de belles promenades en montagne à faire et de lieux naturels à visiter. La ville est protégée comme Géoparc par l’UNESCO. Bref, j’ai fait deux jours d’exploration tout autant à visiter ici et là quelques commerces de thé, qu’à sortir de la ville pour surprendre quelques paysans qui transformaient le thé dans leurs demeures. Après des dégustations tranquilles à l’hôtel, je pus discerner celui qui m’apparut le plus intéressant. De retour à l’endroit où je m’étais procuré son échantillon, c’est grâce à une amie du gérant, possédant soit dit en passant un anglais impeccable, que je pu transiger afin d’ajouter à notre sélection de cette année ce superbe thé vert d’une très belle qualité: le Lushan Yun Wu. »

 

Une partie du jardin où est produit le Lushan Yun Wu

 

Pour ceux qui ont récemment eu la chance de se plonger les lèvres dans une tasse d’un des quelques thés des arrivages du printemps, vous savez à quel point leurs arômes débordants de fraîcheur sont enivrants… Imaginez toutes ces merveilles qui sont en route et qui atteindront bientôt le Québec au cours des prochaines semaines… C’est vraiment une ambiance festive qui risque de vous attendre à votre prochaine visite à une de nos boutiques!

 

 

Les découvertes de Hugo au Viêt Nam

Le vendredi 1 mai 2009 à 07:45 par Daniel

 

C’est avec un grand plaisir que nous avons reçu des nouvelles de Hugo qui quittait tout juste le Viêt Nam pour Taiwan. Il nous fait part ici de ses découvertes dans le Nord du pays:

 

C’est avec l’aide précieuse de Monsieur Tang (notre chauffeur ayant lui-même participé activement pendant un an à installer un programme de coopérative dans la région) et Mademoiselle Duong (interprète efficace et motivée) que j’explorai le nord de Hanoï à la recherche des thés fraîchement cueillis.

 

Nous avons visité quatre « producteurs ou regroupement ». Ils produisent essentiellement du thé vert dans le nord.  Il y a jusqu’à 7-8 récoltes par année. Une aux 30 jours à partir de février. Ces plantations seraient produites sans l’utilisation de produits chimiques et, à voir la grande pauvreté touchant la région, on peut très bien croire qu’il ne puisse de toute manière se payer de pesticides. Ce fut très troublant de voir l’état délabré des maisons où les vêtements étendus sur la corde était si minces par l’usure qu’on voyait au travers… ! Il y a définitivement matière à projet à développer dans le futur pour aider ces familles.

 

Ils travaillent très fort. Leur système est efficace, tant au niveau de la transformation des feuilles qu’à la gestion des théiers et des jardins. Maintenant, au lieu de travailler chacun dans leur coin, ils se regroupent en une dizaine de membres et s’occupent de faire la cueillette d’un jardin des leurs et de transformer le thé par la suite, tous ensemble. Le lendemain, ils font le jardin d’un autre membre et ainsi de suite. En fait, chaque famille a un petit jardin. Dans cette région, les fermiers cultivent presque tous des théiers. Ils ont leur théier d’origine qu’ils appellent « Trung du la nho » (Trad : petite feuille de thé dans le milieu!) et ont aussi développé des hybrides.  Nous aurons deux thés provenant de cette région cette année, l’un issu d’une cueillette fine et l’autre d’une cueillette classique. Ce sont des thés verts vivifiants et toniques, ronds, au caractère herbacé soutenu, dans la même trempe que le Dong Shan ou le Kamairicha, pour ceux qui les connaissent.

 

 

Des nouvelles de Jasmin en Chine

Le vendredi 24 avril 2009 à 08:00 par Daniel

Jonathan, Jasmin et Kevin avec de joyeux producteurs de maocha au Yunnan

 

Il y a une dizaine de jours, nous avons reçu des nouvelles de Jasmin au cours de son périple au Yunnan avec Jonathan et Kevin. Ses récits m’ont toujours enchanté par leurs petits détails juteux. Je vous partage donc l’essentiel du dernier courriel qu’il nous a transmis:

 

« Plus d’une semaine après notre arrivée, nous sommes à l’aéroport de Jinghong, dans le sud du Yunnan à attendre notre vol vers Kunming ou nous transiterons vers Shanghai et ensuite vers Hangzhou, à la recherche de thés verts.  Il faut dire qu’après presque une semaine dans le Yunnan à boire du Pu Er, le thé vert bien frais sera plus que le bienvenu! 

 

Nous avions eu un petit aperçu du thé vert dans les 2 premières journées après notre arrivée, moi et Jonathan, avec la visite de M. Liu, producteur de Bi Luo Chun.  J’étais très content de la qualité des hauts grades, étant plus tôt cette année et ne pouvant goûter qu’aux grades supérieurs de ce thé fameux.  Comme d’habitude, M Liu nous accueille chaleureusement avec son équipe et, cette année, avec un traducteur plus qu’efficace.  Étant en même temps que Qingming (fête des morts), j’ai dû soudoyer un gardien pour que l’on puisse entrer dans le train, section couchette, car il y avait des centaines de personnes qui poussaient comme des malades afin de rentrer dans les wagons économiques ou nous étions supposé prendre place.  Le gardien du premier wagon n’a pas cédé.  Mais arrivé au deuxième wagon, je fais mon plus beau sourire…. et la porte s’ouvre!!!  On réussi donc à retourner à Shanghai pour prendre notre avion pour Kunming.  Arrivée à Kunming à 1h du mat, le téléphone sonne à 6h et « notre Indien » de Kevin fait son entrée sur le territoire chinois. Bien sûr, en moins de deux, nous faisons un premier tasting de Darjeeling frais.  Mmmmmmmm…

 

Après quelques rencontres dans de grandes compagnies de Pu Er à Kunming, nous nous sommes ensuite dirigés vers le Xishuangbanna où la partie « wild » débutera.  On retrouve donc Tina notre traductrice et Monsieur Wang, producteur de Xiangming.  6 journées bien chargées mais remplies de moments magiques.  Pendant 3 jours nous partons avec M. Wang collecter le maocha (thé brut pour le Pu er) à travers des montagnes fameuses de vieux théiers  (Banzhang, Banpen, Yiwu, Youle, Manzhuan, Yiban, Menghun) J’ai battu mon record d’âge de théier après avoir vu à Banzhang un théier de plus de 800 ans dépassant les 10 mètres de haut. On partage pleins de repas et le thé bien sûr avec les paysans dans leurs superbes maisons de bois, endroit même ou le thé est transformé dans de grandes cuves métalliques chauffées au bois. Le moment le plus intense se passera à Yiban ou chez le chef du village de 84 ans, on sacrifiera un poulet pour la première visite d’étranger au village. La Chine antique existe toujours mais il est impressionnant de voir des paysans à Banzhang qui jusque dans les années 90 n’étaient connectés au reste du monde que par un chemin pour les mulets et les motos et qui vendaient leur maocha 5 yuan (1 dollar) le kg et qui maintenant le vende à près de  800 yuan (145$) le kg!!  On goûte donc à plein de différents maocha et avons ainsi la possibilité de choisir directement dans les villages les thés que nous voudrons compresser en galette (un fantasme de longue date de compresser nos galettes avec notre propre papier d’emballage et qui pourra se faire cette année !). Notre palais devient de plus en plus habitué à comprendre le maocha et la différence entre le maocha et toute sa verdeur et la galette vieillissante.  Après cette période dans les montagnes, de retour à la ville de Jinghong, nous prenons enfin une douche et apprécions le confort de notre hôtel 2 étoiles! »  …comme quoi, c’est pas toujours facile la vie des grands explorateurs de thé!!!

 

Le premier thé de 2009 est arrivé!

Le vendredi 17 avril 2009 à 08:01 par Daniel

Enfin le printemps! Les terrasses ouvrent et les gens s’y amassent à chaque journée où le soleil ne manque pas à l’appel, les oies sauvages sont passées bruyamment tout récemment, les crocus se sont fait coquets pendant que les tulipes se préparent à leur tour… et le HUIMING 2009 est arrivé! Et, vous savez quoi?: Il est dé-li-cieux! Un de nos classiques dans les thés verts chinois, il est produit dans la région du Zhejiang par Monsieur He, un de nos producteurs préférés. J’avoue toujours avoir eu un faible pour ce thé, c’est un de mes premiers amours du temps où j’étais encore client au Camellia Sinensis, on me l’avait recommandé lors de ma première visite à la boutique en 2004… et depuis il reste un de mes favoris. Son caractère herbacé frais et printanier d’asperges et de tête de violon, ses doux élans floraux de sève et de nectar, ses chaleureuses notes de mie de pain et de pignons, savent séduire par leurs arômes d’une clarté enivrante. Alors, pour ouvrir la marche à tous les nouveaux arrivages qui ne tarderont pas à être livrés au cours des prochaines semaines, le Huiming vous offre, tel un rayon de soleil tant attendu, toute la fraîcheur du printemps… commencez à en profiter! Mmmmm!