Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Thés verts : qu’est-ce qui différencie un thé chinois d’un thé japonais?

8 avril 2018

Jun Shan Yin Zhen

En les infusant, on découvre toutes les nuances entre le jaune pâle et le vert épinard. Certains, presque transparents, évoquent les fleurs des champs; d’autres goûtent la mer, les algues, les herbes fraîches, les légumes verts…

On dénombre aujourd’hui plus de 1500 sortes de thés verts, dont 80% proviennent de la Chine. Les autres se trouvent majoritairement au Japon. Quelles sont donc les différences majeures entre les thés verts chinois et japonais?

Chine

En Chine, les premières cueillettes ont généralement lieu en mars, avant la fête de Qing Ming (« fête des Morts ») qui est célébrée aux alentours du 5 avril. La méthode de dessiccation chinoise, très ancienne, exige une cuve métallique chauffée sur un feu de bois ou à l’électricité, ou des cylindres rotatifs chauffés. On y met les feuilles et on les remue manuellement, selon un mouvement répétitif, pendant une vingtaine de minutes.

Cette chaleur sèche, propre à la méthode de dessiccation chinoise, permet de conserver les parfums oraux et procure au thé un caractère végétal parfois relevé par des notes de noisette grillée.

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Japon

Au Japon, les premières récoltes de thé de l’année portent le nom de shincha, « nouveau thé ». Elles ont lieu dès la fin d’avril, selon les aléas de la météo. En soumettant les feuilles à des jets de vapeur d’eau chaude pendant quelques dizaines de secondes, la méthode japonaise permet d’élaborer des thés verts qui, par leur goût et leur apparence, se distinguent des thés verts chinois.

En plus de conserver au thé son aspect végétal qui rappelle l’herbe fraîche, la dessiccation à la vapeur lui procure des arômes de légumes verts soutenus par des notes iodées et marines, typiques du terroir japonais.

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Résolutions 2017 : une invitation à la découverte

30 janvier 2017

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Le début d’une nouvelle année : c’est l’occasion idéale pour vivre de nouvelles expériences et élargir ses horizons. Pourquoi ne pas en profiter pour déguster de nouveaux thés ou encore essayer une méthode d’infusion différente ? Que vous soyez un grand connaisseur ou un nouvel amateur de thé, il est toujours possible de sortir de sa zone de confort.

1. Diversifier sa méthode d’infusion

Vous avez l’habitude de préparer votre infusion favorite en théière ? Jetez un coup d’œil à nos vidéos pour en connaître davantage sur chacune des manières de préparer le thé.

Gaiwan

Le Gaiwan est une technique chinoise qui est toute désignée pour la dégustation de thés délicats comme les blancs, verts chinois ou wulong. Un outil simple et abordable, il permet de découvrir le large spectre des arômes du thé.

Découvrez nos Gaiwan et visualisez la méthode d’infusion.

Gong Fu Cha

« Le temps du thé » est l’une des interprétations de Gong Fu Cha. Elle fait référence au temps nécessaire et à l’effort qui doit être investi afin de maîtriser cet art. Cette technique, idéale pour la préparation des wulong et des Pu Er, vous permet de multiplier les infusions des mêmes feuilles et de découvrir à chaque fois leur caractère distinctif. Nous suggérons l’utilisation des tasses à sentir et à goûter pour agrémenter votre dégustation.

Découvrez nos Gong Fu Cha et visualisez la méthode d’infusion.

Senchado

La technique senchado est utilisée pour les grands crus japonais que l’on infuse dans une théière kyusu de petit volume. Facile à manipuler, elle permet de bien filtrer les thés japonais à petite feuille.

Découvrez nos senchado et visualisez la méthode d’infusion.

2. Essayer de nouveaux crus

  • Amateur de thé vert ? Essayez le matcha, une poudre de thé vert très fine qui promet une expérience de dégustation d’une exquise intensité. Vivifiant et versatile, le matcha s’intègre également en cuisine. Visionnez notre vidéo pour en apprendre davantage sur sa préparation traditionnelle.
  • Intrigués par les thés vieillis ? Débutez votre initiation avec le Pu Er 2006 Bulang Shan , léger et accessible.
  • À la recherche d’une tisane délicate et parfumée ? La Rose Pourpre est un mélange de framboisier, de basilic pourpre et de boutons de roses sauvages. D’un violet profond, cette tisane offre un support autant au niveau digestif que nerveux. De plus, ce mélange supporte le système reproducteur féminin et peut aider à régulariser le cycle hormonal.

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3. Parfaire ses connaissances

Que ce soit pour apprendre au sujet d’une famille de thé ou d’une région productrice, ou encore pour se laisser surprendre par des accords inusités, Camellia Sinensis offre des dizaines d’ateliers. Une invitation à la découverte, tout au long de l’année :

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Le maître de thé et le samouraï – Deuxième partie

9 mars 2012

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L’homme de sabre avoua à son invité qu’il était lui aussi un grand amateur de la cérémonie du thé et qu’il aimerait bien observer son talent à l’œuvre lui affirmant qu’après cela, il serait plus apte à le conseiller sur le maniement du sabre. Bien heureux de pouvoir pratiquer une dernière fois son art, le maître de thé accepta la proposition. Au cours de cette cérémonie, comme à chaque fois, l’homme entra dans une concentration sans failles, oubliant tous les soucis de la vie extérieure, de même que le péril qui pesait sur son existence. Ses gestes étaient fluides, dansants et éblouirent son hôte par leur harmonie. Comblé, le maître d’arme le convia dans sa salle d’entraînement pour lui prodiguer ses conseils.

Il lui expliqua que lors d’un duel, il devait saluer son adversaire avec un grand respect, de la manière dont il accueillait ses invités lors d’une cérémonie. Ensuite, il était alors important de retrouver le même état de sérénité et de concentration que lors de la pratique de son art. Il pourrait alors dégainer son sabre et le placer bien haut au dessus de sa tête en gardant les yeux mi-clos. Lors du cri de son adversaire signifiant l’exécution de son attaque, il devait alors abaisser son arme le plus rapidement possible afin de tenter de blesser son adversaire lorsque celui-ci lui porterait le coup fatal…

Armé de sa détermination et des conseils du maître d’armes, l’homme de thé se présenta à son funeste rendez-vous. Voyant son adversaire s’avancer, il s’inclina profondément et se recueillit. Il ferma à demi les yeux et dégaina son arme comme le lui avait montré son maître puis il attendit, impassible, le cri de son adversaire lui indiquant quand baisser sa lame et quand mourir dignement. L’attente fut longue, trop longue. Le poids de l’arme commençait à faire trembler ses bras lorsqu’il rouvrit les yeux. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il aperçut le ronin s’éloignant sous la risée des badauds. Celui-ci s’était vite rendu compte que son adversaire était plus coriace qu’il l’avait d’abord cru. Aucune de ses feintes ou tentatives d’intimidation n’avaient perturbé la concentration de celui-ci, révélant ainsi une maîtrise du sabre dépassant fortement la sienne. Vaincu, il ne put que sauver sa peau tout en laissant son honneur derrière lui.

Le maître de thé et le samouraï – Première partie

1 mars 2012

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L’histoire du thé au Japon est grandement redevable aux multiples maîtres de thé qui établirent les différentes règles et principes de l’art du thé jusqu’à en faire la cérémonie que nous connaissons aujourd’hui, c’est-à-dire la Cha no yu. Ces personnages hauts en couleurs, nobles ou roturiers, sont les acteurs de nombreuses fables et contes de l’imaginaire japonais. Ces représentations imagées des quatre principes  régissant la cérémonie du thé (respect, harmonie, pureté et sérénité), mettent de l’avant le côté profondément humain de la Cha no yu. Sans plus tarder, en voici un exemple :

Le maître de thé et le samouraï

Lors d’un voyage à Edo pour accompagner son seigneur chez le shogun, un maître de thé fit la demande de prendre une demi-journée de congé afin d’aller visiter cette ville magnifique dont il n’avait encore jamais exploré les merveilles. Par contre, ne trouvant aucun samouraï de la garde de son daimyo pour l’accompagner, les rues de la ville étant reconnues pour être quelque peu mal famées, l’homme de thé se trouva fort embarrassé. Il faut noter qu’à cette époque, si un samouraï se sentait vexé de quelque façon que ce soit par un homme d’une classe inférieure à la sienne, le guerrier avait droit de vie ou de mort sur le pauvre homme. L’impasse fut résolue par une drôle d’idée de la part d’un des conseillers du seigneur : pourquoi ne pas déguiser l’homme de thé en samouraï? Habillé ainsi des armes du daimyo Tosa, personne ne penserait à chercher noise à un homme représentant un clan si puissant. L’idée fut adoptée, et le frêle homme paré des armes et armoiries de son seigneur.

En déambulant dans la ville, l’homme de thé prenait plaisir à lire la crainte dans les yeux des roturiers et le respect dans celui des guerriers, jamais auparavant on ne l’avait regardé ainsi. Pourtant, bien entendu, le danger n’était pas bien loin. Depuis quelques temps déjà, un ronin, un samouraï sans maître, observait ce drôle de guerrier qui semblait flotter dans son armure. Le fourbe guerrier décida donc de tenter sa chance, se disant que s’il provoquait ce samouraï qui n’en semblait pas un et déshonorait ce frêle guerrier, il pourrait se faire engager à sa place ou recevoir une jolie somme pour taire l’affaire. Profitant de l’inattention de l’homme de thé, les yeux perdus dans les étals des échoppes, le ronin se mit en travers de son chemin, laissant le maître de thé le heurter. Le guerrier sans maître s’offusqua de la manière effrontée dont l’homme de thé déguisé l’avait bousculé et ordonna de régler le litige par le sang et le sabre.

Catastrophé à l’idée de devoir dégainer un sabre qu’il ne savait aucunement manier, mais conscient qu’il ne pouvait se défiler sans plonger son seigneur dans le déshonneur, l’homme de thé demanda un sursis à son adversaire, prétextant qu’il était en mission pour son maître et que mourir sans accomplir son devoir serait un trop grand déshonneur à subir. Ce délai accordé, l’homme de thé se rua dans l’école de sabre la plus proche et expliqua sa situation au maître d’armes. Au grand dam de l’homme de thé, celui-ci éclata de rire et lui dit qu’il possédait la mentalité qui manquait à tous ses disciples qui ne venaient prendre des leçons que dans l’espoir d’acquérir plus de puissance, alors que lui possédait la détermination à mourir dans l’honneur. Les longues années de pratique de Cha no yu du maître de thé avaient imprimé en lui une grande sérénité qui le laissait humble même face à sa fin prochaine.

À suivre…

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19 janvier 2012

* Annonce de la procédure au début de la cérémonie par l’hôte (écrit en phonétique française pour faciliter la prononciation)

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La Maison de thé Camellia Sinensis offre maintenant des démonstrations et des cours de Chanoyu à Montréal et Québec.

Littéralement « eau chaude pour le thé » , le Chanoyu (茶の湯 ) est la cérémonie traditionnelle du thé au Japon, consistant tout simplement à préparer le thé en poudre (matcha) pour ses invités. Elle exige toutefois qu’il soit préparé et servi convenablement – avec respect – selon les valeurs culturelles, spirituelles et sociales rattachées à cette pratique (voir Chanoyu: Araichakin, une procédure de la fraîcheur).

Nous proposons des démonstrations en mars et en mai prochains à Montréal, et en avril prochain à Québec. C’est pour tous une occasion exceptionnelle d’immersion dans la richesse de la tradition japonaise et de découvrir non seulement un art accompli de la préparation du thé mais aussi l’exercice d’une voie spirituelle unique.

Je vous invite également à notre soirée d’information gratuite de 45 minutes, le lundi 30 janvier 2012 à 18h30 (aussi à Québec le 28 janvier à 14h) au sujet de notre première session de cours. Vous aurez alors l’occasion de rencontrer le professeur, Richard Chapdelaine, lui-même diplômé de l’école Urasenke du Japon. Il étudie et pratique la cérémonie depuis plus de 20 ans avec Soyo Kagemori Sensei. Sympathique, décontracté, mais rigoureux, M. Chapdelaine nous met en contact avec la culture japonaise.

La première session comprend 10 cours dans lesquels sera enseigné la procédure de cérémonie sur plateau: « Ryakubon temae ». Cette procédure de base vous permettra de préparer et d’offrir un thé selon les principes de la cérémonie, sur table et avec un minimum d’accessoires, chez vous ou chez des amis!

Appelez-nous pour réserver ou pour plus d’information!

Horaire des cours et ateliers

Bon thé!

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Ouverture du Ro

16 novembre 2010

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Novembre ( 十一月 ). Si ce n’est pas déjà fait, c’est le temps de changer la disposition des tatamis ( 畳 ) de votre salle de thé japonaise, en vue de l’hiver. Dans le Chanoyu ( 茶の湯 ), la cérémonie traditionnelle du thé au Japon, c’est ro biraki, l’ouverture du ro ( 炉開き ). Le ro est un âtre sous forme de trou que l’on pratique au centre de la salle de thé pour y accueillir les charbons et la bouilloire que l’on nomme kama ( 釜 ). On pratique alors une procédure, soulignant l’ouverture du ro. Pour ce faire, il faut donc changer quelque peu la disposition des tatamis. Voici un exemple de disposition d’été et d’hiver pour une salle de thé à 4 tatamis et demi.

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Note : Normalement, c’est un kama d’hiver, plus gros et avec une ouverture plus large, qui chapeaute le ro. Faute d’en avoir un à ma disposition, c’est un kama d’été que l’on aperçoit sur la photographie.

Il s’agit de rapprocher des invités la chaleur des charbons, afin d’assurer leur confort; en été, il faut au contraire les en éloigner. C’est ainsi que, dès le mois d’octobre, le kama se déplace progressivement de l’extrémité de la salle de thé vers son centre. Et comme le brasier se trouve plus bas que le plancher, la chaleur se diffuse plus facilement au ras des tatamis sur lesquels nos invités et notre hôte sont directement assis. La présence du kama dans le ro empêche la chaleur de se dissiper directement au plafond. Rempli d’eau, il accumule la chaleur et fait aussi office de radiateur.

Bien sûr, ces pratiques sont inspirées par les réalités d’une autre époque. Pourtant, n’est t’il pas beau de savourer encore aujourd’hui toute leur ingéniosité et leur dépouillement?

Bon thé!

Sur l’importance de l’état d’esprit dans lequel déguster le thé

7 octobre 2008

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 Prendre le temps de déguster le thé (photo gracieuseté de mrhayata) 

 

 

Y a-t-il une meilleure manière d’infuser tel ou tel thé? Oui, sans contredit. Mais au-delà de la technique et des méthodes d’infusion, l’attitude du dégustateur, l’état d’esprit dans lequel nous abordons le thé que nous avons choisi d’infuser, a un rôle primordial dans le simple fait de déguster.

 

J’élaborais, dans un article non trop lointain, sur la notion du “thé du quotidien” vs “thé de moment précieux“. Il est certain que les thés de grand cru seront souvent plus probablement approchés de cette attitude “attentive”, leur richesse et leurs subtilités justifiant de surcroît cette présence supplémentaire chez l’amateur de thé. Il n’en demeure pas moins que tout thé peut se déguster au quotidien, pas seulement être avalé.

 

Les divers rituels pratiqués dans les divers pays producteurs et consommateurs de thé illustrent bien cette attention portée au fait de boire le thé. Le “Tea Time” des Britanniques ou l’assemblée autour du feu des Touaregs lors de la préparation du thé à la menthe en plein désert, les cérémonies du thé japonaise et coréenne imprégnées de l’esprit méditatif du zen, le gong fu cha à Taiwan et dans certaines régions de Chine, rapide mais précise et pleine d’attention dans l’action du simple fait de préparer le thé à son meilleur. Ces rituels, loin d’être des mascarades issues de cultures surannées, reflètent le “précieux” qui se doit d’être porté au thé, l’esprit qui se cache derrière sa liqueur. Chaque feuille mérite ainsi toute notre attention.

 

 gratitude envers le thé

 

Il est possible dans notre quotidien, sans avoir à se fondre à quelque rituel que ce soit, de “prendre le temps du thé”, de s’asseoir quelques minutes, de prendre une pause, pour respirer et savourer un thé. L’ambiance y jouera certainement un grand rôle; c’est en fait à chacun de savoir, dans la mesure du possible, quelles conditions extérieures pourra nourrir son propre calme intérieur et sa réceptivité. L’attitude d’ouverture est essentielle dans une dégustation. Si l’on croit déjà savoir ce que le thé goûtera, ce n’est pas l’infusion qui est savourée, c’est une pensée que l’on déguste! Boire le thé peut être un bon moment pour mettre sa tête “hors tension”, libre de tout a priori. Quiconque a infusé maintes fois le même thé sait que les infusions ne se présentent pas toujours sous le même jour, parfois plus forte ou plus douce, des notes que l’on trouve un jour ne ressortent pas forcément une autre fois où, certains autres arômes, inconnus jusque là, viennent nous surprendre plutôt… Ainsi, à l’écoute du thé qui s’offre à nous, nous sommes aussi à l’écoute de nous-même et de nos sensations, bien plus enclins à cerner nos impressions de dégustation. Lorsque, personnellement, je dois déguster et faire la description du profil aromatique des nouveaux thés voués à être proposés sur la boutique en ligne, je tente de me poser dans cette humble attitude d’ouverture afin de percevoir pleinement les différentes nuances et subtilités de ces derniers.

 

  Le thé est merveilleux par ce fait qu’il est étroitement lié à la notion de “l’instant présent”, un presque mode de vie qui ne se perçoit pas avec une force pareille dans d’autres traditions telles que celle du café, des alcools ou d’aliments divers. Il n’y a pas (à ce que je sache…) de “Voie du Scotch Whisky” ni de celle “du Fromage”, mais il existe une “Voie du Thé” dans pratiquement toutes les différentes traditions asiatiques… Cela porte à réfléchir à ce “je ne sais quoi” qui se cache derrière cet élixir qui nous passionne tant. J’attends impatiemment vos commentaires et impressions!

 

 

 
 

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