Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

Blogue

Quand ce n’est pas simple

10 octobre 2012

L'insecte responsable du goût fabuleux du Bai Hao

Le travail d’importateur-dégustateur, vous vous en doutez bien, n’est pas toujours simple. Cette année, à titre d’exemple, le Bai Hao, un wulong taïwanais de grand renom (connu aussi sous le nom de Beauté Orientale) ne remplissait pas son contrat qui est d’ordinaire de nous éblouir par ses notes épicées, mielleuses et florales. Il se contentait d’être un thé tout à fait conventionnel. Pour le cas présent, les producteurs ne sont pas à blâmer. C’est davantage la météo capricieuse qui a donné beaucoup trop de précipitations à la région taïwanaise cet été, privant ainsi le thé de ses précieux arômes et d’une quantité peu appréciable de feuilles aromatiques.

De plus, cette rareté à fait monter les prix du Bai Hao 2012 en flèche. Hugo, notre spécialiste de Taïwan, se trouvait donc devant une récolte d’une qualité plus que moyenne à un prix plus élevé qu’à la normale. Devant le dur, mais inévitable choix de ne pas acheter cette récolte tant prisée des amateurs, Hugo fit le constat que malgré tout le lustre et la renommée que l’on peut accorder à un thé presque légendaire, ce n’est pas l’Histoire qui fait les bons crus, mais bien le savoir-faire des artisans et une bonne dose de chance du côté des facteurs aléatoires. Tout n’est cependant pas nécessairement perdu et nous pouvons peut-être encore nous permettre d’espérer alors que nous venons de recevoir les échantillons du Bai Hao d’automne fraîchement cueillis. Sauront-ils nous étonner?

Le thé éphémère du Japon

7 juillet 2012

Notre producteur de Shincha

Le Japon est une contrée frappée par un mode de vie ou la frénésie règne la plupart du temps. Un des symptôme les plus frappant à cet égard est bien entendu l’effet de mode. Associé généralement à des industries qui se nourrissent presque exclusivement de ce phénomène, on pourra s’étonner que d’autres industries, comme celle du thé bien entendu, vibrent aussi au rythme de la nouveauté à tout prix. Au pays du soleil levant, cela se traduit par le concept du shincha, à ne pas confondre avec le sencha.

Les shincha sont les toutes premières récoltes disponibles lors du réveil des théiers à la suite de leur période de dormance. Cette cueillette se fait avant le début de la saison *officielle* de cueillette et ne produira qu’une assez petite quantité de thé. Évidement, qui dit rareté dit aussi prix élevé. Jusqu’à maintenant, tout va bien, le problème survient lorsque l’on insère ici l’effet de mode. Pour une boutique de thé au Japon, être la première à offrir du shincha place celle-ci dans un avantage stratégique certain, malheureusement, souvent cette hâte se traduit par un laisser-aller du côté de la qualité, tant et si bien que cette pratique ne fait pas l’unanimité chez les producteur de thé qui jugent parfois cette récolte fade par rapport à celle produite lors de la saison régulière. Évidement, malgré son statut controversé, il serait de mauvaise foi de dire que le shincha est un produit sans intérêt, quelques perles nécessitant une attention particulière. Si l’envie vous prend de découvrir ce que recèlent comme fraîcheur les toutes première feuilles de thé japonaises, le Sencha Shincha Mine est là pour répondre à vos questions.

Un thé à la frontière des genres

22 juin 2012

DSCN2205

Il est normalement assez aisé de distinguer à la simple vue des feuilles de thé, à quelle famille appartient celui-ci. Thés blancs bourgeonneux et duveteux, thés verts formés de petites feuilles frisées ou de grandes feuilles torsadées se déclinant en divers tons chlorophylle etc.

Mais qu’arrive-t-il lorsque cette distinction visuelle se brouille et que l’on se retrouve, par exemple, avec un thé vert uniquement composé de bourgeons blancs et floconneux? C’est une question qui s’impose à la vue du Tuyet San, étrange thé vert vietnamien qui fait son entrée sur notre carte ce printemps.

Ce thé semble être un secret bien gardé au sein des terres vietnamiennes. Absent du marché du thé de Hanoi, Hugo fut aiguillé sur la voie de cette sympathique curiosité par une méthode aussi ancienne qu’efficace pour découvrir des produits authentiques au sein des connaisseurs étrangers : le bouche-à-oreille. Quelques vendeurs de thé lui parlent d’un mystérieux thé blanc produit aux environs du village de Suoi Giang. Armé de cette piste un peu incertaine, mais décidé à tenter le coup, c’est ainsi que Hugo tombe sur cette petite merveille.

Le Tuyet San est un thé unique en son genre. Produit par une famille de producteurs possédant entre leurs mains un trésor de la nature, le Tuyet San est confectionné à partir de feuilles de théiers sauvages plusieurs fois centenaires. Récolté et transformé à la main, ce cru prend la forme de bourgeons cendrés aux reflets cuivrés qui ressemblent à s’y méprendre avec des feuilles de thé blanc. Pourtant, la transformation de celui-ci (par la présence d’une dessiccation) ne laisse place à aucun doute; il s’agit bien d’un thé vert. Côté aromatique, encore des surprises. Les feuilles sèches laissent dégager des arômes plutôt animaux et fermiers avec en arrière plan une verdeur rappelant la sève résineuse. En bouche, la texture est bien rehaussée par le duvet des bourgeons et la légère amertume est adoucie par une délicate touche sucrée. Ses arômes rappellent quelque peu le maocha de jeune Pu Er par ses notes florales et quelque peu minérales tout en laissant place à un agréable goût d’artichaut.

Une curiosité à découvrir, un voyage gustatif à ne pas manquer.

Rencontre inattendue

24 mai 2012

thé bio équitable

C’était la première fois depuis que je sillonne la Chine (7 ans) que je m’arrêtais dans la province du Hubei, dans la capitale Wuhan pour être plus précis. En fait, en planifiant mon trajet initial, je ne devais que passer dans cette immense ville pour un transfert de train simplement. Puis, j’ai pris connaissance d’une compagnie dans cette province qui produisait des thés biologiques et équitables. Mon agenda ne me permettait pas de me rendre à leur plantation (à 1h30 de vol de la capitale), mais j’ai tout de même pu établir un premier contact en les visitant à leurs bureaux de Wuhan. Quelle belle rencontre ce fut!

Il est très rare, pour le moment, de trouver des thés équitables en Chine. Le marché local ne le demande pas, loin de là. Par contre, les gens qui ont piloté ce projet de la région d’Enshi sont des passionnés qui croient aux valeurs véhiculées par ce marché équitable. Ce sont des compagnies européennes qui leur ont montré la voie et le projet a fort bien fonctionné. La structure équitable a permis la construction d’un hôpital, d’écoles et d’installer des systèmes d’eau potable et d’électricité dans les communautés où est produit le thé. En fait, le projet a si bien fonctionné qu’ils en ont mené un second dans le Yunnan.

Si les valeurs véhiculées sont des plus louables, qu’en est-il du thé? Eh bien l’équipe, extrêmement professionnelle, m’a présenté des produits tous plus intéressants les uns que les autres. Quatre d’entre eux m’ont particulièrement accroché: Lu Zhen bio / équitable, Enshi Long Jing bio. / équitable, Yunnan Bai Hao Yin Zhen bio. / équitable et un Pu Er bio. / équitable qui arrivera plus tard. Je ne manquerai certes pas de me garder du temps en 2013 pour la visite de ces plantations…

Cette histoire est une nouvelle preuve qu’un thé produit dans un bon état d’esprit a toutes les chances d’être savoureux.

François

M. Qu

Voyages et rencontres autour du thé

18 mai 2012

Rencontre autour du thé

Nous voilà déjà dans le dernier droit de notre périple Vietnam/Taiwan. L’observatrice que je suis savoure ces scènes de vie dans lesquelles s’exposent généreusement les producteurs de thé et leur famille. Étant dans la boite depuis près de quatre ans, j’étais bien au courant de la démarche des importateurs du Camellia. J’imaginais donc facilement l’effet positif qu’allaient avoir chez moi mes premières rencontres avec les artisans du thé. Par contre, je n’avais pas anticipé l’inverse : quel impact avons nous chez eux? Je devine que beaucoup de producteurs ont peu de recul sur leur travail puisqu’ils sont collés à cette culture du thé qui fait partie d’eux. Il est vrai que cette proximité avec la tradition participe à la richesse d’un lieu puisque le savoir-faire transmis depuis de nombreuses générations suggère un produit des plus authentiques.

Par contre, les voyages sont très formateurs y compris pour ceux qui reçoivent les voyageurs de passage. Après une rencontre avec un producteur, si l’ambiance est à la découverte, Hugo a l’habitude d’offrir une dégustation comparative de quelques thés. Le Darjeeling, l’Anji Bai Cha et autres thés méconnus amènent ces artisans dans un spectre de dégustation encore inexploré. Le tout est proposé modestement dans le seul but de transmettre notre travail, notre philosophie et d’échanger davantage avec eux. En montrant le livre de la maison, nous ajoutons un aspect visuel sur les différentes techniques de transformation du thé en Asie. Souvent plusieurs discussions enrichissantes s’en suivent. Je constate fièrement qu’en se rendant chez les producteurs en Asie, les importateurs du Camellia leur partage un autre regard et participe ainsi à un certain dynamisme.

Merci!

Sabrina

Des nouvelles de Hugo et Sabrina au Vietnam

2 mai 2012

Mme Thoa, Nhai et Hiep

Voici déjà 3 ans que je n’avais pas eu l’occasion de revoir les courageuses femmes de la coopératives de Thai Nguyen. Elles sont uniques, travaillantes et très accueillantes. Dès notre arrivée nous avons eu une surprise. Ça sentait le wulong! Depuis peu, elles ont commencé, sous l’oeil avisé de M. Hsu, un taiwanais, l’apprentissage de la fabrication de wulong. Nous avons été étonnés d’apprendre qu’il y a plus de 10 ans, elles avaient déjà plantées plusieurs variétés de cultivars taiwanais (Cingxin, si ji chun, jin shuan, etc). Outre le défi d’acquérir la machinerie pour transformer le thé, il fallait en plus qu’elles apprennent à transformer les feuilles.

Et puis? Bien je vous dirais que les résultats obtenus sont encourageants. En plus de fabriquer un wulong de type taiwanais (Cingxin), de faible oxydation (20%) et aux accents floraux, vraiment très bien (nous l’aurons à la carte sous peu), elles ont exploré la voie du Bai Hao…(grand classique taiwanais). L’échantillon test que nous avons goûté est aussi prometteur. Je les ai par contre encouragées à créer LEUR wulong de type Bai Hao, d’essayer de créer une signature unique, pouvant ainsi concevoir une nouvelle voie, un autre thé et non pas juste une imitation de son confrère taïwanais. Le goût? Et bien pensez pour l’instant à un mariage entre un thé blanc, un wulong vert et noir…Texture très soyeuse, parfum infini de miel…

Merci de nous lire,

Hugo

jardin riziere

Payeriez-vous plus de 100$ pour 10g de thé?

18 avril 2012

Jun Shan Yin Zhen

Les thés fameux en Chine atteignent des prix démesurés ces dernières années. C’est le cas notamment du Jun Shan Yin Zhen, un thé jaune produit en très petite quantité sur l’île de Jun Shan dans la province du Hunan. L’île est petite, bucolique et une seule compagnie est autorisée à exploiter les jardins de thé.

J’ai donc rencontré l’équipe avec grand plaisir. Des gens passionnés, fiers de leur thé légendaire, qui m’ont accueilli avec classe et simplicité en m’offrant l’un des meilleurs thés au monde, jadis réservé à l’empereur.

La qualité de leurs produits est indéniable, mais la réputation de ce thé dont la popularité remonte à la dynastie des Tang (an 618 à 907) et la quantité minime de production (60 kg dans l’année pour le grade le plus élevé) en font un thé dispendieux. Selon la liste de prix qu’ils m’ont présenté, le thé se serait vendu pas moins de 120$ pour 10g dans nos boutiques! J’avais donc en tête de me rabattre sur les seconds grades. Toutefois, l’équipe ayant à coeur de faire découvrir leur produit exceptionnel au marché canadien m’ont accordé un rabais qui a fait chuter le prix de vente autour de 65$ / 10g. Ça reste extrêmement dispendieux, mais ce thé unique vaut son pesant d’or. Son équilibre, sa délicatesse et sa texture frisent la perfection.

Ferez-vous partie des quelques privilégiés qui mettront la main sur les 500g acquis? Je vous le souhaite ardemment.

François

Jasmin en Chine—Le Guizhou, une nouvelle province chinoise ajoutée à notre sélection

16 avril 2012

M. Li dans ses jardins

Deuxième escale chinoise, la province du Guizhou où je mettais les pieds pour la première fois. S’il y a bien un aspect que j’adore des richesses du thé en Chine c’est que, même si nous sommes deux à la parcourir pour le thé chaque année depuis 10 ans, il y en a toujours à découvrir! L’exploration de cette province de l’ouest de la Chine, s’inscrivait  dans l’optique de découvrir des thés moins connus de provinces productrices plus marginales.  Et qui dit thés moins renommés en Chine dit aussi thés moins dispendieux!  J’ai quand même commencé mon exploration par le thé vert le plus “connu” de la province, le Du Yun Mao Jian avec une première rencontre où tout a cliqué dès le début.  C’est le genre d’histoire parfaite que je souhaiterais reproduire à chaque nouvelle exploration: des gens passionnés super accueillants et curieux, une plantation de thé leur appartenant à plus de 1500m d’altitude, une minuscule fabrique artisanale et de bons thés!  Cette fois-ci, nul besoin de chercher plus loin, car les premiers rencontrés satisfaisaient tous mes critères de sélection d’un thé. Il faut savoir qu’en Chine, tout ce qui est gros, neuf et qui impressionne est de mise pour l’image commerciale. M. Li s’est d’ailleurs plusieurs fois excusé de la petitesse de ses installations alors que de mon côté, j’étais ravi de ce côté artisanal qui marque souvent le soin de bien faire les choses. M Li et sa femme Mme Chen travaillent ensemble dans la compagnie qu’ils ont créée en 2000.  Ils produisent près d’une dizaine de grades de Du Yun Mao Jian et j’en ai retenus deux pour notre sélection 2012, un précieux à un petit bourgeon plus une feuille, avec une transformation entièrement manuelle qui possède une super délicatesse végétale et une texture bien veloutée.  Le deuxième grade, quant à lui, provient d’une sélection de feuilles plus matures et a subi une dessiccation mécanique.  Les amateurs de Dong Shan se trouveront devant un dilemme devant ce nouveau venu!

La deuxième partie de ma visite dans le Guizhou était consacrée aux thés vraiment inconnus du Guizhou, le Que She, le Guiding Yun Wu et le Mei Jiang Cui Pian, mais après avoir gouté une bonne vingtaine de grades de ces thés en plus de copies de Bi Luo Chun, de Long Jing et de Anji bai cha, rien n’a retenu mon attention. J’ai donc pris l’avion pour Nanjing qu’avec l’achat des Du Yun Mao Jian et un souvenir du Guizhou me rappelant la Chine du début des années 2000: plus pauvre et moins développée.

Prochain billet en direct du Jiangsu alors que j’entame 3 jours d’achat de théières Yixing chez les potiers avec qui nous travaillons.

Mme Chen et Jasmin

Jasmin

Jasmin en Chine—-L’exploration d’un nouveau thé jaune et la découverte d’un nouveau thé vert

9 avril 2012

Meng Ding

Cette année, mon voyage débutait dans le Sichuan.  Ma première escale fût Ming Shan, petite ville au pied de la montagne Meng Ding d’où provient l’un des trois thés jaunes chinois, le Meng Ding Huang Ya.   Je ne m’étais accordé que deux jours pour découvrir ce thé jaune et après deux bonnes journées de rencontres, de dégustations et de visites de fabriques, je peux dire mission accomplie!

Comme je fais souvent lors de l’exploration d’un nouveau thé, j’aime bien rencontrer différents producteurs, visiter différentes fabriques et déguster leur thé afin de me « faire une tête » sur le thé, les grades et les techniques de transformation possibles.  Après 5 fabriques visitées en un temps record, c’est finalement la première fabrique visitée que j’ai choisie.  Une belle fabrique artisanale et propre, un contact humain plus qu’intéressant avec le propriétaire et son gérant de manufacture, de bons thés et en plus, ce qui est rare en Chine, une préparation des thés verts et jaunes en gaiwan avec une eau non bouillante. (wow, j’en étais presque ému!)    Il ne restait qu’à régler le problème du prix qui était, bien sûr, comme partout en Chine, un peu trop cher par rapport à la qualité.

J’ai donc eu la chance d’apprendre sur les étapes de transformation de ce thé jaune qui subit deux et parfois trois fermentations dont une ou deux à l’étouffé sous un emballage de papier.  Il en résulte un thé sans amertume, peu végétal, au nez de cacao et à la finale sucrée.

Même si le thé jaune Meng Ding Huang Ya est le plus fameux de cette région, le thé le plus produit et le plus consommé par les locaux est un thé vert appelé le Meng Ding Gan Lu, dont j’ai goûté plusieurs grades et en ai retenu un.  Le Meng Ding Gan Lu fera donc son entrée comme nouveau thé vert dans notre sélection 2012.  Un thé à la feuille frisée très végétal et fruité qui plaira aux amateurs de Bi Luo Chun.

Jasmin Desharnais

 
 

série collection

Bienvenue dans la Série Collection.
Vous y trouverez des objets et des thés créés par les plus grands artisans d’Asie.

Visiter