Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Portrait : M. Wang, bijoutier du thé

5 mars 2017

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Quelle joie de voir le paysage de nos pièces de Yixing enrichies par un artiste de renom tel que M. Wang! C’est grâce à M. Yen, artiste du céladon, que nous avons pu faire sa connaissance et découvrir une partie de l’univers du potier que nous vous partageons aujourd’hui.

Dès sa sortie de l’école de céramique de Jingdezhen en 1991, M. Wang se démarque au point où il se met lui-même à enseigner les formes des théières, ce qui devient rapidement une spécialité pour le nouveau diplômé. Dès lors, il cumule les prix et les distinctions. L’ouverture de son atelier, en 1997, et son succès, confirment sa notoriété.

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M. Wang travaille entre autre le Zisha, une variété de grès foncé qui mène à un certain style de poterie. Sa maîtrise des techniques traditionnelles lui donne l’aisance d’expérimenter et d’adapter les conventions de son milieu. Au fil du temps, il réussit même à modifier la couleur et la texture originale de cette argile, ce qui le distingue dans son art.

Dans ce premier arrivage, vous découvrirez une série collection de théières haut de gamme, de véritables bijoux pour le thé. Puis, une série de tasses et de jarres plus rustiques et abordables conçues par M. Wang et son équipe :

Bonne découverte!

Fabienne Synnott, céramiste d’ici | Le chant du shino

11 novembre 2016

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Depuis sa première présence à l’exposition Céramiste d’ici il y a près de deux ans, beaucoup d’argile est passée entre les mains de la céramiste Fabienne Synnott. Son travail a bien évolué et elle s’est d’ailleurs mérité, cet été, le 1er prix du concours Terre et Thé, Camellia Sinensis pour la catégorie bol à thé lors de l’exposition Carac’Terre. Nous sommes donc très heureux de présenter à nouveau son travail à notre clientèle.

De ses propres dires, un des moments forts de son automne fût une « merveilleuse » cuisson au four à bois dirigée par le céramiste Daniel Gingras. Daniel aurait même laissé à Fabienne le meilleur endroit de son four ; un endroit qu’il considère parfait pour créer des effets spectaculaires sur les pièces qui y sont placées. À la vue des résultats, on aurait tendance à le croire !

Elle nous présente également ses plus récentes créations tout juste tirées de son four à gaz. Des grès, mais aussi des porcelaines faites à partir d’un type d’argile qu’elle a nouvellement adopté, soit la Grolleg, qui, dit-elle, « fait de la magie avec les glaçures ».

La céramiste est en constante exploration et elle développe en ce moment une nouvelle glaçure aux cendres qu’on a très hâte de découvrir. Elle nous promet d’ailleurs une première cuisson pour novembre.

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À travers ses recherches, elle continue à explorer le style shino et nous présente de nouvelles pièces magnifiques. « Dans les cuissons en réduction, les shinos chantent parfois… Je pense que ça veut dire qu’on a su écouter ! Je prends des notes sur mes résultats depuis mon entrée dans le monde des shinos, soit il y a 12 ans, et je continue à apprendre à chaque cuisson ».

En plus des objets du thé, nous présentons également des pièces utilitaires qui agrémenterons le quotidien des amateurs de beaux objets. Venez voir quelles merveilles Fabienne a sorti du four pour nous cette fois-ci !

Apprenez-en plus sur Fabienne dans cet article.

CÉRAMISTE D’ICI – Faites la rencontre d’’artisans du Québec qui se passionnent pour les objets et l’art du thé. Tous les quatre mois, les pièces d’un créateur différent seront présentées dans cette vitrine unique, vous permettant d’apprécier la qualité et la formidable diversité di travail des céramistes d’ici.

LE VERT DU CÉLADON

11 mai 2016

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Située au sud-ouest de la province du Zhejiang, la ville de Longquan est l’un des plus importants centres chinois de la céramique, et c’est aussi le berceau du céladon. Son histoire remonterait au Ve siècle et les récentes recherches archéologiques ont permis d’y découvrir plus de 500 fours de cuisson. La technique qu’on y a développée permet d’obtenir des objets de la couleur du jade, cette pierre sacrée si prisée en Asie. Aujourd’hui reconnus pour leur glaçure douce et agréable, les bols en céladon sont très appréciés pour la dégustation du thé.

ENTRETIEN AVEC M. YEN WEI EN, POTIER À LONGQUAN

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Dans son atelier entouré d’un magnifique jardin orné d’œuvres d’art, nous avons rencontré M. Yen, potier et calligraphe. Cette rencontre nous a permis de découvrir le lieu qui lui apporte inspiration et tranquillité, et de connaître l’état d’esprit de cet artiste.

Monsieur Yen, comment êtes-vous devenu potier ?

Je suis issu d’une famille de potiers, j’ai donc vécu dans ce milieu depuis ma naissance. De 1988 à 1992, j’ai étudié au département des beaux-arts de l’Institut du céladon de Jingdezheng. Depuis lors, je travaille comme potier.

D’après vous, quelles sont les qualités d’un bon potier ?

Un bon potier doit posséder de bonnes compétences techniques. Il doit aussi connaître la philosophie, l’esthétique, l’histoire, la culture et la céramique traditionnelle. Les Chinois ont une grande considération pour les artisans qui possèdent science et vertu, parce que la bienveillance est l’âme de l’art. À mes yeux, la moralité et le savoir-vivre sont des qualités importantes pour un potier.

Faites-vous de la recherche, des expérimentations ?

Je fais toujours des recherches et des expérimentations, parce que je suis curieux et que j’aime apprendre de nouvelles techniques. J’ai l’ambition de créer des poteries qui conviennent au goût de notre époque, tout en y intégrant certains éléments de la culture traditionnelle. J’espère avoir un jour ma propre boutique et ma propre marque de poterie, pour que mes œuvres soient appréciées de par le monde.

D’après vous, y a-t-il des éléments ou des conditions qui échappent
au potier ?


Malgré toute l’expérience et le savoir-faire des potiers, plusieurs éléments influencent la finition d’une œuvre : les matériaux, la température, la qualité de l’eau, etc. Les facteurs incontrôlables font partie du plaisir de la création.

Comment percevez-vous l’art de la céramique dans la Chine d’aujourd’hui ?


En Chine, la compétence des potiers est inégale. Il n’y a pas beaucoup d’œuvres marquantes. Beaucoup trop de potiers pensent davantage au profit rapide. Depuis quelques années, j’ai beaucoup changé sur ce point. Je travaille maintenant mes œuvres avec un cœur d’artisan. 

Cueillir la terre

19 mars 2016

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Marie Serreau a les mains dans l’argile depuis qu’elle est enfant! Son cheminement autodidacte l’amènera plus tard vers diverses formations et stages au Québec.  Peu après, en 2002, l’artiste consolide ses connaissances par un cours professionnel à la Maison de la Céramique de Mulhouse en Alsace. Ce parcours riche d’apprentissage l’emmène vers de nombreux projets et jusqu’à l’ouverture de son propre atelier en Bourgogne. C’est là où elle affirme davantage son univers créatif : « je m’y suis investie pendant 6 ans et développé mon style, mon graphisme, mon enseignement ».

FullSizeRender (1)Justement, ce style espiègle est unique et va comme un gant à l’artiste qui semble prendre un plaisir pur à jouer avec l’argile. Les arabesques faites à main levée qui décorent ses céramiques en sont une jolie démonstration : « (…) je me sens libre d’exprimer, de raconter, de dire ce qui m’anime ».

Sous ses airs ludiques, les pièces de Marie Serreau ont aussi ce côté très naturel. La terre utilisée n’est pas que support mais a sa place dans l’esthétique finale. Appliqué par trempage, l’engobe coloré viendra donner le ton et du mouvement à la pièce.

L’artiste est très inspirée par les céramiques utilitaires du japon, tant les plus traditionnelles que les contemporaines. Si la nature est une source d’inspiration, le thé l’est aussi ! «Depuis toujours, le thé fait partie de ma vie, de mon quotidien, lié à des moments précieux de partage, de réflexion… Alors oui, un thé fumant inspire mon travail en permanence.»

CÉRAMISTE D’ICI

Faites la rencontre d’artisans du Québec qui se passionnent pour les objets et l’art du thé. Tous les quatre mois, les pièces d’un créateur différent seront présentées dans cette vitrine unique, vous permettant d’apprécier la qualité et la formidable diversité du travail des céramistes d’ici.

Yixing : L’empreinte du Dragon de feu

27 novembre 2015

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Produites depuis plus de cinq cents ans à partir de grès provenant des mines de la région de Yixing dans le Jiangsu, ces théières ont été façonnées suivant différents styles. Déployant une impressionnante variété de formes, certaines évoquent la nature et d’autres, plus classiques, sont fidèles aux idéaux d’harmonie. Elles ont conquis les adeptes des dynasties Ming et Qing, tant pour leur raffinement esthétique et poétique que pour la qualité des liqueurs qu’elles dévoilaient.

Les collectionneurs d’objets et amateurs de thé des dernières décennies les ont redécouvertes et appréciées, ravivant et réactualisant leur utilisation moderne. Avec ce regain de popularité, certains potiers en ont profité pour expérimenter de nouvelles techniques de fabrication.

C’est le cas entre autres de Mme Sheng qui nous signe des théières en terre Duan Ni cuites six fois plutôt que deux! L’intensité et la durée de la cuisson ont un effet direct sur le résultat final. Si une cuisson régulière de la terre Duan Ni lui procure une apparence jaune pâle, une cuisson optimale lui confère un jaune riche, tandis que surcuit, la couleur tend vers l’orangé. La même terre, cuite en réduction, arborerait plutôt des teintes de gris.

La composition de la terre selon ses différents constituants (silice, quartz, kaolin, mica, fer,…) influence aussi énormément le résultat. Sans entrer dans une étude des différentes terres, le taux de fer présent aura entre autres un effet sur la couleur finale. Ainsi, de faibles concentrations (4-7%) donneront des teintes de jaune, tandis que des concentrations plus élevées produiront des teintes de gris (10 %), de brun plus foncé (13 %), en allant jusqu’à du rouge (14-18 %).

C’est ainsi que celles de Mme Sheng développent au gré des cuissons (cinq au gaz et la dernière au bois) une apparence orange foncé, marquée de petites taches tirant sur le gris brun, reflets de ces micros agglomérations de fer. Ces théières ont alors l’étonnante particularité de soutenir la force magnétique d’un aimant ! 15488311135_06acaa153b

En creusant un peu dans l’histoire, on se rend compte que jusqu’à tout récemment, des cuissons étaient encore exécutées dans des fours Dragon à plusieurs chambres, installés à flanc de collines, et opérant de longues cuissons à haute température sur plusieurs  jours (et nuits). Les résultats pouvaient donc varier selon les conditions naturelles à l’intérieur des fours. Aussi avec la modernisation et l’utilisation des fours à gaz et électriques, la possibilité de faire deux cuissons plus courtes apparut, permettant ainsi de corriger certains défauts apparaissant après la première cuisson.

Ce phénomène récent des multiples cuissons, entre autres porté par Mme Sheng, est donc parfois connu sous le nom de Duan Ni « haute température » en lien à l’utilisation « des anciens fours Dragon ». Les artisans s’inspirent de ces méthodes et tentent de reproduire les effets obtenus à l’origine. Ainsi, alors que la grande majorité des yixing sont maintenant cuites au gaz, la dernière cuisson au bois rappelle la méthode de cuisson traditionnelle.

Au-delà de ces informations plus techniques, ce sont les qualités esthétiques et gustatives des yixing qui sont recherchées et qui séduiront les yeux et palais des amateurs. Ces théières poreuses se bonifieront ainsi avec leurs utilisations répétées. Une invitation à venir voir et toucher ces pièces uniques dans l’une de nos boutiques.

Une constante recherche d’équilibre

20 octobre 2015

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Myriam Bouchard se consacre à la céramique depuis une dizaine d’années. Elle a d’abord été designer graphique pendant vingt ans, période durant laquelle elle a collectionné avec passion des pièces de céramique. Elle en a fait un métier en se formant par de nombreux stages avec des céramistes en France, aux États-Unis et au Québec.

Myriam aime le contact avec l’argile; ce médium aux possibilités infinies est celui qui correspond le plus à sa sensibilité. D’abord centré sur les objets de la table fabriqués au tour, son travail a pris un virage plus sculptural depuis cinq ans. Elle travaille avec différents types de cuisson : au bois, au gaz et électrique.

« J’aime les belles surprises quand j’ouvre le four, notamment quand je travaille en réduction d’oxygène (au four à bois ou au four à gaz), les surfaces s’animent sans qu’on ne puisse prévoir exactement les résultats, c’est la beauté de cet art. »

Myriam Bouchard-157Elle est touchée par la céramique japonaise, notamment par la façon dont les jeunes céramistes japonais allient le design moderne et la cuisson traditionnelle au four Anagama. Myriam adore faire les bols à thé et c’est souvent avec eux que la céramiste développe les glaçures qu’elle transpose ensuite sur ses grandes pièces. Elle a autant de plaisir à concevoir un bol à thé qu’une grande pièce: «Je retrouve un côté méditatif à m’installer au centre de l’atelier, à travailler un bol sur une tournette avec une musique qui me transporte».

Toujours très préoccupée par l’ergonomie du bol, elle le soupèse et le sculpte à plusieurs étapes du séchage jusqu’à ce que le poids soit balancé et que le bol soit confortable entre les mains. Elle porte également une attention particulière à la lèvre, pour que le bol soit agréable, que le thé se boive bien.

« Mon plaisir est vraiment de faire évoluer ma céramique, de toujours explorer de nouvelles pistes. Je fais un tri à chaque cuisson et je mets sur le marché seulement les pièces qui répondent à mes critères. Je ne vise pas la quantité, je suis heureuse avec une petite production, ça correspond pour moi à un rythme de vie calme qui me convient. »

Elle a remporté le premier prix à Carac’Terre et le deuxième prix à 1001 pots lors du concours Terre et Thé 2015, catégorie Chawan.

CÉRAMISTE D’ICI

Faites la rencontre d’artisans du Québec qui se passionnent pour les objets et l’art du thé. Tous les quatre mois, les pièces d’un créateur différent seront présentées dans cette vitrine unique, vous permettant d’apprécier la qualité et la formidable diversité du travail des céramistes d’ici.

L’ART DE M. KAMADA

2 septembre 2015

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Voici un texte tiré de notre livre Thé vert: à la rencontre d’un art millénaire récemment traduit en anglais “Green Tea: The Quest for Fresh Leaf and Timeless Craft’’.

M. Kamada pratique l’art de la poterie depuis une quarantaine d’années. Il a consacré l’essentiel de son travail à développer une vision moderne et originale du style tenmoku, qui remonte à la dynastie chinoise des Song (960-1279) et qui fut introduit au Japon au XIIIe siècle par des moines bouddhistes.

Aujourd’hui, M. Kamada est l’un des rares céramistes japonais qui ont voué leur vie à la recherche historique et à la production de poteries de style tenmoku. Les fascinants effets de glaçure et la qualité générale de ses œuvres en ont fait l’un des potiers les plus respectés de Kyoto. Ses œuvres sont exposées dans les galeries les plus prestigieuses du Japon et, depuis 2005, ses plus récentes réalisations font partie des collections permanentes du Musée d’art métropolitain de New York.

Lorsque nous avons eu la chance de rencontrer M. Kamada, nous en avons profité pour lui poser plusieurs questions sur ses méthodes de travail et sur l’art de la poterie.

M. Kamada et ses oeuvres

ENTREVUE AVEC M. KAMADA, POTIER À KYOTO 

M. Kamada, après plus de 40 ans de métier, vous avez sûrement développé une approche personnelle de la poterie. De quoi avez-vous besoin pour travailler ?

J’ai seulement besoin de concentration et d’un espace approprié. 

Qu’est-ce qui vous influence, vous motive dans votre travail ?

Auparavant, j’étais inspiré et influencé par la grande céramique ancienne. J’ai mené des recherches à ce sujet, mais reproduire ce genre de poterie n’est plus un objectif. Aujourd’hui, je suis inspiré davantage par d’autres

formes d’art ou par la nature. Mon intérêt premier est de produire des œuvres originales de style tenmoku. Je suis excité quand un musée ou que le Nihon Kogei Kai (Corporation des artistes du Japon) me propose d’exposer mes pièces. C’est très stimulant de pouvoir montrer de nouvelles œuvres.

D’après vous, quelles sont les qualités d’un bon potier ?

D’après moi, toujours aller de l’avant est la meilleure attitude. J’apprends beaucoup de mes erreurs. La plupart du temps, j’obtiens de bons résultats par chance. Par exemple, j’ai beau chercher à contrôler la glaçure, les effets sont toujours différents. 

Comment voyez-vous l’art de la poterie au Japon aujourd’hui, par rapport à l’époque où vous avez fait vos débuts ?

Quand j’ai commencé ma carrière, il y avait beaucoup de jeunes potiers et
cet art était très vivant. Depuis lors, la poterie s’est grandement diversifiée. Aujourd’hui, on s’attarde de plus en plus sur le design. Il semble que le caractère original d’une pièce de poterie n’a plus la même valeur. Les consommateurs du monde entier peuvent en acheter sur Internet sans même les toucher. Dans un monde idéal, je souhaiterais que les gens aient la chance de pouvoir toucher et admirer les poteries avant de les acheter. 

D’autres pièces de M Kamada sont aussi disponibles dans notre boutique de la rue Émery à Montréal et dans celle de Québec.

Demandez à nos conseillez de vous les montrer lors de votre prochaine visite. Contemplation inoubliable assurée!

RENCONTRE AVEC M. NAKAHARA, POTIER DE HAGI

23 juillet 2015

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Voici un texte tiré de notre livre Thé vert: à la rencontre d’un art millénaire récemment traduit en anglais “Green Tea: The Quest for Fresh Leaf and Timeless Craft’’.

Monsieur Nakahara, comment êtes-vous devenu potier ?

À Hagi, la céramique est une industrie locale. Comme j’ai grandi dans cette ville, j’ai toujours été proche de cet art. Plusieurs artisans habitaient près de chez moi. Quand j’ai dû choisir une carrière, j’ai tout naturellement pensé à devenir potier.

Certaines pièces Hagi ont une encoche à leur base. Pourquoi ?

À l’époque, les gens du peuple n’étaient pas autorisés à utiliser le même type de céramique que l’empereur. Pour identifier les bols qui ne lui étaient pas destinés, les potiers y taillaient une encoche. Cette tradition est toujours vivante.

Quelles sont d’après vous les qualités d’un bon potier ?

Premièrement, pour faire de la bonne céramique, il faut être habile. Il faut avoir les doigts agiles. Je crois que la céramique est une technique qui concerne avant tout les doigts. Ensuite, il faut savoir utiliser le tour. Quand je travaille, je pense aux sourires de mes clients, au format qui leur serait le plus utile, etc. Je me soucie de l’élégance et de la beauté de chaque pièce.

Je crois aussi qu’on peut ressentir l’« humanité » d’un artiste à travers son travail. Analyser une pièce d’art n’est pas facile pour un amateur ni pour un professionnel.

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La plupart des gens, sans comprendre la céramique, ressentent quelque chose de mystérieux lorsqu’ils voient ou touchent une pièce. Je crois que, inconsciemment, ils peuvent savoir quel genre de personne a fait la pièce. Je pense donc qu’un bon potier devrait avoir une bonne attitude dans sa vie quotidienne.

On dit que les Japonais d’aujourd’hui n’ont plus ni croyances ni principes. Moi, je pense au contraire que nous croyons tous en quelque chose. La céramique est le reflet du mode de vie d’un artiste. Je ne pense pas qu’un acheteur choisisse mes pièces par hasard. Je crois qu’on peut me reconnaître à travers mon travail.

Comment percevez-vous l’art de la céramique dans le Japon d’aujourd’hui, par rapport à l’époque où vous avez fait vos débuts ?

L’industrie de la poterie au Japon respecte beaucoup la tradition. Cela dit, les jeunes potiers ont davantage de difficultés s’ils ne sont pas issus d’une famille d’artisans qui se transmettent le flambeau de génération en génération. Peut- être aussi que les nouveaux artistes ne sont pas appréciés à leur juste valeur. Les potiers établis depuis longtemps sont privilégiés par les gens de l’industrie. Leurs céramiques sont très coûteuses. C’était comme ça par le passé et la situation n’a pas changé. 

D’un tour à l’autre

5 juin 2015

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Christian Roy en est à ses toutes premières séries alors que son expertise est déjà reconnue par ses pairs depuis maintes années. La raison est simple ; il tourne les pièces de nombreux artisans depuis sa sortie du Cégep Limoilou en 1998.

Si le métier de tourneur est bien connu en Asie, il est rarissime dans le monde de la céramique québécoise.

Cette expérience ajoute un chapitre de connaissance à l’artiste : « Ça m’a permis de me faire la main avec tout un bagage diversifié de techniques et de façons de faire. »

Screenshot_2015-02-12-09-08-17~2Pour ses propres œuvres, Christian travail avec différentes argiles, ce qui permet de créer de belles nuances de couleurs à ses pièces. La cuisson au gaz est lente, de même que le refroidissement pour obtenir le fini mat désiré. La glaçure ainsi atténuée ajoutera un aspect contemporain au résultat final.

En main, ses céramiques sont d’une robustesse agréable, mais ont aussi cette finesse et cette régularité qui laissent deviner ses années d’expérience au tour.

Le rituel du thé, qu’il soit simple ou complexe, est pour le potier une source d’inspiration : «  (…) les objets sont aussi fabriqués dans cet état d’esprit, rendre l’objet intéressant quand on prend le temps de prendre le thé.»

CÉRAMISTE D’ICI

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Évelyne Rivest Savignac – FENÊTRE SUR JARDIN

3 novembre 2014

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C’est un voyage en Amérique du Sud qui a motivé l’inscription d’Évelyne Rivest Savignac à l’école des métiers d’art de Québec voilà déjà 17 ans. « Trois ans d’étude passionnée ! »

Son leitmotiv depuis les débuts : « La conception d’une pièce dans l’idée d’une œuvre unique. » Cette démarche qui anime la céramiste demande temps, patience et passion. Car, au-delà du tournage et de la cuisson, il y a dans ses créations toute une maitrise du détail et de la finition. Elle grave, peint, superpose différentes glaçures, joue gracieusement avec les reliefs et les lustres métallisés. « Mon bonheur est dans ce simple geste assuré qu’il me faut avoir afin d’esquisser la fleur ou la feuille, ajouter ce point ici ou là pour balancer le plan final. »

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Si chaque pièce est reine, la couleur l’est tout autant dans les céramiques d’Évelyne Rivest Savignac. La vivacité des teintes et des contrastes utilisés, surtout pour les pièces raku, distingue son travail au premier coup d’œil. S’en résulte de petites œuvres aux allures de friandises qui égaient les quotidiens. La potière décrit d’ailleurs ses pièces de cette façon très juste et poétique : « (…) des fenêtres sur jardin, sur un bout de branche, un coin de l’imaginaire…».

Forte de nombreuses années d’expérience, l’artiste comprend que le chemin vaut autant que la destination: « Créer de la matière à partir de minéraux, de feu et d’amour du beau, c’est une aventure folle qui apporte bien des joies et aussi des déceptions terribles. Tant de paramètres pour arriver à la pièce espérée. Il faut rester bien humble. Et trouver sa joie profonde dans l’acte de création et non pas le résultat peut-être… »

CÉRAMISTE D’ICI

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