Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Producteur du moment : M. Orchard

1 juin 2019

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Notre producteur du moment est M. Morris Orchard, producteur de thé à Jun Chiyabari, au Népal. Kevin a rencontré M. Orchard lors de sa première visite à Jun Chiyabari il y a environ 10 ans. Il y a été conduit par son ami Bachan Gyawali, l’un des deux frères propriétaires de l’opération. Très impressionné par la qualité des thés qu’on lui fait goûter, Kevin découvre à sa grande surprise qu’ils viennent d’un jardin particulièrement innovateur haut perché dans la région de Dhankuta au Népal. À la direction de la manufacture, il reconnaît deux ex-gérants de Darjeeling, Robin Banerjee dans le rôle de superviseur et Morris Orchard aux commandes de la production journalière. M. Orchard est troisième d’une lignée d’hommes de thé et présente une passion rare même dans le domaine. Il adore le processus de fabrication dans sa globalité, du jardin jusqu’à la tasse. Il cuisine également une pizza du tonnerre.

Quand et comment avez-vous fait vos débuts dans le monde du thé?

J’ai fait mes débuts comme professionnel dans le monde du thé en 1992, juste après ma graduation. Ayant vécu toute ma vie dans des jardins de thé (que ce soit dans l’Assam, Dooars, Terai ou Darjeeling) cela m’a toujours semblé naturel de continuer dans cette voie.

Mon grand-père et mon père travaillaient tous deux dans l’industrie du thé. Je représente donc la troisième génération de cette lignée. Plus jeune, quand je revenais du pensionnat, j’étais toujours accueilli par les arômes, les saveurs et l’atmosphère des jardins de thé où nous vivions. Ces souvenirs font partie intégrante de ma personne et je suis reconnaissant aujourd’hui de savoir qu’ils traînent encore dans ma mémoire.

Parlez-nous un peu de vos jardins.

Le Jardin de thé Jun Chiyabari est haut perché dans l’Himalaya, dans le district de Dhankuta au Népal. Il s’étend entre 1400 m et 2200 m d’altitude, son élévation moyenne tournant autour de 1850 m. Nous sommes certifiés biologique et nous efforçons de devenir toujours plus naturels, un peu à l’image d’une forêt ou d’une jungle où les arbres sont cultivés naturellement. Évidemment, nous continuons de tailler et d’élaguer nos théiers, mais nous laissons aussi volontairement pousser les mauvaises herbes dans plusieurs secteurs, comme dans une jungle. C’est une des raisons pour lesquelles le jardin a l’air aussi luxuriant.

Nous produisons ici plusieurs variétés de thé réparties sur l’ensemble du spectre oxydatif. Certaines sont manufacturées selon les pratiques de la région, d’autres avec des techniques originaires d’Asie du Sud-Est. Je m’efforce toujours d’innover et cherche constamment à améliorer la qualité de nos thés.

Combien de travailleurs employez-vous et quelles quantités de thés produisez-vous par année?

Nous employons présentement 274 travailleurs, dont 90 % sont des femmes. Notre production varie entre 15 et 18 tonnes de thé par année.

Quels aspects de votre travail préférez-vous?

Ce que je préfère de mon travail, c’est de visiter les jardins et d’observer les fruits de notre labeur, un labeur qui implique un nombre incroyable de travailleurs (présents et passés). J’aime me demander comment faire avancer les choses en respectant les efforts de ceux qui nous ont précédés.
J’aime également beaucoup déguster le thé. J’aime l’excitation avant la dégustation et la joie qui accompagne le moment. La dégustation est le point culminant du processus, l’aboutissement de l’effort mis par tous. Je le vois aussi comme une réflexion de mes propres habiletés et techniques. C’est toujours un grand plaisir de déguster le thé.

Finalement, j’aime savoir ce que nous avons produit et ce qui peut être fait pour le rendre meilleur. J’aime me sentir satisfait d’un produit et anticiper les commentaires de nos clients. Cela me motive à avancer toujours plus et à donner le meilleur de moi-même.

Qui sont les principaux acheteurs de vos thés? Clients locaux ou internationaux?

Nous vendons principalement nos thés à des clients internationaux qui viennent de partout à travers le monde. Mais nous travaillons aussi à développer le marché local.

Percevez-vous des changements depuis vos débuts dans l’industrie?

Oh oui! J’ai été témoin de beaucoup de changements depuis mes débuts dans l’industrie du thé. Et même depuis que je regarde travailler mon père et mon grand-père. Avec le temps, le thé semble devenir un produit moins générique, moins industriel. Aujourd’hui, dans cette partie-ci du monde, le thé est considéré davantage comme un produit artisanal. Ce n’est pas que les thés industriels aient disparu, mais il y a une tendance définitive vers les thés artisanaux.

J’ai aussi commencé à observer une plus grande sensibilité envers la nature : depuis les thés cultivés avec pesticides et engrais chimiques jusqu’aux cultures biologiques, puis biodynamiques et enfin aux techniques d’agriculture naturelle, tout cela se passe dans l’esprit de Masanobu Fukuoka*.

Ayant vécu les différences de cultures entre Darjeeling et le Népal, je note aussi que nous avons une hiérarchie moins importante ici. Au Népal, le maître de thé doit être impliqué de manière beaucoup plus directe dans la production du thé, alors qu’ailleurs, il s’agit plus de donner des ordres et d’évaluer le produit final. La production de thé est devenue plus personnalisée.

Quel est votre thé préféré?

Au début de ma carrière, j’adorais les thés d’été (2nd flush). Aujourd’hui, j’attends avec impatience les thés de printemps (1st flush), mais, définitivement, mes thés préférés sont ceux d’automne et d’hiver.

* Fermier et philosophe japonais, père du mouvement d’agriculture naturelle

Pu’Er Yibang Man Gong de M. Lei

9 mai 2019

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La réputation du thé Pu Er n’est plus à faire. Dans les grandes villes chinoises, à Hong Kong, à Taiwan, en Malaisie, dans tout l’Asie, l’Europe et même jusqu’à nous en Amérique du Nord, les amateurs sont nombreux qui aiment déguster ces thés. Et si l’on connaît de mieux en mieux la valeur du thé vieilli, il n’en reste pas moins que ce n’est pas tout ce que le terroir sait offrir. En fait, dans beaucoup de régions du Yunnan, les récoltes fraîches sont beaucoup plus prisées que celles qu’on aura entreposées plusieurs années. C’est la raison pour laquelle chaque printemps, les acheteurs se ruent vers les montagnes avec un engouement inégalé ailleurs dans l’univers du thé. Que ce soit pour visiter les jardins célèbres, pour déguster directement chez les producteur ou dans l’une des innombrables maisons de thés, ou que ce soit encore pour en ramener au pays et étoffer sa collection personnelle, on se déplace de loin pour venir passer quelques temps au chaud, dans le plus ancien terroir du monde, le berceau du thé.

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S’il reste encore rare pour les producteurs du Yunnan de croiser un visage occidental, il n’en demeure pas moins qu’on nous aura vu dans plusieurs coins de la province. Parmi toutes nos visites, c’est celle au village de Man Gong, dans la montagne de Yibang, qui nous aura le plus marquée. L’endroit est à couper le souffle. Un paradis du thé comme on en trouve peu dans le monde : vieux théiers pleins les forêts, habitants souriants, maisons au style ancien et écosystème extrêmement vivant. Les villageois qui se sont enrichis ici très rapidement avec la culture du thé sont restés soucieux de préserver un esprit traditionnel (ce qui n’est pas le cas partout). Le producteur que nous y avons rencontré, M. Lei, est un homme plusieurs fois décoré pour sa technique de transformation qui, malgré tout, prend toujours soin de cuisiner les repas lui-même pour les invités et de tourner envers tous un regard doux et souriant. Ayant hérité des terres de sa famille (comme les autres habitants du village), il s’est retrouvé du jour au lendemain assis sur une mine d’or. Mais, il lui en aurait fallu davantage pour remplacer dans son jardin de vieux arbres les choux, les oignons et les courges qui poussent entre les racines.

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Dans le Yunnan, là où la culture du thé remonte à des temps immémoriaux, il n’est pas rare de voir dans un jardin des théiers plusieurs fois centenaires cultivés avec attention depuis des générations. Non seulement la culture elle-même des théiers témoigne d’une tradition quasiment absente dans le reste du monde, mais les techniques de transformation des feuilles ont aussi bien peu changé : elles restent, somme toute, plutôt simples, voire plutôt rustiques. Ce qui distingue ce terroir des autres ne se trouve pas là. Cela se trouve directement dans la terre, dans les échanges qui se produisent entre la montagne et l’arbre pendant des siècles, dans la nature qui fait son chemin et qui donne à chaque printemps des bourgeons d’une qualité aromatique impossible à reproduire autrement.

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Des jardins de M. Lei, nous avons choisi un lot de thé produit à partir de théiers plusieurs fois centenaires dont les qualités gustatives ne laissent aucun doute. Bu dans toute sa fraîcheur, il rappellera à certains le goût du thé vert chinois, mais ne manquera pas de dévoiler une intensité aromatique et une longueur franchement exceptionnelles, une texture généreuse, pleine de miel, de fleurs et d’herbes sauvages.
Vendu en petits lots de dix grammes, ce thé s’apprécie pleinement sur de multiples infusions. À l’image des vieux théiers, mieux vaut prendre son temps pour arriver au meilleur.

Productrice du moment : Mme Chen

17 avril 2019

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L’équipe du Camellia Sinensis est heureuse de vous fait découvrir ses producteurs vedette en vous partageant leur histoire et leur rencontre.

Notre productrice du moment est Mme Chen, qui produit l’exquis Bi Luo Chun Du Yun.

 

L’histoire de notre rencontre

En 2012, Jasmin se lance dans l’exploration des provinces chinoises moins connues pour leur production de thé. Au printemps, il se rend dans le Guizhou en espérant y dénicher quelques perles rares. Dans cette optique, il rencontre plusieurs producteurs dans plusieurs régions différentes. Une rencontre est plus significative que les autres : à Du Yun, il croise Mme Chen, une productrice d’une belle humanité et dont le thé est d’une qualité exceptionnelle. Coup de coeur immédiat.

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Quand avez vous commencé dans le monde du thé?

Le père de mon mari était originaire de Jinghong dans le Yunnan. Il connaissait bien le thé. Plus tard, il a déménagé à Liupanshui, dans le Guizhou, et travaillait dans la construction. Pour augmenter son revenu et faire mieux vivre sa famille, il a ouvert une boutique de thé à Liupanshui. Lorsque j’ai rencontré mon mari, je travaillais à Guiyang et lui dans l’usine de tabac à Liupanshui. Afin que nous puissions vivre ensemble, mon mari a quitté son emploi et est venu me rejoindre à Guiyang. Il s’y est établi comme commerçant de thé. À force de commerce, nous avons tous deux développé un intérêt tout particulier pour le thé Du Yun. En 2002, nous avons eu la chance de louer un jardin dans la montagne Dou Peng Shan et nous avons commencé à y faire notre thé.

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Êtes-vous propriétaire de vos jardins?

Non, le jardin appartient à l’État. Nous avons signé un contrat pour pouvoir l’exploiter.

Quelle est la superficie de vos jardins?

Plus de 1000 mus.

Quelle quantité de thé produisez-vous chaque année?

Environ 40 tonnes, principalement du thé vert.

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Combien de travailleurs employez-vous?

16.

Quels aspects de votre travail préférez-vous?

La production du thé reste l’aspect le plus intéressant. Mais j’aime aussi les designs reliés au thé.

Qui sont vos clients? Locaux ou internationaux?

Nous vendons tout en Chine, ou presque. Jasmin est notre seul client international.

Quels changements percevez-vous dans l’industrie et dans la clientèle depuis vos débuts?

Du côté de l’industrie, les principaux changements viennent du gouvernement qui attache de plus en plus d’importance au thé. On fait davantage de promotion et on standardise de plus en plus la production. Sinon, par rapport à la clientèle, on observe que plus de jeunes boivent du thé et que l’intérêt pour le thé de qualité grandit.

Quel est votre thé préféré?

Mon thé préféré est le Bi Luo Chun Du Yun de haute montagne, celui qu’on cultive à plus haute altitude et qu’on transforme à la main. Sinon, j’aime aussi beaucoup le Du Yun Hong Cha.

Producteur du mois : M. Gao

6 mars 2019

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Chaque mois, l’équipe du Camellia Sinensis vous fait découvrir un de ses producteurs vedette en vous partageant leur histoire et leur rencontre.

Ce mois-ci, il s’agit de M. Gao Shi He, producteur de thé wulong à Taiwan. Hugo a rencontré M. Gao dans ses jardins à Pinglin il y a déjà plus de dix ans. Leur histoire dure depuis et vous pouvez goûter aujourd’hui en boutique son excellent Gaba Cha.

Quand et comment avez-vous fait vos débuts dans le monde du thé?

Il y a longtemps que le thé est la principale source de revenu de notre famille. Plus jeune, c’était mon père qui s’occupait des jardins et de la production, mais lorsqu’il est tombé malade et que la famille risquait de perdre ses ressources économiques, c’est moi qui ai repris le flambeau. Cela fait plus de 30 ans maintenant que ma carrière a débuté. Depuis, j’ai développé un goût particulier pour les arômes naturellement floraux du thé.

Êtes-vous propriétaire de vos jardins?

Oui.

Quelle est leur superficie?

La superficie des plantations familiales est d’un peu plus d’un Jia, soit environ 0,97 hectare avec une production annuelle de 1 000 kilogrammes. Récemment, nous avons développé une autre plantation sur une superficie de plus de deux Jia, soit environ 1,94 hectare.

Quelle quantité de Gaba Cha produisez-vous annuellement?

Environ 200 sacs de 600 g.

Le thé Gaba est un thé saisonnier. La meilleure période de l’année pour le produire est une semaine avant et après Duan Wu (le festival des bateaux-dragons). C’est à ce moment que les insectes nommés Jacobiasca Formosana envahissent les jardins et piquent les théiers. Si on récolte au moment leur morsure est encore présente sur les feuilles, la qualité du thé est optimale.

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Combien de travailleurs employez-vous?

Trois travailleurs permanents assurent la gestion des plantations de thé. À cela s’ajoutent huit à dix cueilleurs saisonniers engagés pour la cueillette des feuilles.

Quels aspects de votre travail préférez-vous?

Ce que je préfère, c’est la gestion des jardins. J’aime assister au processus de croissance des arbres, observer les différents changements à chaque étape et voir pousser les feuilles. C’est d’ailleurs mon endroit préféré. Je me sens toujours détendu et heureux dans un paysage naturel sur une montagne.

Qui sont les principaux acheteurs de vos thés? Clients locaux ou internationaux?

Actuellement, les clients sont principalement des Taïwanais, mais il y a aussi un petit nombre de voyageurs qui viennent librement à Taïwan depuis la Chine, le Japon, l’Europe, l’Amérique, etc. Sinon, vous êtes assurément notre plus grand client hors Taïwan!

Percevez-vous des changements depuis vos débuts dans l’industrie?

Aujourd’hui, l’industrie du thé est grandement affectée par un environnement météorologique anormal. Les cycles de croissance des arbres et des feuilles sont de plus en plus bouleversés et imprévisibles, ce qui rend l’intervention de la technologie beaucoup plus importante dans le processus de fabrication.

Heureusement, parallèlement aux progrès scientifiques et technologiques, les machines employées deviennent plus performantes et perfectionnées. À Taïwan, elles sont devenues des alliées indispensables pour maintenir la qualité du thé. C’est grâce à elles d’ailleurs que l’industrie est encore viable.

En ce qui concerne la clientèle, la majorité des consommateurs sont des personnes d’âge moyen alors que seulement un petit nombre de jeunes boivent du thé.

Quel est votre thé préféré?

J’aime beaucoup de styles de thé : Baozhong, Laocha, thés lourdement fermentés, thés noirs, thé Mixiang… mais mon préféré reste le Gaba.

Apprenez-en plus sur les vertus du Gaba Cha dans cet article.

Céramistes d’ici

4 mars 2019

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La Journée internationale de la Femme approche et nous avons pensé vous faire découvrir les nombreuses potières québécoises qui enjolivent les tablettes du Camellia Sinensis, et vos espaces thé à la maison. Des artistes au talent incroyable et qui ont chacune une signature artistique bien caractéristique.

Julie Lavoie

La passion de Julie Lavoie pour le monde de la céramique naît en 2005, alors qu’elle étudie au Centre de céramique Bonsecours à Montréal. Elle y développe alors un intérêt marqué pour la porcelaine et les cuissons de haut feu.

Quelques années plus tard, elle entreprend un voyage de six mois au Japon, dans le but d’en apprendre davantage sur les types de fours à bois et les techniques de cuisson s’y rapportant. Ce voyage lui permet d’apprécier les objets du thé de façon beaucoup plus approfondie. Elle découvre également que l’objet céramique, œuvre de l’artisan, est omniprésent dans la société japonaise et elle se laisse imprégner par leur façon d’aborder la matière et de la transformer. C’est dans cet esprit qu’elle élabore une série d’objets destinés à la dégustation du thé.

La forêt est pour elle une source d’inspiration infinie: les arbres et leur présence si particulière, mais aussi le ciel sur lequel ils se découpent jour et nuit ainsi que les cours d’eau dans lesquels ils se réfléchissent. Son désir de se rapprocher de la nature lui a récemment fait quitter Montréal pour installer son atelier dans un petit village de la région de l’Estrie.

Les pièces qu’elle propose sont cuites au four à gaz, à haute température. Elle utilise des émails qui lui sont propres, fruit d’une longue recherche qui lui permet de créer un univers unique et personnel. Comme support, elle privilégie la porcelaine pour sa délicatesse, sa résistance ainsi que sa blancheur, qualités qui offrent à l’émail tout l’espace nécessaire pour raconter son histoire.

À propos de son travail, Julie explique: ” Un bol qui se moule à la paume de la main et qui s’harmonise parfaitement au contact des lèvres, pour livrer ses promesses d’arômes. Voilà toute la simple poésie d’une pièce de céramique. Les objets des arts de la table et du thé sont ceux que j’affectionne le plus, car leur présence nourrit notre quotidien.”

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Makiko

Makiko Hicher-Nakamura est née à Hokkaido au Japon. Elle a habité plusieurs années en France avant de s’installer au Québec en 2011. Lorsqu’on lui demande comment elle est devenue céramiste, elle répond: “Par hasard, grâce à une petite annonce d’un atelier de céramique qui offrait des cours. J’y suis allée et j’ai adoré. Tout de suite j’ai pensé: c’est pour moi”.

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Une entrée en matière toute simple, à l’image de son travail délicat, laissant place à l’intuition et au moment présent: “je laisse travailler mes mains et je me vide la tête. Le tournage, ça me met en transe.”

Les tasses et les bols sont les objets qu’elle préfère fabriquer. Pour elle, les objets du thé sont plus exigeants que les autres céramiques de la table. Lorsqu’elle les fabrique, elle est davantage consciente que ce sont des outils dédiés à un usage spécifique: “J’apprends en buvant le thé, j’analyse pourquoi ces objets sont bien ou pas. Je pratique un peu la cérémonie du thé pour mieux comprendre leur utilisation.”

Makiko aime la simplicité, la joie du quotidien. Elle aime les tasses qui tiennent bien dans la main. Plus que tout, elle aime imaginer que les gens prennent du plaisir à déguster leur thé (ou leur café) dans celles qu’elle fabrique.

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Carmen Abdallah

La production de Carmen Abdallah se concentre principalement sur les objets de l’art du thé. Ce choix d’objet lui a été inspiré par son séjour de trois ans au sud du Japon (2002-2005). La fonction et l’esthétique qu’elle donne à ses objets est inspiré par les connaissances qu’elle a acquises pendant ses stages de céramique au Japon. Son travail sur la glaçure et la forme rend chaque pièce de Carmen Abdallah unique et, cependant, caractéristique du style de l’artiste.

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Carmen Abdallah travaille le grès rouge et blanc qu’elle tourne au tour électrique ou au tour à pied. Elle grave, déforme et modifie les formes symétriques pour les rendre plus spontanées et organiques. Ses glaçures sont inspirées de recettes ancestrales japonaises, elles contiennent une grande quantité de cendre de bois. Elle cuit ses pièces au four électrique ou au four à bois.

En 2010, Carmen Abdallah retourne au Japon et y apprend à construire un four à bois de type anagama. Depuis, elle cuit ses pièces dans le four qu’elle a construit au Québec. À propos de ce processus, Carmen explique: “Cette méthode me fascine et je suis profondément concentrée sur les effets de cendres et de flammes dans une telle cuisson. Il donne de beaux résultats de cendres de bois fondues sur les pièces qui ressemblent à du verre. Ce processus rend chaque pièce encore plus unique et même héroïque d’avoir affronté et survécu à une telle chaleur et atmosphère pendant 24 heures ou plus.”

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Nadine Desmarais

En s’intéressant davantage à son histoire, on s’aperçoit que la potière a un riche passé artistique : travail en présentation visuelle, en publicité, puis études en photographie. On saisit alors cette maturité dans une discipline toute récente. « J’ai cherché à m’exprimer de plusieurs façons au cours de ma vie (…) C’est toutefois à travers l’argile que je retrouve aujourd’hui une liberté intérieure depuis laquelle jaillit ma créativité ».

Grande amoureuse de la Gaspésie, ce n’est pas un hasard si les céramiques de Nadine Desmarais ont un fini nacré et une douceur inspirée des bords de mers.

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Catherine de Abreu

La céramiste lavalloise Catherine De Abreu préconise une approche contemporaine pour les objets qu’elle confectionne. Juste avant la troisième cuisson de ses céramiques, l’artiste appose des décalques au laser qui ajouteront la signature ultime de l’objet: la méduse.

Pourquoi cette créature? “Il n’y a pas de raison spécifique… je trouve cet animal marin fascinant, il nous séduit par sa beauté”.

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Stéphanie Blanchet

La céramiste québécoise Stéphanie Blanchet crée principalement des pièces utilitaires pour agrémenter et partager les rituels quotidiens de la vie. Son style vibrant exprime “ (…) la passion, la joie et la richesse que me procure mon travail.” Et c’est justement l’impression que nous avons. Une petite bombe d’énergie qui habite maintenant en Gaspésie!

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Producteur du mois : M. Zeng

6 février 2019

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Zeng, Xiao Long, producteur de thé Dancong, Guangdong, Chine

Chaque mois, l’équipe du Camellia Sinensis vous fait découvrir un de ses producteurs vedette en vous partageant leur histoire et leur rencontre.

Ce mois-ci, il s’agit de M. Zeng Xiao Long, producteur de thé Dancong dans le Guangdong, en Chine. Jasmin, importateur dans le Guangdong, a fait la rencontre de M. Zeng par l’entremise de M. Zheng, un ami scientifique et consultant en transformation de thé Dancong à Chaozhou. En 2017, pendant la visite de Jasmin à Chaozhou, M. Zheng l’a invité à venir le rencontrer dans la fabrique de thé de M. Zeng où il travaillait justement à titre de consultant. Sur place, Jasmin découvre avec surprise un terroir pratiquement sauvage, où l’on cultive des thés d’une qualité incontestable dans des jardins magnifiques. Nourris d’un intérêt commun pour le bon thé, Jasmin et M. Zeng se lient rapidement d’amitié. Depuis cette première rencontre, les wulong de M. Zeng sont en vente dans nos boutiques.

Quand et comment avez-vous fait vos débuts dans le monde du thé?
D’aussi loin que remonte ma mémoire, je me souviens avoir bu du thé. Même jeune enfant, le thé faisait partie de notre quotidien. Ce n’est toutefois qu’en 2011, deux ans après la vente de ma première usine, qu’un ami m’a proposé de me lancer dans la production de thés Dancong. J’ai accepté. L’idée de départ était d’investir dans l’industrie agricole en faisant l’acquisition d’une montagne et créer des jardins de thés cultivés sans pesticide aucun. À titre officiel, je suis responsable du marketing de l’entreprise.

Il faut savoir aussi que dans la région de Chaozhou-Shantou, on boit du thé style Gong Fu depuis des centaines d’années. Le peuple Chaoshan est le plus grand groupe de consommateurs de thé en Chine et il est coutume chez nous de boire le thé dès l’enfance. Tous ont appris à faire du thé durant leur adolescence. Chez nous, la passion et la compréhension du thé est presque une seconde nature.

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Parlez-nous un peu de vos jardins.
Le jardin de thé appartient à la compagnie dont je suis l’un des gestionnaires. En tant que tel, il s’étend sur une superficie de près de 5000 mu (333 hectares), mais en réalité, la portion plantation ne couvre qu’un millier de mu environ. Le reste est laissé à l’état de forêt sauvage pour créer une ceinture protectrice autour des jardins et les isoler du monde extérieur.

Combien de travailleurs employez-vous et quelles quantités de thés produisez-vous par année?
Trente travailleurs demeurent dans les plantations tout au long de l’année pour assurer la production et la gestion des jardins. Durant la période de cueillette, un grand nombre de travailleurs temporaires sont recrutés pour prêter main-forte. Généralement plus de cent personnes. La production 2018 était de plus de 10 000 kg.

Quels aspects de votre travail préférez-vous?
J’aime boire du thé et je n’aime pas travailler. (Rires) Vous qui venez jusqu’ici boire du thé est mon aspect préféré.

Qui sont les principaux acheteurs de vos thés? Clients locaux ou internationaux?
Actuellement, la vente de thé se déroule principalement en Chine continentale. Nous avons des distributeurs dans les principales grandes villes. Le marché international est centralisé à Hong Kong et couvre l’Asie du Sud-Est avec un seul client à l’étranger, vous.

Percevez-vous des changements depuis vos débuts dans l’industrie?
Je crois que l’industrie du thé accorde de plus en plus d’attention à la consommation d’expérience, en particulier la consommation de thé haut de gamme. Auparavant, on achetait le thé sur place ou par un intermédiaire et on le buvait à la maison. C’est tout. Maintenant, les clients viennent jusqu’ici boire le thé, voir le jardin et visiter la montagne. Les jardins, les studios et les salons de thé qui interagissent avec les consommateurs vont probablement devenir les principaux canaux de vente du thé haut de gamme dans l’avenir.

Quel est votre thé préféré?
Bien que je boive parfois du thé PuEr, mon préféré reste le Yuan Wei Dancong.

Entrepreneuriat : le parcours de notre fondateur

5 février 2019

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Pour Hugo, le succès de l’entrepreneuriat réside dans l’équilibre entre une bonne planification, un focus sur ses objectifs… et une dose de chance!

Entrevue avec le fondateur derrière la Maison de thé Camellia Sinensis, à propos de son expérience sur le démarrage d’entreprise.

Raconte-nous les débuts du projet. As-tu toujours voulu fonder une entreprise?

H : D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu la fibre entrepreneuriale. J’adorais gérer ma petite business, que ce soit en commençant dès 10 ans à passer les journaux ou en demandant plus de responsabilités lorsque je travaillais dans un dépanneur à l’âge de 16 ans. Je m’intéressais à la manière dont étaient faites les choses, comment les systèmes étaient construits… Aux études, j’avais aussi une grande curiosité envers les affaires. Ça faisait déjà un moment que j’avais en tête de lancer un projet de café, puis un concept de café-bar, quand je suis parti voyager en Europe à l’âge de 23 ans. Mon plan était de prendre 3 mois à analyser ce qui se passait dans les bars et les cafés européens. À Prague, j’ai pris le goût du thé en visitant plusieurs endroits inspirés du service à « l’asiatique » , avec une touche “baba cool” propre à eux. En montant mon plan d’affaires, j’ai réalisé que nous n’avions pas d’endroit semblable à Montréal. C’est alors que j’ai eu le déclic : c’est plutôt un salon de thé que je devais ouvrir!

As-tu rencontré des épreuves lors du démarrage de l’entreprise?

H : J’avais malheureusement mal évalué le budget nécessaire pour démarrer l’entreprise, ce qui m’a forcé à devoir travailler 112h par semaine pendant la première année. C’était aussi difficile de faire comprendre aux amis, à la famille et surtout à la banque, le potentiel du concept que j’avais en tête.

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui souhaiterait se lancer en affaires?

H : Je leur conseillerais d’abord de bien s’entourer, de voir autour d’eux qui peut les aider à réaliser certaines tâches, de faire confiance et de déléguer. Que ce soit un ami ou une organisation comme le SAJE, il y a certainement autour de vous des gens qui peuvent d’une manière ou d’une autre vous donner un coup de main.
Ensuite, je recommanderais fortement de se consacrer sur une seule chose à la fois. Lancer une entreprise demande énormément d’énergie et de temps ; il est judicieux d’évaluer les différentes sphères de sa vie afin de voir si c’est le bon moment.

Hugo, on célébrait en novembre dernier les 20 ans de Camellia Sinensis. Selon toi, qu’est-ce qui fait que l’entreprise connaisse un succès grandissant année après année?

H : Selon mon expérience, le succès de l’entreprise provient d’un équilibre entre trois éléments.

1. Une planification réaliste, parce qu’on peut bien tenter de tout planifier, mais ça peut aussi nous empêcher de voir certaines opportunités se présenter. Pour moi, planifier sur 3 ou 5 ans, ça n’a pas réellement de sens. Je préfère planifier les projets de l’année et suivre le rythme de l’entreprise. On peut lui en imposer un, mais elle a son propre rythme et il faut savoir le respecter.

2. Un focus sur nos objectifs, notre mission et notre clientèle. On ne pourra jamais plaire à tout le monde, et selon nous, il vaut mieux se concentrer sur nos forces réelles et sur ce qu’on fait de mieux.

3. Et finalement, on ne peut selon moi nier la chance! Après tout, l’idée de Camellia Sinensis m’est venue suite à une rencontre totalement imprévue. C’est en prenant mon courage à deux mains pour demander à une pragoise qui se trouvait près d’un théâtre à Prague d’aller prendre un verre, que j’ai fait la découverte d’un salon de thé caché qu’elle m’a présenté. Ça a été un déclic total pour moi. Sans cette rencontre, qui sait ce que serait devenue mon aventure! L’ouverture et la spontanéité sont des ingrédients clés pour tomber sur de belles occasions.

À la tête de Camellia Sinensis se retrouvent 4 associés. Quel est votre secret?

H : Ce qui nous a gardé ensemble aussi longtemps, outre le fait qu’on s’entende très bien à la base, c’est une vision similaire sur l’équilibre entre la vie et le travail. Nos valeurs fondamentales sont les mêmes. Le partenariat s’est formé de manière très naturelle, et s’est transformé en symbiose avec l’évolution de Camellia Sinensis. Au début, nous réalisions toutes les tâches ensemble. C’est en discutant avec un prof des HEC, Claude Chapdelaine, que nous avons réalisé qu’il fallait plutôt créer une structure et adopter des rôles différents. Ça tombait bien, comme nous avions chacun nos forces et que nous ne voulions pas les mêmes postes. C’est à ce moment que François s’est dédié au marketing et à la publicité, que Jasmin a pris le rôle de gestionnaire des opérations et que Kevin est éventuellement venu compléter l’équipe avec son expertise sur le territoire indien, en 2004.

Que souhaites-tu pour les 20 prochaines années chez Camellia Sinensis?

Conquérir le monde, ça ne me parle pas. Je préfère prendre part au groupe d’entrepreneurs qui font évoluer le changement de mentalité par rapport aux affaires et à la répartition des richesses. Le succès peut être mesuré de différentes manières, et pour nous, ça restera toujours de maintenir l’équilibre vie-travail.
Je profite aussi de l’occasion pour remercier sincèrement nos clients. Sans leur confiance et leur encouragement, Camellia Sinensis n’aurait jamais pu connaître ce succès. Merci à vous!

Da Hong Pao : thé légendaire

30 janvier 2019

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Cultivé dans la région des monts Wuyi (Fujian), le Da Hong Pao est considéré par de nombreux amateurs comme un des thés les plus prestigieux de Chine. Sa réputation est telle qu’il n’est pas rare de voir certains millésimes se vendre à des prix exorbitants. Comme la plupart des grands thés chinois, le Da Hong Pao trouve son origine dans le mythe. La légende raconte que durant la dynastie des Ming, un personnage de haut rang affligé d’une maladie rare (certains parlent de la mère de l’empereur, d’autres de l’empereur lui-même) aurait été guéri grâce à une infusion de feuilles de thé provenant d’arbustes poussant à même le roc au cœur des monts Wuyi. Reconnaissant, l’empereur fait couvrir de toges rouges les théiers d’où viennent les feuilles miraculeuses. Le nom Da Hong Pao signifie « grande toge rouge » et fait référence à ce tissu dont on recouvre cérémonieusement les six théiers datant de la Dynastie des Song encore vivants dans le parc de Wuyishan. Aujourd’hui, ces théiers sont protégés en qualité de patrimoine culturel important et leur exploitation est interdite. En 2002, on a vendu pour la dernière fois une récolte de 20g prélevée sur ces arbustes, octroyée à un acheteur privé pour la modique somme de 180 000 yuans (35 000 $).

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Sur le marché d’aujourd’hui

La légende toutefois n’est pas seule à gonfler l’importance à ce thé. Le terroir entier présente des conditions géographiques et climatiques idéales pour la culture du thé, avec un sol rocheux riche en minéraux et une irrigation naturelle par les ruisseaux de montagnes glissant entre les gorges de calcaire. Désirant profiter du prestige d’un tel nom, mais coincés par l’impossibilité de cultiver les théiers originaux eux-mêmes, les fermiers de la région tentent de récupérer l’appellation en transplantant des boutures de ces théiers ailleurs dans le parc. La culture de ces boutures s’avère difficile, les résultats plutôt décevants. Pour garder le nom vivant, on transpose lentement sa signification depuis la descendance des arbres vers le style de thé qu’il produit : un wulong foncé et torréfié au goût riche et complexe. Rapidement, la demande du marché amène les producteurs à nommer Da Hong Pao différents crus de Wuyi produits dans ce style. En 2007, Le Centre de Recherche essaie d’officialiser l’appellation en exigeant que sa production vienne du cultivar Qi Dan mais la pression du marché est trop forte et la réalité voit plutôt le nom désigner un assemblage de cultivars dont chaque producteur garde jalousement sa recette. S’il se trouve autant de variétés de Da Hong Pao aujourd’hui qu’il se trouve de producteurs pour en proposer, il n’en reste pas moins que la qualité du thé lui-même varie grandement de l’un à l’autre en fonction de l’emplacement des jardins, de la richesse du sol, de la finesse de la cueillette et de l’habileté de la transformation.

M. Wu Yong Peng

Le Da Hong Pao que nous avons choisi cette année vient de M. Wu Yong Peng. Sa recette est un habile mélange de 6 différents cultivars (Rou Gui, Huang Guan yin, Qi Lan, Mei Zhan, Shui Xian et Bai Rui Xiang). Les théiers, dont la moyenne d’âge est de 15 ans, poussent dans des jardins sur les flancs de montagnes avoisinants le Parc National des Monts Wuyi. Cette légère délocalisation, loin de diminuer la qualité du thé, permet d’offrir à très bon prix un lot exceptionnel en évitant le contingentement des marchés spéculatifs. Pour produire son Da Hong Pao, M. Wu torréfie deux fois chacun des cultivars en lots distincts, puis assemble le tout pour une troisième et dernière ronde de torréfaction. Une triple torréfaction est considérée « légère » dans l’univers des thés de Wuyi (où l’on peut aisément trouver des lots cuits six à huit fois sur charbon de bois) et est idéale pour bien déceler derrière les notes de noisettes et sucres caramélisés toute la complexité aromatique qu’offre le terroir. À chaque infusion, le thé révèle de nouvelles nuances dans la dégustation : notes d’épices (cannelle, muscade), de cerises confites et de réglisse, un léger parfum floral et une finale chaudement minérale (calcaire, silex) typique des thés de Wuyi.

Tea Studio : Entrevue avec la chef des opérations

21 janvier 2019

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Le Tea Studio, notre fabrique expérimentale en Inde, est maintenant officiellement ouverte depuis près d’un an. En octobre 2018, nos quatre dégustateurs partaient à l’aventure pour quelques semaines, alors qu’ils allaient mettre la main à la pâte, rencontrer toute l’équipe et accueillir deux partenaires chinois pour optimiser la production.

Lors de ce voyage, François s’est également entretenu avec Muskan Khanna, chef des opérations du Tea Studio à propos de son métier et de son équipe entièrement féminine. Toute l’équipe est d’accord pour affirmer que le projet ne serait pas le même sans sa passion et son dévouement.

F : Quand as-tu commencé à développer un intérêt envers le thé?

M : J’ai vraiment commencé à m’intéresser à l’industrie du thé il y a environ 3 ans, lorsque nous débutions tout juste les discussions autour de ce projet. Je trouvais le concept différent, novateur et j’avais envie de m’impliquer. J’en ai fait part à mon père Hindi, l’un des associés du projet, et j’ai eu la chance de devenir chef des opérations. C’est alors que j’ai commencé à apprendre sur l’industrie et à visiter plusieurs fabriques afin de comprendre les processus.

F : Quel genre de parcours avais-tu avant de rejoindre le Tea Studio?

M : En fait, mes études sont en médias et publicité (Birmingham University, Royaume-Uni) et c’est dans ce domaine que j’ai travaillé pendant plusieurs années. C’est un monde totalement différent! Mon père m’a énormément aidé à apprendre mon métier et je suis très heureuse de faire partie de l’équipe.

F : À quoi ressemblent tes journées au Tea Studio?

M : J’arrive normalement à la fabrique vers 9h et je passe un moment dans mon bureau à répondre à mes courriels et à m’atteler à certaines tâches administratives. Je descends par la suite sur le plancher et, bien souvent, j’y passe le reste de la journée!

F : Vous avez accueilli deux de nos producteurs chinois récemment. Comment ça s’est passé?

M : J’ai adoré! Ça m’a permis d’apprendre une tonne de nouvelles techniques pour améliorer la qualité de la production dans la fabrique.

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F : Il est plutôt hors du commun pour une femme de gérer une fabrique de thé. Raconte-nous ton point de vue sur ceci.

M : En effet, ce n’est pas quelque chose d’habituel et surtout en Inde! Au début, les gens avaient du mal à comprendre ma réalité et c’était un peu difficile à expliquer autour de moi. Ça m’a pris un moment pour trouver une balance entre ma vie personnelle et mon travail – c’est tout un défi! Mais je suis profondément passionnée par ce que je fais. J’ai aussi la chance d’avoir une belle liberté au Tea Studio, comme mon père m’accorde une totale confiance. Comme il me dit souvent : “C’est toi la boss de la fabrique!”.

F : Qu’en est-il du reste de l’équipe?

M : Le Tea Studio comporte une équipe entièrement féminine qui sont devenues des amies. Sur le plancher, il y a toujours une belle énergie et on partage de nombreux fous rires.

Camellia Sinensis a 20 ans : une rétrospective

11 novembre 2018

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Le 16 novembre 2018 marquera les 20 ans de Camellia Sinensis. Si vous avez suivi notre album rétrospective sur Facebook, vous aurez certainement remarqué une belle évolution depuis nos débuts – tant au niveau du décor que de nos coupes de cheveux ;)

Une approche asiatique du thé à Montréal

C’est en 1998 qu’Hugo Américi ouvre sur la rue Émery le premier salon de thé Camellia Sinensis, à Montréal (Québec). Après avoir longtemps jonglé avec l’idée d’un café-bar, il laisse finalement tomber le projet en faveur d’une entreprise axée sur une approche asiatique du thé, un concept fascinant qu’il a en rencontré l’année précédente dans les salons de Dobra Cajovna à Prague. Cette première version du Camellia Sinensis offre aux clients une cinquantaine de thés accompagnés de gâteaux, le tout servi dans une ambiance feutrée.

Curieux à propos de notre histoire? Lisez-en plus ici.

Une équipe passionnée et complémentaire

Cette même année, deux étudiants de l’UQAM, Jasmin Desharnais et François Marchand, entrent au service de la maison. Tous deux deviendront rapidement copropriétaires de l’entreprise qui fleurit et cherche à s’agrandir. Un quatrième joueur, Kevin Gascoyne, fait son entrée en venant présenter au salon sa compagnie d’importation de thés indiens (Kyela Teas). Ils ont maintenant chacun leur rôle dans l’entreprise : Jasmin s’occupe des ressources humaines et des opérations et voyage dans l’Ouest et l’Est de la Chine, François est responsable du marketing, du contenu et des technologies en plus de voyager en Chine centrale, Kevin donne les conférences internationales, s’occupe des ressources humaines à Montréal, chapeaute le Tea Studio et voyage en Inde au Népal et au Sri Lanka, alors qu’Hugo chapeaute la vision globale de l’entreprise, s’occupe de l’administration et de la distribution et responsable des achats au Japon et à Taiwan. Ceci nous donne l’avantage de cultiver autant une connaissance globale sur l’industrie du thé, qu’une expertise précise dans chacun des terroirs.

Notre soif de connaissances nous a poussé à ouvrir des boutiques et salon à Montréal et à Québec, à publier divers ouvrages, à lancer une École de thé, à créer le premier bar à chai du Québec et à lancer une fabrique expérimentale en Inde (Tea Studio).

Saviez-vous que….

  • Camellia Sinensis aurait pu porter le nom de “La théière fumante” (fiou!) ;
  • Durant les 5 premières années, les clients venaient surtout pour les chichas, les pipes à eau au tabac égyptien aromatisé ;
  • Camellia Sinensis était au départ un salon de thé. C’est suite à un mois de vacances qu’Hugo est revenu avec l’idée d’ouvrir une boutique ;
  • C’est en 2003 que nos dégustateurs ont fait leur premier voyage en Chine, durant la crise du SRAS ;
  • Camellia Sinensis possède aussi deux écoles de thé : une à Montréal, et une à Québec ;
  • L’entreprise compte maintenant une cinquantaine d’employés dévoués, en boutique, au salon, en entrepôt et dans l’administration ;
  • Camellia Sinensis offre plus de 200 thés différents, qui varient chaque année ;
  • Il y a plus de 500 restaurants dans le monde qui proposent nos thés, dont quelques étoilés Michelin! ;
  • 10 000 passionnés ont été reçus dans le cadre des ateliers de thé ;
  • 12 500 échantillons de thé ont été dégustés par les 4 propriétaires au cours des derniers 20 ans ;
  • 700 000 clients ont été servis au salon de thé de Montréal depuis l’ouverture ;
  • 32 000 kg de thé en importations privées chaque année ;

Nouvel amateur de thé? Découvrez nos assortiments – une excellente manière de découvrir ce qui vous plaît.

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