Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Résolutions 2017 : une invitation à la découverte

30 janvier 2017

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Le début d’une nouvelle année : c’est l’occasion idéale pour vivre de nouvelles expériences et élargir ses horizons. Pourquoi ne pas en profiter pour déguster de nouveaux thés ou encore essayer une méthode d’infusion différente ? Que vous soyez un grand connaisseur ou un nouvel amateur de thé, il est toujours possible de sortir de sa zone de confort.

1. Diversifier sa méthode d’infusion

Vous avez l’habitude de préparer votre infusion favorite en théière ? Jetez un coup d’œil à nos vidéos pour en connaître davantage sur chacune des manières de préparer le thé.

Gaiwan

Le Gaiwan est une technique chinoise qui est toute désignée pour la dégustation de thés délicats comme les blancs, verts chinois ou wulong. Un outil simple et abordable, il permet de découvrir le large spectre des arômes du thé.

Découvrez nos Gaiwan et visualisez la méthode d’infusion.

Gong Fu Cha

« Le temps du thé » est l’une des interprétations de Gong Fu Cha. Elle fait référence au temps nécessaire et à l’effort qui doit être investi afin de maîtriser cet art. Cette technique, idéale pour la préparation des wulong et des Pu Er, vous permet de multiplier les infusions des mêmes feuilles et de découvrir à chaque fois leur caractère distinctif. Nous suggérons l’utilisation des tasses à sentir et à goûter pour agrémenter votre dégustation.

Découvrez nos Gong Fu Cha et visualisez la méthode d’infusion.

Senchado

La technique senchado est utilisée pour les grands crus japonais que l’on infuse dans une théière kyusu de petit volume. Facile à manipuler, elle permet de bien filtrer les thés japonais à petite feuille.

Découvrez nos senchado et visualisez la méthode d’infusion.

2. Essayer de nouveaux crus

  • Amateur de thé vert ? Essayez le matcha, une poudre de thé vert très fine qui promet une expérience de dégustation d’une exquise intensité. Vivifiant et versatile, le matcha s’intègre également en cuisine. Visionnez notre vidéo pour en apprendre davantage sur sa préparation traditionnelle.
  • Intrigués par les thés vieillis ? Débutez votre initiation avec le Pu Er 2006 Bulang Shan , léger et accessible.
  • À la recherche d’une tisane délicate et parfumée ? La Rose Pourpre est un mélange de framboisier, de basilic pourpre et de boutons de roses sauvages. D’un violet profond, cette tisane offre un support autant au niveau digestif que nerveux. De plus, ce mélange supporte le système reproducteur féminin et peut aider à régulariser le cycle hormonal.

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3. Parfaire ses connaissances

Que ce soit pour apprendre au sujet d’une famille de thé ou d’une région productrice, ou encore pour se laisser surprendre par des accords inusités, Camellia Sinensis offre des dizaines d’ateliers. Une invitation à la découverte, tout au long de l’année :

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Une méthode qui a fait ses preuves!

2 janvier 2017

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L’industrie du thé a vécu depuis ses débuts plusieurs phases de développement nécessitant progressivement de nouvelles machines, outils ou techniques. Le déploiement rapide et impressionnant des plantations en Inde sous la tutelle des Britanniques dès le milieu du 19 siècle a imposé, dès l’origine, une méthode d’analyse et de contrôle de la qualité des productions. Une étude quotidienne, rigoureuse et systématique, des lots transformés hebdomadairement était nécessaire afin de corriger ou de calibrer chaque étape de fabrication. Conduite sous la forme d’une dégustation comparative, elle fut aussi utilisée pour coter chaque lot avant leur mise en vente à l’encan. Les acheteurs ont encore aujourd’hui la possibilité d’aller en salle de dégustation pour goûter les thés avant de les acheter. Cette technique a ensuite rayonné, à l’instar du thé, à l’échelle internationale si bien qu’on la retrouve maintenant dans les centres de recherche en Chine, à Taiwan ou au Japon.

L’objectif, malgré quelques variantes d’utilisation, est d’analyser rapidement un grand nombre de thés en fixant les paramètres d’infusion. Voici donc la méthode présentée sommairement :

1. Mesurer une quantité égale de feuilles pour tous les échantillons (généralement entre 2 et 4 g selon le type de thé) et la disposer dans chacune des tasses, en mettant aussi une pincée dans l’assiette pour l’analyse visuelle.

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2. Verser l’eau à la température voulue d’une tasse à l’autre dans l’ordre en prenant bien soin de remettre les couvercles sur les tasses.

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3. Au bout de 3 minutes (un temps plus ou moins long peut aussi être déterminé), déposer les tasses à l’horizontale sur les bols afin de transvider complètement les liqueurs dans les bols.

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4. Remettre les tasses derrière les bols en retournant les feuilles chaudes et humides sur les couvercles afin de permettre l’analyse olfactive et visuelle de l’infusion.

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Voilà! Une préparation ainsi menée offre la possibilité d’observer la taille, la forme, l’uniformité et la couleur des feuilles sèches, les fragrances et la couleur de l’infusion. Puis, dans un troisième temps, la méthode permet aussi de humer les parfums de la liqueur, d’apprécier sa texture, sa force et ses arômes.

Grâce à cette méthode, les liqueurs sont souvent intenses en raison du dosage par volume trois fois plus grand qu’à la normale. Il faut donc en tenir compte lors de la dégustation pour ne pas se laisser impressionner par leur force ou leur amertume. Cette façon de faire a l’avantage de tout extraire des feuilles des thés dégustés, autant au niveau des qualités que des défauts. Un palais averti sait donc tirer profit de cette technique et peut ainsi goûter plusieurs centaines de thés par jour, comme c’est le cas dans l’industrie. Plus humblement et à coup de quelques 4 à 10 thés, elle nous permet de nuancer des thés semblables, d’une même famille ou de terroirs voisins, et ainsi pouvoir vous les présenter suivant leurs différences et similitudes.

Bonne préparation !

Révélation thé glacé

13 juillet 2016

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Avec la saison chaude qui bat son plein et plusieurs journées caniculaires encore à venir, c’est le temps idéal pour redécouvrir vos thés favoris dans leur version glacée.

Que vous utilisiez un mélange déjà préparé ou bien que vous en profitiez pour vider vos fonds de sachets de vieux thé en y ajoutant des fruits et des épices, la procédure reste simple. Il suffit d’ajouter de l’eau froide à votre préparation en dosant comme pour un thé infusé à chaud (en moyenne 1 c. à thé par tasse), de le laisser de 6h à 12h au réfrigérateur, puis de filtrer le tout avant de déguster! Ainsi, préparé le soir, il sera prêt dès le lendemain matin pour satisfaire votre soif et celle de vos invités.

C’est aussi l’occasion d’expérimenter de nouvelles recettes ou simplement de préparer un thé glacé nature comme nous le faisons chaque jour dans nos boutiques afin de vous donner l’occasion de goûter nos dernières créations. Si certains de mes collègues osent mélanger un Darjeeling avec un thé vert, ou bien un Pu Er et un Wulong, je suis plutôt conservateur et préfère n’utiliser qu’un seul thé, afin de d’apprécier pleinement son potentiel. C’est ainsi que j’ai redécouvert une famille que j’oublie parfois de savourer, celle des thés blancs. Ma révélation fut immédiate et sublime lorsque j’ai goûté le doux nectar obtenu à partir du thé blanc d’un de mes producteurs préférés, le Jingning Yin Zhen! Pureté, légèreté, finesse et désaltérant furent mes mots. Mon émotion est encore bien vive tant bien que je souhaite partager ma découverte avec vous en espérant aussi vous inspirer à varier vos infusions.

Osez, et faites-moi part de vos découvertes ! Je suis preneur de vos meilleures recettes ou simplement de vos coups de cœur.

Bon été!

Sébastien

La recherche de l’équilibre!

25 mai 2016

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Une question simple, mais fondamentale, lorsqu’on prépare du thé est la suivante : comment bien le réussir? J’aime bien dire que l’essentiel c’est de l’eau et des feuilles, mais outre la qualité de ces deux derniers, trois paramètres sont à considérer pour obtenir le meilleur de notre thé, soit ceux que l’on écrit soigneusement sur les sacs : quantité de feuilles par tasse, température de l’eau et temps d’infusion. Pour une préparation en théière, on met autour de 2.5 grammes (1 à 2 c. à. thé) de thé par tasse, on submerge d’eau à la température voulue selon le type de thé, et on laisse infuser quelques minutes avant de retirer les feuilles à l’aide du filtre lorsque le thé est à l’équilibre! Mais qu’en est-il de ce fameux point idéal…

Chaque thé possède une composition chimique qui lui est propre et qui dépend d’une foule de facteurs. La vitesse à laquelle se libèrent ses différents constituants lors de l’infusion est aussi très variable. Si en deçà d’une minute d’infusion, nous avons parfois l’impression de goûter une eau chaude parfumée, attention à ne pas sur infuser vos thés puisque les tanins, responsables de la sensation d’astringence ou d’assèchement en bouche, s’ajoutent progressivement donnant corps à la liqueur, et ce d’autant plus rapidement que la température de l’eau est haute. Les amateurs de thés plus légers et fins ont donc avantage à abaisser la température de leur eau ou à écourter leur infusion. Il s’agit donc de veiller à l’évolution de l’infusion en goûtant la liqueur périodiquement (à toutes les 15 secondes vers la fin!) jusqu’à l’obtention de l’équilibre entre ce que j’appelle le nez et la bouche, c’est-à-dire entre le profil aromatique et les saveurs et sensations (corps, volume et textures). Une infusion trop longue et astringente risque d’occuper trop d’espace de perception, limitant l’acuité des nuances plus subtiles. Trop courte, elle offre trop peu de texture et manque de corps. Il est aussi bon de savoir que la liqueur se modifie même après en avoir retiré les feuilles, devenant ainsi plus corsée avec le temps. Une bonne raison d’en préparer de petites quantités à la fois!

Les trois paramètres étant intimement liés, en faire varier un influe sur les autres. Un dosage plus fort permet d’obtenir une plus grande concentration d’huiles aromatiques, mais aussi plus de caféine et de tanins, se traduisant parfois aussi par une amertume plus prononcée. Il sera alors nécessaire d’abréger l’infusion afin de conserver l’équilibre idéal. Les techniques d’infusions en petits volumes (gong fu cha, gaiwan, sencha do) correspondent à cette idée.

Chaque thé mérite d’être préparé suivant des recettes variées afin de comprendre ses multiples facettes. Une bonne connaissance de l’infusion permet aussi de s’adapter aux préférences du moment, pour un matin solo en déjeunant, un soir de bonne compagnie d’hiver ou un après-midi familial sur le sable chaud.

Bonnes expérimentations.

Un brin de folie dans une ambiance unique!

3 mars 2016

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Fidèles à notre mission de démocratiser le thé ainsi que par plaisir d’offrir une expérience de dégustation inoubliable, nous sommes heureux de vous annoncer la sortie de notre nouveau menu de thés, bonifié de quelques innovations et d’une esthétique urbaine empreinte d’un brin de folie. Vous pourrez le consulter dès votre prochaine visite dans nos salons de thé de Montréal et de Québec.

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Se réinventer tout en suivant sa voie, ainsi que capter l’air du temps afin de créer l’émerveillement, telles sont les visions qui nous ont permis de rafraîchir notre carte de thé. Nous avions aussi en tête de faire éclater les conventions du service du thé en proposant des avenues inédites et ainsi permettre à chacun de redéfinir son esthétique de dégustation propre.

Nos savoureux thés, sélectionnés avec soins aux quatre coins de l’Asie, vous sont désormais présentés suivant leur mode de préparation, dans un choix d’objets tirés de nos collections et importations privées. Certains préfèreront le simple réconfort d’un thé servi dans un de nos somptueux chawan, tandis que les adeptes assidus retrouveront leurs rituels favoris offrant plus de précision et d’intensité. C’est aussi l’occasion de sortir des sentiers battus en savourant un thé chinois dans une belle kyusu japonaise ou de préparer une de nos délicieuses tisanes en gaiwan, pour ne citer que deux des multiples permissions que nous nous sommes autorisées à vous proposer.

Si la dégustation en bol s’adjoint aux techniques classiques, le salon de Montréal pousse l’expérience encore plus loin : verres à vin et carafe permettront à votre esprit d’apprécier le jeu de l’illusion et une table d’hôte proposant une triade d’accords du moment s’ajoute pour un pur moment de délectation.

Bienvenue à tous, dans nos oasis chaleureux et contemplatifs, afin que vous puissiez goûter ces quelques primeurs et ainsi participer à faire vivre ces lieux de dégustations uniques. Au plaisir de vous servir!

PURION

15 septembre 2015

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La céramique est une matière qui se décline en de multiples variantes rendant unique les instruments servant à la préparation du thé. Comme les filtres optiques venant modifier le rendu désiré par un photographe, la céramique peut grandement influer sur la liqueur. Du grès robuste et chaleureux à une porcelaine immaculée et translucide, chaque matière aura un effet différent sur le thé et sur celui qui le boit.

La céramique Purion, créé par le studio Lin’s Ceramic, dégage une impression particulièrement chaleureuse. Sa texture sablonneuse, uniforme et légèrement rugueuse évoque la texture du granit. Ce matériel, n’étant pas neutre comme le verre, peut être comparé aux théières Yixing. En laissant de l’eau bouillante quelques minutes dans une théière en céramique Purion, l’eau en ressort généralement bonifiée. Une eau plus dense et sédimentaire (comme celle du robinet) semblera plus légère or, l’effet lourd et âpre sera grandement dissipé. Avec une eau plus douce (comme une eau de source à faible teneur en minéraux), on remarquera une astringence modérée ainsi qu’une texture aérienne et minérale apportant dynamisme et caractère.

L’effet de ce type de céramique sera très varié en fonction du thé infusé. Par exemple, sur un wulong comme le Chi Ye aux accents empyreumatiques de bois, de fruit et de miel, la céramique de type Purion accentuera les flaveurs plus charnues de torréfaction et de bois tout en modifiant sa texture avec une légère astringence. Par contre, sur un wulong plus rond en bouche révélant des notes puissantes de torréfaction tel que le Ali Shan 1999 (cuisson charbon), cette céramique viendra adoucir et arrondir ce thé qui peut être exubérant. Grâce à son effet dynamisant et minéralisant, cette matière peut rééquilibrer certains thés plus capiteux et charpentés notamment, certains Pu er très terreux et très denses. À l’inverse, sur des thés vieillis plus jeunes, vif et frais, les aspects boisés, camphrés et forestiers, qui sont généralement relégués au second plan, seront plus perceptibles comme par exemple chez les Pu er sheng Banzhang 2009 et Menghai 2004. De plus, cet effet sera remarqué sur la majorité des thés plus délicats et aromatiques. La charpente de ces infusions sera mise en évidence alors que leurs bouquets et leurs aspects volatiles seront relégués au second plan. Pour les amateurs de thé franc et charpenté, c’est une belle occasion de redécouvrir, d’un autre point de vue, ces thés plus aériens.

La céramique Purion est un ajout à « l’arsenal » du dégustateur averti qui cherche à élargir ses possibilités en matière de céramique, ainsi que pour les amateurs de belles pièces en tout genre.

François Napoléon Mercier

L’infusion en verre : Une clé vers la compréhension des thés verts chinois

17 avril 2015

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Consommé par millions de tonnes chaque année, le thé vert est roi en Chine depuis déjà plusieurs siècles. Bu partout et par tous, à toutes heures du jour et de la nuit, de façon précise ou en toute simplicité, il demeure le breuvage quotidien favori de la population chinoise. Si sa préparation en théière ou l’utilisation du gaiwan permettent un service convivial et raffiné, une méthode ergonomique et adaptée au style de vie de la population s’est imposée progressivement au cours des années par sa simplicité et son intérêt esthétique!

IMG_1657À chacun son thé donc, puisqu’il suffit de mettre une pincée de feuille dans un verre ou bien dans une bouteille à thé, puis d’y ajouter de l’eau bien chaude. Les feuilles s’ouvrant sous l’effet de la chaleur séduisent l’œil avant même de satisfaire nos papilles et notre soif! Cette appréciation visuelle de la qualité des feuilles est d’une importance capitale en Chine, souvent plus que l’aspect gustatif, et a fait naître la mode du beau thé!

Jasmin verreLa liqueur est alors sirotée à même le verre en la filtrant à l’aide des lèvres. L’astuce qui permet de ne pas avoir un thé sur-infusé est simplement d’ajouter de l’eau au fur et à mesure que l’on boit. On déguste un quart ou un tiers de notre verre, puis on rempli… et ainsi de suite, jusqu’à épuisement des feuilles, quitte à en rajouter de nouvelles pour prolonger l’expérience! Cette méthode, en plus d’être visuellement intéressante et facile à réaliser, permet d’extraire et de savourer pleinement et progressivement la richesse d’un thé, afin d’en parfaire notre compréhension sans en limiter notre appréciation.

Si les thés verts chinois répondent avantageusement à cet usage, en raison de leurs longues feuilles entières, je vous invite tout de même à redécouvrir vos classiques, qu’ils soient blancs, semi-oxydés ou noirs!

Du Keikoku au réveil!

13 mai 2014

Pour un accro de thé vert comme moi, en cette période où la sélection est plus limitée, rien de mieux que de profiter de la constante fraîcheur qu’offre un Sencha bien entreposé. J’accompagne donc mon réveil, depuis plusieurs matins, d’un senchado de Sencha Keikoku.

Les fines feuilles sèches de ce thé produit à Shizuoka dégagent un délicat parfum végétal, presque floral, merveilleusement accompagné d’un aspect légèrement citronné. Lorsqu’elles sont déposées au fond de la théière préchauffée, des notes de maïs grillé et de torréfaction s’ajoutent à la palette olfactive déjà bien complexe. Difficile de s’en lasser; humer les feuilles est devenu une partie intégrante de ma routine matinale. Pour un Sencha, les feuilles sont bien longues, très peu brisées et bien lustrées, caractéristique d’un étuvage court, d’un malaxage maîtrisé et d’un triage ultra fin!

Parce que ce thé est d’une qualité exceptionnelle et puisqu’au matin j’ai envie d’une liqueur bien vive et bien corsée, j’effectue la première infusion avec des paramètres un peu plus intenses qu’à la normale : 5 grammes de feuilles, 70 à 80 millilitres d’eau à 75°C, pour une minute.

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Les feuilles, une fois infusées, dégagent un parfum complètement différent : le délicat parfum végétal sucré provenant des feuilles sèches laisse plutôt place à un maïs beurré et à une fraîcheur subtilement herbacée. Dans la tasse, la première infusion est d’un vert clair limpide, à peine troublé par quelques fragments de feuilles. En bouche, la liqueur offre une attaque sucrée bien tannique qui rappelle le blanc de melon et qui se couple à merveille à un corps très gras, bien beurré. Une douceur presque florale tapisse aussi la bouche pendant quelques instants, avant de laisser place à la longue finale agrume et chair de melon qui clôt à merveille la dégustation de la première tasse de ce délicieux Sencha.

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S’en suit donc une deuxième infusion de tout au plus cinq secondes.

La liqueur, maintenant vert-jaune bien foncé, se trouble légèrement. L’attaque plus douce et herbacée introduit le palet aux généreux arômes floraux, nettement moins gras qu’à la première tasse. La persistance très fraîche, qui équilibre bien l’amertume et le végétal, laisse un effet très désaltérant et particulièrement plaisant. La tasse se boit toute seule!

À la troisième infusion de 30 à 40 secondes, on retrouve l’apparence ainsi que le parfum de la dernière. En bouche, la fleur et un léger parfum de torréfaction prennent le dessus. Le blanc de melon légèrement présent lors de la première infusion se trouve maintenant en premier plan et évolue vers une persistance et une fraîcheur végétale tannique rappelant l’épinard et la menthe.

Le Sencha Keikoku, vif, complexe et enrobant, est pour moi l’exemple parfait d’un thé vert propice au petit matin.

Raphaël

Quelques gouttes d’un thé à prix d’or!

22 janvier 2014

FINAL (?) - Illustration - temomicha couleur

Voilà maintenant trois ans que nous vous proposons avec joie le fruit d’une technique japonaise marginale, le temomicha. Entièrement fait à la main par une centaine de producteurs qui œuvrent à conserver cette tradition, ce thé exceptionnellement rare est généralement destiné aux concours annuels en vue d’acquérir une réputation d’excellence. C’est donc avec un grand privilège que nous vous invitons à savourer l’intensité que peuvent avoir quelques gouttes du nectar obtenu de ce thé soigneusement transformé par M.Miyano.

La méthode d’infusion que nous suggérons pour apprécier le plein potentiel d’un temomicha et découvrir toutes ses subtilités est tout aussi originale que le thé lui-même!


Ainsi, c’est à l’intérieur d’un shiboridashi, un petit contenant de porcelaine à la forme aplatie, que nous déposerons 4 à 5 grammes de temomicha en disposant les longues feuilles sur le sens de la longueur tout en créant une légère pyramide.

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Ensuite les infusions devront se faire avec très peu d’eau à une température étonnement basse en versant l’eau de chaque côté des feuilles pour que l’infusion se fasse par le dessous.

Voici les recommandations de M. Miyano :

1ère infusion : 2 minutes avec 25 ml d’eau à 50°C

2ième infusion : 1 minute avec 25 ml d’eau à 60°C

3ième infusion : 45 sec. avec 50 ml d’eau à 70°C

4ième infusion et suivantes : 2 minutes et plus avec 100 ml d’eau à 75°C

À chaque infusion, il est important de transvider le liquide jusqu’à la dernière goutte pour ne pas que l’infusion se poursuive.

Préparez-vous alors à accueillir les quelques gouttes précieuses d’une liqueur dense aux arômes végétales et florales d’une longue persistance. Et malgré l’infime quantité de liquide que cette technique permet d’obtenir pour la dégustation, l’effet en bouche est puissant et peut même parfois être accompagné d’une légère sensation euphorisante. Une expérience que je souhaite à tout amateur de sensations fortes!

Les thés noirs de Chine : une histoire d’amour et de réconfort

21 septembre 2012

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L’approche de l’automne est toujours une promesse de réconfort aromatique pour mon palais. Les jours qui raccourcissent toujours davantage, les feuilles se parant de couleurs dans les arbres afin de faire une sortie remarquée signifient qu’il est temps de ressortir les crus de ma famille de thé favorite : les thés noirs de Chine.

Peu connue et souvent sous-évaluée, cette famille de thé nous est connue en raison du commerce entre l’Empire du milieu et l’Europe à partir du 17e siècle. En fait, la version européenne de l’histoire dit qu’au commencement, ce type de thé serait né dans les cales des navires transportant les cargaisons de thé entre la Chine et l’Europe. Ce thé, vert à son départ, se serait complètement oxydé au contact de l’atmosphère saturée d’humidité des cales de bateaux. En réalité, les thés noirs étaient connus et bus en Chine bien avant l’arrivée des occidentaux. Bien qu’historiquement ce type de thé ait généralement servi davantage à l’exportation, on remarque depuis quelques années que les consommateurs de thé en Chine se font prendre au jeu, tant et si bien que cette famille est la nouvelle mode en Chine. Si ce sont principalement les provinces du Yunnan, du Fujian et de l’Anhui qui produisent les crus les plus appréciés, ce nouvel engouement va jusqu’à entraîner d’étranges (et parfois malheureuses) expériences comme le Long Jing Hong Cha que Jasmin à dégusté ce printemps (à l’entendre dire, ce n’était pas très réussi…) Par contre, il serait très inexact de dire que tous les nouveaux thés noirs de Chine sont inintéressants. Certains sont de merveilleuses réussites comme le Feng Huang Hong Cha, originaire des fameux monts du Phénix qui sont réputés pour leurs wulong torréfiés; ainsi que le Huiming Hong Cha, toute nouvelle création transformée de main de maître par monsieur He, notre producteur de Huiming. Le plus célèbre thé de la nouvelle vague est le Jin Jun Mei, un cru exceptionnel dont la production annuelle ne dépasse pas les 500 kilos. La rareté de celui-ci le rendant quasiment inaccessible (il se détaille à 10 000 yuans le 500 grammes), le marché chinois est envahi de contrefaçons qui tentent d’usurper la célébrité de la variété originale.

Les plus hauts grades de cette famille de thé disposent d’une cueillette aussi fine que celle des grands thés verts chinois (un bourgeon et une feuille). L’oxydation confère un aspect magnifique aux bourgeons qui, au lieu d’être argentés, deviennent orangés ou dorés. Les feuilles sèches laissent échapper de sublimes arômes sucrés et réconfortants (mélasse). La liqueur est onctueuse, rustique et pâtissière. Pour découvrir pleinement leur potentiel, ces thés gagnent beaucoup à être dégustés avec des méthodes permettant de nombreuses infusions (gaïwan ou Gong Fu Cha) et, afin de faire ressortir davantage leurs notes de chocolat, essayez de baisser la température d’infusion aux alentours de 85°C. Avec certains crus, comme le Yunnan Da Ye Hong ou le Jin Die, vous pouvez pousser l’audace à baisser la température jusqu’à 75°C. Lors d’infusions en théière de plus grand format (250 ml et plus) la température idéale d’infusion se situe plutôt vers 90°C. En Chine, la méthode d’infusion privilégiée pour cette famille de thé se fait dans une théière en terre cuite (Yixing) d’un format allant de 250 ml à 350 ml. Les feuilles sont directement déposées au fond de la théière et continueront à infuser tant et aussi longtemps que le buveur sera assoiffé. Lorsque la liqueur devient trop âcre à force d’infuser, il suffit d’ajouter de l’eau chaude afin de diluer la boisson et ainsi retrouver un goût agréable. Cette méthode d’infusion s’apparente à celle offerte par le verre de transport.

Ceci dit, lorsque la température commencera à rafraîchir (si jamais elle le fait), pensez à déguster ce type de thé en remplacement (ou complément) d’une couverture de laine ou d’un feu de foyer.

 
 

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