Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Thé : faut-il toujours le choisir bio ? Notre opinion sur le sujet.

20 février 2017

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Les vertus du thé sont reconnues depuis longtemps ; il contribue à notre longévité en stimulant les fonctions du cœur, en renforçant le système immunitaire et en prévenant les mutations cellulaires. Depuis quelques années, la question des pesticides est toutefois soulevée lors de discussions autour de ce breuvage. Voici la position de Camellia Sinensis sur le sujet.

Chez Camellia Sinensis, notre critère principal quant au choix d’importer un produit est sa qualité globale ; un thé au goût exceptionnel, cultivé avec respect dans un jardin en santé, par des gens que nous connaissons personnellement. Depuis nos premiers voyages dans les pays producteurs en 2003, nous travaillons directement sur le terrain afin de garantir la grande qualité, mais aussi la salubrité des thés que nous importons.

Le thé est un produit d’agriculture au même titre que les légumes ou le vin ; il est tout à fait normal que sa culture nécessite des engrais et/ou des répulsifs biologiques ou chimiques pour chasser les insectes et les champignons ravageurs.  Lorsqu’il est possible de le faire, et systématiquement pour un thé produit en grande quantité, nous sélectionnons toujours un thé biologique certifié. Mais il faut savoir qu’une certification biologique internationale est coûteuse et que pour beaucoup d’artisans-producteurs familiaux, elle représente une somme colossale. Comme nous voyageons directement dans les campagnes asiatiques, les producteurs que nous rencontrons sont davantage tournés vers leur marché local que vers l’international.  C’est le cas de nombreux producteurs chinois et japonais qui vendent la majorité (pour ne pas dire la quasi-totalité) de leurs produits localement. Ce que nous leur achetons ne suffit que rarement à rentabiliser une certification biologique internationale.

Il est également important de savoir qu’une production non-certifiée n’équivaut pas à une production de mauvaise qualité. Beaucoup d’agriculteurs ont à cœur la santé de leurs jardins. Et avec raison, car celle-ci influence directement la qualité et la salubrité des produits mis sur le marché. À l’inverse, une production certifiée biologique n’est pas garante de la qualité du thé : de nombreux produits commerciaux n’ont en effet aucune autre valeur que leur certification biologique. C’est pourquoi il est d’abord important pour nous de favoriser l’agriculture raisonnée et l’achat local de produits de haute qualité chez les artisans. En les visitant régulièrement, nous nous assurons non seulement de créer des liens de confiance bénéfiques à nos démarches, mais aussi de vérifier l’état de santé d’un jardin à court et à long terme.

Qu’en est-il donc des certifications biologiques chez Camellia Sinensis ? Notre entreprise est en fait certifiée biologique par Écocert depuis 2004, autant pour nos boutiques, qu’au niveau de l’entrepôt, de la revente commerciale et de toute la sélection de thés biologiques que nous offrons. Nous avons également entrepris des démarches pour les jardins de thés de M. He, en Chine, chez qui nous avons obtenu la certification biologique Écocert en 2008. Toutefois, afin de pouvoir continuer d’offrir nos thés au même prix, nous avons pris la décision de laisser tomber la certification, tout en sachant que ses jardins passent les normes les plus strictes au niveau biologique.

D’ailleurs, nous testons également plusieurs thés par année au niveau des produits chimiques depuis 2007. Tout d’abord au Centre d’expertise en analyse environnementale du Québec (CEAEQ) et maintenant avec les laboratoires de SGS, directement dans les pays producteurs, afin de s’assurer de la salubrité de nos thés avant même l’exportation. Tous les tests sont réalisés selon les normes de l’Union Européennes, soit les plus strictes dans le domaine.

Comme nous sommes nous-mêmes de grands buveurs de nos thés, il est tout à fait naturel d’entreprendre ce type de démarche afin de s’assurer que les litres que nous buvons chaque jour soient sains.

En savoir plus sur nos démarches : ici.

Résolutions 2017 : une invitation à la découverte

30 janvier 2017

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Le début d’une nouvelle année : c’est l’occasion idéale pour vivre de nouvelles expériences et élargir ses horizons. Pourquoi ne pas en profiter pour déguster de nouveaux thés ou encore essayer une méthode d’infusion différente ? Que vous soyez un grand connaisseur ou un nouvel amateur de thé, il est toujours possible de sortir de sa zone de confort.

1. Diversifier sa méthode d’infusion

Vous avez l’habitude de préparer votre infusion favorite en théière ? Jetez un coup d’œil à nos vidéos pour en connaître davantage sur chacune des manières de préparer le thé.

Gaiwan

Le Gaiwan est une technique chinoise qui est toute désignée pour la dégustation de thés délicats comme les blancs, verts chinois ou wulong. Un outil simple et abordable, il permet de découvrir le large spectre des arômes du thé.

Découvrez nos Gaiwan et visualisez la méthode d’infusion.

Gong Fu Cha

« Le temps du thé » est l’une des interprétations de Gong Fu Cha. Elle fait référence au temps nécessaire et à l’effort qui doit être investi afin de maîtriser cet art. Cette technique, idéale pour la préparation des wulong et des Pu Er, vous permet de multiplier les infusions des mêmes feuilles et de découvrir à chaque fois leur caractère distinctif. Nous suggérons l’utilisation des tasses à sentir et à goûter pour agrémenter votre dégustation.

Découvrez nos Gong Fu Cha et visualisez la méthode d’infusion.

Senchado

La technique senchado est utilisée pour les grands crus japonais que l’on infuse dans une théière kyusu de petit volume. Facile à manipuler, elle permet de bien filtrer les thés japonais à petite feuille.

Découvrez nos senchado et visualisez la méthode d’infusion.

2. Essayer de nouveaux crus

  • Amateur de thé vert ? Essayez le matcha, une poudre de thé vert très fine qui promet une expérience de dégustation d’une exquise intensité. Vivifiant et versatile, le matcha s’intègre également en cuisine. Visionnez notre vidéo pour en apprendre davantage sur sa préparation traditionnelle.
  • Intrigués par les thés vieillis ? Débutez votre initiation avec le Pu Er 2006 Bulang Shan , léger et accessible.
  • À la recherche d’une tisane délicate et parfumée ? La Rose Pourpre est un mélange de framboisier, de basilic pourpre et de boutons de roses sauvages. D’un violet profond, cette tisane offre un support autant au niveau digestif que nerveux. De plus, ce mélange supporte le système reproducteur féminin et peut aider à régulariser le cycle hormonal.

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3. Parfaire ses connaissances

Que ce soit pour apprendre au sujet d’une famille de thé ou d’une région productrice, ou encore pour se laisser surprendre par des accords inusités, Camellia Sinensis offre des dizaines d’ateliers. Une invitation à la découverte, tout au long de l’année :

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Une méthode qui a fait ses preuves!

2 janvier 2017

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L’industrie du thé a vécu depuis ses débuts plusieurs phases de développement nécessitant progressivement de nouvelles machines, outils ou techniques. Le déploiement rapide et impressionnant des plantations en Inde sous la tutelle des Britanniques dès le milieu du 19 siècle a imposé, dès l’origine, une méthode d’analyse et de contrôle de la qualité des productions. Une étude quotidienne, rigoureuse et systématique, des lots transformés hebdomadairement était nécessaire afin de corriger ou de calibrer chaque étape de fabrication. Conduite sous la forme d’une dégustation comparative, elle fut aussi utilisée pour coter chaque lot avant leur mise en vente à l’encan. Les acheteurs ont encore aujourd’hui la possibilité d’aller en salle de dégustation pour goûter les thés avant de les acheter. Cette technique a ensuite rayonné, à l’instar du thé, à l’échelle internationale si bien qu’on la retrouve maintenant dans les centres de recherche en Chine, à Taiwan ou au Japon.

L’objectif, malgré quelques variantes d’utilisation, est d’analyser rapidement un grand nombre de thés en fixant les paramètres d’infusion. Voici donc la méthode présentée sommairement :

1. Mesurer une quantité égale de feuilles pour tous les échantillons (généralement entre 2 et 4 g selon le type de thé) et la disposer dans chacune des tasses, en mettant aussi une pincée dans l’assiette pour l’analyse visuelle.

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2. Verser l’eau à la température voulue d’une tasse à l’autre dans l’ordre en prenant bien soin de remettre les couvercles sur les tasses.

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3. Au bout de 3 minutes (un temps plus ou moins long peut aussi être déterminé), déposer les tasses à l’horizontale sur les bols afin de transvider complètement les liqueurs dans les bols.

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4. Remettre les tasses derrière les bols en retournant les feuilles chaudes et humides sur les couvercles afin de permettre l’analyse olfactive et visuelle de l’infusion.

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Voilà! Une préparation ainsi menée offre la possibilité d’observer la taille, la forme, l’uniformité et la couleur des feuilles sèches, les fragrances et la couleur de l’infusion. Puis, dans un troisième temps, la méthode permet aussi de humer les parfums de la liqueur, d’apprécier sa texture, sa force et ses arômes.

Grâce à cette méthode, les liqueurs sont souvent intenses en raison du dosage par volume trois fois plus grand qu’à la normale. Il faut donc en tenir compte lors de la dégustation pour ne pas se laisser impressionner par leur force ou leur amertume. Cette façon de faire a l’avantage de tout extraire des feuilles des thés dégustés, autant au niveau des qualités que des défauts. Un palais averti sait donc tirer profit de cette technique et peut ainsi goûter plusieurs centaines de thés par jour, comme c’est le cas dans l’industrie. Plus humblement et à coup de quelques 4 à 10 thés, elle nous permet de nuancer des thés semblables, d’une même famille ou de terroirs voisins, et ainsi pouvoir vous les présenter suivant leurs différences et similitudes.

Bonne préparation !

Thés vieillis dans la cave : où tout se transforme!

8 février 2016

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Depuis que nous avons mis en place notre cave de vieillissement en 2007 et que nous y avons déposé nos premiers thés Pu Er à faire vieillir, c’est toujours avec une grande curiosité que je goûte les thés afin de voir l’effet du temps sur eux!  Alors que certains thés présents dans la cave sont disponibles dans notre offre de thé courante, il y a aussi d’autres thés qui ont été retirés de la sélection il y a de cela plusieurs années afin de leur permettre quelques années de bonification supplémentaire.

Après presque 10 ans passés dans la cave, il est temps de sortir certains thés afin de vous en faire profiter ! Je pense au Xiangming 2006 acheté lors de mon premier voyage à Yiwu, au 2007 Lincang qui fut notre première galette de cette préfecture du Yunnan et au Mengsong 2009 qui lui a été parmi les premières galettes que nous avons sélectionnées et compressées nous-mêmes.

Mais il y a aussi l’existence de thés déjà vieillis que nous vendions en 2007 et dont les stocks s’écoulaient si rapidement que nous avions alors mis de côté certaines quantités afin de pourvoir vous les proposer quelques années plus tard…  Certains seront donc excités d’apprendre qu’une tout petite quantité des Pu Er 1997-A et Pu Er 1987 Fu Zi Zhuan est à nouveau disponible!

DSC_0037Nous sommes bien heureux de vous ouvrir les portes de notre cave en vous offrant ces cinq thés bonifiés de leur sagesse. Et leur retour aujourd’hui souligne parfaitement bien le Nouvel An chinois qui s’aligne sous le signe du singe cette année!

D’ailleurs, fait historique, alors que les producteurs du Yunnan ont l’habitude de vendre toute leur production annuelle, les marchands cantonnais eux conservent depuis plusieurs décennies des thés afin de les vendre plus tard. Comme les thés se bonifient avec chaque année qui passe, les prix suivent aussi cette tendance et la tradition veut que ce soit au Nouvel An chinois que les prix changent.

Notez que nous suivrons aussi cette tradition. Alors que sur le marché chinois, certains vieux thés plus rares et en demande voient parfois leur prix bondir de plus de 50% en un an, nous visons une augmentation moyenne de 15-20%. Alors ceux parmi vous intéressés à payer les prix de 2015, on vous donne une semaine de plus que nos amis chinois pour en profiter! Vous avez donc jusqu’au 15 février pour passer en boutique ou commander sur le web vos Pu Er préférés avant que les prix 2016 entrent en vigueur.

Bonne année du singe à vous tous!

Jasmin

Les modes se suivent et ne se ressemblent pas!

27 janvier 2016

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Depuis son apparition au Japon au milieu de 18 siècle, le style sencha s’est rapidement imposé, d’abord internationalement puis localement où il a connu plusieurs vagues de changement reliées partiellement à sa consommation et au goût du jour des différentes époques et clientèles. Certaines techniques et méthodes de transformation ont conservé l’empreinte de la tradition tandis que d’autres se sont développées en s’adaptant aux marchés en évolution constante et en réagissant entre autres à l’apparition du café et des colas comme boissons alternatives.

Les sencha restent malgré tout omniprésents, constituant plus des deux tiers de la production nippone de thé. Déclinés comme des variations d’un thème central, ils sont aujourd’hui proposés en vrac ou emballés dans de jolis sacs sous vide ou en sachets, afin de séduire le plus grand nombre, aux intérêts et goûts variés. Pour apprécier cette multiplicité, il est bon d’avoir des indices pour déchiffrer l’origine des styles gustatifs offerts. Ainsi, en plus des types de cultivars, terroirs et saisons de récolte, les deux étapes de transformation que sont la dessiccation à la vapeur (étuvage) et le séchage final (hiire) produiront conjointement des thés distincts selon les modifications de temps et d’intensité de leurs paramètres.

Voici trois sencha à découvrir pour naviguer d’un style à l’autre et affiner votre palais aux subtilités de ces délicieux thés verts.

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Sencha Tsukigase Icho-ka biologique : Asamushi sans hiire

Dans la lignée traditionnelle, ce sencha de facture artisanale faiblement passé à la vapeur (asamushi) n’a pas subi de chaleur intense au séchage final. Ses grandes feuilles hétérogènes, reflets d’un triage léger, offrent une liqueur vive et limpide, arborant le caractère des herbes fraîches et des fleurs printanières. Le goût du thé tel qu’il se présente dans le jardin!

Sencha Ashikubo : Asamushi avec hiire élevé

Cet autre thé asamushi, i.e. issu d’une dessiccation courte, déploie la vivacité typique du style d’origine, accentuée d’un fin zeste acidulé et conservant son caractère herbacé. Le séchage final, quant à lui de plus en plus populaire dans l’industrie actuelle, lui donne une étonnante complexité aromatique. S’il est estimé pour son effet sur la conservation du thé ainsi que pour sa capacité à uniformiser les mélanges de différents lots, nous apprécions ici le hiire intense avant tout pour son impact gustatif, rehaussant la liqueur des nuances fruitées et gourmandes des plus savoureuses. Un savoir-faire à l’affut d’une esthétique moderne!

Sencha Fukamushi Tsuyu Hikari : Fukamushi sans hiire

L’étuvage plus long, littéralement appelé fukamushi, génère habituellement des thés aux feuilles plus petites et brisées sous l’effet de roulages répétés. Celui-ci, fidèle à ce style moderne créé afin d’offrir des liqueurs douces, riches et texturées, présente une liqueur vert foncé et opaque, marquée par les accents classiques de légumes verts et de fines herbes, signe d’un passage final à la chaleur plutôt timide. L’infusion rapide libère les généreux tannins qui lui donnent corps, à l’image de l’utilisation courante que l’on en fait dans les sachets et autres modes de consommation express. Une création sur mesure pour les nécessités du monde actuel !

Malgré la tendance à l’uniformisation portée par l’industrie, n’hésitez pas à varier vos dégustations en passant d’un style à l’autre afin d’encourager les producteurs artisanaux offrant des thés uniques et parfois produits à partir de cultivars marginaux, tel que Koshun ou Saemidori…

Une simple invitation à sortir des sentiers battus pour vous, épicuriens en quête de raffinement!

Sébastien

Yixing : L’empreinte du Dragon de feu

27 novembre 2015

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Produites depuis plus de cinq cents ans à partir de grès provenant des mines de la région de Yixing dans le Jiangsu, ces théières ont été façonnées suivant différents styles. Déployant une impressionnante variété de formes, certaines évoquent la nature et d’autres, plus classiques, sont fidèles aux idéaux d’harmonie. Elles ont conquis les adeptes des dynasties Ming et Qing, tant pour leur raffinement esthétique et poétique que pour la qualité des liqueurs qu’elles dévoilaient.

Les collectionneurs d’objets et amateurs de thé des dernières décennies les ont redécouvertes et appréciées, ravivant et réactualisant leur utilisation moderne. Avec ce regain de popularité, certains potiers en ont profité pour expérimenter de nouvelles techniques de fabrication.

C’est le cas entre autres de Mme Sheng qui nous signe des théières en terre Duan Ni cuites six fois plutôt que deux! L’intensité et la durée de la cuisson ont un effet direct sur le résultat final. Si une cuisson régulière de la terre Duan Ni lui procure une apparence jaune pâle, une cuisson optimale lui confère un jaune riche, tandis que surcuit, la couleur tend vers l’orangé. La même terre, cuite en réduction, arborerait plutôt des teintes de gris.

La composition de la terre selon ses différents constituants (silice, quartz, kaolin, mica, fer,…) influence aussi énormément le résultat. Sans entrer dans une étude des différentes terres, le taux de fer présent aura entre autres un effet sur la couleur finale. Ainsi, de faibles concentrations (4-7%) donneront des teintes de jaune, tandis que des concentrations plus élevées produiront des teintes de gris (10 %), de brun plus foncé (13 %), en allant jusqu’à du rouge (14-18 %).

C’est ainsi que celles de Mme Sheng développent au gré des cuissons (cinq au gaz et la dernière au bois) une apparence orange foncé, marquée de petites taches tirant sur le gris brun, reflets de ces micros agglomérations de fer. Ces théières ont alors l’étonnante particularité de soutenir la force magnétique d’un aimant ! 15488311135_06acaa153b

En creusant un peu dans l’histoire, on se rend compte que jusqu’à tout récemment, des cuissons étaient encore exécutées dans des fours Dragon à plusieurs chambres, installés à flanc de collines, et opérant de longues cuissons à haute température sur plusieurs  jours (et nuits). Les résultats pouvaient donc varier selon les conditions naturelles à l’intérieur des fours. Aussi avec la modernisation et l’utilisation des fours à gaz et électriques, la possibilité de faire deux cuissons plus courtes apparut, permettant ainsi de corriger certains défauts apparaissant après la première cuisson.

Ce phénomène récent des multiples cuissons, entre autres porté par Mme Sheng, est donc parfois connu sous le nom de Duan Ni « haute température » en lien à l’utilisation « des anciens fours Dragon ». Les artisans s’inspirent de ces méthodes et tentent de reproduire les effets obtenus à l’origine. Ainsi, alors que la grande majorité des yixing sont maintenant cuites au gaz, la dernière cuisson au bois rappelle la méthode de cuisson traditionnelle.

Au-delà de ces informations plus techniques, ce sont les qualités esthétiques et gustatives des yixing qui sont recherchées et qui séduiront les yeux et palais des amateurs. Ces théières poreuses se bonifieront ainsi avec leurs utilisations répétées. Une invitation à venir voir et toucher ces pièces uniques dans l’une de nos boutiques.

DE LA VAPEUR ET DU FEU

29 avril 2015

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Voici un texte tiré de notre livre Thé vert: à la rencontre d’un art millénaire récemment traduit en anglais “Green Tea: The Quest for Fresh Leaf and Timeless Craft’’.

Pour un amateur de thé vert japonais, le choix d’un sencha peut s’avérer complexe. Avec plus de 70% de la production japonaise qui lui est réservée, on en retrouve de toutes les qualités dans un spectre aromatique très étendu. Heureusement, certains paramètres gustatifs créés à partir de différentes techniques de transformation nous aident à mieux les comprendre.

La vapeur et le feu sont deux éléments essentiels à la transformation des sencha. Le premier pour la dessiccation et le second pour la cuisson final : deux procédés qui sont en grande partie responsables de la saveur et de la valeur aromatique d’un thé.

La dessiccation est nécessaire à l’obtention d’un thé vert. Sans elle, les feuilles s’oxyderaient et deviendraient inutilisables. Au Japon, si elle se fait le plus souvent à la vapeur, ce n’est pas tous les producteurs qui procèdent de la même façon. En soumettant les feuilles à différentes conditions, ceux-ci sont parvenus à créer trois styles de sencha aux nuances distinctes.

Le style asamushi

Obtenu par une dessiccation courte (20 à 40 secondes), les sencha appartenant au style asamushi peuvent se reconnaître par leurs feuilles habituellement entières et moins brisées. Souvent plus léger et peu tannique, leur goût ample rappelle les légumes verts et l’herbe fraiche.

Le style fukamushi

C’est en effectuant une dessiccation plus longue (80 à 200 secondes) que l’on obtient un sencha de style fukamushi. Soumises plus longtemps à la vapeur, les feuilles s’assouplissent davantage et se brisent plus facilement. Un goût intense ainsi qu’une infusion vive et foncée en résultent.

Le style chumushi

En s’informant sur les méthodes de transformation japonaise, nous avons remarqué qu’il y avait une zone intermédiaire, séparant les deux grands styles de sencha précédents, qui forme le style chumushi. Les feuilles qui subissent entre 40 et 80 secondes de dessiccation appartiennent à ce style de thé au goût plus classique.

Les chumushi sont très présents sur le marché du thé japonais sans toutefois être nommés comme tels. 

TEMP- Illustration- DeLaVapeurEtDuFeuLa cuisson

La cuisson finale, « hiire » en japonais, est un procédé relativement nouveau dans la transformation des thés verts japonais. Lors de cette étape, les feuilles sont dirigées dans des cylindres en métal chauffés au gaz où elles seront séchées avec plus ou moins d’intensité.

Ce procédé, comme il a lieu à la toute fin du processus de transformation, a une grande influence sur le goût du thé. Le principe est simple : moins on chauffe les feuilles, plus les notes végétales, iodées et florales, naturellement présentes dans les feuilles, sont conservées. Inversement, plus la cuisson est longue, plus le côté végétal fera place à l’aspect grillé, ou « noisetté », rappelant parfois le bouillon de volaille.

Si on remonte à quelques décennies, ni le style fukamushi, ni la cuisson intensive étaient utilisés. Les thés verts japonais conservaient alors l’emprunte végétale classique. Les producteurs de Uji, plus traditionnalistes, demeurent les gardiens de ce type de finition.

Aujourd’hui, tant au Japon que dans le reste du monde, les amateurs sont de plus en plus attirés par l’aspect grillé des thés verts. Et ce n’est pas sans raison, car en plus d’être moins fragiles à une eau plus chaude, leurs feuilles sèches offrent des arômes fruités qui ne passent pas inaperçus.

L’infusion en verre : Une clé vers la compréhension des thés verts chinois

17 avril 2015

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Consommé par millions de tonnes chaque année, le thé vert est roi en Chine depuis déjà plusieurs siècles. Bu partout et par tous, à toutes heures du jour et de la nuit, de façon précise ou en toute simplicité, il demeure le breuvage quotidien favori de la population chinoise. Si sa préparation en théière ou l’utilisation du gaiwan permettent un service convivial et raffiné, une méthode ergonomique et adaptée au style de vie de la population s’est imposée progressivement au cours des années par sa simplicité et son intérêt esthétique!

IMG_1657À chacun son thé donc, puisqu’il suffit de mettre une pincée de feuille dans un verre ou bien dans une bouteille à thé, puis d’y ajouter de l’eau bien chaude. Les feuilles s’ouvrant sous l’effet de la chaleur séduisent l’œil avant même de satisfaire nos papilles et notre soif! Cette appréciation visuelle de la qualité des feuilles est d’une importance capitale en Chine, souvent plus que l’aspect gustatif, et a fait naître la mode du beau thé!

Jasmin verreLa liqueur est alors sirotée à même le verre en la filtrant à l’aide des lèvres. L’astuce qui permet de ne pas avoir un thé sur-infusé est simplement d’ajouter de l’eau au fur et à mesure que l’on boit. On déguste un quart ou un tiers de notre verre, puis on rempli… et ainsi de suite, jusqu’à épuisement des feuilles, quitte à en rajouter de nouvelles pour prolonger l’expérience! Cette méthode, en plus d’être visuellement intéressante et facile à réaliser, permet d’extraire et de savourer pleinement et progressivement la richesse d’un thé, afin d’en parfaire notre compréhension sans en limiter notre appréciation.

Si les thés verts chinois répondent avantageusement à cet usage, en raison de leurs longues feuilles entières, je vous invite tout de même à redécouvrir vos classiques, qu’ils soient blancs, semi-oxydés ou noirs!

Quelques gouttes d’un thé à prix d’or!

22 janvier 2014

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Voilà maintenant trois ans que nous vous proposons avec joie le fruit d’une technique japonaise marginale, le temomicha. Entièrement fait à la main par une centaine de producteurs qui œuvrent à conserver cette tradition, ce thé exceptionnellement rare est généralement destiné aux concours annuels en vue d’acquérir une réputation d’excellence. C’est donc avec un grand privilège que nous vous invitons à savourer l’intensité que peuvent avoir quelques gouttes du nectar obtenu de ce thé soigneusement transformé par M.Miyano.

La méthode d’infusion que nous suggérons pour apprécier le plein potentiel d’un temomicha et découvrir toutes ses subtilités est tout aussi originale que le thé lui-même!


Ainsi, c’est à l’intérieur d’un shiboridashi, un petit contenant de porcelaine à la forme aplatie, que nous déposerons 4 à 5 grammes de temomicha en disposant les longues feuilles sur le sens de la longueur tout en créant une légère pyramide.

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Ensuite les infusions devront se faire avec très peu d’eau à une température étonnement basse en versant l’eau de chaque côté des feuilles pour que l’infusion se fasse par le dessous.

Voici les recommandations de M. Miyano :

1ère infusion : 2 minutes avec 25 ml d’eau à 50°C

2ième infusion : 1 minute avec 25 ml d’eau à 60°C

3ième infusion : 45 sec. avec 50 ml d’eau à 70°C

4ième infusion et suivantes : 2 minutes et plus avec 100 ml d’eau à 75°C

À chaque infusion, il est important de transvider le liquide jusqu’à la dernière goutte pour ne pas que l’infusion se poursuive.

Préparez-vous alors à accueillir les quelques gouttes précieuses d’une liqueur dense aux arômes végétales et florales d’une longue persistance. Et malgré l’infime quantité de liquide que cette technique permet d’obtenir pour la dégustation, l’effet en bouche est puissant et peut même parfois être accompagné d’une légère sensation euphorisante. Une expérience que je souhaite à tout amateur de sensations fortes!

Carmen Abdallah, l’expression de la matière.

2 juin 2013

Carmen Abdallah en plein défournement!

La production de Carmen Abdallah se concentre principalement sur les objets de l’art du thé.  Ce choix d’objet lui a été inspiré par son séjour de trois ans au sud du Japon (2002-2005). La fonction et l’esthétique qu’elle donne à ses objets est inspiré par les connaissances qu’elle a acquises pendant ses stages de céramique au Japon. Son travail sur la glaçure et la forme rend chaque pièce de Carmen Abdallah unique et, cependant, caractéristique du style de l’artiste.

Carmen Abdallah travaille le grès rouge et blanc qu’elle tourne au tour électrique ou au tour à pied. Elle grave, déforme et modifie les formes symétriques pour les rendre plus spontanées et organiques. Ses glaçures sont inspirées de recettes ancestrales japonaises, elles contiennent une grande quantité de cendre de bois.  Elle cuit ses pièces au four électrique ou au four à bois.

CA bolsEn 2010, Carmen Abdallah retourne au Japon et y apprend à construire un four à bois de type anagama. Depuis, elle cuit ses pièces dans le four qu’elle a construit au Québec. À propos de ce processus, Carmen explique: “Cette méthode me fascine et je suis profondément concentrée sur les effets de cendres et de flammes dans une telle cuisson. Il donne de beaux résultats de cendres de bois fondues sur les pièces qui ressemblent à du verre. Ce processus rend chaque pièce encore plus unique et même héroïque d’avoir affronté et survécu à une telle chaleur et atmosphère pendant 24 heures ou plus.”

Carmen Abdallah est membre du regroupement de céramistes de l’espace KAO, une galerie-boutique à Val-David et elle assiste à la coordination de l’exposition annuelle 1001 Pots. De plus, elle enseigne le façonnage de la céramique aux élèves du primaire de l’écoleWaldorf-Steiner de Val-Morin. En 2012, elle reçoit le premier prix Chawan décerné par l’école de cérémonie du thé Urasenke de Montréal.

CÉRAMISTE D’ICI

Faites la rencontre d’artisans du Québec qui se passionnent pour les objets et l’art du thé. Tous les deux mois, les pièces d’un créateur différent seront présentées dans cette vitrine unique, vous permettant d’apprécier la qualité et la formidable diversité du travail des céramistes d’ici.

 
 

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Bienvenue dans la Série Collection.
Vous y trouverez des objets et des thés créés par les plus grands artisans d’Asie.

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