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Thé et littérature : Véronique Côté + Guei Fei

10 août 2018

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La vie habitable : Poésie en tant que combustible et désobéissances nécessaires

La vie habitable de Véronique Côté, un essai qui se lit d’un trait avec un franc sourire aux lèvres (et parfois une larme à l’œil), est une apologie des petites révoltes, qui deviennent de précieuses éclaircies lorsqu’on leur laisse l’espace nécessaire pour émerger.

Nous invitant à «compter les lucioles», l’autrice ranime notre désir de poésie. Mais pas simplement une poésie en tant que genre littéraire ̶ texte en vers, parfois obscur et souvent malaimé ̶ mais plutôt en tant que mode de pensée, comme une grille d’observation qui ferait émerger des beautés et des joies insoupçonnées. L’autrice nous incite à avoir le courage de laisser libre-cours à nos pensées, à faire des associations qui surprennent par leur fraîcheur éclatante, afin de rendre nos vies plus habitables.

Accompagnant la prose inspirante de Véronique Côté, le Guei Fei saura aussi étancher votre soif de poésie; tous deux naissent «spontanément du choc d’images, de la mêlée de sens, de l’accident» (p. 14). En effet, wulong taiwannais, le Guei Fei est un bijou original dans l’industrie du thé; certaines plantations près des monts Dong Ding furent envahis par une espèce d’insecte, le Jacobiosa formosana, à l’instar des thés renommés de type Bai Hao. Résultat? Des feuilles semi-oxydées et gorgées d’huiles essentielles qui produisent une liqueur ambrée, harmonisant des notes de fleurs printanières et de pain brioché à la cannelle, bien soutenues par une texture soyeuse et persistante. Enivrés de quelques tasses de Guei Fei, vous serez d’autant plus portés à capter les nuances et les reliefs d’un quotidien apparemment sans éclat, à trouver de la couleur là où vous l’attendiez le moins.

Thé & Littérature : Joséphine Bacon + L’Ange Gardienne

15 juillet 2018

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Bâtons à message / Tshissinuatshitakana

Une infusion forestière rafraîchissante pour se plonger dans l’univers d’une brillante écrivaine innu-québécoise. Joséphine Bacon, fervente ange-gardienne de traditions menacées de disparition, nous présente «les aînés porteurs de rêves, les femmes guides, les hommes chasseurs, les enfants garants de la continuité du voyage» (p. 8) qui forment son peuple. Ce recueil de poésie bilingue (innu-aimun et français), loin de suggérer une animosité rancunière, invite plutôt au dialogue entre deux peuples qui se côtoient plus ou moins harmonieusement depuis des siècles. On entre dans l’intimité d’une voix au rythme millénaire; sortant de l’ombre pour dénoncer un passé douloureux, celle-ci est aussi porteuse d’un message d’espoir tant pour sa communauté autochtone que pour le peuple québécois allochtone dans son ensemble. «Nomade de la taïga, / j’entends ton souffle… / pareil au son / du tambour» (p. 20) : un murmure sourd provenant des tripes, qui nous atteint en plein cœur. Pour se laisser porter par ce vent du large (ou akua-nutin), quoi de mieux qu’un mélange cueilli entre les rives du Saint-Laurent et la Baie d’Ungava? L’Ange-gardienne, un nom à l’image de cette force tranquille qu’est Bacon, est un parfait équilibre d’amertume et de douceur, de simplicité et de profondeur. Dès la première gorgée, sa liqueur sucrée et résineuse rend plus réceptif à l’écho d’un chant authentique, résonnant dans l’immensité du territoire.

 
 

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