Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Thé : faut-il toujours le choisir bio ? Notre opinion sur le sujet.

20 février 2017

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Les vertus du thé sont reconnues depuis longtemps ; il contribue à notre longévité en stimulant les fonctions du cœur, en renforçant le système immunitaire et en prévenant les mutations cellulaires. Depuis quelques années, la question des pesticides est toutefois soulevée lors de discussions autour de ce breuvage. Voici la position de Camellia Sinensis sur le sujet.

Chez Camellia Sinensis, notre critère principal quant au choix d’importer un produit est sa qualité globale ; un thé au goût exceptionnel, cultivé avec respect dans un jardin en santé, par des gens que nous connaissons personnellement. Depuis nos premiers voyages dans les pays producteurs en 2003, nous travaillons directement sur le terrain afin de garantir la grande qualité, mais aussi la salubrité des thés que nous importons.

Le thé est un produit d’agriculture au même titre que les légumes ou le vin ; il est tout à fait normal que sa culture nécessite des engrais et/ou des répulsifs biologiques ou chimiques pour chasser les insectes et les champignons ravageurs.  Lorsqu’il est possible de le faire, et systématiquement pour un thé produit en grande quantité, nous sélectionnons toujours un thé biologique certifié. Mais il faut savoir qu’une certification biologique internationale est coûteuse et que pour beaucoup d’artisans-producteurs familiaux, elle représente une somme colossale. Comme nous voyageons directement dans les campagnes asiatiques, les producteurs que nous rencontrons sont davantage tournés vers leur marché local que vers l’international.  C’est le cas de nombreux producteurs chinois et japonais qui vendent la majorité (pour ne pas dire la quasi-totalité) de leurs produits localement. Ce que nous leur achetons ne suffit que rarement à rentabiliser une certification biologique internationale.

Il est également important de savoir qu’une production non-certifiée n’équivaut pas à une production de mauvaise qualité. Beaucoup d’agriculteurs ont à cœur la santé de leurs jardins. Et avec raison, car celle-ci influence directement la qualité et la salubrité des produits mis sur le marché. À l’inverse, une production certifiée biologique n’est pas garante de la qualité du thé : de nombreux produits commerciaux n’ont en effet aucune autre valeur que leur certification biologique. C’est pourquoi il est d’abord important pour nous de favoriser l’agriculture raisonnée et l’achat local de produits de haute qualité chez les artisans. En les visitant régulièrement, nous nous assurons non seulement de créer des liens de confiance bénéfiques à nos démarches, mais aussi de vérifier l’état de santé d’un jardin à court et à long terme.

Qu’en est-il donc des certifications biologiques chez Camellia Sinensis ? Notre entreprise est en fait certifiée biologique par Écocert depuis 2004, autant pour nos boutiques, qu’au niveau de l’entrepôt, de la revente commerciale et de toute la sélection de thés biologiques que nous offrons. Nous avons également entrepris des démarches pour les jardins de thés de M. He, en Chine, chez qui nous avons obtenu la certification biologique Écocert en 2008. Toutefois, afin de pouvoir continuer d’offrir nos thés au même prix, nous avons pris la décision de laisser tomber la certification, tout en sachant que ses jardins passent les normes les plus strictes au niveau biologique.

D’ailleurs, nous testons également plusieurs thés par année au niveau des produits chimiques depuis 2007. Tout d’abord au Centre d’expertise en analyse environnementale du Québec (CEAEQ) et maintenant avec les laboratoires de SGS, directement dans les pays producteurs, afin de s’assurer de la salubrité de nos thés avant même l’exportation. Tous les tests sont réalisés selon les normes de l’Union Européennes, soit les plus strictes dans le domaine.

Comme nous sommes nous-mêmes de grands buveurs de nos thés, il est tout à fait naturel d’entreprendre ce type de démarche afin de s’assurer que les litres que nous buvons chaque jour soient sains.

En savoir plus sur nos démarches : ici.

LE VERT DU CÉLADON

11 mai 2016

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Située au sud-ouest de la province du Zhejiang, la ville de Longquan est l’un des plus importants centres chinois de la céramique, et c’est aussi le berceau du céladon. Son histoire remonterait au Ve siècle et les récentes recherches archéologiques ont permis d’y découvrir plus de 500 fours de cuisson. La technique qu’on y a développée permet d’obtenir des objets de la couleur du jade, cette pierre sacrée si prisée en Asie. Aujourd’hui reconnus pour leur glaçure douce et agréable, les bols en céladon sont très appréciés pour la dégustation du thé.

ENTRETIEN AVEC M. YEN WEI EN, POTIER À LONGQUAN

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Dans son atelier entouré d’un magnifique jardin orné d’œuvres d’art, nous avons rencontré M. Yen, potier et calligraphe. Cette rencontre nous a permis de découvrir le lieu qui lui apporte inspiration et tranquillité, et de connaître l’état d’esprit de cet artiste.

Monsieur Yen, comment êtes-vous devenu potier ?

Je suis issu d’une famille de potiers, j’ai donc vécu dans ce milieu depuis ma naissance. De 1988 à 1992, j’ai étudié au département des beaux-arts de l’Institut du céladon de Jingdezheng. Depuis lors, je travaille comme potier.

D’après vous, quelles sont les qualités d’un bon potier ?

Un bon potier doit posséder de bonnes compétences techniques. Il doit aussi connaître la philosophie, l’esthétique, l’histoire, la culture et la céramique traditionnelle. Les Chinois ont une grande considération pour les artisans qui possèdent science et vertu, parce que la bienveillance est l’âme de l’art. À mes yeux, la moralité et le savoir-vivre sont des qualités importantes pour un potier.

Faites-vous de la recherche, des expérimentations ?

Je fais toujours des recherches et des expérimentations, parce que je suis curieux et que j’aime apprendre de nouvelles techniques. J’ai l’ambition de créer des poteries qui conviennent au goût de notre époque, tout en y intégrant certains éléments de la culture traditionnelle. J’espère avoir un jour ma propre boutique et ma propre marque de poterie, pour que mes œuvres soient appréciées de par le monde.

D’après vous, y a-t-il des éléments ou des conditions qui échappent
au potier ?


Malgré toute l’expérience et le savoir-faire des potiers, plusieurs éléments influencent la finition d’une œuvre : les matériaux, la température, la qualité de l’eau, etc. Les facteurs incontrôlables font partie du plaisir de la création.

Comment percevez-vous l’art de la céramique dans la Chine d’aujourd’hui ?


En Chine, la compétence des potiers est inégale. Il n’y a pas beaucoup d’œuvres marquantes. Beaucoup trop de potiers pensent davantage au profit rapide. Depuis quelques années, j’ai beaucoup changé sur ce point. Je travaille maintenant mes œuvres avec un cœur d’artisan. 

Inde Népal 2016, suite du voyage

28 avril 2016

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La qualité du thé d’un jardin dépend d’une foule de variables. Tout commence avec la pratique agricole : cycles de taillage des théiers, maintien de la qualité du sol et prévention des infestations de parasites et ou d’insectes. Viennent ensuite les facteurs naturels, la pluie étant le plus évident. Un léger stress est favorable jusqu’à un certain point où il peut s’avérer dommageable pour la plante. La grêle qui s’est abattue sur la région en mars dernier est un bon exemple de risque climatique pouvant survenir à tout moment et sans prévenir. Une semaine de plein soleil avant la récolte donnera au thé une saveur différente qu’une semaine de pluie, comme ce serait le cas pour des nuits froides plutôt que chaudes, et ainsi de suite. La composante humaine, aussi cruciale, se révèle à chaque étape de production. Le choix du moment de récolte et du type de feuilles sélectionnées, ainsi que la capacité d’adaptation lors des différentes phases de transformation seront autant d’occasions pour le gérant de mettre à l’épreuve ses compétences et sa sensibilité au processus artisanal en jeu.

Occasionnellement, tout s’aligne, et une plantation produisant habituellement des thés médiocres vivra une période de qualité. De même, un jardin de bonne réputation pourra voir ses thés affectés par un climat ingrat, une main d’œuvre instable ou une gérance inadéquate.

IMG_0318 (1)Plusieurs jardins sont donc sortis du lot ces dernières années dont Oaks, petit, entièrement biologique et abritant principalement des plants classiques d’origine. Malgré une offre annuelle honnête, quelques-uns de leurs lots classiques présentaient des liqueurs équilibrées, vibrantes et aromatiques, dignes d’intérêt. Vous les retrouverez sous peu dans notre liste, et je garde l’œil ouvert sur leurs prochaines récoltes.

Un autre ayant capté mon attention l’an dernier, aussi entièrement biologique et peuplé de sections classiques et clonales, était Badamtam. Certains de leurs jeunes plants donnent des liqueurs douces, pleines et chargées d’une complexité aromatique qu’il faudra suivre ce printemps.

Kevin

L’infusion en verre : Une clé vers la compréhension des thés verts chinois

17 avril 2015

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Consommé par millions de tonnes chaque année, le thé vert est roi en Chine depuis déjà plusieurs siècles. Bu partout et par tous, à toutes heures du jour et de la nuit, de façon précise ou en toute simplicité, il demeure le breuvage quotidien favori de la population chinoise. Si sa préparation en théière ou l’utilisation du gaiwan permettent un service convivial et raffiné, une méthode ergonomique et adaptée au style de vie de la population s’est imposée progressivement au cours des années par sa simplicité et son intérêt esthétique!

IMG_1657À chacun son thé donc, puisqu’il suffit de mettre une pincée de feuille dans un verre ou bien dans une bouteille à thé, puis d’y ajouter de l’eau bien chaude. Les feuilles s’ouvrant sous l’effet de la chaleur séduisent l’œil avant même de satisfaire nos papilles et notre soif! Cette appréciation visuelle de la qualité des feuilles est d’une importance capitale en Chine, souvent plus que l’aspect gustatif, et a fait naître la mode du beau thé!

Jasmin verreLa liqueur est alors sirotée à même le verre en la filtrant à l’aide des lèvres. L’astuce qui permet de ne pas avoir un thé sur-infusé est simplement d’ajouter de l’eau au fur et à mesure que l’on boit. On déguste un quart ou un tiers de notre verre, puis on rempli… et ainsi de suite, jusqu’à épuisement des feuilles, quitte à en rajouter de nouvelles pour prolonger l’expérience! Cette méthode, en plus d’être visuellement intéressante et facile à réaliser, permet d’extraire et de savourer pleinement et progressivement la richesse d’un thé, afin d’en parfaire notre compréhension sans en limiter notre appréciation.

Si les thés verts chinois répondent avantageusement à cet usage, en raison de leurs longues feuilles entières, je vous invite tout de même à redécouvrir vos classiques, qu’ils soient blancs, semi-oxydés ou noirs!

Surenchère des Bai Hao

26 novembre 2014

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Si la plupart de nos thés sont choisis lors des voyages, certains le sont après coup, lors du retour au bercail des quatre dégustateurs. C’est le cas des Bai Hao qui sont généralement produits un peu plus tard dans la saison, privant Hugo de les gouter et de les sélectionner sur place.

Grâce à ses multiples visites dans le Hsinchu, région de production de ces beautés orientales, des liens ont été tissés avec quelques producteurs, permettant de diversifier notre offre et surtout de mieux connaitre leur réalité quotidienne, tant au niveau de la production, de la transformation que de la mise en vente de ces thés énormément réclamés. C’est qu’effectivement l’expansion constante des marchés chinois et internationaux fait une pression de plus en plus forte sur les produits de luxe, dont le thé, et à l’image des thés blancs, noirs ou Pu Er qui connaissent un surcroit de popularité, les Bai Hao, avec leur élégance, sont victimes de leur succès. Ainsi, les artisans des ces thés fins voient leurs récoltes s’envoler rapidement et parfois même vendues avant leur production!

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Si jadis nous avions toujours eu le loisir de prendre le temps de choisir nos thés en goûtant paisiblement les échantillons minutieusement emballés puis envoyés à notre attention, la sélection ressemble aujourd’hui davantage à une course contre la montre. Il arrive parfois que celui que nous avions sélectionné se soit déjà volatilisé. Par prévoyance, nous travaillons aujourd’hui avec plusieurs sources, nous pourvoyant d’une meilleure gamme de thés à comparer, toujours dans le but de dénicher celui qui saura plaire et, surtout, à un prix raisonnable. Les Bai Hao, généralement transformés par petits lots, offrent malgré tout de minimes quantités pour la demande du marché qui dévore année après année ces crus avec surenchère. La loi du marché s’affirme aisément et l’inflation des prix guette les ambitieux dans leur quête de ces feuilles précieuses.

Cette année, nous vous invitons à découvrir deux lots de Bai Hao, un régulier et un gradé trois fleurs à la dernière compétition de Bai Hao, tous deux provenant de Mme Lin, une productrice qui produit de petites merveilles!

En Chine en plein été!

4 septembre 2013

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Depuis 2003, mes voyages en Chine se font principalement au printemps lors de la récolte des thés.  Au fil des ans, les scènes de la Chine au printemps me sont devenues familières.  Il y a les champs de canola en fleurs d’un jaune brillant, les fleurs de magnolias sur les branches dénudées et bien évidemment toutes ces nouvelles pousses de thé conférant un beau vert tendre aux jardins de thé. Dans ces derniers, une horde de cueilleuses s’affairent à récolter alors que dans les fabriques, la transformation est en cours.  J’ai également visité la Chine plus tard dans l’année pour la récolte d’automne, mais je n’y avais jamais mis les pieds en plein coeur de l’été.

IMG_5066C’est donc avec une excitation nouvelle que je me suis envolé pour Shanghai le 24 juillet dernier à la demande de l’émission de Radio-Canada, La Semaine Verte.  Mon mandat pour ce voyage n’était pas de faire les achats, mais bien de faire découvrir à la merveilleuse équipe de tournage (et bientôt à vous !) la Chine du thé que je connais.  Nous avons donc visité la province du Zhejiang et du Yunnan afin de rencontrer plusieurs producteurs de thé, des scientifiques, un potier, en plus de visiter des maisons de thé et des marchés de thé chinois. Ce fût pour les producteurs et moi un contexte de rencontre bien différent de nos rencontres printanières. Au printemps, on enfile les dégustations comparatives, jasons climat et transformation, négocions les achats et organisons  le transport alors qu’en été, sans récolte dans les jardins et pas d’achat à faire, il ne nous restait qu’à jaser ensemble et boire du thé !

Ce superbe accueil chez tous mes collaborateurs habituels a fait de ce voyage une expérience inoubliable tant pour moi que pour l’équipe de tournage. L’hospitalité, les discussions détendues, les dégustations agréables et délicieuses, la passion et les sourires contagieux, toutes ces petites attentions me font à nouveau réaliser la chance que j’ai de côtoyer ces gens:  la famille Tang, productrice de notre Long Jing Shi Feng, qui nous a généreusement reçus dans sa maison magnifique; les scientifiques du Tea Research Institute; M. He, producteur du Huiming (et de ses nombreuses variantes!)  qui nous a fait profiter de la superbe nourriture de Jingning;  M. Yen et son grand art dans la conception des céladons; Mme Wang, sa bonne humeur et ses supers Pu Er et M. Chan, grand spécialiste du vieillissement des Pu Er avec son rire contagieux.

Merci à l’équipe de La Semaine Verte de m’avoir fait voir la Chine sous un nouvel angle !

Jasmin

Malawi

12 juin 2013

Alexander Kay à Satemwa

Même si ma dernière visite au Malawi remonte à plus de 15 ans déjà, le pays semble toujours fidèle à mon souvenir. Ma première mission cetteannée: trouver de vieux théiers plantés dans les années 1880 à partir de semences envoyées des Jardin Kew d’Angleterre vers la Mission de Blantyre. Deux spécimens vivants, parmi les plus vieux d’Afrique, étaient supposés s’y trouver. À ma grande déception, on m’a informé qu’ils ont été déracinés il y a seulement 2 ans pour libérer le coin d’un champ de maïs.

Partout dans la région de Chombe, les collines sont couvertes par de vastes domaines de plantation de thé et à l’instar des autres régions du Malawi, celle-ci est pauvre, non-éduquée et économiquement déprimée. Les plantations, principalement sous la tutelle de grandes compagnies, concentrent leur production vers le marché du mélange avec des thés CTC de grades inférieurs et peu coûteux. Le contraste fut drastique en arrivant à Satemwa : luxuriant, vert et très bien organisé! La famille Kay d’Écosse y est arrivée il y a trois générations et c’est maintenant Alexander Kay, un agronome érudit et passionné, qui est en charge du Jardin. Parallèlement à sa production lucrative de CTC, il expérimente différents procédés de sélection de théiers et développe des méthodes de fabrication de thés de spécialité.

En route dans la vallée de Satemwa, Alexander me montre ses projets de reforestation indigène et de protection d’habitat ainsi que de 60 clones expérimentaux qu’il fait croître en vue d’obtenir des saveurs attrayantes. Leurs plants d’assamica grandissent d’un pouce par jour en période de pointe! À ce rythme, la qualité est donc difficile à déterminer. Le domaine, très bien structuré, arbore les différentes certifications équitable et socialement responsables. Côté dégustation, les thés sont très prometteurs. C’est d’ailleurs durant les dernières semaines de mon voyage que nous avons cherché, à l’aide de mes contacts en Inde, à équiper la fabrique de petites machines pour un nouveau département de thé fins.

Avec un profil aromatique étonnant et très distinct, le thé blanc d’Alexander est présentement le meilleur du jardin. Nous l’avons donc récemment ajouté à notre carte. Je compte cependant suivre de près ses expérimentations de wulong et de thé noir orthodoxe qui seront produits avec ses nouveaux équipements.

De plus, la visite à l’institut de recherche sur le thé du Malawi à Mulanje a confirmé les possibilités d’utilisation de cultivars chinois (sinensis) locaux, aux arômes plus complexes, pour la création de tels thés.

Ainsi, chaque région visitée cette année en Afrique a soutenu ma théorie qu’il existe des cultivars et des terroirs de grands potentiels, malgré qu’inexploités, pour produire de fantastiques thés aux feuilles entières. Il faudra donc rester à l’affût des futurs productions de ce magnifique continent.

Kevin

Carmen Abdallah, l’expression de la matière.

2 juin 2013

Carmen Abdallah en plein défournement!

La production de Carmen Abdallah se concentre principalement sur les objets de l’art du thé.  Ce choix d’objet lui a été inspiré par son séjour de trois ans au sud du Japon (2002-2005). La fonction et l’esthétique qu’elle donne à ses objets est inspiré par les connaissances qu’elle a acquises pendant ses stages de céramique au Japon. Son travail sur la glaçure et la forme rend chaque pièce de Carmen Abdallah unique et, cependant, caractéristique du style de l’artiste.

Carmen Abdallah travaille le grès rouge et blanc qu’elle tourne au tour électrique ou au tour à pied. Elle grave, déforme et modifie les formes symétriques pour les rendre plus spontanées et organiques. Ses glaçures sont inspirées de recettes ancestrales japonaises, elles contiennent une grande quantité de cendre de bois.  Elle cuit ses pièces au four électrique ou au four à bois.

CA bolsEn 2010, Carmen Abdallah retourne au Japon et y apprend à construire un four à bois de type anagama. Depuis, elle cuit ses pièces dans le four qu’elle a construit au Québec. À propos de ce processus, Carmen explique: “Cette méthode me fascine et je suis profondément concentrée sur les effets de cendres et de flammes dans une telle cuisson. Il donne de beaux résultats de cendres de bois fondues sur les pièces qui ressemblent à du verre. Ce processus rend chaque pièce encore plus unique et même héroïque d’avoir affronté et survécu à une telle chaleur et atmosphère pendant 24 heures ou plus.”

Carmen Abdallah est membre du regroupement de céramistes de l’espace KAO, une galerie-boutique à Val-David et elle assiste à la coordination de l’exposition annuelle 1001 Pots. De plus, elle enseigne le façonnage de la céramique aux élèves du primaire de l’écoleWaldorf-Steiner de Val-Morin. En 2012, elle reçoit le premier prix Chawan décerné par l’école de cérémonie du thé Urasenke de Montréal.

CÉRAMISTE D’ICI

Faites la rencontre d’artisans du Québec qui se passionnent pour les objets et l’art du thé. Tous les deux mois, les pièces d’un créateur différent seront présentées dans cette vitrine unique, vous permettant d’apprécier la qualité et la formidable diversité du travail des céramistes d’ici.

Ivres pour des thés hors de prix.

8 avril 2013

Une scène typique illustrant bien le marché du Pu Er à Jinghong dans le Xishuangbanna,Yunnan.

Notre aventure dans le Yunnan commence avec une journée de dégustation en compagnie de Mme. Wang dans sa boutique de Jinghong. C’est avec une efficacité et une passion évidente qu’elle nous fait goûter ses thés fraîchement sélectionnés des différentes montagnes de la région. Les gaiwans sont remplis de maocha qu’elle rince deux fois, et les infusions se succèdent sans laisser nos tasses vides plus de quelques minutes.

Tout en buvant, nous tâtons le pouls du marché du Pu Er et de l’évolution des prix. Elle nous raconte comment chaque année de plus en plus de riches viennent acheter de grandes quantités des crus recherchés faisant ainsi grimper leur prix en flèche. Des montagnes moins connues voient le prix de leur maocha se décupler rapidement sous l’effet d’achats compulsifs. Par exemple, cette année un homme à acheté pour trois millions de yuans de feuilles du village Banpen qui offrait ses feuilles à 2,5 yuans le kilo il y a quelques années pour voir son prix atteindre maintenant plus de 1000 yuans le kilo! La célèbre Banzhang vend cette année ses feuilles 25 % plus chères que l’an dernier, soit à 4000 yuans le kilo.

Dégustation comparative de Pu Er

Si quelques hommes plus fortunés sont prêts à payer le prix, nous sommes toujours en quête de thés de qualité à prix abordables à ramener au Québec. Nous regoûtons donc certains thés en les comparant côte à côte pour valider nos choix et tirer le meilleur parti de la situation actuelle. Le  corps ayant ses limites, nous rencontrons les nôtres cinq heures plus tard, complètement ivres et fébriles, après avoir dégusté plus de 30 thés et vider 18 litres d’eau !

Nous poursuivrons notre périple au cœur des montagnes du Xishuangbanna avant d’aller explorer la région de Lincang, moins réputée, offrant des trésors cachés.

Bonne nouvelle! Notre nouveau livre paraît bientôt!

30 octobre 2012

couverture du livre

Le deuxième livre de notre Maison de thé Thé vert, à la rencontre d’un art millénaire voit le jour! Entièrement consacré aux thés verts, il se présente sous la forme d’un adorable bouquin facile à feuilleter, où chaque page est une chronique sur les artisans, les terroirs et l’art du thé vert.

En voici un extrait en primeur! Bonne lecture et patience… Il sera sur les tablettes le 7 novembre!
Petit ajustement: Il serait déjà sur les tablettes de notre boutique du Quartier Latin!

À LA RECHERCHE DU TAI PING HOU KUI

Tout dégustateur de thé rêve de découvrir un jour, dans une région reculée, une plantation pratiquement inaccessible, où serait produit un thé exceptionnel. La découverte du Tai Ping Hou Kui fut pour nous une expérience de cette envergure.

Il figurait sur notre liste des « thés à trouver » depuis nos premières explorations. Nous connaissions sa province de production, mais nos recherches demeuraient infructueuses. Lorsque nous avons enfin su où aller, par l’entremise de M. Xie, producteur de Huang Shan Mao Feng, nous avons compris pourquoi nous n’avions pu le trouver : aucune route ne mène aux plantations !

À partir de chez M. Xie dans la magnifique province d’Anhui, il faut voyager sur des chemins de campagne avant de faire halte au bord d’une rivière. La suite du périple se fait en bateau.

L’eau de la rivière est calme et reflète les majestueux monts Huang Shan qui l’entourent. Après avoir navigué une heure dans ce paysage éblouissant, nous atteignons le terroir du Tai Ping Hou Kui, l’un des plus beaux sites que nous avons eu la chance de visiter au cours de nos explorations. Les quelques jardins de thé au bord de la rivière resplendissent d’un vert impérial.

M. Ye, le producteur que nous y avons rencontré, appartient à une lignée qui cultive le thé depuis cinq générations. Les théiers de ses jardins ont été plantés par ses ancêtres. Comme les autres familles du village, M. Ye travaille dans une petite fabrique derrière sa maison. Il produit un thé qui se distingue par ses feuilles aplaties d’une longueur moyenne de six centimètres. Pour parvenir à cet étonnant résultat, M. Ye emploie une méthode de transformation artisanale qui nous a complètement ébahis.


UNE TRANSFORMATION ARTISANALE Tai Ping Hou Kui 1

Le cultivar utilisé pour la production de ce thé possède de grandes feuilles qui sont cueillies et sélectionnées rigoureusement. Comme pour d’autres grands crus, seuls le bourgeon terminal et les deux feuilles suivantes sont utilisés. Mais, pour le Tai Ping Hou Kui, on doit attendre que les feuilles soient un peu plus matures.

Après la cueillette, les feuilles sont triées, puis envoyées à la dessiccation qui est faite manuellement. On remue les feuilles dans la cuve pendant environ cinq minutes.

L’étape suivante, le roulage, consiste à disposer les feuilles, une à une, sur un grillage métallique de façon qu’aucune ne se touche. On dépose un second grillage par-dessus les feuilles, et ces grillages sont placés sur une table en bois. On applique ensuite un linge de coton sur le cadre, puis, d’un geste vif et bref, on y passe un rouleau.

On laisse les feuilles à l’intérieur de ce cadre pour le séchage final, au-dessus d’un feu de bois. Le séchage est progressif et dure environ une heure.

En raison de cette méthode de transformation entièrement manuelle et de la faible superficie de ce terroir, les thés Tai Ping Hou Kui authentiques sont rares. Même en Chine, il est difficile d’en obtenir. Cette rareté et l’originalité de ses délicats arômes floraux en ont fait un thé que les Chinois ont l’habitude d’offrir en cadeau.

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Vous y trouverez des objets et des thés créés par les plus grands artisans d’Asie.

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