Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Des nouvelles de Jasmin en Chine

24 avril 2009

Jonathan, Jasmin et Kevin avec de joyeux producteurs de maocha au Yunnan

 

Il y a une dizaine de jours, nous avons reçu des nouvelles de Jasmin au cours de son périple au Yunnan avec Jonathan et Kevin. Ses récits m’ont toujours enchanté par leurs petits détails juteux. Je vous partage donc l’essentiel du dernier courriel qu’il nous a transmis:

 

« Plus d’une semaine après notre arrivée, nous sommes à l’aéroport de Jinghong, dans le sud du Yunnan à attendre notre vol vers Kunming ou nous transiterons vers Shanghai et ensuite vers Hangzhou, à la recherche de thés verts.  Il faut dire qu’après presque une semaine dans le Yunnan à boire du Pu Er, le thé vert bien frais sera plus que le bienvenu! 

 

Nous avions eu un petit aperçu du thé vert dans les 2 premières journées après notre arrivée, moi et Jonathan, avec la visite de M. Liu, producteur de Bi Luo Chun.  J’étais très content de la qualité des hauts grades, étant plus tôt cette année et ne pouvant goûter qu’aux grades supérieurs de ce thé fameux.  Comme d’habitude, M Liu nous accueille chaleureusement avec son équipe et, cette année, avec un traducteur plus qu’efficace.  Étant en même temps que Qingming (fête des morts), j’ai dû soudoyer un gardien pour que l’on puisse entrer dans le train, section couchette, car il y avait des centaines de personnes qui poussaient comme des malades afin de rentrer dans les wagons économiques ou nous étions supposé prendre place.  Le gardien du premier wagon n’a pas cédé.  Mais arrivé au deuxième wagon, je fais mon plus beau sourire…. et la porte s’ouvre!!!  On réussi donc à retourner à Shanghai pour prendre notre avion pour Kunming.  Arrivée à Kunming à 1h du mat, le téléphone sonne à 6h et « notre Indien » de Kevin fait son entrée sur le territoire chinois. Bien sûr, en moins de deux, nous faisons un premier tasting de Darjeeling frais.  Mmmmmmmm…

 

Après quelques rencontres dans de grandes compagnies de Pu Er à Kunming, nous nous sommes ensuite dirigés vers le Xishuangbanna où la partie « wild » débutera.  On retrouve donc Tina notre traductrice et Monsieur Wang, producteur de Xiangming.  6 journées bien chargées mais remplies de moments magiques.  Pendant 3 jours nous partons avec M. Wang collecter le maocha (thé brut pour le Pu er) à travers des montagnes fameuses de vieux théiers  (Banzhang, Banpen, Yiwu, Youle, Manzhuan, Yiban, Menghun) J’ai battu mon record d’âge de théier après avoir vu à Banzhang un théier de plus de 800 ans dépassant les 10 mètres de haut. On partage pleins de repas et le thé bien sûr avec les paysans dans leurs superbes maisons de bois, endroit même ou le thé est transformé dans de grandes cuves métalliques chauffées au bois. Le moment le plus intense se passera à Yiban ou chez le chef du village de 84 ans, on sacrifiera un poulet pour la première visite d’étranger au village. La Chine antique existe toujours mais il est impressionnant de voir des paysans à Banzhang qui jusque dans les années 90 n’étaient connectés au reste du monde que par un chemin pour les mulets et les motos et qui vendaient leur maocha 5 yuan (1 dollar) le kg et qui maintenant le vende à près de  800 yuan (145$) le kg!!  On goûte donc à plein de différents maocha et avons ainsi la possibilité de choisir directement dans les villages les thés que nous voudrons compresser en galette (un fantasme de longue date de compresser nos galettes avec notre propre papier d’emballage et qui pourra se faire cette année !). Notre palais devient de plus en plus habitué à comprendre le maocha et la différence entre le maocha et toute sa verdeur et la galette vieillissante.  Après cette période dans les montagnes, de retour à la ville de Jinghong, nous prenons enfin une douche et apprécions le confort de notre hôtel 2 étoiles! »  …comme quoi, c’est pas toujours facile la vie des grands explorateurs de thé!!!

 

Le premier thé de 2009 est arrivé!

17 avril 2009

Enfin le printemps! Les terrasses ouvrent et les gens s’y amassent à chaque journée où le soleil ne manque pas à l’appel, les oies sauvages sont passées bruyamment tout récemment, les crocus se sont fait coquets pendant que les tulipes se préparent à leur tour… et le HUIMING 2009 est arrivé! Et, vous savez quoi?: Il est dé-li-cieux! Un de nos classiques dans les thés verts chinois, il est produit dans la région du Zhejiang par Monsieur He, un de nos producteurs préférés. J’avoue toujours avoir eu un faible pour ce thé, c’est un de mes premiers amours du temps où j’étais encore client au Camellia Sinensis, on me l’avait recommandé lors de ma première visite à la boutique en 2004… et depuis il reste un de mes favoris. Son caractère herbacé frais et printanier d’asperges et de tête de violon, ses doux élans floraux de sève et de nectar, ses chaleureuses notes de mie de pain et de pignons, savent séduire par leurs arômes d’une clarté enivrante. Alors, pour ouvrir la marche à tous les nouveaux arrivages qui ne tarderont pas à être livrés au cours des prochaines semaines, le Huiming vous offre, tel un rayon de soleil tant attendu, toute la fraîcheur du printemps… commencez à en profiter! Mmmmm!

 

Des nouvelles de Kevin à Darjeeling

11 avril 2009


Vue sur des théiers indiens abîmés qui devront être arrachés et remplacés.

 

Presque en direct de Darjeeling (puisqu’il est maintenant rendu en Chine avec Jasmin et Jonathan), Kevin m’a transmis quelques unes des nouvelles de ce qu’il a vécu là-bas au cours des dernières semaines. Nous savions déjà, avant son départ, que les conditions météorologiques en Inde étaient difficiles et que la production de thé en serait probablement affectée. En quelques lignes, il nous partage et confirme cette prédiction qui saura peut-être faire verser une larme aux amateurs de ces délicieux thés noirs:

 

« Après deux années pluvieuses et froides, Darjeeling connaît présentement sa pire sécheresse depuis 1999. Un grand nombre des jardins de thé de la région n’ont pu récolter que le tiers des quantités produites normalement à pareille date. En ce début du mois d’avril, les théiers stressés et fatigués se sont hâtivement vus retomber en dormance, quelques semaines plus tôt que prévu. Avec ces récoltes réduites en quantité et souvent en qualité, sans compter la surenchère accompagnant la pénurie des thés disponibles, faire la sélection de la carte des Darjeeling fût donc pour moi un défi de taille ce printemps. »

 

 

Néanmoins, en plus des thés produits par nos jardins fétiches de Risheehat, Sungma, Singell et Gopaldhara pour ne nommer que ceux là, Kevin a déniché un thé prometteur cultivé en bio par un nouveau jardin pour nous, le Snowview Kumai, près de la frontière avec le Boutan. Et par les dires de Jasmin qui a dégusté, à même la chambre d’hôtel chinoise, les échantillons que Kevin a ramené avec lui pour leurs retrouvailles, les Darjeeling First Flush de notre sélection 2009 seront, malgré les conditions difficiles, forts délicieux! Guettez leurs arrivages sous peu! Je me ferai un grand plaisir de vous partager mes coups de coeur dès que mes lèvres pourront s’y tremper à mon tour! À bientôt!

 

L’arrivage des Cinq Fantastiques et du Merveilleux Imposteur

8 avril 2009

De gauche à droite, de haut en bas:

Les Pu Er 1986 Yiwu (sheng), 1995-A (sheng), 1997-B (sheng),

1998 Tuo Cha (shou), 1999 vieux théier (shou)… et le Liu Bao 1970′s Guangxi 6608.

 

Viennent s’ajouter à notre sélection et au récemment arrivé et splendide Pu Er 1974 Menghai, cinq nouveaux Pu Er de très belle qualité et une surprise de taille, le Liu Bao, thé post-fermenté et vieilli tout comme les Pu Er, mais provenant d’une autre province de Chine: le Guangxi. Ces six millésimes, datant déjà de plusieurs années d’entreposage dans des conditions optimales de vieillissement, possèdent un degré de maturation avancé leur permettant de vous offrir une dégustation de leur plein potentiel. Nous nous sommes bien sûr fait un grand plaisir de les tester à leur réception en boutique… et quelles merveilles! Que cela soit les sheng, les shou ou ce surprenant Liu Bao, ils nous ont tous ravis par leur complexité, les subtilités de leurs arômes et la générosité qu’ils possèdent aux infusions multiples. Avec leur arrivée dans notre carte, afin de rendre disponible à quiconque les plus onéreux d’entres eux, a vu le jour la possibilité de s’offrir la quantité minimale de 10 grammes pour certains de ces crus. Je vous conseille donc d’aller visiter les fiches techniques individuelles de ces 6 nouveaux thés pour une description détaillée de chacun d’eux… Bonne semaine à vous!

 

Hommage aux cueilleuses

1 avril 2009

 

Si dans certains pays producteurs les récoltes mécanisées prédominent, la cueillette manuelle reste le meilleur moyen d’assurer une qualité supérieure de cueillette pour le thé. Que cela soit en Chine, en Inde, à Taiwan ou au Japon (pour les plus hauts grades de thés), ce sont les femmes, jugées plus patientes et minutieuses, à qui reviendra la précieuse tâche de récolter les bourgeons et les premières feuilles des théiers. Sans elles, nous ne saurions retrouver d’infusions aussi aromatiques, issues de si belles et tendres pousses. Selon les régions productrices, de février à novembre, s’échelonneront maintes récoltes. 

 

 

Qu’elles soient membre de la famille possédant un petit jardin de thé, employée d’une équipe de cueilleuses à contrat ou habitante du village adjacent à un domaine de production de thé, leur travail se réalisera du petit matin jusqu’à ce que le soleil cuisant leur demande de s’abriter à la fraîcheur de l’ombre. Pendant ces 6 à 10 heures de travail par jour, jusqu’à 60 kilos de feuilles fraîches pourront être récoltées par chaque cueilleuse, ce qui donnera environ 12 kilos de feuilles séchées après leur transformation. Selon le type de cueillette, avec toute la minutie du savoir-faire, la jeune pousse sera prise entre l’index et le majeur de chaque main avant d’être segmentée par le pouce puis rabattue dans la paume pour finalement être jetée dans le panier ou la hotte tenu dans le dos de la cueilleuse ou suspendu à son cou. Un geste que ces femmes reproduiront environ 10000 fois quotidiennement!

 

 

Mis à part quelques cas spécifiques où les cueilleuses seront payées à la journée ou à l’heure, la plupart d’entre elles verront leurs paniers se faire peser avant d’obtenir le salaire qui leur revient. Les feuilles précieusement amassées seront par la suite transportées le plus rapidement possible à la manufacture (où sont les hommes d’ailleurs!) pour leur transformation. Il faut dire que les producteurs de thé de qualité devront prendre le soin de bien former et traiter leur personnel, tant pour la cueillette que pour la transformation, afin de s’assurer de la finesse de leur travail. Fait intéressant: au cours de nos voyages en Asie, nous avons plus d’une fois constaté qu’une corrélation entre l’ambiance joyeuse et décontractée des cueilleuses et la qualité supérieure du thé produite dans un même jardin allait souvent de pair…

 

 

Quoiqu’il s’agisse d’un travail simple mais dur physiquement, il n’est pas rare de voir des femmes d’âge mûr s’adonner à cueillir dans les jardins. La réputation de ces dernières est d’ailleurs presque mythique: elles seraient alors au sommet de leur art… À Taiwan, la doyenne des cueilleuses, ayant oeuvré dans le domaine toute sa vie durant, aurait d’ailleurs près de 85 ans! Mais qu’elles soient jeunes ou plus âgées, de Chine, de l’Inde ou d’ailleurs, elles sont presque toutes aussi coquettes les unes que les autres: Habillées de leurs voiles, saris, chapeaux, elles joignent l’utile de la protection envers les éléments à l’agréable d’être sous leur plus beau jour… même au fond de la campagne verdoyante! Alors, à vous toutes qui cueillez les précieuses feuilles qui nourrissent la passion au fond de nos tasses, je vous remercie mille fois, au nom de tous les amateurs de thé!

 

Eh non, pour ceux qui ne le savaient pas, les singes ne cueillent pas les feuilles de thé

comme le laisse croire une légende chinoise…!!! Dommage pour les rêveurs! :D

 

 

 
 

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