Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

Blogue

Le culottage des théières de Yixing

30 août 2009

Contrairement aux porcelaines et céramiques émaillées, au verre, à la fonte ou à l’acier inoxydable, les théières en terre de Yixing sont les seules théières qui se culottent, qui vont “mémoriser” les arômes et les saveurs des thés qu’elles aient infusés. On réservera donc une seule famille de thé à chacune de ces théières, voire même un seul thé pour les puristes. Limitant vous croyez? Peut-être, surtout si vous n’avez toujours pas trouvé votre ou vos types de thés préférés. Car, si son utilisation a le désavantage de ne pas offrir la possibilité de varier les thés infusés dans son sein, son grand avantage -non négligeable-, est que notre outil d’infusion se bonifiera avec le temps, prenant une expérience précieuse au fil des infusions. Une relation unique se forme entre nous et notre théière, une complicité grandissant tout au long de nos découvertes dans le monde du thé…

Les marques de culottage d’une théière en Yixing.

Leur terre est particulièrement poreuse, c’est pour cela qu’elles ont la capacité de se culotter. Mais ce n’est pas tout: elle est aussi très riche en fer, leur donnant le pouvoir de maintenir une température élevée pendant et après l’infusion. D’ailleurs, ce sont les Pu Er, les wulong et les thés noirs (dont l’infusion nécessite une température frôlant le point d’ébullition) qui bénéficieront particulièrement des théières fabriquées en terre de Yixing . Elles sont disponibles sous différentes formes, contenances et couleurs (selon les pigments de terre), leurs prix dans nos boutiques variant entre 30$ et 200$ environ (car on peut retrouver sur le marché de ces théières, fabriquées par des potiers célèbres ou culottées par des maîtres reconnus, vendues pour des dizaines de milliers de dollars; de véritables objets d’art et de collection). Pour la première utilisation, il est d’abord recommandé de faire une infusion “à blanc”, que l’on ne boira pas, avec le thé de notre choix (qui déterminera “l’orientation” de notre nouvelle partenaire d’infusion!) et que l’on laissera plusieurs heures dans la théière jusqu’à ce qu’elle se refroidisse. La terre sera donc “baptisée” par cette infusion très concentrée. Après cette étape, comme après chaque infusion qu’elle vivra par la suite, on ébouillantera tout simplement la théière avant de la laisser sécher d’elle-même. Il peut être utile de rappeler que, comme pour toutes les théières, l’usage de savon est proscrit au nettoyage des outils d’infusion. L’eau chaude seule sera utilisée.

Je recommande vivement les théières de Yixing à quiconque adore particulièrement une famille de thé et compte l’infuser fréquemment. J’ai personnellement plusieurs de ces théières, une pour chaque type de wulong et de Pu Er. Quant aux néophytes, à ceux qui commencent à découvrir la panoplie des différentes familles de thé, je suggère de commencer avec une théière polyvalente, donc non poreuse, telle qu’une porcelaine, une céramique ou une fonte… et, un jour, vous saurez quand viendra le moment de passer aux théières “qui se souviennent”!

Anji Bai Cha, beauté et raffinement

20 août 2009

Jardins à Xilong où sont produits nos deux grades de Anji Bai Cha

Ce matin, en dégustant un de mes incontournables, un thé que je réserve pour des moments de calme et de délectation, il m’est évident que je me dois de vous le présenter tant il est bon et fait chavirer mon coeur…

Développé tout récemment, depuis seulement environ 15 ans, ce thé vert de Chine est issu du cultivar Bai Ye no. 1 (signifiant “feuille blanche”). Il est produit à l’origine près du village de Xilong, dans le comté de Anji, province du Zhejiang. Parfois classé comme thé blanc par certaines maisons de thé, certes délicat, le Anji Bai Cha possède néanmoins les qualités gustatives chlorophyllées propres aux thés verts. Composé uniquement d’une tendre première feuille et de son bourgeon, ce thé offre une liqueur sophistiquée et raffinée à la belle texture gouleyante, aux arômes pleins de noix fraîches, de verdures délicates, de fleur à peine ouverte, le tout d’une douceur rafraîchissante… Plusieurs clients m’ont déjà entendu leur présenter ce thé en boutique comme possédant le parfum “de l’exhalation de la peau du cou de celui ou de celle que l’on aime”… bref, un thé que je trouve personnellement très suave! Mais si sa popularité en Chine ne cesse de grandir, c’est surtout parce que les gens là-bas apprécient particulièrement la beauté de ses feuilles vert-tendre à leur infusion dans le verre. Et si maintenant sa demande dépasse grandement l’offre du thé disponible, nous voyons à chaque année des parcelles de forêt de son berceau de production être défrichées afin d’augmenter la superficie des jardins.

Jasmin humant les feuilles fraîchement récoltées de Anji Bai Cha

Les deux Anji Bai Cha de notre sélection sont produits tout près de Xilong par la famille Yang. Leur jardin est certifié OTRDC (certification biologique chinoise) depuis 2004. En 2008, ils ont inauguré une nouvelle fabrique pour la transformation de leur thé. Ils ne transforment que les feuilles provenant de leur jardin ce qui diffère de plusieurs producteurs qui ne possèdent pas de jardin mais qui achètent les feuilles fraîches de paysans.

Vu la popularité de ce thé, nous voyons également son cultivar (Bai Ye) être planté dans d’autres comté du Zhejiang ou d’autres provinces chinoises.  Ainsi, le Huiming Bai Ye de notre sélection, produit par Monsieur He, provient du cultivar utilisé pour le Anji Bai Cha mais est transformé à la façon d’un Huiming. Il n’a donc aucune prétention d’être un Anji Bai Cha même si en Chine il est vendu comme tel! Et si François a cette année goûté dans le Hunan un Anji Bai Cha sorti de son territoire d’origine et que notre producteur de Tian Mu Qin Ding a aussi quant à lui planté des théiers de Bai Ye dans ses jardins tout récemment, c’est bien pour dire que l’on a pas fini d’entendre le nom de ce thé et que sûrement d’ici quelques années le marché sera enseveli de thé de type Anji Bai Cha.

Un amour de chung…

10 août 2009

 

Le dernier article vous proposait une méthode simpliste, voire archaïque, pour l’infusion en pleine nature… Aujourd’hui, je vous présente une version plus sophistiquée pour les beuveries de thé au grand-air: Le chung de pique-nique. Ce beau kit en porcelaine est fabriqué à Taiwan et est composé d’un chung (tasse à couvercle), d’un cha hai (pichet de service) et de six toutes petites tasses à déguster, le tout rassemblé dans un coffret protecteur pratique pour le transport.

 

Son usage est simple, la technique étant la même que celle vue dans cet article pour le chung “tout court”. L’infusion de la liqueur sera réalisée à même le chung avant d’être transvidée d’abord dans le pichet de service (afin de stopper l’infusion lorsque arrivée à terme) puis répartie dans les tasses pour le service. Généralement, plusieurs infusions se succéderont avec les mêmes feuilles.

 

Je trouve personnellement que la finesse et la beauté de son design est particulièrement séduisante, que cet instrument est particulièrement inspirant pour boire le thé en groupe… surtout dans des situations, comme en pique-nique, où l’on aurait bien voulu “amener de quoi faire le thé” mais que trop d’instruments, prenant beaucoup de place, nous aurait découragé de le faire. Seulement un thermos pour conserver l’eau chaude devrait être rajouté à ce petit kit pour une utilité parfaite… Cet instrument est disponible à toutes nos succursales… et n’hésitez surtout pas à poser toutes vos questions à son sujet à nos conseillers en boutique, il se feront un plaisir de vous répondre!

 

 
 

série collection

Bienvenue dans la Série Collection.
Vous y trouverez des objets et des thés créés par les plus grands artisans d’Asie.

Visiter