Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Le choix d’une théière

30 avril 2010

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La poterie étant un art où, comme dans le cas du thé, différentes techniques de fabrication et divers standards de qualité se côtoient, plusieurs choix de théières sont offerts sur le marché. Voici les principaux critères à prendre en considération en ce qui concerne le matériau, le volume, la forme et la qualité de la théière.

- Le matériau. Fonte, terre cuite ou céramique? D’abord, il vous faut déterminer le type de thé que vous désirez boire. Les théières en céramique et en fonte émaillée conviennent très bien à tous les types de thé. Celles en terre cuite sont idéales pour les thés noirs, les Pu Er ou les Wulong. Poreuses, elles permettent de conserver la mémoire des thés et d’enrichir leur goût à chaque infusion. L’acier inoxydable a le désavantage quant à lui de conférer une légère note métallique et acide à l’infusion des thés les plus fragiles.

- Le volume. Ne choisissez pas une trop grande théière. Certains thés délicats ont besoin d’être infusés dans un petit volume d’eau pour en dégager leurs précieux parfums. Un adage chinois dit que que plus la théière est petite, meilleur sera le thé.

- La forme. Pour rendre votre expérience plus agréable, il vous faudra choisir une théière qui convient à votre main. Les anses étant de formes très différentes, n’hésitez pas à prendre la théière pour vous assurer qu’elle verse bien et que la prise vous plaît.

- La qualité. Une bonne théière vieillit bien. Méfiez-vous des théières à rabais, surtout celles qui sont en fonte ou en terre cuite, car elles pourraient se dégrader rapidement.

Je rajouterais pour ma part que si les théières en céramique émaillée, en porcelaine ou en verre ne requièrent pas d’entretien particulier mis à part un rinçage à l’eau chaude puis un simple séchage après leur utilisation, la fonte nécessitera une attention supplémentaire au niveau de leur entretien: il ne faudra pas oublier d’infusion trop longtemps dans la théière au risque de voir son émail se dégrader puis rouiller sous l’action des tannins de l’infusion. Le verre, bien que matériau noble, est quant à lui assez cassant, sa durée de vie pouvant être limitée si la maladresse est présente dans la maisonnée… Il s’agit simplement de bien se connaître, savoir quel type de thé l’on infusera le plus souvent et puis, surtout, aimer notre instrument d’infusion: Si l’on aime notre théière, que cela soit un objet sentimental ou par pur critère d’esthétique, elle  vous servira plus probablement de bien meilleures infusions qu’un autre objet qui ne vous plairait pas autant!

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Tiré en partie du livre THÉ: histoire, terroirs, saveurs, Camellia Sinensis

Jasmin vous écrit de Chine…

20 avril 2010

Jasmin-Chine-2010-2Jasmin et Alexis en compagnie des producteurs de Anji Bai Cha

“Alors que la journée s’achève sur Hangzhou, le Long Jing s’estompe tranquillement dans mes veines.  5 jours après notre arrivée à Shanghai, nous venons de terminer notre circuit des célèbres thés verts de Chine.  Bi Luo Chun, Anji Bai cha, Long Jing Shi Feng et Long Jing Meijiawu.  Verdict!?  Saison difficile sur la Côte Est chinoise.  Les chiffres varient selon les producteurs, entre 20% et 40% de quantité totale produite pour la récolte printanière en comparaison à 2009.  Le froid et la neige de début mars ont endommagé les précieuses pousses et après de trop grandes variations de température (trop chaud une journée et trop froid le lendemain) ont terminé l’effort négatif de ce temps de cette saison si importante pour tous ces producteurs de thés.  Et bien sûr, qui dit moindre quantité produite dit aussi augmentation de prix… et c’est là que les relations privilégiées que j’entretiens avec mes amis producteurs et tous les efforts que j’y mets depuis 8 ans prennent leur sens.  Avec le taux de change des devises de notre côté, nous avons réussi à ne pas trop augmenter les prix et j’en suis bien content.  Cette année, j’essaie d’être sensible lors de la négociation à payer le juste prix pour notre petit marché canadien, tout en respectant le contexte des producteurs qui doivent palier cette importante diminution de quantité, donc de vente. Le marché du thé chinois continue sa fulgurante progression vers des prix pas possibles pour les fameux thés et je suis bien content d’être avec Alexis qui pourra à son tour témoigner que les thés vendus au Camellia sont dérisoirement pas cher pour la qualité et l’authenticité des origines.

Côté mode de vie, je dois rester ouvert à la nouveauté car ici tout bouge vite et il ne faut pas trop que je m’accroche à ce que j’aime dans une ville au fil des ans et particulièrement cette année:  En une journée, hier, j’ai réalisé que ma maison de thé préférée à Hanzghou est fermée,  après être arrivé chez M. Tang (Shi Feng) et avoir vu sa maison en chantier qui se transformera bientôt en salon de thé et être accueilli à Meijiawu dans des nouveaux locaux grandioses, fini le petit bouiboui familial! C’est ça la Chine! Ça bouge énormément et ça continue donc de changer très vite… Côté bouffe, on a déjà mangé plein de trucs bizarres, serpents, écrevisses, sang et coeur de poulet et j’en passe… et, ah oui, et même une pizza chez Pizza Hut!  La nourriture chinoise est toujours aussi bonne et on se fait gâter au max encore une fois, presque toujours deux repas par jour avec une quinzaine de plats sur la table à chaque repas.  Sinon Alexis a aussi eu le privilège de vivre le traditionnel sauna d’arrivé à Dong Shan avec M. Liu, producteur de Bi Luo chun, des Chinois curieux évaluant sa pilosité avec stupéfaction…! Et déjà encore une fois un passage aux nouvelles locales.

Moment précieux avec M. Liu, ce matin, au Tea Research Institute (celui qui est le professionnel de l’industrie Chine dans notre livre).  Après trois ans de dégustations et d’échanges, c’était vraiment super de jaser et de déguster ensemble car nous avons chacun de notre côté l’impression de s’apporter quelque chose dans notre métier. Il m’a invité l’année prochaine à voyager avec lui dans les campagnes de thé. Je me sens bien privilégié car c’est un des dégustateurs-scientifiques de thé des plus expérimentés en Chine.

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Également, quels moments superbes cette année à distribuer nos 18 livres à mes producteurs.  J’ai tellement de plaisir à les regarder qui feuillètent le livre auquel ils ont contribué de près ou de loin par leurs expériences et leurs connaissances, à voir leur réaction lorsqu’ils voient leur photo ou leur nom dans les remerciements en chinois.  C’est vraiment du bonbon!

Ce qui nous attend dans les prochains jours: Demain matin, dégustation avec M. Shao des Tian Mu, ensuite nous prendrons le train pour aller rejoindre M. He et son Huiming-Yuzan, pour ensuite traverser au Fujian pour le thé blanc de M. Zhang avant d’aller rejoindre notre cher François dans l’Anhui pour 5 jours… en espérant bien pouvoir regarder une partie de hockey des séries ensemble!!!”

Jasmin-Chine-2010-3Une caisse de Anji Bai Cha prête pour son départ vers Montréal

Des nouvelles de Kevin à Darjeeling

10 avril 2010

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Kevin a retrouvé son vieil ami Monsieur Panjikar qui a quitté son poste au jardin Gopaldhara l’an dernier pour prendre la gérance de celui de Guyabaree. Ce fut un choc pour nous d’apprendre son départ à la fin de la saison dernière, lui qui pendant dix années du dur labeur, avait réussi à amener le jardin de Gopaldhara au niveau des jardins offrant les plus belles qualités de thé de la région de Darjeeling. Son nouveau poste est maintenant un défi bien différent : Guyabaree est un jardin ne possédant pas la moindre réputation de qualité, 80% de ses théiers sont de variété assamica et la manufacture est presque en ruine… « Je ne pars même pas de zéro ici, remarque-t-il, je pars sous zéro ! Il y a tant de travail à faire, mais vous verrez que d’ici 2015, vous pourrez y goûter des thés fantastiques. »

Lorsque Kevin goûta les thés que Monsieur Panjikar produisit ce printemps, tous étant des assamica, ils étaient étonnamment souples et vifs, sans aucune aspérité ou rudesse… La touche du nouveau gérant arrivant déjà à faire ses preuves.

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Après une matinée passée au réputé jardin de Castleton à goûter de très bons thés produits ce printemps, le prochain jardin sur l’itinéraire était celui de Giddapahar. Y mettant les pieds pour la première fois, Kevin y découvrit une fascinante petite opération gérée familialement, une des rares exceptions dans la région de Darjeeling où les manufactures y sont en grande majorité beaucoup plus imposantes.

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Sudhan Shu et son frère font partie de la génération actuelle d’une longue histoire reliée au jardin depuis 1881. De relativement petite superficie, ce dernier ne produit qu’environ 200 kg de thé par jour. Certaines parties du jardin s’élèvent à 2000 mètres d’altitude et sont presque entièrement composées de vieux théiers chinois. La manufacture comme telle ressemble à un musée avec ses vieilles machines de transformation conçues en Irlande et datant de 1911, ses tamiseurs et bacs de conservation fabriqués à la main, le tout donnant un charmant esprit d’authenticité à l’usine comme on aurait pu l’imaginer autrefois.

Les thés que nos dégustateurs y découvrirent étaient incontestablement au-dessus de la moyenne de qualité. Les producteurs, fort modestes quant à eux, mentionnèrent humblement qu’ils devaient continuer à s’efforcer afin de s’améliorer. Un des thés retint spécialement notre attention et, à notre grande joie, se retrouvera dans notre carte d’ici quelques semaines…

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