Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

Blogue

Le prix à payer

22 août 2011

cueilleuses

Ce printemps 2011, à peine la saison des First Flush a-t-elle débuté que les quatre syndicats qui représentent les travailleurs du thé à Darjeeling déclenchent un embargo. Les politiciens locaux, étroitement liés avec les syndicats, en ont également profité pour gagner des voix aux prochaines élections régionales. La production a continué normalement, mais toutes les usines furent assiégées; pas une feuille ou même un échantillon ne pouvait se rendre aux enchères de Calcutta.

L’entente salariale de trois ans pour les travailleurs des plantations de Darjeeling a pris fin ce printemps et il faillait renégocier. Généralement, l’ajustement des salaires est simplement indexé par rapport aux coûts standard, l’inflation et les prix du marché, etc., par l’ensemble des associations de planteurs (les propriétaires de jardins) de l’Inde.  Mais, ce processus prend du temps et, cette année – après 60 ans de collaboration avec les autres associations – La DPA (Darjeeling Planters Association) a décidé de conduire toute seule les négociations avec les syndicats. L’une des raisons principales de cette décision est que la production des Darjeeling First Flush est une question de temps. En effet, les amateurs de thé du monde entier attendent impatiemment l’arrivée des feuilles fraiches et trop de retard gâte ce facteur crucial de l’immédiateté. Les planteurs ne pouvaient pas se permettre de longs mois de discussion; ils avaient besoin de régler la situation rapidement.

Les salaires représentent 70% des coûts d’exploitation d’un jardin donc même une petite augmentation a un impact considérable sur l’ensemble des frais annuels. Or, les négociations de ce printemps se sont conclues avec une augmentation des salaires de 34%! Cela signifie que les coûts globaux de production pour les Darjeeling – une industrie déjà dans une position financière précaire – si nous appliquons 34% à notre 70% initial, augmenteront de 23,8%!

Un autre aspect essentiel de cette situation est la difficulté qu’ont les jardins à trouver suffisamment de main d’œuvre. Les jeunes générations semblent plus intéressées par les opportunités que leur offrent le monde et les grandes villes; l’absentéisme est à son plus fort et les planteurs paniqués commencent à envisager sérieusement la cueillette mécanisée. Malheureusement, ceci aurait un impact considérable sur les thés de Darjeeling. La cueillette à la main est la seule façon d’obtenir la sélection de feuilles nécessaire à la qualité que nous exigeons d’un grand cru himalayen.

En tant que commerçant, je dois avoir une perspective à long terme envers ces producteurs; je veux voir leur industrie en bonne santé. Mais, je ne peux pas justifier l’augmentation à 12,30$/50g d’un thé anciennement à 10$/50g du jour au lendemain! Le fardeau devra être partagé entre tous les acteurs. Je dois donc augmenter les prix d’environ 1$ pour l’instant, si je veux que ces thés soient produits à la manière traditionnelle pour bien des années encore.

Le Darjeeling Singell DJ5 ou encore le Darjeeling Thurbo DJ5, probablement les meilleurs First Flush de toute la région de Darjeeling, ne reviennent malgré tout qu’à 85c la tasse. Bien moins qu’un sachet de thé chez Starbucks, une bière populaire, un Coca Cola, une eau minérale, etc… et tous ces produits n’ont rien de comparable avec un grand cru de thé!

Kevin
spacer

 
 

série collection

Bienvenue dans la Série Collection.
Vous y trouverez des objets et des thés créés par les plus grands artisans d’Asie.

Visiter