Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Petit guide de réconfort automnal

25 octobre 2011

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Le temps froid semble s’être installé pour de bon. “Malheur!” dirons certains, pourtant, il me semble que l’automne est la saison idéale pour se laisser réconforter par une tasse fumante aux arômes enivrants. Pour aider à consoler les âmes en peine que l’automne et l’hiver font frissonner, voici quelques suggestions de crus qui sauront vous réchauffer le cœur et le gosier.

Népal automnal Jun Chiyabari J-16 biologique : Issues de magnifiques jardins à quelques pas de Darjeeling, les délicates feuilles et bourgeons dorés de ce lot d’automne ont été transformés avec soins et savoir-faire.La liqueur obtenue est suave et légère, déployant ses riches parfums floraux, mielleux et nuancée d’accents fruités (pomme) et chocolatés. Tout simplement exquis!

Feng Huang Hong Cha (noir – Chine) : Ce thé est tout simplement la quintessence des thés chinois offerts dans notre sélection. Possédant de belles grandes feuilles torsadées d’un noir de jais, ce cru offre une jolie liqueur orangée aux arômes d’eucalyptus et de fruits rouges (canneberges, framboises).  À déguster en regardant les feuilles d’automne virevolter au vent.

Jin Die (noir – Chine) : Ce thé charme au premier regard grâce à ses duveteux bourgeons dorés enroulés sur eux-même. Le plaisir se continue lorsqu’on hume les parfums de mélasse, de caramel et de terre sèche qui s’échappent des feuilles s’éveillant doucement au fond d’une théière encore chaude. Tout ce bonheur se termine par une liqueur si ronde, si pleine de flaveurs qu’une seule théière n’est jamais assez.

Gaba Cha (wulong – Taiwan) : Ce petit cousin du Bai Hao vous enveloppera dans une couverture d’arômes réconfortants. Avec ses notes de miel d’automne et d’épices (muscade, cannelle, clou de girofle)  ce thé se fera un plaisir d’accompagner une croustade aux pommes!

Chi Ye (wulong – Chine): Ce thé ramène à une époque plus paisible, où enfant, l’odeur du ketchup maison et des fruits fraichement cueillis embaumait les maisons. Les feuilles exhalent une odeur de biscuits à l’avoine et de barre granola. La liqueur souple jaune-orange se développe en notes acidulées-sucrées (pêche, poire) rappelant la cueillette des fruits d’automne. Les jolies feuilles infusées évoquent la délicieuse époque des jeux d’enfants dans les tas de feuilles.

Darjeeling Avongrove Dj-160 (blanc – Inde) : Contrairement aux autres représentants de sa famille, le Darjeeling Avongrove possède une force de caractère qui le rend propice à la dégustation automnale. Ses arômes chauds et épicés rendent hommage à ses origines indiennes, mais ce qui le démarque tant, ce sont ses uniques flaveurs de praline et de chocolat blanc. Une belle douceur à s’offrir au retour d’une fraîche promenade.

Liu Bao 2006 Lao Cha Po (Thé vieilli – Chine) : De par son apparence même, ce thé est tout désigné pour accompagner la chute des feuilles. Composé de friables feuilles aux teintes automnales, le Liu Bao 2006 rappelle une balade en forêt. Mousse, thé des bois, sapin et terre humide, un concert aromatique qui berce les sens.

Raku : héritage de la Voie du thé

12 octobre 2011

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- Le Raku est une technique, mais avant tout c’est une philosophie. Bien sûr, connaitre les techniques est essentiel, mais seule la compréhension du message du raku permet au potier d’arriver à la perfection dans cet art extraordinairement simple et cependant subtil et complexe.

Hal Riegger, « Raku : art et technique »

Le Raku (楽焼 , raku-yaki, “cuit par la famille Raku”) est une technique de poterie en cuisson rapide d’origine coréenne et développée au Japon durant le XVIe siècle. Façonnées à la main et non tournées, les pièces Raku sont composées de grès chamotté pouvant résister à de grands chocs thermiques. D’un aspect rustique et naturel, elles sont poreuses, légères et fragiles. Cette technique permet de créer des objets uniques aux résultats aléatoires et singuliers comme il en est du paysage naturel.

Le Raku est né de la création de bols (chawan (茶碗)) pour la cérémonie traditionnelle du thé au Japon, le Chanoyu (茶の湯), à l’époque où se réforment et se définissent les bases de la Voie du thé qui perdurent aujourd’hui. Au XVIe siècle, avec l’influence du bouddhisme zen qui devient religion dominante au Japon, le maitre de thé Sen Rikyû (1521-1591) cherche à créer un bol à thé en accord avec les aspirations philosophiques de la cérémonie du thé, dont le wabi. Il s’attache alors la collaboration de Chôjirô (1516-1592) – apparemment un fabriquant de brique de construction – à qui il demandera de créer une terre cuite simple, plus modeste, qui évoque la nature et ses imperfections, pour remplacer les importations d’objets plus parfaits, luxueux et éclatants de céladon ou de tenmoku. Cette poterie sera aussi utilitaire et absorbera moins la chaleur du thé permettant une prise en mains plus confortable.

Vers 1582, Chôjirô formalise le style du Raku. Lui et ses descendants recevront du shôgun Taïko-Sama (Toyotomi Hideyoshi) un sceau gravé du terme Raku – le caractère évoquant la joie, le plaisir, la jouissance spirituelle – qu’il lui est permis d’apposer sur son ouvrage. Ainsi débutera la dynastie Raku.

Bon thé!

Photographie: François Alexis Roy

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Yixing contre céramique : une compétition égalitaire?

4 octobre 2011

Lorsque l’on veut faire simple, une théière d’un volume assez important (350 à 500 ml) est une solution passe-partout permettant d’infuser honnêtement pratiquement n’importe quelle variété de thé. Pourtant, un choix s’impose : de quel matériau sera constituée la dite théière? C’est ici que les choses se corsent, à savoir s’il faut privilégier un instrument d’infusion poreux (en terre de Yixing) ou neutre (en grès émaillé). Chacun possédant leurs avantages et leurs inconvénients, rien ne vaut une petite présentation des compétiteurs :

théière de Yixing

Les théières en terre de Yixing : Originaires de Chine, ces théières sont modelées à partir de différents types de terre renommées pour leur porosité et leur concentration en oxyde de fer. Ces deux caractéristiques sont les pierres de lance de la célébrité et de l’efficacité de ce type de terre. Les théières Yixing ne sont pas laquées, ce qui offre un espace d’échange entre l’eau et la terre. Ceci favorisera la diffusion de certains minéraux durant l’infusion, apportant à la liqueur une texture plus riche. De nombreuses légendes parlent aussi de l’absorption lente des huiles aromatiques par les parois de la théière, bonifiant celle-ci au gré des infusions en renforçant saveurs et arômes. Ce type de théière est spécialement recommandé pour les thés wulongs, les Pu Ers et certains thés noirs, en raison de la générosité de ces familles de thé aux ré-infusions et de la prégnance de leurs arômes.Par contre, tout n’est pas parfait. Pour bénéficier des effets de la bonification du goût, il est essentiel de consacrer ce type de théière à une seule famille de thé. Il faut aussi bien en prendre soin et surtout ne pas oublier quelques jours de trop des feuilles de thé dans la théière, la moisissure pouvant facilement s’infiltrer dans les parois laissant un goût amer de déception par la suite. Le savon est également à proscrire pour les mêmes raisons gustatives.

Voyons voir maintenant de l’autre côté du ring.

théières en céramique

Les théières en grès émaillé : Voici l’objet parfait pour une personne voulant savourer une bonne infusion sans avoir à se casser la tête. Les théières en grès émaillé ne sont pas poreuses et ne se bonifient donc pas avec le temps, mais d’un autre côté, cette caractéristique les rend parfaites pour l’infusion de tous les types de thé au sein d’une même théière. Par ailleurs, la neutralité de ces objets les désigne naturellement pour les dégustations plus « cliniques » de certains thés, permettant ainsi de découvrir avec plus de précision certaines subtiles différences de fragrances entre deux thés très semblables.

Les opposants ayant démontrés leurs forces et faiblesses, c’est maintenant à votre tour de prendre pari selon vos besoins et votre parcours dans l’univers du thé. Il est aussi bien intéressant de tester les deux types d’objet pour pouvoir comparer les changements que les matériaux produisent au sein de la liqueur autant pour sa texture que pour ses arômes, car aucun palais ne réagit de la même manière et seul le vôtre peut vous conduire vers la boisson qui vous satisfera pleinement.

Manuel Legault Roy
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