Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Boire dans la fleur de l’âge

14 février 2012

Jeune Pu Er

Question de me faire l’avocat du diable par rapport à mon précédent article, je parlerai ici de la fraîcheur inusitée des jeunes Pu Er. Comment faire autrement avec les enivrants arrivages que Jasmin nous a rapportés du Yunnan et du Laos. En effet, avec trois nouveautés pimpantes de jeunesse, foisonnantes d’arômes et de vivacité, je dirai ici au diable l’attente : goûtez ces jeunes Pu Er sheng dans la fleur de l’âge!
Même si ces thés sont généralement destinés à vieillir et à se métamorphoser avec le temps, rien n’empêche de profiter de l’extrême jeunesse des Pu Er de l’année pour découvrir de surprenants arômes fruités, floraux, camphrés et j’en passe. D’autant plus que les producteurs du Yunnan cheminent merveilleusement dans leur conception et leur transformation  de ce produit dont on devrait réécrire le destin. Entre 2009 et 2011, en seulement deux ans, Jasmin a observé et goûté l’évolution du savoir faire des artisans du Pu Er et il serait bien dommage pour nous de continuer a croire au dogme affirmant que le Pu Er n’est bon que vieilli. Dégustés en gaïwan, dont le caractère neutre laissera toute la place aux parfums volatiles, ces crus offriront d’innombrables infusions possédant une puissante persistance. Trêve de bavardage, passons maintenant aux présentations des quelques nouveaux Pu Er sheng qui garnissent notre carte.

Le Pu Er 2011 Yibang Malishu : Provenant d’une des six légendaires montagnes productrices de Pu Er, cette galette est pressée à partir de feuilles provenant d’un seul et même terroir, autrement dit, le village de Malishu (alors que généralement pour les Pu Er, les feuilles peuvent provenir de différentes origines). L’originalité de ce thé vient du matériel organique qui la compose. La très grande majorité des Pu Er sont conçus à partir de théiers assamica à grandes feuilles (Da Ye), par contre, la Yibang Malishu ne contient que des feuilles de théier sinensis de 150 ans, ce qui est très rare dans le domaine du Pu Er!

Le Pu Er 2011 Banpen maocha : Ce maocha semble avoir été conçu pour être dégusté ainsi : jeune, vif et incroyablement aromatique. Il fut cultivé dans le village de Banpen situé à peine à quelques kilomètres du célèbre village de Banzhang dont la réputation ne cesse de croître (ce qui entraîne malheureusement une envolée spectaculaire des prix des thés provenant de ce terroir). Une technique intéressante pour rendre la dégustation de ce thé encore plus agréable est de garnir généreusement un  gaïwan (environ 5g) et de faire infuser le thé avec une eau à 90 degrés. Lorsque vous transviderez votre infusion dans votre tasse ou votre pichet, prenez garde à ne pas le secouer à la fin afin de ne pas détacher le fin duvet qui recouvre les feuilles, la liqueur obtenue serai ainsi plus claire, moins astringente et plus savoureuse.

Le Laos Phong Sali 2011 : Petite merveille provenant d’un terroir jamais exploré auparavant au sein de notre sélection, cette galette de thé très semblable au Pu Er du Yunnan fut fabriquée à partir de feuilles de théiers plus que centenaires. Une curiosité plutôt corsée qui se laisse déguster au présent et dont l’avenir est prometteur. Le Laos étant situé à une dizaine de kilomètres du Yunnan, on ne peut s’étonner que la méthode de fabrication du thé y soit très semblable. Ce pays possède en fait une longue histoire en ce qui a trait au thé, histoire qui s’est malheureusement perdue avec le temps et qui commence à peine à refleurir. Aussi, étant donné que le Phong Sali 2011 ne fut pas produit au sein du Yunnan (ce qui explique qu’il ne peut théoriquement pas porter le nom de Pu Er), ce thé ne fait pas partie de l’immense vague d’intérêt pour le Pu Er qui submerge le marché du thé chinois, ce qui explique son prix dérisoire pour une galette d’une excellente qualité.

 
 

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