Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Bonne nouvelle! Notre nouveau livre paraît bientôt!

30 octobre 2012

couverture du livre

Le deuxième livre de notre Maison de thé Thé vert, à la rencontre d’un art millénaire voit le jour! Entièrement consacré aux thés verts, il se présente sous la forme d’un adorable bouquin facile à feuilleter, où chaque page est une chronique sur les artisans, les terroirs et l’art du thé vert.

En voici un extrait en primeur! Bonne lecture et patience… Il sera sur les tablettes le 7 novembre!
Petit ajustement: Il serait déjà sur les tablettes de notre boutique du Quartier Latin!

À LA RECHERCHE DU TAI PING HOU KUI

Tout dégustateur de thé rêve de découvrir un jour, dans une région reculée, une plantation pratiquement inaccessible, où serait produit un thé exceptionnel. La découverte du Tai Ping Hou Kui fut pour nous une expérience de cette envergure.

Il figurait sur notre liste des « thés à trouver » depuis nos premières explorations. Nous connaissions sa province de production, mais nos recherches demeuraient infructueuses. Lorsque nous avons enfin su où aller, par l’entremise de M. Xie, producteur de Huang Shan Mao Feng, nous avons compris pourquoi nous n’avions pu le trouver : aucune route ne mène aux plantations !

À partir de chez M. Xie dans la magnifique province d’Anhui, il faut voyager sur des chemins de campagne avant de faire halte au bord d’une rivière. La suite du périple se fait en bateau.

L’eau de la rivière est calme et reflète les majestueux monts Huang Shan qui l’entourent. Après avoir navigué une heure dans ce paysage éblouissant, nous atteignons le terroir du Tai Ping Hou Kui, l’un des plus beaux sites que nous avons eu la chance de visiter au cours de nos explorations. Les quelques jardins de thé au bord de la rivière resplendissent d’un vert impérial.

M. Ye, le producteur que nous y avons rencontré, appartient à une lignée qui cultive le thé depuis cinq générations. Les théiers de ses jardins ont été plantés par ses ancêtres. Comme les autres familles du village, M. Ye travaille dans une petite fabrique derrière sa maison. Il produit un thé qui se distingue par ses feuilles aplaties d’une longueur moyenne de six centimètres. Pour parvenir à cet étonnant résultat, M. Ye emploie une méthode de transformation artisanale qui nous a complètement ébahis.


UNE TRANSFORMATION ARTISANALE Tai Ping Hou Kui 1

Le cultivar utilisé pour la production de ce thé possède de grandes feuilles qui sont cueillies et sélectionnées rigoureusement. Comme pour d’autres grands crus, seuls le bourgeon terminal et les deux feuilles suivantes sont utilisés. Mais, pour le Tai Ping Hou Kui, on doit attendre que les feuilles soient un peu plus matures.

Après la cueillette, les feuilles sont triées, puis envoyées à la dessiccation qui est faite manuellement. On remue les feuilles dans la cuve pendant environ cinq minutes.

L’étape suivante, le roulage, consiste à disposer les feuilles, une à une, sur un grillage métallique de façon qu’aucune ne se touche. On dépose un second grillage par-dessus les feuilles, et ces grillages sont placés sur une table en bois. On applique ensuite un linge de coton sur le cadre, puis, d’un geste vif et bref, on y passe un rouleau.

On laisse les feuilles à l’intérieur de ce cadre pour le séchage final, au-dessus d’un feu de bois. Le séchage est progressif et dure environ une heure.

En raison de cette méthode de transformation entièrement manuelle et de la faible superficie de ce terroir, les thés Tai Ping Hou Kui authentiques sont rares. Même en Chine, il est difficile d’en obtenir. Cette rareté et l’originalité de ses délicats arômes floraux en ont fait un thé que les Chinois ont l’habitude d’offrir en cadeau.

Tai Ping Hou Kui 2

De la Côte Nord à votre tasse : Un nouveau grade de Thé du Labrador en quantité limitée

20 octobre 2012

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Un nouveau grade de Thé du Labrador fait son entrée dans notre carte et il nous provient de la Côte Nord. Contrairement au Thé du Labrador régulier qui est récolté en tourbière et sous couvert forestier, le Thé du Labrador grade 1 provient de landes où les feuilles sont exposées aux chauds rayons du soleil. La cueillette est elle aussi différente : le grade régulier ne comporte que des feuilles assez matures alors que le grade 1 ne contient que la tige et de minuscules feuilles.

La présence de tiges peut paraître surprenante à prime abord, surtout en infusion. Pourtant, il ne faudra pas se surprendre de les voir utilisées de plus en plus souvent puisqu’elles contiendraient une forte concentration d’acide ursulique, un composé présent dans de nombreux fruits et utilisé comme antitumoral en médecine traditionnelle. C’est au Laboratoire d’analyse et de séparation des essences végétales (LASEVE) de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) qu’on doit cette étonnante découverte d’un composé dont on ignorait la présence dans le Thé du Labrador.

Ses vertus : Les avantages promulgués par les tiges du Thé de Labrador s’ajoutent à la liste déjà longue de ses bienfaits : son huile essentielle est considérée comme anti-inflammatoire, antispasmodique, antibactérienne, décongestive et efficace pour soigner les diverses affections broncho-pulmonaires (pas étonnant que plusieurs nations amérindiennes l’aient adoptée pour combattre le rhume et la grippe); le Thé du Labrador est également reconnu pour son action calmante et légèrement stupéfiante aidant à combattre l’insomnie et l’anxiété; on lui reconnaît également le rôle de draineur  hépatique et de régénérateur des cellules du foie (plus encore, certains affirment qu’une infusion de Thé du Labrador apaiserait la « gueule de bois. »); enfin il serait digestif, favoriserait le cycle menstruel et contribuerait à favoriser le travail des femmes sur le point d’accoucher.

Petit bémol cependant : À cause de sa richesse en tanins, de fortes doses ou une infusion prolongée peut causer des crampes et des maux d’estomac. Il est donc mieux de ne pas l’infuser trop longtemps et de rationner sa consommation. La consommation est déconseillée également aux femmes enceintes de six mois ou moins et aux enfants de moins de six ans.

Un grade d’un haut potentiel gustatif : À mon humble avis, un des principaux avantages du thé du Labrador demeure son goût exceptionnel et le grade 1 rencontre toutes mes attentes en ce sens. Son goût est différent, mais surtout beaucoup plus prononcé. Il semble plus découpé et dégage des parfums de sapin baumier et des effluves de lime. Rafraîchissant à souhait, je le trouve simplement délicieux. Si vous vous promenez un peu sur le web, vous pourrez également trouver de nombreuses recettes qui intègrent le Thé du Labrador à la cuisine, notamment avec du gibier, en remplacement de la menthe dans les rouleaux de printemps et même pour remplacer l’essence de vanille dans des desserts! Je vous invite d’ailleurs à partager les recettes que vous aurez essayées et à me faire part de vos commentaires. N’hésitez pas à goûter les deux grades comparativement et à me revenir là-dessus!

Bonne dégustation!
-Kate-

Quand ce n’est pas simple

10 octobre 2012

L'insecte responsable du goût fabuleux du Bai Hao

Le travail d’importateur-dégustateur, vous vous en doutez bien, n’est pas toujours simple. Cette année, à titre d’exemple, le Bai Hao, un wulong taïwanais de grand renom (connu aussi sous le nom de Beauté Orientale) ne remplissait pas son contrat qui est d’ordinaire de nous éblouir par ses notes épicées, mielleuses et florales. Il se contentait d’être un thé tout à fait conventionnel. Pour le cas présent, les producteurs ne sont pas à blâmer. C’est davantage la météo capricieuse qui a donné beaucoup trop de précipitations à la région taïwanaise cet été, privant ainsi le thé de ses précieux arômes et d’une quantité peu appréciable de feuilles aromatiques.

De plus, cette rareté à fait monter les prix du Bai Hao 2012 en flèche. Hugo, notre spécialiste de Taïwan, se trouvait donc devant une récolte d’une qualité plus que moyenne à un prix plus élevé qu’à la normale. Devant le dur, mais inévitable choix de ne pas acheter cette récolte tant prisée des amateurs, Hugo fit le constat que malgré tout le lustre et la renommée que l’on peut accorder à un thé presque légendaire, ce n’est pas l’Histoire qui fait les bons crus, mais bien le savoir-faire des artisans et une bonne dose de chance du côté des facteurs aléatoires. Tout n’est cependant pas nécessairement perdu et nous pouvons peut-être encore nous permettre d’espérer alors que nous venons de recevoir les échantillons du Bai Hao d’automne fraîchement cueillis. Sauront-ils nous étonner?

 
 

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