Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Sur la route de la porcelaine

29 avril 2013

Gaiwan de Jingdezhen de style moderne

La route rurale cahoteuse, dans un autobus trop vieux où l’on fume et klaxonne sans arrêt nous mène à cette ville poussiéreuse (dû à la production massive de céramique) et surpeuplée qu’est Jingdezhen. Si la ville n’est pas des plus inspirante au premier abord, on y trouve une communauté artistique fort présente et dynamique.

J’avais rendez-vous avec une certain Li Wen Ying qui tient avec son frère, un maître potier, une retraite pour artiste dans la campagne environnant la ville. Quelle magnifique surprise que de mettre les pieds dans cet endroit qui respire l’art où plusieurs étrangers y passent plusieurs semaines pour s’inspirer et apprendre de nouvelles techniques. Le centre est fait de plusieurs bâtiments construits à partir de matériaux recyclés, un ruisseau sillonne le terrain, la campagne est paisible. Nous y avons fait plusieurs rencontres agréables dont deux professeurs d’art américains du Kansas aux moustaches abondantes, un australien barbu et un artiste-peintre canadien que j’avais rencontré au Camellia il y a quelques années pour un vernissage auquel nous avons participé en offrant le thé. Le monde est petit.

Atelier d'un céramiste de Jingdezhen

Les gens du centre m’ont accompagné dans la ville pour me montrer différents styles et différentes qualités de céramique pour le thé. S’il y a beaucoup de «chinoiserie» et de la porcelaine bas de gamme inintéressante, notre longue journée d’exploration nous a permis de trouver des jeunes potiers émergents de l’Université de Jingdezhen (probablement la plus grande Université de céramique au monde avec ses quelques 10,000 étudiants!) ainsi que des pièces plus traditionnelles produites depuis des millénaires dans cette région (porcelaine blanche avec décor au cobalt). Plusieurs pièces intéressantes seront en boutique d’ici quelques semaines et il y a certainement un immense potentiel pour les années à venir.

François

Lincang sur la route!

23 avril 2013

Village de Lushi, sur la route du thé et des chevaux

C’est en compagnie d’Olivier et de Peishan que nous avons sillonné la région de Lincang dans le Yunnan pendant une semaine ce printemps. Notre voyage dans cette région de la Chine, plus long qu’à l’habitude, avait entre autres comme mission de recueillir du matériel visuel pour notre prochain livre sur les Pu Er. C’est donc entre passionnés de thé que nous sommes allés explorer la vieille ville de Lushi, vestige vivant de l’époque de Chamagudao, la route du thé et des chevaux. Notre périple nous a aussi menés vers le plus vieux théier du monde, estimé à 3200 ans d’âge, une splendide force de la nature située au nord de Fengqing.

C’est d’ailleurs dans cette ville que nous avons visité la fabrique connue à l’époque des grandes entreprises d’État sous le nom de Fengqing, produisant maintenant ses thés sous l’image du groupe Dian Hong.  On y produit aujourd’hui essentiellement des thés noirs, dont certains « haut de gamme » sont vendus à plus de 150 $ les 50g! Cet immense centre de transformation reçoit ainsi ses thés sous forme de produit brut de ses 84 petites fabriques de la région afin d’être triés, assemblés et empaquetés. L’entreprise produit ainsi autour de 6000 tonnes de thé par an, la positionnant parmi les deux autres grands producteurs de la province, Menghai et Xiaguan.

En direct de Nanhua pour goûter le maocha

Une partie du voyage consistait aussi à rencontrer les fermiers et producteurs de la région afin de s’imprégner de leurs terroirs et de mieux connaître leurs façons de transformer les feuilles en maocha. Olivier et Peishan, établis à proximité de Lincang depuis deux ans et connaissant bien les environs, nous ont fait découvrir certains lieux dont une magnifique vallée d’où proviennent deux thés choisis pour notre sélection 2013. C’est ainsi que notre carte se bonifiera cette année d’un thé blanc issu de théiers sauvages ainsi que d’une galette de Pu Er du village de Nanhua. Miam miam !

La coopérative de Rooibos de Wuppertal

15 avril 2013

Église à Wuppertal en Afrique du Sud

Juchée dans les montagnes accidentées de la réserve naturelle de Cederberg, dans le nord de la province du cap occidental de l’Afrique du Sud, se trouve la vallée de Wuppertal. Isolée du monde, un hameau de cottages et une église au toit de chaume y furent construits par des missionnaires allemands dans les années 1830 parmi un petit groupe de familles Khoikhoi. L’introduction des rites chrétiens et la pratique de l’agriculture européenne firent croître la communauté.

Les autochtones de cette région utilisent le rooibos depuis au moins 600 ans comme herbe médicinale et comme infusion. Sa popularité croissante à l’échelle nationale et internationale leur a permis de se concentrer sur son développement et aujourd’hui une coopérative de 93 fermiers de Wuppertal et des environs récolte manuellement la plante, produisant un rooibos de haute qualité. Camellia-Sinensis achète depuis plusieurs années déjà ce produit biologique et équitable!

Arbuste de rooibos adapté l'environnement semi-désertiqueLe rooibos (Aspalathus linearis), de la famille des légumineuses, tire son nom de l’afrikaans et signifie buisson rougeâtre, couleur que prend l’arbuste vers la fin de sa vie. Robuste et adapté au terroir unique des montagnes Cederberg, il entretient une relation symbiotique si importante avec les micro-organismes présents dans les sols qu’il croît exclusivement dans cette région. L’environnement sablonneux et rocheux allié aux périodes de moussons suivies de mois de soleil brûlant permettent à une végétation d’arbustes, de petits arbres et de plantes grasses de s’adapter à ces conditions semi-désertiques. La récolte de janvier à avril peut ainsi voir la température atteindre 40 °C.

Pile de rooibos en transformationChaque fermier dispose d’un champ de la taille d’un à deux terrains de tennis sur lequel sont répartis les jeunes arbustes. Ceux-ci commenceront à produire dès leur troisième année de plantation pour ensuite rougir et mourir vers leur neuvième année d’existence. La taille effectuée à l’aide de la faux traditionnelle permet de récupérer de 30 à 50 % du feuillage supérieur laissant le buisson en santé pour la prochaine saison. La récolte est alors acheminée vers la fabrique de Wuppertal pour déchiqueter à la machine les tiges et les feuilles qui seront ensuite étendues en pile de 30 cm d’épaisseur dans une cours murée.  C’est à cet endroit qu’elles seront broyées, arrosées avec un peu d’eau, laissées au repos de 10 à 14 heures pour s’oxyder et après finement étendues à sécher au soleil. À l’aide d’un système de tri séparant les tiges des feuilles, différents grades de rooibos seront obtenus. Finalement, avant d’être séchés et emballés, les grades seront passés à la vapeur pour une courte pasteurisation, supprimant tout risque de contamination bactérienne.

Kevin Gascoyne

Ivres pour des thés hors de prix.

8 avril 2013

Une scène typique illustrant bien le marché du Pu Er à Jinghong dans le Xishuangbanna,Yunnan.

Notre aventure dans le Yunnan commence avec une journée de dégustation en compagnie de Mme. Wang dans sa boutique de Jinghong. C’est avec une efficacité et une passion évidente qu’elle nous fait goûter ses thés fraîchement sélectionnés des différentes montagnes de la région. Les gaiwans sont remplis de maocha qu’elle rince deux fois, et les infusions se succèdent sans laisser nos tasses vides plus de quelques minutes.

Tout en buvant, nous tâtons le pouls du marché du Pu Er et de l’évolution des prix. Elle nous raconte comment chaque année de plus en plus de riches viennent acheter de grandes quantités des crus recherchés faisant ainsi grimper leur prix en flèche. Des montagnes moins connues voient le prix de leur maocha se décupler rapidement sous l’effet d’achats compulsifs. Par exemple, cette année un homme à acheté pour trois millions de yuans de feuilles du village Banpen qui offrait ses feuilles à 2,5 yuans le kilo il y a quelques années pour voir son prix atteindre maintenant plus de 1000 yuans le kilo! La célèbre Banzhang vend cette année ses feuilles 25 % plus chères que l’an dernier, soit à 4000 yuans le kilo.

Dégustation comparative de Pu Er

Si quelques hommes plus fortunés sont prêts à payer le prix, nous sommes toujours en quête de thés de qualité à prix abordables à ramener au Québec. Nous regoûtons donc certains thés en les comparant côte à côte pour valider nos choix et tirer le meilleur parti de la situation actuelle. Le  corps ayant ses limites, nous rencontrons les nôtres cinq heures plus tard, complètement ivres et fébriles, après avoir dégusté plus de 30 thés et vider 18 litres d’eau !

Nous poursuivrons notre périple au cœur des montagnes du Xishuangbanna avant d’aller explorer la région de Lincang, moins réputée, offrant des trésors cachés.

La passion du feu de Matthieu Huck

2 avril 2013

Chawan signé Matthieu Huck La cuisson au bois est la plus ancestrale des méthodes de cuisson de l’argile. Elle engendre sur les pièces des nuances uniques de couleur et de texture grâce entre autres à la flamme, à la cendre et aux caractéristiques propres du four et du bois utilisé. Matthieu Huck partage son expérience.

Fasciné dès le début de sa carrière de céramiste par l’art du feu, Matthieu Huck oriente rapidement ses recherches vers la théière et le bol à thé. Explorant d’abord leur potentiel sculptural, il se concentre bientôt sur les aspects fonctionnels de ces objets empreints de noblesse. Depuis 2005, la cuisson au bois est devenue indispensable à son travail. Approfondissant d’abord ses connaissances auprès de céramistes d’expérience, il s’installe en 2009 à la campagne et construit son propre four à bois.

«Mon intérêt pour cet art du feu est animé par l’action des flammes, l’atmosphère changeante du four et les dépôts de cendres de bois sur les pièces. Les résultats sont marqués par des nuances variées, créant un décor naturel, minéral et unique… Chaque cuisson est une aventure durant laquelle se produit une communion entre les participants, entre eux et avec le four.»

Les pièces qu’il produit au four à bois, fabriquées de grès ou de porcelaine, sont principalement destinées au thé. Une cuisson dure environ une vingtaine d’heures, pour atteindre 1300 degrés Celsius. Elle requiert une grande quantité de bois, une attention constante et une préparation minutieuse. Les pièces, avec ou sans glaçures, doivent être enfournées avec précision suivant les résultats recherchés.

Matthieu HuckDiplômé du Centre de céramique Bonsecours de Montréal en 2003, Matthieu Huck poursuit sa formation grâce à de nombreux échanges avec différents céramistes de renom (Gilbert Poissant, Québec; Jeff Shapiro, É.-U.; Claude Champy, France). Spécialisé dans le tournage de production, il cumule aussi les expériences de cuisson dans les fours à bois d’autres potiers.

Récipiendaire de plusieurs prix, bourses et mentions, il reçoit, en 2011, le grand prix Chawan décerné par l’école de cérémonie du thé Urasenke de Montréal dans le cadre de l’exposition 1001 POTS, ainsi que le premier prix dans la catégorie « Jarre à thé vieilli » du concours TERRE & THÉ de la maison de thé Camellia Sinensis.

CÉRAMISTE D’ICI

Faites la rencontre d’artisans du Québec qui se passionnent pour les objets et l’art du thé. Tous les deux mois, les pièces d’un créateur différent seront présentées dans cette vitrine unique, vous permettant d’apprécier la qualité et la formidable diversité du travail des céramistes d’ici.

 
 

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Bienvenue dans la Série Collection.
Vous y trouverez des objets et des thés créés par les plus grands artisans d’Asie.

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