Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Tokoname, préfecture d’Aichi, Japon.

24 mai 2013

Une des pièces de M.Yoshiki Murata

Par un bel après-midi du mois de mai, nous arrivons à Tokoname, petite ville côtière du pacifique qui se spécialise dans l’artisanat local traditionnel des théières kyusu. Au programme, visite de quelques ateliers de potiers afin de mieux comprendre les différentes techniques de fabrication des théières ainsi que les méthodes de cuisson typiques de la région, soit la technique ‘mogake’ pour l’obtention d’un décor organique fait avec des algues provenant des berges de Tokoname et la méthode ‘yohen’ d’où résulte les fameuses pièces à deux couleurs opposées, le rouge orangé au noir charbon.

M. Yoshiki Murata est un des céramistes que nous avons eu la chance de rencontrer. Il a 30 ans d’expérience dans le métier et dans ses temps libres, il aime expérimenter différentes sortes d’argiles, de formes et de cuissons en plus de s’entraîner car il a besoin de force pour exercer son métier et n’aime pas être trop mince: quel personnage! Lors de notre passage dans son atelier, il venait de faire une cuisson d’une semaine dans un four à bois traditionnel par pur plaisir et nous a montré les résultats. Fascinant, chaque pièce est un univers en soi. Les cendres qui se déposent au fil de la cuisson deviennent vitrifiées et forment une glaçure partielle où différentes couleurs apparaissent sur les pièces tout dépendant des minéraux contenus dans l’argile et des essences de bois utilisées lors de la cuisson. Par curiosité, nous avons demandé que pourrait être le prix de vente d’une pièce issue d’une si longue cuisson et avons décidé de continuer de rêver: quelques milliers de dollars chaque pièce!

M.Yoshiki Murata.

Outre ses multiples explorations, M. Murata se spécialise dans le tournage de théières de petits formats aux formes et couleurs variées et d’un raffinement hors du commun. Pour la confection de ses pièces, il utilise un grès local contenant un haut taux de fer dans lequel il ajoute un pigment qui contient lui aussi un taux élevé de fer qui se nomme ‘bengara’. C’est ce pigment qui donne la belle couleur rouge orangée typique des objets de Tokoname.

Les pièces subissent deux cuissons dans un four électrique. Une première à haute température pour vitrifier la terre, soit 1150 °C et une seconde à 800 °C pour pouvoir appliquer la technique du décor aux algues (mogake) ou pour la méthode de cuisson primitive d’enfumage fait avec les cosses de grains de riz (yohen). Pour ces deux techniques, la basse température est requise.

Les théières kyusu ont la particularité de ne pas être émaillées donc la paroi reste légèrement poreuse et permet de bonifier les infusions au fil du temps. M. Murata recommande les théières noires pour les thés foncés et les théières à la prédominance rouge orangé pour les thés plus pâles.  Nous aurons sous peu quelques kyusu de M. Murata et vous n’aurez qu’à passer dans une de nos boutiques pour admirer les pièces et vous laisser transporter jusqu’au bord de la mer nippone.

La fraîcheur à nos portes 2013

13 mai 2013

Le Darjeeling Jungpana DJ-20 choisi à la source.

La fin de semaine dernière, dans chacune de nos boutiques nous avons célébré le premier événement de la série thés de printemps 2013. Les clients affluaient pour goûter la fraîcheur des Darjeeling.

Notre site internet en faisait la promotion et en boutique, affiches et cartons d’invitations présentaient l’événement. Tout avait été prévu et nous étions tous prêts à activer nos bouilloires samedi matin pour impressionner la foule avec nos thés primeurs choisis ce printemps en Asie. Il nous manquait seulement un détail: les thés!

La fin de semaine précédente, les Darjeeling n’avaient toujours pas quitté les jardins et après une semaine de grève de transport et de coupure de courant, la tension commençait à croître. Une fois rendus à Kolkata, ils furent expédiés par avion jusqu’à Dubai, puis vers Paris où un délai supplémentaire d’une journée les attendait avant de prendre leur vol final pour Montréal. Avec un horaire aussi serré, ils arrivèrent au Canada jeudi après-midi ou ils devaient être dédouanés.

Robert chez BGL, notre fidèle courtier en douane, demeura plus que patient devant mes multiples requêtes téléphoniques (merci Robert!). Finalement il m’informa que nous les aurions le lendemain.

Vendredi après-midi lorsque les thés parvinrent enfin à l’entrepôt, notre super équipe à l’affut avait déjà à porté de main sacs imprimés et boites montées, prête à passer à l’action (merci, vous êtes des pros!). Les thés furent rapidement ensachés et les ensembles de dégustation thématiques mis en boites pour chacune des boutiques.

À 17 heures, Jean-Philippe notre gérant d’entrepôt sauta dans un taxi et apporta lui même les thés à notre boutique sur Emery avant d’envoyer la boite pour Québec par autobus où elle serait récupérée samedi matin par un employé avant l’ouverture du magasin. Tandis que ça me fait penser à une de ces fabuleuses et excitantes courses de Clippers autour de la planète pour rapporter les thés d’Asie, ce jour là j’avais plutôt l’impression d’un épisode de 24 heures!!

Samedi matin, les clients apparurent interpellés par la fraicheur. Et comme le divin nectar charmait leurs sens et émoustillait leurs neurones dans le calme de nos boutiques, ils n’avaient aucune idée des trépidantes péripéties précédant le succès de l’événement.

Dans l’univers du thé, nous mentionnons régulièrement la relation entre « stress  » et qualité aromatique. Je peux témoigner que ce jour là les nouveaux Darjeeling étaient particulièrement exquis…

Kevin.

Joignez-vous à nous pour nos prochains événements de dégustation thématique et pour nos ensembles en boutique et en ligne…

Le Pu Er shou réinventé!

6 mai 2013

M.Chan nous montrant la fermentation

L’évolution du marché du Pu Er à Hong Kong a fortement participé à la création d’une nouvelle façon de produire un thé aux vertus digestives idéales pour le secteur de la restauration, le procédé « shou ». Depuis les années 1970, ce type de Pu Er est produit sous l’effet d’une fermentation accélérée permettant ainsi d’approvisionner une demande sans cesse croissante. Si ce thé promis à la consommation quotidienne ne suscite que peu d’intérêt chez les collectionneurs de grands crus, il existe tout de même des Pu Er shou de qualité exceptionnelle.

Notre visite récente au Yunnan nous a permis de constater l’attention portée par certains producteurs aux différents critères de qualité de fabrication de ce thé. C’est ainsi que notre sélection comportera prochainement un Pu Er issu d’une plantation de théiers âgés d’une cinquantaine d’années, située à plus de 1800 mètres sur la montagne Bada. Les amateurs de galettes pourront aussi satisfaire leurs ambitions de collectionneurs avec un Pu Er provenant de vieux théiers des monts Bulang.

La rencontre avec M.Chan, source d’inspiration et de connaissances, fût des plus instructive en nous apportant quelques précisions concernant le procédé « shou », clé de voûte du goût caractéristique de ce type de thé. Nous avons donc eu l’honneur de visiter son entrepôt ainsi que la salle de fermentation. M.Chan était particulièrement satisfait des améliorations introduites dans ses nouveaux espaces, augmentant ainsi considérablement la qualité de son produit final. Une meilleure ventilation et un plancher poreux (limitant les excès d’humidité) permettant alors une réaction des plus agréable à sentir. L’odeur des feuilles après seulement dix jours de fermentation offre des nuances fruitées rappelant le parfum de certains wulong de Chine. Espérons que notre intérêt pour ces thés issus de l’avant garde trouve son écho chez tous ceux en quête de produits nouveaux!

 
 

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