Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Créateurs de thé

20 juin 2013

Après plus d’une dizaine d’années (une vingtaine pour Kevin!) à voyager dans les pays producteurs de thé, notre vision du thé s’est imprégnée d’une grande diversité.  Il nous arrive souvent, en visite chez un producteur, alors que nous échangeons sur ses techniques de production, de lui présenter des thés de d’autres pays afin de partager d’autres goûts et d’autres techniques de production. Un de nos producteurs  chinois démontrant le plus d’intérêt pour cette diversité mondiale est M. He, producteur de Huiming à Jingning, dans la province du Zhejiang. Suite au défi de faire un thé blanc lancé par Jasmin en 2012, que M. He releva avec succès en produisant un petit lot exclusif de Jingning Yin Zhen, le défi pour 2013 était de fusionner les genres, de mélanger les cultures et de créer un thé noir de type Darjeeling 1st flush. Pour ce faire, Jasmin et Kevin ont dû réfléchir aux paramètres de production avant de les transmettre à M. He.

Première étape : le choix du cultivar

Les cultivars utilisés par M. He servent principalement à faire du thé vert et ils sont bien différents de ceux utilisés à Darjeeling. Le premier défi était donc de sélectionner un cultivar parmi les huit que M. He possède dans ses jardins. Nous avons choisi le cultivar Huiming pour sa structure et, comme M. He l’utilise déjà pour faire le Huiming hong Cha depuis 2010, nous pensions qu’il serait le plus approprié pour une transformation à la Darjeeling 1st flush. Nous avons demandé à M. He une récolte de type un bourgeon + deux feuilles.

Deuxième étape : le choix des paramètres de transformation

Comme les conditions climatiques à Darjeeling sont différentes de celles à Jingning, il a fallu planifier les paramètres de transformation en conséquence. Considérant le fait que Darjeeling se situe à plus de 2000 mètres d’altitude et que la fabrique de M. He, à 500 mètres, nous avons opté pour un flétrissage un peu moins sévère. Ainsi, nous avons demandé à M. He de retirer 60% d’humidité des feuilles avant de leur faire subir un long roulage sans grande pression. Après le roulage, nous avons proposé une courte oxydation de 15 minutes puis un séchage de 20 minutes à 120° C.

M. He a finalement produit deux lots différents et il était bien fier de présenter ses deux Darjeeling Huiming à Jasmin lors de sa visite à Jingning en avril dernier. Et c’est avec une même fierté que nous vous présentons aujourd’hui ce cru d’exception créé en collaboration avec M. He.

Faites vite, seulement 4 kilos seront disponibles dès vendredi dans l’une de nos boutiques ou en ligne.

Malawi

12 juin 2013

Alexander Kay à Satemwa

Même si ma dernière visite au Malawi remonte à plus de 15 ans déjà, le pays semble toujours fidèle à mon souvenir. Ma première mission cetteannée: trouver de vieux théiers plantés dans les années 1880 à partir de semences envoyées des Jardin Kew d’Angleterre vers la Mission de Blantyre. Deux spécimens vivants, parmi les plus vieux d’Afrique, étaient supposés s’y trouver. À ma grande déception, on m’a informé qu’ils ont été déracinés il y a seulement 2 ans pour libérer le coin d’un champ de maïs.

Partout dans la région de Chombe, les collines sont couvertes par de vastes domaines de plantation de thé et à l’instar des autres régions du Malawi, celle-ci est pauvre, non-éduquée et économiquement déprimée. Les plantations, principalement sous la tutelle de grandes compagnies, concentrent leur production vers le marché du mélange avec des thés CTC de grades inférieurs et peu coûteux. Le contraste fut drastique en arrivant à Satemwa : luxuriant, vert et très bien organisé! La famille Kay d’Écosse y est arrivée il y a trois générations et c’est maintenant Alexander Kay, un agronome érudit et passionné, qui est en charge du Jardin. Parallèlement à sa production lucrative de CTC, il expérimente différents procédés de sélection de théiers et développe des méthodes de fabrication de thés de spécialité.

En route dans la vallée de Satemwa, Alexander me montre ses projets de reforestation indigène et de protection d’habitat ainsi que de 60 clones expérimentaux qu’il fait croître en vue d’obtenir des saveurs attrayantes. Leurs plants d’assamica grandissent d’un pouce par jour en période de pointe! À ce rythme, la qualité est donc difficile à déterminer. Le domaine, très bien structuré, arbore les différentes certifications équitable et socialement responsables. Côté dégustation, les thés sont très prometteurs. C’est d’ailleurs durant les dernières semaines de mon voyage que nous avons cherché, à l’aide de mes contacts en Inde, à équiper la fabrique de petites machines pour un nouveau département de thé fins.

Avec un profil aromatique étonnant et très distinct, le thé blanc d’Alexander est présentement le meilleur du jardin. Nous l’avons donc récemment ajouté à notre carte. Je compte cependant suivre de près ses expérimentations de wulong et de thé noir orthodoxe qui seront produits avec ses nouveaux équipements.

De plus, la visite à l’institut de recherche sur le thé du Malawi à Mulanje a confirmé les possibilités d’utilisation de cultivars chinois (sinensis) locaux, aux arômes plus complexes, pour la création de tels thés.

Ainsi, chaque région visitée cette année en Afrique a soutenu ma théorie qu’il existe des cultivars et des terroirs de grands potentiels, malgré qu’inexploités, pour produire de fantastiques thés aux feuilles entières. Il faudra donc rester à l’affût des futurs productions de ce magnifique continent.

Kevin

Carmen Abdallah, l’expression de la matière.

2 juin 2013

Carmen Abdallah en plein défournement!

La production de Carmen Abdallah se concentre principalement sur les objets de l’art du thé.  Ce choix d’objet lui a été inspiré par son séjour de trois ans au sud du Japon (2002-2005). La fonction et l’esthétique qu’elle donne à ses objets est inspiré par les connaissances qu’elle a acquises pendant ses stages de céramique au Japon. Son travail sur la glaçure et la forme rend chaque pièce de Carmen Abdallah unique et, cependant, caractéristique du style de l’artiste.

Carmen Abdallah travaille le grès rouge et blanc qu’elle tourne au tour électrique ou au tour à pied. Elle grave, déforme et modifie les formes symétriques pour les rendre plus spontanées et organiques. Ses glaçures sont inspirées de recettes ancestrales japonaises, elles contiennent une grande quantité de cendre de bois.  Elle cuit ses pièces au four électrique ou au four à bois.

CA bolsEn 2010, Carmen Abdallah retourne au Japon et y apprend à construire un four à bois de type anagama. Depuis, elle cuit ses pièces dans le four qu’elle a construit au Québec. À propos de ce processus, Carmen explique: “Cette méthode me fascine et je suis profondément concentrée sur les effets de cendres et de flammes dans une telle cuisson. Il donne de beaux résultats de cendres de bois fondues sur les pièces qui ressemblent à du verre. Ce processus rend chaque pièce encore plus unique et même héroïque d’avoir affronté et survécu à une telle chaleur et atmosphère pendant 24 heures ou plus.”

Carmen Abdallah est membre du regroupement de céramistes de l’espace KAO, une galerie-boutique à Val-David et elle assiste à la coordination de l’exposition annuelle 1001 Pots. De plus, elle enseigne le façonnage de la céramique aux élèves du primaire de l’écoleWaldorf-Steiner de Val-Morin. En 2012, elle reçoit le premier prix Chawan décerné par l’école de cérémonie du thé Urasenke de Montréal.

CÉRAMISTE D’ICI

Faites la rencontre d’artisans du Québec qui se passionnent pour les objets et l’art du thé. Tous les deux mois, les pièces d’un créateur différent seront présentées dans cette vitrine unique, vous permettant d’apprécier la qualité et la formidable diversité du travail des céramistes d’ici.

 
 

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Bienvenue dans la Série Collection.
Vous y trouverez des objets et des thés créés par les plus grands artisans d’Asie.

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