Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Anji Bai Cha, les bonnes années comme les moins bonnes

25 avril 2014

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Je me suis réveillé ce matin à Deqing en sachant que la route me séparant de la dégustation de mon thé préféré serait courte! J’avais aussi très hâte de retrouver la famille Yang avec qui j’ai une superbe connexion depuis 10 ans.  Je pouvais donc commencer à compter les minutes en chemin avec en tête le plaisir que j’aurais de me tremper les lèvres très bientôt dans un verre de Anji Bai Cha tout frais!

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Quelle déception j’ai ressenti lorsqu’on m’a appris que la récolte du printemps 2014 était l’une des pires depuis le début de l’histoire de ce thé, il y a une vingtaine d’années. La température trop élevée des dernières semaines, au moment où les jeunes pousses se déployaient, a engendré une production de feuilles plus grandes et plus foncées qu’à l’habitude et ce, sur des théiers déjà affaiblis par la sécheresse de la canicule de l’été dernier (que j’ai subie lors du tournage de La semaine verte).

J’ai donc goûté les thés récoltés de la fin mars jusqu’à celui fait la veille même de mon passage. Il y avait quand même de bons thés mais je me suis demandé quels seraient leurs prix. Mme Yang, me regardant un peu anxieuse de voir ma réaction, m’a tout de suite dit que ça serait moins cher cette année.  WOW!  Pour la première fois, je n’avais pas à lutter en expliquant qu’il était normal qu’une qualité moindre ne vaut pas le même prix qu’une qualité supérieure! J’ai donc mis la main sur un thé d’un super rapport qualité/prix : un Anji Bai Cha à 22 $ du 50g!

Des nouvelles de Gabriel en Inde avec Kevin.

18 avril 2014

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Après 22 heures d’attente et de vol, Kevin et moi arrivons enfin à Calcutta. Dans l’immense chaos de cette ville légendaire, nous trouverons les premières petites perles qui s’assembleront dans notre carte cette année.

Kevin retrouve son cher ami qui nous conduira à son bureau pour goûter les quelques vingtaines de thés choisis pour nous. Un Jungpana et un Thurbo séduisent nos papilles. C’est parti!

Nous rencontrons un scientifique spécialisé en consultation à travers le monde et un grand acheteur de thés noirs de Darjeeling de Tokyo. Deux jours plus tard, nous laissons Calcutta derrière et volons jusqu’à Darjeeling où une journaliste de La Presse nous attend, Marie-Soleil Désautels. Elle nous suivra durant cinq jours d’un jardin à l’autre, sollicitant Kevin d’une myriade de questions sur son aventure traditionnelle du printemps.

Nous passons par Longview, Singell, Castelton, Goomtee, Steinthal, Glenburn, Jungpana, sillonnant la route cahoteuse des montagnes et vallées embrumées de Darjeeling. Les propriétaires des jardins nous accueillent tous chaleureusement, nous invitent à goûter plusieurs de leurs thés fraîchement cueillis.

Mes coups de cœur jusqu’à présent : la visite de Jungpana, où seul un sentier dans une vallée mène aux plantations, et le Moonlight de Castelton… Trié à la main, frais et composé de magnifiques bourgeons, ce thé coule comme un nectar sur le palet, laissant en bouche une sensation parfaite d’équilibre de saveurs boisées, fruitées et de muscat.

À l’heure où je vous écris, nous sommes à Goomtee, prêts à se lancer à l’attaque de deux autres jardins : Gopaldhara et Thurbo.

Gabriel

Le merveilleux défi de la théière

9 avril 2014

Synnott

La céramiste Fabienne Synnott aime façonner l’argile depuis son plus jeune âge. Elle a acquis sa formation à l’Université McGill, auprès de Richard Lynn Studham, un potier britannique.

Inspirée par la céramique asiatique, elle est particulièrement touchée par les glaçures traditionnelles du Japon : Shinos, céladons, tenmokus, Kakis. Pour elle, ce qui rend les objets du thé si particuliers c’est leur fonction rituelle. Elle tend d’ailleurs à attribuer cette dimension aux autres objets de la table.

Lorsqu’on la questionne sur son métier, elle trouve les mots pour exprimer son amour de la céramique: « Mes mains sont deux entités autonomes. Elles savent quoi faire quand je les mets au travail. […] Je suis inspirée par la nature et ses mille visages. Les textures et les motifs du règne végétal m’intéressent. J’adore la lumière et sa façon de tout transformer. Je peux être très émue à la vue de la lumière qui change la couleur d’une feuille.  Les symboles archétypaux comme la déesse et le guerrier me fascinent aussi. »

la belle urne de la femme à moustache...Elle apprécie la diversité et la complexité de chaque étape de son travail. Cependant, c’est au moment de sortir les pièces du four qu’elle trouve sa plus grande satisfaction. « Cuisant au gaz ou au bois, je travaille à préparer le terrain le mieux possible, afin que le feu laisse sa trace. La réduction d’oxygène, caractéristique de ces cuissons, transforme le fini des pièces en y laissant une palette de nuances que je trouve magnifique. Lorsque la transmutation se produit, je suis vraiment transportée au contact des pièces que le four m’offre. »

Par-dessus tout, elle aime la théière, dont la fabrication représente pour elle un merveilleux défi : « Je dis défi, car c’en est bien un! Voyez-vous, une théière est fabriquée en quatre morceaux qui doivent être tournés plus ou moins au même moment et qui seront ensuite tournassés, taillés et assemblés. Je traite chaque théière comme une sculpture à part entière. Je recherche autant l’harmonie esthétique que le plaisir d’utilisation par une bonne tenue en main, un bec qui verse bien, un tamis qui retient les feuilles sans bloquer, un couvercle qui ajoute une touche d’originalité et reste en place lorsqu’on verse.  Tout ça dans un objet que je veux unique et bien équilibré. Oui, c’est un beau défi à chaque fois!  Et que dire lorsqu’une de ces théières sort du four particulièrement bénie par le feu?! »

Elle aime boire le thé dans une fine porcelaine tout autant que dans un grès brut à l’engobe craquelé : « J’ai une collection très diversifiée de céramiques à boire. Tout est question autant d’humeur que de cépage.»

Fabienne Synnott vit et travaille à Québec. Elle prépare une résidence de création au Japon, en 2015

CÉRAMISTE D’ICI

Faites la rencontre d’artisans du Québec qui se passionnent pour les objets et l’art du thé. Tous les deux mois, les pièces d’un créateur différent seront présentées dans cette vitrine unique, vous permettant d’apprécier la qualité et la formidable diversité du travail des céramistes d’ici.

 
 

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Bienvenue dans la Série Collection.
Vous y trouverez des objets et des thés créés par les plus grands artisans d’Asie.

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