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À LA RECHERCHE DU TAIPING HOU KUI

14 octobre 2014

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Tout dégustateur de thé rêve de trouver un jour, dans une région reculée, une plantation de thé pratiquement inaccessible, où serait produit un thé exceptionnel. La découverte du Taiping Hou Kui fut pour nous une expérience de cette envergure.

Il faisait partie de notre liste des « thés à trouver » depuis nos toutes premières explorations au début des années 2000. Nous savions qu’il existait, nous connaissions sa province de production (Anhui), mais nos recherches demeuraient infructueuses.

Lorsque nous avons su le chemin à suivre pour se rendre sur les lieux de production, par l’entremise de M. Xie, notre producteur de Huang Shan Mao Feng, nous avons compris pourquoi il avait été si difficile de les trouver par nous-mêmes : aucune route ne mène aux plantations!

À partir de chez M. Xie, il nous a fallu plusieurs heures de voyage sur des chemins de campagne avant de nous arrêter au bord d’une rivière. Là, nous apprenons que les plantations ne sont pas accessibles en voiture et que nous devons continuer notre périple en bateau. L’idée de découvrir enfin le terroir de ce thé fameux rend notre excitation palpable. Il semble que nous nous dirigeons dans un lieu encore plus isolé que nous le pensions.

L’eau de la rivière est calme et miroite la majestueuse chaine des Huang Shan qui l’entoure. Dans ce paysage éblouissant, la traversée en bateau dure près d’une heure et nous mène au terroir d’origine du Taiping Hou Kui, l’un des plus beaux sites que nous avons eu la chance de visiter au cours de nos explorations. Les quelques jardins de thé en bordure de la rivière resplendissent d’un vert impérial…

M. Ye, le producteur que nous y avons rencontré appartient à une lignée de cultivateur qui produit du thé depuis 5 générations. Les théiers de ses jardins sont les mêmes depuis le début de cette plantation familiale. À l’image des autres familles du village, il produit dans une petite fabrique à l’arrière de sa demeure, un thé qui se distingue par ses feuilles aplaties d’une longueur moyenne de 6 cm. Pour parvenir à cet étonnant résultat, M. Ye a recours à une méthode de transformation artisanale qui nous a complétement ébahi.

DSC_0070Une transformation artisanale

Le cultivar utilisé pour la production de ce thé possède de grandes feuilles qui sont cueillies et sélectionnées rigoureusement. Seulement le bourgeon terminal et les deux feuilles suivantes sont utilisés. On attend que les feuilles soient plus matures que pour la production de la plupart des thés verts chinois.

Après la cueillette, les feuilles sont triées puis envoyées à la dessiccation qui est faite manuellement. Les feuilles sont remuées dans la cuve pendant environ 5 minutes.

L’étape suivante, le roulage, consiste à disposer les feuilles une à une sur un grillage métallique de façon qu’aucune ne se touche. On dépose ensuite un second grillage par-dessus les feuilles. Les grillages sont placés sur une table en bois.

On installe alors un linge de coton sur le cadre puis on passe d’un geste vif et bref un rouleau sur le grillage à l’intérieur duquel se trouvent les feuilles.

Ensuite, on laisse les feuilles à l’intérieur de ce cadre pour le séchage final qui se fait au-dessus d’un feu de bois. Le séchage est progressif et dure environ 1 heure.

En raison de cette méthode de transformation entièrement manuelle et de la petite région de production, les Taiping Hou Kui authentiques sont rares. Même en Chine il est difficile d’en obtenir. Si, comme nous, certains sont friands de ses délicats arômes floraux, c’est aussi un thé que les Chinois ont l’habitude d’offrir en cadeau. La rareté et l’originalité de ses feuilles en fait un présent fort apprécié pour n’importe quel amateur.

Extrait de Thé Vert – à la rencontre d’un art millénaire.

 

 
 

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