Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Producteur du mois : M. Zeng

6 février 2019

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Zeng, Xiao Long, producteur de thé Dancong, Guangdong, Chine

Chaque mois, l’équipe du Camellia Sinensis vous fait découvrir un de ses producteurs vedette en vous partageant leur histoire et leur rencontre.

Ce mois-ci, il s’agit de M. Zeng Xiao Long, producteur de thé Dancong dans le Guangdong, en Chine. Jasmin, importateur dans le Guangdong, a fait la rencontre de M. Zeng par l’entremise de M. Zheng, un ami scientifique et consultant en transformation de thé Dancong à Chaozhou. En 2017, pendant la visite de Jasmin à Chaozhou, M. Zheng l’a invité à venir le rencontrer dans la fabrique de thé de M. Zeng où il travaillait justement à titre de consultant. Sur place, Jasmin découvre avec surprise un terroir pratiquement sauvage, où l’on cultive des thés d’une qualité incontestable dans des jardins magnifiques. Nourris d’un intérêt commun pour le bon thé, Jasmin et M. Zeng se lient rapidement d’amitié. Depuis cette première rencontre, les wulong de M. Zeng sont en vente dans nos boutiques.

Quand et comment avez-vous fait vos débuts dans le monde du thé?
D’aussi loin que remonte ma mémoire, je me souviens avoir bu du thé. Même jeune enfant, le thé faisait partie de notre quotidien. Ce n’est toutefois qu’en 2011, deux ans après la vente de ma première usine, qu’un ami m’a proposé de me lancer dans la production de thés Dancong. J’ai accepté. L’idée de départ était d’investir dans l’industrie agricole en faisant l’acquisition d’une montagne et créer des jardins de thés cultivés sans pesticide aucun. À titre officiel, je suis responsable du marketing de l’entreprise.

Il faut savoir aussi que dans la région de Chaozhou-Shantou, on boit du thé style Gong Fu depuis des centaines d’années. Le peuple Chaoshan est le plus grand groupe de consommateurs de thé en Chine et il est coutume chez nous de boire le thé dès l’enfance. Tous ont appris à faire du thé durant leur adolescence. Chez nous, la passion et la compréhension du thé est presque une seconde nature.

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Parlez-nous un peu de vos jardins.
Le jardin de thé appartient à la compagnie dont je suis l’un des gestionnaires. En tant que tel, il s’étend sur une superficie de près de 5000 mu (333 hectares), mais en réalité, la portion plantation ne couvre qu’un millier de mu environ. Le reste est laissé à l’état de forêt sauvage pour créer une ceinture protectrice autour des jardins et les isoler du monde extérieur.

Combien de travailleurs employez-vous et quelles quantités de thés produisez-vous par année?
Trente travailleurs demeurent dans les plantations tout au long de l’année pour assurer la production et la gestion des jardins. Durant la période de cueillette, un grand nombre de travailleurs temporaires sont recrutés pour prêter main-forte. Généralement plus de cent personnes. La production 2018 était de plus de 10 000 kg.

Quels aspects de votre travail préférez-vous?
J’aime boire du thé et je n’aime pas travailler. (Rires) Vous qui venez jusqu’ici boire du thé est mon aspect préféré.

Qui sont les principaux acheteurs de vos thés? Clients locaux ou internationaux?
Actuellement, la vente de thé se déroule principalement en Chine continentale. Nous avons des distributeurs dans les principales grandes villes. Le marché international est centralisé à Hong Kong et couvre l’Asie du Sud-Est avec un seul client à l’étranger, vous.

Percevez-vous des changements depuis vos débuts dans l’industrie?
Je crois que l’industrie du thé accorde de plus en plus d’attention à la consommation d’expérience, en particulier la consommation de thé haut de gamme. Auparavant, on achetait le thé sur place ou par un intermédiaire et on le buvait à la maison. C’est tout. Maintenant, les clients viennent jusqu’ici boire le thé, voir le jardin et visiter la montagne. Les jardins, les studios et les salons de thé qui interagissent avec les consommateurs vont probablement devenir les principaux canaux de vente du thé haut de gamme dans l’avenir.

Quel est votre thé préféré?
Bien que je boive parfois du thé PuEr, mon préféré reste le Yuan Wei Dancong.

Entrepreneuriat : le parcours de notre fondateur

5 février 2019

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Pour Hugo, le succès de l’entrepreneuriat réside dans l’équilibre entre une bonne planification, un focus sur ses objectifs… et une dose de chance!

Entrevue avec le fondateur derrière la Maison de thé Camellia Sinensis, à propos de son expérience sur le démarrage d’entreprise.

Raconte-nous les débuts du projet. As-tu toujours voulu fonder une entreprise?

H : D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu la fibre entrepreneuriale. J’adorais gérer ma petite business, que ce soit en commençant dès 10 ans à passer les journaux ou en demandant plus de responsabilités lorsque je travaillais dans un dépanneur à l’âge de 16 ans. Je m’intéressais à la manière dont étaient faites les choses, comment les systèmes étaient construits… Aux études, j’avais aussi une grande curiosité envers les affaires. Ça faisait déjà un moment que j’avais en tête de lancer un projet de café, puis un concept de café-bar, quand je suis parti voyager en Europe à l’âge de 23 ans. Mon plan était de prendre 3 mois à analyser ce qui se passait dans les bars et les cafés européens. À Prague, j’ai pris le goût du thé en visitant plusieurs endroits inspirés du service à « l’asiatique » , avec une touche “baba cool” propre à eux. En montant mon plan d’affaires, j’ai réalisé que nous n’avions pas d’endroit semblable à Montréal. C’est alors que j’ai eu le déclic : c’est plutôt un salon de thé que je devais ouvrir!

As-tu rencontré des épreuves lors du démarrage de l’entreprise?

H : J’avais malheureusement mal évalué le budget nécessaire pour démarrer l’entreprise, ce qui m’a forcé à devoir travailler 112h par semaine pendant la première année. C’était aussi difficile de faire comprendre aux amis, à la famille et surtout à la banque, le potentiel du concept que j’avais en tête.

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui souhaiterait se lancer en affaires?

H : Je leur conseillerais d’abord de bien s’entourer, de voir autour d’eux qui peut les aider à réaliser certaines tâches, de faire confiance et de déléguer. Que ce soit un ami ou une organisation comme le SAJE, il y a certainement autour de vous des gens qui peuvent d’une manière ou d’une autre vous donner un coup de main.
Ensuite, je recommanderais fortement de se consacrer sur une seule chose à la fois. Lancer une entreprise demande énormément d’énergie et de temps ; il est judicieux d’évaluer les différentes sphères de sa vie afin de voir si c’est le bon moment.

Hugo, on célébrait en novembre dernier les 20 ans de Camellia Sinensis. Selon toi, qu’est-ce qui fait que l’entreprise connaisse un succès grandissant année après année?

H : Selon mon expérience, le succès de l’entreprise provient d’un équilibre entre trois éléments.

1. Une planification réaliste, parce qu’on peut bien tenter de tout planifier, mais ça peut aussi nous empêcher de voir certaines opportunités se présenter. Pour moi, planifier sur 3 ou 5 ans, ça n’a pas réellement de sens. Je préfère planifier les projets de l’année et suivre le rythme de l’entreprise. On peut lui en imposer un, mais elle a son propre rythme et il faut savoir le respecter.

2. Un focus sur nos objectifs, notre mission et notre clientèle. On ne pourra jamais plaire à tout le monde, et selon nous, il vaut mieux se concentrer sur nos forces réelles et sur ce qu’on fait de mieux.

3. Et finalement, on ne peut selon moi nier la chance! Après tout, l’idée de Camellia Sinensis m’est venue suite à une rencontre totalement imprévue. C’est en prenant mon courage à deux mains pour demander à une pragoise qui se trouvait près d’un théâtre à Prague d’aller prendre un verre, que j’ai fait la découverte d’un salon de thé caché qu’elle m’a présenté. Ça a été un déclic total pour moi. Sans cette rencontre, qui sait ce que serait devenue mon aventure! L’ouverture et la spontanéité sont des ingrédients clés pour tomber sur de belles occasions.

À la tête de Camellia Sinensis se retrouvent 4 associés. Quel est votre secret?

H : Ce qui nous a gardé ensemble aussi longtemps, outre le fait qu’on s’entende très bien à la base, c’est une vision similaire sur l’équilibre entre la vie et le travail. Nos valeurs fondamentales sont les mêmes. Le partenariat s’est formé de manière très naturelle, et s’est transformé en symbiose avec l’évolution de Camellia Sinensis. Au début, nous réalisions toutes les tâches ensemble. C’est en discutant avec un prof des HEC, Claude Chapdelaine, que nous avons réalisé qu’il fallait plutôt créer une structure et adopter des rôles différents. Ça tombait bien, comme nous avions chacun nos forces et que nous ne voulions pas les mêmes postes. C’est à ce moment que François s’est dédié au marketing et à la publicité, que Jasmin a pris le rôle de gestionnaire des opérations et que Kevin est éventuellement venu compléter l’équipe avec son expertise sur le territoire indien, en 2004.

Que souhaites-tu pour les 20 prochaines années chez Camellia Sinensis?

Conquérir le monde, ça ne me parle pas. Je préfère prendre part au groupe d’entrepreneurs qui font évoluer le changement de mentalité par rapport aux affaires et à la répartition des richesses. Le succès peut être mesuré de différentes manières, et pour nous, ça restera toujours de maintenir l’équilibre vie-travail.
Je profite aussi de l’occasion pour remercier sincèrement nos clients. Sans leur confiance et leur encouragement, Camellia Sinensis n’aurait jamais pu connaître ce succès. Merci à vous!

La Chine n’est pas le démon du thé!

4 février 2019

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À la suite de nombreuses discussions avec notre clientèle à propos de ses questions et inquiétudes concernant la Chine, nous voulions prendre un moment afin de vous faire part de notre vision de son développement depuis les quinze dernières années.

En effet, depuis 2003, nos experts dégustateurs visitent l’empire du Milieu chaque printemps afin d’aller à la rencontre de nos producteurs et de s’assurer de la qualité des jardins et des produits. Nous avons donc maintenant une bonne connaissance non seulement de l’industrie du thé en Chine actuellement, mais aussi de son évolution depuis près de deux décennies.

Alors qu’il est vrai que la Chine a fait de grosses erreurs dans les années 1990, il faut aussi comprendre que la mentalité s’est transformée de manière assez significative depuis le début des années 2000. Il est important d’actualiser sa vision concernant la Chine, comme elle change très rapidement.

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Si l’industrie du thé était à ce moment principalement axée autour du « beau », l’intérêt pour le goût, un jardin en santé et une production de qualité était alors relégué au deuxième rang. Le changement de mentalité du « beau » vers le « bon » se fait sentir depuis maintenant plusieurs années et il est possible d’observer l’impact de cette évolution dans l’amélioration incontestable des méthodes de production du thé. L’art du thé reprend en Chine et dicte le marché : les consciences changent, et ce, rapidement. Il faut dire que tout va à une grande vitesse en Chine, y compris les changements de mentalité.

Conséquemment, la Chine est loin d’être le démon du thé. Le pays s’ajuste visiblement, d’une part en s’intéressant à l’amélioration des techniques de transformation et de production, et d’autre part en complexifiant les règles d’exportation afin d’assurer la sécurité alimentaire des consommateurs.

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De notre côté, nous contrôlons nos importations en allant chaque année rendre visite aux producteurs – sur place, nous vérifions la qualité des feuilles, des jardins et des méthodes de production. Les produits sont ensuite envoyés en laboratoire et passent par un processus rigoureux, pour que nous puissions nous assurer de la qualité des feuilles qui vous seront vendues.

D’ailleurs, nous le disons souvent : à la quantité de thé que nous buvons chez Camellia Sinensis, nous ne vendrions jamais de produit que nous ne boirions pas nous-mêmes.

 
 

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