Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Pu Er et santé

21 novembre 2008

Depuis quelques années, on entend de plus en plus souvent parler des thés verts et de leur valeur particulièrement riche en polyphénols, éléments tant recherchés dans le domaine de la prévention aux divers cancers. Malheureusement, on en oublie parfois une famille de thé tout aussi importante pour la santé, les Pu Er, qui déjà depuis la dynastie Tang (618-907), fait partie des plus importants ingrédients médicinaux de la pharmacopée chinoise. Bien que je m’engage dans un sujet qui pourrait remplir un livre à lui seul, je me limiterai aujourd’hui à vous résumer brièvement les principales vertus sur la santé de ces thés délicieux.

 

Si on peut l’utiliser le thé Pu Er en applications externes pour soigner les brûlures et ecchymoses, c’est principalement par voie interne que l’on profitera médicinalement (et gustativement bien sûr! ne l’oublions pas!) de ses plus grands bienfaits. Parmi ses multiples qualités, c’est surtout pour ses propriétés réductrices des graisses excédentaires et du mauvais cholestérol que certains glorifient les feuilles sombres de cette famille de thé. En effet, il serait le thé le plus puissant à ce niveau, faisant de lui le champion à la lutte aux maladies cardio-vasculaires. Par le passé, plusieurs études ont révélé le puissant pouvoir amincissant du Pu Er. Il semble qu’il sache aussi tonifier le métabolisme du foie (il est d’ailleurs très efficace pour se remettre des excès dûs à l’alcool et à la surconsommation de nourriture riche… Le temps des fêtes arrive, faites-en des réserves!!!) et le système immunitaire, favoriser la désintoxication et l’épuration (se voulant un compagnon aux jeûnes et cures alimentaires), lutter contre des infections multiples (bactéricide) et faire circuler l’énergie vitale (Qi) dans le corps. En plus de traiter les désordres d’ordre digestif (dont la diarrhée), on lui attribue même le pouvoir de traiter les dépressions légères, ces dernières parfois liées aux troubles d’humeurs intestinales et d’un déséquilibre du yin/yang… que le Pu Er aurait aussi la faculté d’harmoniser.

 

Et ce n’est pas tout! En plus de ces multiples propriétés médicinales pleines de promesse de bien-être, les Pu Er recèlent des goûts et arômes que possède nul autre type de thé: des notes minérales, fermières, terreuses, de vieux bois humide, d’humus, de tourbe… un caractère rustique et réconfortant, parfait pour les saisons froides qui se pointent pour les prochains mois. Des thés qui se conservent presque indéfiniment, qui sont très généreux aux réinfusions et qui sont de surcroît faciles à infuser, en grande théière, en zhong ou en gong fu cha, en plus d’être d’une relativement très faible teneur en caféine (spécialement pour les Pu Er shou).

 

J’entends déjà la question qui résonne dans la tête de plusieurs d’entre vous: “Oui, mais est-ce que les sheng ont les même propriétés que les shou?” Oui, mais seulement lorsqu’ils sont mûrs, pleinement fermentés (et donc oxydés). C’est à ce moment que les membres de cette sous-famille de Pu Er gagnent sous tous les plans, tant au niveau du goût que de leurs propriétés (devenant alors faibles en caféine). J’ai d’ailleurs entendu dire par plusieurs spécialistes qu’il n’est pas conseillé de faire une consommation abusive de jeune Pu Er sheng (de moins de 10 ans d’âge) au risque de ressentir des troubles d’estomac dûs à la “verdeur” de ces thés “immatures”. Sans forcément se passer de ces derniers qui sont déjà des thés très intéressants gustativement, il peut simplement être bon de savoir que ce sont spécialement les Pu Er sheng de plus de dix ans d’âge et les Pu Er shou (de tout âge car étant forcés artificiellement à être mûrs en quelques mois, au cours de leur production) qui présentent plus spécifiquement tous les bénéfices mentionnés plus haut. Et il va sans dire que les qualités et grades de feuilles, au sein de cette grande famille de thé, varieront d’un cru à l’autre, d’un millésime à l’autre.

 

À votre prochain lendemain de veille ou maux de ventre, non que je vous en souhaite, essayez de penser à tester le Pu Er en vous en faisant une bonne théière… et promettez-moi de m’en donner des nouvelles!

 

 

  1. Vincent a dit:

    Salut Daniel,

    Me voilà ravi par cet article. C’est toujours un réel plaisir de te lire.

    Je me demandais si, tout comme le vieillissement rehausse les propriétés médicinales des sheng, les shou se bonifient avec le temps, du point de vue de leurs propriétés médicinales du moins?

    Concrètement, bien que les shou soient déjà “mûrs” disons, vais-je obtenir davantage de bénéfices, sur le plan digestif par exemple, en choisissant un 94 plutôt qu’un 2006?

    Merci

    Vincent

  2. Daniel a dit:

    Salut Vincent,
    On dit généralement que les Pu Er shou gagnent à “s’assoir” pour deux ou trois ans, histoire de perdre les notes ammoniacales apparaissant souvent pendant les étapes de forçage en manufacture. Les “jus” de fermentation viennent qu’à se retrouver emprisonnés dans les galettes après compression et les quelques années de vieillissement leur permettront en effet de s’en libérer. Quant à leur entreposage pour une longue période, on dit que les Pu Er shou ne gagneront pas à être vieillis trop longtemps, leur qualité gustative commencerait à se dégrader tranquillement après environ 20 ans d’âge. Sans me fier à des études précises sur le sujet, je ne crois pas qu’il faille attendre plus des 2-3 premières années avant de bénéficier des propriétés médicinales des shou. Ça sera plutôt la qualité et le grade des feuilles utilisées qui seront les facteurs les plus important à ce sujet.

  3. Vincent a dit:

    Salut Daniel,

    Quel “atelier” tu nous as donné hier! Dynamique, détaillé, passionnant et généreux sont les qualificatifs qui me viennent à l’esprit. Merci encore, ça se voit, ça s’entend et ça se sent que tu aimes ce que tu fais.

    J’ai quelques questions pour toi. D’abord tu as mentionné très brièvement hier qu’il était préférable d’attendre environ une heure après un repas avant de boire un thé, afin de permettre au métabolisme d’absorber certains éléments dont le fer si je me souviens bien. Peux-tu m’en dire plus. Est-ce tous les thés qui pourraient “détruire” certains éléments, par quel processus cela se produit-il, qu’est-ce qui en est responsable.

    Aussi, comment dois-je conserver la galette de Pu Er shou que je me suis procuré (et que je compte boire quasi quotidiennement pour ses effets bénéfiques sur la disgestion – comprendre que je la garderai donc à proximité c-à-d dans la cuisine, là où il y a plusieurs odeurs variées)? Dans un sac ziploc (pour éviter le contact avec les odeurs) et à l’abri de la lumière?

    Merci à l’avance et bonne journée

    Vincent

  4. Daniel a dit:

    Salut Vincent! Merci pour ton commentaire des plus encourageants!
    Pour répondre à tes 2 questions:
    1-Il n’y a apparemment pas de “destruction” d’éléments à proprement dit, nous sommes en présence d’inhibition à l’assimilation des éléments. La caféine inhibe l’assimilation du calcium tandis que les tannins inhibent celles du fer (surtout non-hémique, donc le fer de source végétale). Les thés moins tanniques ou moins caféinés peuvent donc être pris plus près de la période des repas avec très certainement moins de risque. Quant aux autres thés, c’est pas une fois de temps en temps qui est dommageable, c’est de prendre l’habitude d’en boire systématiquement aux repas qui peut être une source de déminéralisation… car aussi, le thé est un diurétique puissant, il faut guetter ça. Une bonne alimentation variée est importante d’une manière ou une autre de toute façon…
    2-Pour ta galettes: pas de ziploc, de grâce! Dans un papier de soie ou de riz, dans un endroit sans odeur, au frais et loin de la lumière, genre une armoire sera parfaite… juste à côté du gruau! Si c’est ton Pu Er quotidien, pas besoin d’être trop maniaque, les conditions “puristes” de stockages s’appliquent surtout aux galettes qui traverseront les décennies d’odeurs et de fluctuations de température et d’humidité… ta brique peut très bien rester dans la cuisine sans trop de craintes.

  5. Maryse a dit:

    C’est très interessant cela. Instinctivement, quand j’ai l’estomac brouillé je prends du Pu’erh. Ce soir je déguste le Pu’erh 1997 sheng. (bien que je n’ai pas l’estomac brouillé :) ). Je le trouve particulièrement savoureux et suave. J’apprécie aussi le fait qu’il est facilement ”consomable” sur feuille. La couleur orange/caramel de ce thé est réconfortante et la liqueur est divine! ^^ J’ai l’impression de faire une balade dans un grange ou un sous bois en été, un jour de grande chaleur.

    Vive les Pu’erh!

  6. Sophie a dit:

    Bonjour Daniel,
    Je commence à boire du thé Pu er, j’ai acheté du Jing Mai
    Je me demandais combien il fallait en boire pour obtenir tous les bénéfices? Combien de tasses par jour ou combien de fois par semaine.
    Ai-je bien compris qu’il ne faut pas boire en mangeant? J’ai bu mon thé en déjeunant ce matin… c’est mieux de le boire après?

  7. François Alexis Roy a dit:

    @Sophie
    De façon générale, on suggère environ 750ml de thé par jour pour un effet bénéfique. Si vous souhaiter boire du thé pour des raisons de santé, il est toujours utile de consulter un professionnel de la santé pour connaître les quantités et les variétés approprié selon votre condition à vous.
    Il semble que le thé peut diminuer l’absorption du fer par l’organisme. Pour cette raison il est donc souvent recommandé de le boire entre les repas, surtout si vous faite de l’anémie, par exemple. Cela dit, je vous suggère de varier les moments de la journée où vous prenez votre thé: des fois entre les repas, parfois en mangeant…
    Bon thé!

  8. Lefracel a dit:

    quels gout on recherche pour un pu-er?

  9. ViefeSels a dit:

    Merci pour cette information interessante

  10. Manuel Legault-Roy a dit:

    Bonjour!
    Le thé de type Pu Er est un style de thé vaste aux multiples déclinaisons. On dit souvent que les notes les plus communes sont la terre, le bois, le sous-bois, l’humidité, l’étable, etc. Pour ma part, j’aime bien préciser que ce thé propose souvent un voyage introspectif dans nos souvenirs. Beaucoup de clients décrivent le goût du Pu Er avec un souvenir, par exemple: “ça me rappelle le sous-sol chez ma grand-mère”, “ça sent les marches dans le bois le printemps après la pluie”, “on dirait l’odeur de l’écurie de mon oncle quand j’étais petite…” Je serais assez embêté de vous diriger vers un goût, car ça peut devenir assez personnel. Il faut aussi dire qu’il y a plusieurs montagnes, deux types de vieillissement principaux (sheng/shou) et des tas de petites nuances dont seuls les artisans ont le secret. Ne vous limitez donc pas dans votre dégustation et appréciez tout ce qui vous vient en tête sans vous censurer!
    Bonne dégustation!

  11. michel desjardins, Jr. a dit:

    j’adore se thé sa fait 2 ans que j’en boit ses merveilleux merci

  12. CHOUCHOU a dit:

    Ce thé fait-il vraiment maigrir?

  13. Seb a dit:

    Plusieurs sources abondent dans ce sens et c’est pourquoi nous souhaitons éventuellement tester les propriétés que peut avoir ce type de thé sur le cholestérol et sur la régularisation des graisses en général. Pour l’instant difficile de vous donner une réponse définitive d’autant plus que les réactions varies selon les individus. Si la médecine chinoise considère qu’il agit sur les systèmes d’élimination (rein, fois et rate), généralement très apprécié des adeptes de Pu Er, je vous invite surtout à boire les thés qui vous inspirent, puisque de façon général, le thé contient aussi ces vertus! Aussi sachez qu’il existe une abondante variété de goûts et d’arômes dans l’univers mystérieux des Pu Er, et qu’il est imprudent de généraliser ces effets à l’ensemble des thés de cette famille. Pour ce que vous semblez rechercher, je vous orienterais plus vers les Pu Er shou qui sont normalement plus doux et digestes. Bonne découverte et heureuse dégustation!

  14. Nathalie R. Gascon a dit:

    Quels sont le degré et la durée d’infusion ?

    J’ai acheté un échantillon-dégustation : 8oz en gallet. Est-ce que celui présenté en feuilles sèches possède plus de vertus?

  15. Seb a dit:

    Bonjours Mme. Gascon, voici quelques repères pour répondre à vos questions. Normalement nous recommandons 1 c.à.thé de feuilles sèches par 250 ml d’eau à 95 degrés, que vous rincerez un dizaine de secondes avant de lancer l’infusion qui peut s’étendre de 2 à 4 minutes, selon l’intensité des saveurs que vous souhaitez! Plus l’infusion est longue, plus la liqueur sera chargée en parfums et saveurs. En général, ce sont des thés assez faciles à préparer, sauf pour les jeunes Pu Er sheng qu’ils faut infuser avec attention pour éviter d’avoir un thé trop corsé. Diminuer le dosage peut alors être une bonne alternative pour obtenir des liqueurs plus douces. Cette famille étant très généreuse, n’hésitez pas à réutiliser les feuilles une ou deux autres fois!

    Les Pu Er peuvent être compressés en galettes lors de leurs productions afin de diminuer le volume des feuilles et d’en faciliter le transport. La compression possède aussi d’autres avantages pour la conservation à long terme. Le thé en vrac est aujourd’hui une alternative rapide et facile pour le marché du Pu Er en expansion constante. Ce sont donc deux styles différents, mais aux vertus similaires… Les variations dépendront aussi du climat, du sol, de la nature botanique des théiers, des méthodes de transformations et de leur entreposage pour ne citer que quelques uns des facteurs pouvant servir à comprendre leurs esthétiques gustatives.

    L’important reste avant tout de trouver celui qui vous plaît et de rester ouvert à essayer d’autres variétés.

    Bonne dégustation,
    Sébastien

  16. Sebastien a dit:

    Bonjour!
    Premierement un gros merci pour votre blogue! Je l aime beaucoups!
    Je bois du pu er que j infuse dans une theiere de 600ml ( jy met 2 c a thé) est il possible de reinfuser une autre fois cette preparation? Et dison que je veux seulement la re infuser le lendemain, est ce que je peut laisser les feuilles dans le filtre et les reutiliser le lendemain? Ou serait il mieu que de n utiliser les feuille qu une seule fois?
    Merci!

  17. Seb a dit:

    Bonjour!

    Les Pu Er sont parmi les thés les plus généreux, et ils permettent souvent une à deux réinfusion des mêmes feuilles! De façon générale, j’aime bien recommander de les réutiliser dans un délai de 12h, mais parfois je me permet un plus grand interval. L’idée est surtout que l’on ne veut pas que les feuilles commencent à pourrir… Donc selon l’environnement frais et sec hivernal, ou bien chaud et humide estival, on ajuste notre utilisation !

    Bonne suite et n’hésitez pas à extraire le maximum des ces thés splendides !

    Sébastien

 
 

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