Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Cocoonoor…

22 janvier 2009

Feuilles (sèches et infusées) et liqueur du Nilgiri Coonoor.

 

La période particulièrement glaciale de l’hiver m’inspire habituellement à boire un peu plus de thé noir qu’aux autres moments de l’année… Un besoin d’apaisement, de cocooning… et le Nilgiri Coonoor m’offre tout à fait cette sensation chaude et réconfortante. Je vous le présente donc cette semaine, un coup de coeur que je partage avec plusieurs de mes collègues.

 

Section du jardin en conversion biologique d’où provient le Nilgiri Coonoor.

 

Les Nilgiris (ou Montagnes bleues) sont une chaîne de montagnes de l’état du Tamil Nadu dans le sud de l’Inde. Avec ses conditions naturelles de haute montagne (élévation entre 1000 et 2500 mètres) étant exceptionnelles pour la culture du thé, cette région est reconnue comme étant un terroir pouvant produire des crus très intéressants. Ses paysages vallonnés magnifiques sont d’ailleurs le lieu d’une situation unique: la présence de plus de 60000 petites productions familiales de thé, un fait qui complique l’uniformité de la qualité des thés produits dans cette région. Les productions d’importance seront quant à elles souvent mieux gérées et permettront, en gardant l’esprit de fabrication artisanale, de produire des grades de thé de qualité supérieure…

 

Monsieur Indi Khanna, producteur à Nilgiri.

 

Le Nilgiri Coonoor est un de ces thés. Produit par Monsieur Indi Khanna et ses associés, il est issu d’une section de jardin aux conditions idéales et “traitée aux petits oignons” (en conversion biologique), d’une cueillette de haute qualité provenant d’une variété de théier “nilgiri assamica” et transformé par une toute nouvelle série d’installations modernes (petites machines dont la technologie assure un roulage tentant de reproduire celui fait à la main, digne de la technique artisanale, ce qui permet ainsi de conserver l’entièreté des feuilles). Il en résulte un thé composé de belles grandes feuilles aux reflets d’étain, roulées sur elles même dans leur largeur, embaumant les fruits mûrs et les épices douces. Leur infusion révèle une liqueur d’un orange cuivré éclatant aux arômes charnus: des notes de fruits mûrs ou compotés (pêche jaune, clémentine, papaye, pâte de coing) se mêlent à un léger voile floral (osmanthe) et herbacé (houblon) délicatement épicé (poivre blanc, graine de coriandre moulue). Parfaitement équilibré, ses tannins sont souples et sans aspérités, en plus de laisser en bouche une persistance agréablement sucrée et fruitée. Un thé parfait pour quiconque apprécie particulièrement les Darjeeling issus des premières récoltes (First Flush) mais qui désire ouvrir ses horizons à quelque chose d’un peu plus rond et plein en bouche, un peu moins nerveux ou vif, tout en frôlant les accents herbacés. Je ne sais faire autrement que de vous le recommander!

 

  1. Manuel a dit:

    Appétissante cette petite description…Hum…En fait, je me demandais, vu le fait que les feuilles sont généralement entières, si ce thé avait un bon potentiel à être fait en chung. Je suis un grand amateur de thé noir, surtout chinois et tawainais, que je déguste avec un plaisir manifeste en me levant le matin pour partir la journée du bon pied. Le hic, c’est que je préfère infiniment pouvoir les faire en chung ou en gong fu cha afin de prendre réellement le temps de les déguster à leur juste valeur. Alors voilà, en chung ou pas?
    Merci d’avance! Et merci beaucoup de nous instruire et de nous partager aussi bien ta merveilleuse passion.

  2. Daniel a dit:

    Salut Manuel,
    Tout à fait, c’est un des seuls thés noirs indiens que je connaisse qui se prête bien au zhong sans qu’il soit trop difficile de contrôler l’infusion (je le sais parce que moi aussi c’est la même chose…). Tu m’en donneras des nouvelles… À+

  3. Camille a dit:

    Ce thé peut-il varier d’une récolte à l’autre ? Il y a quelques années, j’ai goûté un nilgiri foncé, chez vous (je ne me rappelle plus si c’était un Coonoor). Je l’adorais. Il y a quelques semaines, j’en ai acheté de vous et je l’ai moins aimé. J’ai réalisé qu’il doit être très infusé, autrement, il aura un puissant goût d’artichaut. Personnellement, ce n’est pas ce que je recherchais. Bien infusé, il est meilleur. Toutefois, je le trouve fade, comparativement au souvenir que j’en avais.

  4. Seb a dit:

    Bonjour,

    Merci pour votre commentaire qui fait sens puisque nous avons déjà eu un Nilgiri (Oothu) qui était plus foncé et aussi plus corsé avec des feuille plus petites cependant. Il était donc plus dans le style de la région. notre Nilgiri Coonoor est issu d’une esthétique moderne visant un marché de spécialité et offrant une superbe définition aromatique avec ses parfums d’abricot et de malt. Son caractère de base est aussi plus végétal que les styles plus classiques, d’où votre remarque sur son aspect évoquant l’artichaut. C’est un beau thé, à apprécier tant pour sa structure tannique que pour sa finesse. D’une année à l’autre il peut varier un peu, mais son caractère reste assez semblable au fil des ans avec ses longues feuilles uniformes et roulées en torsades.

    Je vous invite à essayer nos Assam, Kenya et Ceylan pour des thés plus foncés et boisés.

    Au plaisir de suivre votre parcourt de dégustateur.

    Sébastien

  5. Camille a dit:

    Aurez-vous du Nilgiri Oothu prochainement ? Je serais vivement intéressée à en acheter. Ce serait bien d’informer vos vendeurs de ce que vous me dites, car ils croyaient que le Coonoor était le seul Nilgiri foncé que vous aviez eu dans le passé.

 
 

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