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Rapport de dégustation : Rou Gui Da Wang

16 mai 2017

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Infusion en gaiwan – 5 grammes de feuilles – eau à 95°C

Laurence Lambin-Gagnon, membre de l’équipe du Camellia Sinensis à Québec, nous présente ses notes de dégustation du wulong chinois Rou Gui Da Wang.

Cela peut paraître étrange, voire suspect, de choisir pour son rapport de dégustation un wulong chinois déjà vieux de plusieurs mois, alors que les premières récoltes du printemps, fraîchement arrivées, ne demandent qu’à être goûtées. Mais le choix s’explique aisément : c’est à ce temps-ci que le Rou Gui Da Wang est à son meilleur. Dans la région des monts Wuyi, les meilleurs thés sont cultivés au printemps, cuits en été et vendus en automne. Ce sont les fameux « thés de roche » dont les plus grands crus, connus et prisés par les amateurs du monde entier, se vendent à prix d’or. Leur signature est évidente : longues feuilles torsadées issues d’un terroir difficile, cuites selon les méthodes traditionnelles au charbon de bois et dont l’infusion présente un équilibre unique, profondément minéral. Pour beaucoup, c’est au printemps suivant la récolte, presqu’un an après la cueillette des feuilles, que cet équilibre s’exprime à son meilleur.
Notes de dégustation :

Première infusion au bouquet envoûtant : charbon, sucre caramélisé, encens et épices. En bouche, c’est tout bois et épices. Belle texture huileuse parfumée d’essences riches comme le bois d’olivier ou l’ébène. La liqueur est épaisse et suave, sucrée par la cuisson. En finale, cette longueur chocolatée qui rappelle le cacao grillé, la cannelle et le poivre de Cayenne. Le Rou Gui Da Wang (littéralement Grand Roi des Rou Gui) s’annonce déjà comme un thé d’exception.

La deuxième et la troisième infusion dévoilent un aspect plus frais et doux. La cuisson des feuilles, atténué par un an de repos, plie sous la puissance végétale du terroir. La liqueur s’épaissit, perd de son acidité, et dévoile une onctuosité qui rappelle le beurre de noisette. Issue de théiers âgés entre 60 et 80 ans, cette récolte transformée de main de maître par M. Liu n’aura produit au final qu’une cinquantaine de kilos. Cinquante kilos de feuilles transformées dont la qualité ne fait aucun doute et dont on saura profiter jusqu’au dernier moment. Le plus grand plaisir des thés de Wuyi, à mon avis, se trouve en fin de dégustation, lorsque les huiles aromatiques sont presque entièrement épuisées et que chaque tasse porte la signature unique de cet incroyable terroir : une liqueur encore dense et intensément minérale qui ne s’épuise pour ainsi dire jamais.

  1. Nicolas Del Duca a dit:

    Les textes sont toujours aussi évocateurs. Bravo Camellia Sinensis.
    Cela illustre très bien le propos de Sébastien dans l’autre billet de ce mois-ci: relier les sensations du corps à l’expression subtile de l’âme. Merci.

 
 

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