Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Coups de cœur d’Hugo 2015

25 septembre 2015

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Bon, vu que je couvre deux pays, je me permets une petite folie avec une double sélection de trois thés, l’une pour Taiwan et  l’autre pour le Japon!

TAIWAN

Jin Shuan

Un cultivar très apprécié des taiwanais. Un thé de tous les jours, qui est très généreux et qui saura plaire aux amateurs de thés aux accents floraux.

Bai Hao M. Xu – Édition limitée

On me demande à l’occasion, quel est mon thé préféré? Difficile d’en choisir un, mais le Bai Hao est assurément dans mon top 5! J’aime particulièrement son équilibre en bouche et son effet agréable, stimulant le corps mais sans l’énerver. Il est de plus en plus difficile de s’en procurer car les amateurs Chinois en raffolent également, mais notre relation de plus de 10 ans avec M.Xu, nous a permis d’avoir accès à ce petit lot d’exception.

Dong Ding de la compétition de Luku 

L’accès à ces thés est unique en Amérique du Nord. Il faut en profiter! Il est idéal d’avoir un peu de connaissance des wulong pour apprécier la profondeur du Dong Ding mention spéciale #9 et du Dong Ding 1ère Classe. Assurément, tous les deux offrent un bel exemple de rondeur, d’harmonie et bonifient le corps d’une chaleur enveloppante.

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JAPON

Sencha Koshun bio

Le cultivar Koshun est présentement très apprécié au Japon car son infusion offre une finale florale qui rappelle les fleurs de cerisiers. Celui-ci provient de nos amis de la coopérative d’Isagawa, qui nous offre pour la première fois depuis plusieurs années un sencha Koshun digne de mention!

Kukicha

Sans aucun doute une valeur sûre pour se rafraîchir le gosier. Un thé « étanche-soif »  qui,  dans sa version 2015, nous offre une liqueur généreuse. Souvent moins connu que le sencha, le kukicha n’est pas à sous-estimer!

Gyokuro Okabe

Habituellement, les gyokuro issus des plantations de Shizuoka ont un goût qui tend vers les sencha… Pour la simple raison qu’ils utilisent le cultivar Yabukita et que l’ombrage est souvent sommaire. Mais pas cette fois-ci! Un pur délice que ce gyokuro Okabe, 100% cultivar Saemidori, couvert et traité avec soin.

Hugo

Surenchère des Bai Hao

26 novembre 2014

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Si la plupart de nos thés sont choisis lors des voyages, certains le sont après coup, lors du retour au bercail des quatre dégustateurs. C’est le cas des Bai Hao qui sont généralement produits un peu plus tard dans la saison, privant Hugo de les gouter et de les sélectionner sur place.

Grâce à ses multiples visites dans le Hsinchu, région de production de ces beautés orientales, des liens ont été tissés avec quelques producteurs, permettant de diversifier notre offre et surtout de mieux connaitre leur réalité quotidienne, tant au niveau de la production, de la transformation que de la mise en vente de ces thés énormément réclamés. C’est qu’effectivement l’expansion constante des marchés chinois et internationaux fait une pression de plus en plus forte sur les produits de luxe, dont le thé, et à l’image des thés blancs, noirs ou Pu Er qui connaissent un surcroit de popularité, les Bai Hao, avec leur élégance, sont victimes de leur succès. Ainsi, les artisans des ces thés fins voient leurs récoltes s’envoler rapidement et parfois même vendues avant leur production!

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Si jadis nous avions toujours eu le loisir de prendre le temps de choisir nos thés en goûtant paisiblement les échantillons minutieusement emballés puis envoyés à notre attention, la sélection ressemble aujourd’hui davantage à une course contre la montre. Il arrive parfois que celui que nous avions sélectionné se soit déjà volatilisé. Par prévoyance, nous travaillons aujourd’hui avec plusieurs sources, nous pourvoyant d’une meilleure gamme de thés à comparer, toujours dans le but de dénicher celui qui saura plaire et, surtout, à un prix raisonnable. Les Bai Hao, généralement transformés par petits lots, offrent malgré tout de minimes quantités pour la demande du marché qui dévore année après année ces crus avec surenchère. La loi du marché s’affirme aisément et l’inflation des prix guette les ambitieux dans leur quête de ces feuilles précieuses.

Cette année, nous vous invitons à découvrir deux lots de Bai Hao, un régulier et un gradé trois fleurs à la dernière compétition de Bai Hao, tous deux provenant de Mme Lin, une productrice qui produit de petites merveilles!

Quand ce n’est pas simple

10 octobre 2012

L'insecte responsable du goût fabuleux du Bai Hao

Le travail d’importateur-dégustateur, vous vous en doutez bien, n’est pas toujours simple. Cette année, à titre d’exemple, le Bai Hao, un wulong taïwanais de grand renom (connu aussi sous le nom de Beauté Orientale) ne remplissait pas son contrat qui est d’ordinaire de nous éblouir par ses notes épicées, mielleuses et florales. Il se contentait d’être un thé tout à fait conventionnel. Pour le cas présent, les producteurs ne sont pas à blâmer. C’est davantage la météo capricieuse qui a donné beaucoup trop de précipitations à la région taïwanaise cet été, privant ainsi le thé de ses précieux arômes et d’une quantité peu appréciable de feuilles aromatiques.

De plus, cette rareté à fait monter les prix du Bai Hao 2012 en flèche. Hugo, notre spécialiste de Taïwan, se trouvait donc devant une récolte d’une qualité plus que moyenne à un prix plus élevé qu’à la normale. Devant le dur, mais inévitable choix de ne pas acheter cette récolte tant prisée des amateurs, Hugo fit le constat que malgré tout le lustre et la renommée que l’on peut accorder à un thé presque légendaire, ce n’est pas l’Histoire qui fait les bons crus, mais bien le savoir-faire des artisans et une bonne dose de chance du côté des facteurs aléatoires. Tout n’est cependant pas nécessairement perdu et nous pouvons peut-être encore nous permettre d’espérer alors que nous venons de recevoir les échantillons du Bai Hao d’automne fraîchement cueillis. Sauront-ils nous étonner?

La notion de “lot” et de “grade” dans le monde des thés

10 novembre 2009

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Kevin testant plusieurs lots de thé d’un même jardin.

Dès qu’on a terminé une cueillette, on doit acheminer rapidement la récolte vers la manufacture afin qu’elle reçoive les traitements qui mettrons en valeur son goût original. Si on laisse les feuilles à elles-mêmes trop longtemps, elles s’oxyderont et deviendront inutilisables. C’est pourquoi on retrouve des fabriques dans pratiquement chaque jardin. À Darjeeling, les producteurs identifient par des numéros de lot chacune des récoltes qu’ils effectuent dans leur jardin. Par exemple, l’appellation “Darjeeling Singell First Flush Dj-2″ signifie que le thé provient du deuxième lot qui a été transformé lors de la récolte du printemps dans le jardin Singell à Darjeeling (Dj). Fait à noter, un lot peut provenir d’une seule section du jardin ou être constitué d’un ensemble de deux ou trois sections. Également, il est important de ne pas confondre la notion de “lot” et de “grade” de thé. Si le lot indique simplement “le numéro de série” dans l’ordre chronologique des récolte d’un même jardin, le grade ne suit pas forcément un ordre de cueillettes dans le temps mais bien un classement préférentiel indiquant la qualité de l’apparence et/ou de l’aspect gustatif d’un lot de thé en particulier. Ainsi, par exemple, le Bai Hao 1 et le Bai Hao 2 n’ont pas été forcément cueillis dans l’ordre tel que vu précédemment dans le cas des lots de Darjeeling: Dans le cas de ce wulong, le grade 1 étant classé comme un grade supérieur au grade 2.

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Bai Hao 1958 et 1968: impressions de dégustation

4 novembre 2008

 

 

J’ai cru qu’il pourrait être intéressant de vous partager les impressions que mon laissés deux thés que j’ai dégusté récemment -afin de composer leur profil aromatique pour notre site web-, les Bai Hao 1958 et 1968, que je vous présente sous la forme de l’ébauche spontanée “de ce qui m’est venu” au moment du tasting, mon “brouillon” autrement dit. Alliées à des informations recueillies chez les producteurs, ces notes de dégustation me servent par la suite à la composition des fiches descriptives de chacun des thés pour la boutique en ligne.

 

BAI HAO 1958

 

Feuilles sèches: + grandes feuilles, légèrement brisées, marron sombre, malté

Feuilles humides -nez-: terreau, Pu Er shou, raisin de corinthe, bois humide, sucré – dulce de leche

Liqueur -Visuel-: Rouge foncé presque noir, brillante.

Liqueur -Nez-:  Betterave, panais, terre humide, sucre de canne, céréale grillée, bois exotique

Liqueur -Bouche-: doux, texture huileuse – huile de sésame – ample/coulant, légèrement sucré et acide – kiwi mûr/framboise cuite, betterave à sucre -, terreau, boisé -écorce de bouleau-, vieux banc d’église, minéral — feeling Pu Er shou —

Finale: boisé (santal), légèrement épicé (girofle) et fruité (raisin). Complexité moyenne, réconfortant.

 

Pour donner:

Notre plus vieux wulong vieilli. Les 50 ans nous séparant du moment de sa cueillette dans le nord-ouest de l’île de Taiwan furent pour ce thé une expérience de cuissons successives élaborées selon le savoir-faire des artisans qui le rencontrèrent… À la première approche de sa liqueur, on s’aperçoit déjà par son nez qu’une surprise est à notre portée : des notes de terreau et de bois humide (étonnamment proches de celles d’un Pu Er de type Shou). En bouche, le sucré (bettrave à sucre, dulce de leche), le boisé/terreux (bois exotique, vieux meuble, humus), le fruité (raisin sec, kiwi mûr, framboise cuite) et le pyrogéné (céréale grillée) se marient dans une douce liqueur à la texture moelleuse (huile de sésame) délicatement acidulée. D’une persistance moyenne, sa finale boisée (santal) est légèrement épicée (girofle) et fruitée (raisin de Corinthe). Un wulong vieilli surprenant.

 

 

BAI HAO 1968

 

Feuilles sèches: petites feuilles marron/roux foncé, plusieurs tiges.

Feuilles humides -nez-: raisin, figue noire, terre, café de chicorée, mélasse blackstrap

Liqueur -Visuel-: Vermillon sombre, éclatante

Liqueur -Nez-: dattes, miel de châtaignier, bois de santal, parfum très légèrement pyrogéné: café

Liqueur -Bouche-: boisé -vétiver-, attaque sucrée/céréalière -miel de sarrazin-, fruit sec – abricot non sulfurisé- acidité piquante -cerise sauvage, fruits à oiseau-. Belle épaisseur, gouleyant, -huile de lin-

Finale: Boisé -exotique-, pointe fuyante fruitée/acidulée -groseille, cassis-, minérale -fer-. Beau relief aromatique, texture épaisse en fondu.

 

Pour donner:

Vieux de ses 40 ans, ce Bai Hao a su conserver son caractère fruité malgré le fil des cuissons successives lui ayant permis de traverser ces dernières décennies. S’offrant à l’aide d’une texture gouleyante un peu grasse (huile de lin), sa liqueur allie arômes boisés (vétiver, santal) et pyrogénés (café, chicorée) à des notes gourmandes (miel de sarrasin, mélasse blackstrap) et fruitées (figue, datte et abricot sec, groseille, cassis). Sa finale fruitée-acidulée, d’une belle persistance, s’envole doucement dans une minéralité élégante, au relief aromatique d’une beauté discrète. Un thé d’un grand précieux.

 

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En espérant que cette petite présentation, en plus de vous faire découvrir ces thés d’exception, vous fera comprendre encore un peu plus comment je procède dans mon travail de dégustation qui me passionne tant!

 

Deux Bai Hao vieillis: 1958 (à gauche) et 1968 (à droite)

 

 
 

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