Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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LE VERT DU CÉLADON

11 mai 2016

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Située au sud-ouest de la province du Zhejiang, la ville de Longquan est l’un des plus importants centres chinois de la céramique, et c’est aussi le berceau du céladon. Son histoire remonterait au Ve siècle et les récentes recherches archéologiques ont permis d’y découvrir plus de 500 fours de cuisson. La technique qu’on y a développée permet d’obtenir des objets de la couleur du jade, cette pierre sacrée si prisée en Asie. Aujourd’hui reconnus pour leur glaçure douce et agréable, les bols en céladon sont très appréciés pour la dégustation du thé.

ENTRETIEN AVEC M. YEN WEI EN, POTIER À LONGQUAN

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Dans son atelier entouré d’un magnifique jardin orné d’œuvres d’art, nous avons rencontré M. Yen, potier et calligraphe. Cette rencontre nous a permis de découvrir le lieu qui lui apporte inspiration et tranquillité, et de connaître l’état d’esprit de cet artiste.

Monsieur Yen, comment êtes-vous devenu potier ?

Je suis issu d’une famille de potiers, j’ai donc vécu dans ce milieu depuis ma naissance. De 1988 à 1992, j’ai étudié au département des beaux-arts de l’Institut du céladon de Jingdezheng. Depuis lors, je travaille comme potier.

D’après vous, quelles sont les qualités d’un bon potier ?

Un bon potier doit posséder de bonnes compétences techniques. Il doit aussi connaître la philosophie, l’esthétique, l’histoire, la culture et la céramique traditionnelle. Les Chinois ont une grande considération pour les artisans qui possèdent science et vertu, parce que la bienveillance est l’âme de l’art. À mes yeux, la moralité et le savoir-vivre sont des qualités importantes pour un potier.

Faites-vous de la recherche, des expérimentations ?

Je fais toujours des recherches et des expérimentations, parce que je suis curieux et que j’aime apprendre de nouvelles techniques. J’ai l’ambition de créer des poteries qui conviennent au goût de notre époque, tout en y intégrant certains éléments de la culture traditionnelle. J’espère avoir un jour ma propre boutique et ma propre marque de poterie, pour que mes œuvres soient appréciées de par le monde.

D’après vous, y a-t-il des éléments ou des conditions qui échappent
au potier ?


Malgré toute l’expérience et le savoir-faire des potiers, plusieurs éléments influencent la finition d’une œuvre : les matériaux, la température, la qualité de l’eau, etc. Les facteurs incontrôlables font partie du plaisir de la création.

Comment percevez-vous l’art de la céramique dans la Chine d’aujourd’hui ?


En Chine, la compétence des potiers est inégale. Il n’y a pas beaucoup d’œuvres marquantes. Beaucoup trop de potiers pensent davantage au profit rapide. Depuis quelques années, j’ai beaucoup changé sur ce point. Je travaille maintenant mes œuvres avec un cœur d’artisan. 

Ambiance de partage et de festivité

16 décembre 2015

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Le compte à rebours est amorcé, et comme un clin d’œil au calendrier de l’avent, je choisi chaque jours un Pu Er différent à déguster afin de marquer le temps qui passe…C’est le moment de l’année ou j’en viens à repasser au peigne fin les Pu Er de notre carte, ainsi que ceux qui vieillissent tranquillement dans ma réserve.

Je profite donc des quelques lignes qui suivent pour vous présenter trois thés qui feront partie de ma sélection de Noël.

DSC_0016Dégustation en Solo pour un matin tranquille : C’est le moment idéal pour sortir mes objets préférés et préparer un thé pour m’éveiller au jour naissant. Cette théière Yixing, moderne et élégante, acceptera gentiment de bonifier et d’arrondir la liqueur du Pu Er 2000 Yellow label que je lui destine. Complexe et profond, ce grand cru saura me procurer une savoureuse impression en bouche longue et vivifiante. Afin de déguster avec l’attention d’un empereur, je privilégierai ce bol en céladon, fin et sobre, reflet du minutieux savoir-faire de M.Yen, artisan de renom tant en Chine qu’à l’international. Le choix de la tasse a pour moi beaucoup d’importance puisque c’est l’élément intime qui nous offre la liqueur. Celui-ci a pour moi l’avantage d’exiger mon entière concentration, de par sa forme et la valeur émotionnelle que je lui porte. Il permet aussi plus pratiquement d’amener la liqueur à une température idéale et de la laisser glisser sur la langue tout en délicatesse.

Thé d’abondance pour repas copieux : Situation classique, où les mets nous tentent de toute part. J’en profite toujours pour tester l’efficacité d’un bon Pu Er que j’infuse librement dans une grande théière, en remettant de l’eau au gré des services. Celui qui sera éprouvé cette année sera notre nouveau Pu Er 2003 Orange label, un Pu Er shou doux et bien équilibré. Facile à préparer, il ne risque pas de mal tourner, et son effet corporel m’a déjà séduit! Je souhaite simplement faire profiter des ses vertus au plus grand nombre!

La Grande Toge Rouge de l’empereur : Fidèle à mon idée de célébration royale pour l’occasion de Noël, je me trimbalerai avec quelques grammes de Da Hong Pao, fraîchement arrivé, qui est un des meilleurs que nous ayons reçu depuis quelques années. Versatile et généreux, j’adore faire découvrir l’intensité aromatique d’un wulong de cette qualité, et la réaction est généralement très forte. J’en ferai aussi une réserve afin de pouvoir en profiter encore l’an prochain où il risque même d’être meilleur.

Malgré ces quelques suggestions, l’important est bien entendu de partager de bons moments en douce compagnie, et si le thé est un symbole d’hospitalité, un plaisir pour épicuriens affirmés ou un breuvage aux bienfaits millénaires, il prolongera en plus vos soirées de réjouissances certainement bien au-delà du décompte de minuit.

Commentaires ou autres suggestions !? Soyez loquaces…

Sébastien

Lin Jianhong: portrait d’un céramiste

8 juin 2012

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Au premier abord, lorsque l’on évoque Taïwan, un amateur de thé pensera inévitablement à la richesse inégalée de ses wulong. En effet, avec le temps, Taïwan a su développer une spécialité, maintenant largement reconnue, dans la confection de thés semi-oxydés aux explosifs arômes floraux, dont le pinacle revient aux thés de hautes montagnes.

Pourtant, à l’ombre de cette production d’exception, s’en cache une autre qui mérite tout autant notre attention. Une fois le thé cueilli et transformé, encore faut-il avoir les instruments pour être à même de le déguster. Eh bien, tenez-vous-le pour dit, Taïwan est aussi passée maître dans la confection de ces objets d’art du quotidien. Mon but ici n’est pas de vous tracer l’historique complet de la production artisanale des objets du thé de Taïwan (peut-être que cela viendra un jour, qui sait?), mais de porter votre attention sur un potier que Hugo et Sabrina ont eu la chance de rencontrer cette année au cours de leur tournée printanière au sein des terres de production du thé. Ce jeune artisan se nomme Lin Jianhong, céramiste de grand talent, dont le potentiel n’a d’égal que son humilité face à sa production. Ayant poursuivi une formation d’ingénierie mécanique, il abandonna pourtant rapidement la machinerie afin de porter son attention sur la terre et à la création manuelle. Lin Jianhong est d’abord allé chercher conseil au Japon auprès de maîtres qui lui ont fait découvrir les merveilles cachées au fond de cette matière infiniment malléable qu’est la terre et lui ont appris comment insuffler à ce matériau une âme propre à chaque créateur. Ses tasses et ses jarres, toutes conçues manuellement, semblent s’inspirer de la technique chinoise du céladon, possédant en commun avec elle la couleur vert bleuté, la texture veloutée et le poids sûr qu’elles impriment au creux de la main.

Il n’en tient qu’à vous de venir ressentir le charme que ces pièces inspirantes autant au toucher qu’à la vue.

Le jade sacrée de l’Empereur

21 septembre 2011

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Le Céladon, Qīng cí ( 青瓷 , littéralement “porcelaine verte” ) est un type de céramique chinoise et coréenne. Il aurait été inventé au 2ème siècle dans la région de Yuè ( 越國 , désigne les régions du sud de la Chine) mais tire pourtant ses origines d’un savoir-faire développé depuis 1250 av J.C. Il s’agit de poteries célèbres qui ont fait la renommée des potiers Chinois et Coréens jusqu’à la cour impériale. En effet, avec le temps, la technique se peaufine et au 8ème siècle, elle charme les lettrés de la haute société avec des bols à thé dont ils apprécient le raffinement et, surtout, la couleur aux nuances de jade qui va en harmonie avec le breuvage favori. Or, le jade a une immense portée symbolique en Chine; c’est la pierre sacrée de l’empereur, symbole du pouvoir absolu.

Les nuances bleu vert sont obtenues en ajoutant une petite quantité d’oxyde de fer dans la glaçure lors d’une cuisson dite « en réduction ». Elle consiste à réduire l’apport d’oxygène dans le four, ce qui permet d’obtenir des effets particuliers dans la glaçure. Cette méthode est plus difficile car elle demande de l’expertise, plus de temps et plus de carburant. Effectivement, la cuisson d’un céladon exige une température d’au moins 1200°C pour vitrifier la porcelaine. Néanmoins, les fours des ingénieux potiers chinois le permettaient, notamment les fameux fours-dragons ( 龙窑 , pinyin : lóngyáo).

Lin’s Ceramics Studio de Taïwan a créé une superbe collection de céladon dont nous avons quelques exemplaires de tasses et théières en boutique. Venez admirer ces magnifiques pièces sobres et fines. Regardez leurs formes typiquement orientales et féminines, ainsi que la pureté de leur couleur apaisante. Venez toucher leur texture satinée et chaleureuse. Grâce à leur bonne conductibilité thermique, les théières céladon de Lin conviendront parfaitement aux thés verts et aux wulong peu oxydés.

Bon thé!

Photographie: François Alexis Roy
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