Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

Blogue

La passion du feu de Matthieu Huck

2 avril 2013

Chawan signé Matthieu Huck La cuisson au bois est la plus ancestrale des méthodes de cuisson de l’argile. Elle engendre sur les pièces des nuances uniques de couleur et de texture grâce entre autres à la flamme, à la cendre et aux caractéristiques propres du four et du bois utilisé. Matthieu Huck partage son expérience.

Fasciné dès le début de sa carrière de céramiste par l’art du feu, Matthieu Huck oriente rapidement ses recherches vers la théière et le bol à thé. Explorant d’abord leur potentiel sculptural, il se concentre bientôt sur les aspects fonctionnels de ces objets empreints de noblesse. Depuis 2005, la cuisson au bois est devenue indispensable à son travail. Approfondissant d’abord ses connaissances auprès de céramistes d’expérience, il s’installe en 2009 à la campagne et construit son propre four à bois.

«Mon intérêt pour cet art du feu est animé par l’action des flammes, l’atmosphère changeante du four et les dépôts de cendres de bois sur les pièces. Les résultats sont marqués par des nuances variées, créant un décor naturel, minéral et unique… Chaque cuisson est une aventure durant laquelle se produit une communion entre les participants, entre eux et avec le four.»

Les pièces qu’il produit au four à bois, fabriquées de grès ou de porcelaine, sont principalement destinées au thé. Une cuisson dure environ une vingtaine d’heures, pour atteindre 1300 degrés Celsius. Elle requiert une grande quantité de bois, une attention constante et une préparation minutieuse. Les pièces, avec ou sans glaçures, doivent être enfournées avec précision suivant les résultats recherchés.

Matthieu HuckDiplômé du Centre de céramique Bonsecours de Montréal en 2003, Matthieu Huck poursuit sa formation grâce à de nombreux échanges avec différents céramistes de renom (Gilbert Poissant, Québec; Jeff Shapiro, É.-U.; Claude Champy, France). Spécialisé dans le tournage de production, il cumule aussi les expériences de cuisson dans les fours à bois d’autres potiers.

Récipiendaire de plusieurs prix, bourses et mentions, il reçoit, en 2011, le grand prix Chawan décerné par l’école de cérémonie du thé Urasenke de Montréal dans le cadre de l’exposition 1001 POTS, ainsi que le premier prix dans la catégorie « Jarre à thé vieilli » du concours TERRE & THÉ de la maison de thé Camellia Sinensis.

CÉRAMISTE D’ICI

Faites la rencontre d’artisans du Québec qui se passionnent pour les objets et l’art du thé. Tous les deux mois, les pièces d’un créateur différent seront présentées dans cette vitrine unique, vous permettant d’apprécier la qualité et la formidable diversité du travail des céramistes d’ici.

Lin Jianhong: portrait d’un céramiste

8 juin 2012

Lin Jianhong

Au premier abord, lorsque l’on évoque Taïwan, un amateur de thé pensera inévitablement à la richesse inégalée de ses wulong. En effet, avec le temps, Taïwan a su développer une spécialité, maintenant largement reconnue, dans la confection de thés semi-oxydés aux explosifs arômes floraux, dont le pinacle revient aux thés de hautes montagnes.

Pourtant, à l’ombre de cette production d’exception, s’en cache une autre qui mérite tout autant notre attention. Une fois le thé cueilli et transformé, encore faut-il avoir les instruments pour être à même de le déguster. Eh bien, tenez-vous-le pour dit, Taïwan est aussi passée maître dans la confection de ces objets d’art du quotidien. Mon but ici n’est pas de vous tracer l’historique complet de la production artisanale des objets du thé de Taïwan (peut-être que cela viendra un jour, qui sait?), mais de porter votre attention sur un potier que Hugo et Sabrina ont eu la chance de rencontrer cette année au cours de leur tournée printanière au sein des terres de production du thé. Ce jeune artisan se nomme Lin Jianhong, céramiste de grand talent, dont le potentiel n’a d’égal que son humilité face à sa production. Ayant poursuivi une formation d’ingénierie mécanique, il abandonna pourtant rapidement la machinerie afin de porter son attention sur la terre et à la création manuelle. Lin Jianhong est d’abord allé chercher conseil au Japon auprès de maîtres qui lui ont fait découvrir les merveilles cachées au fond de cette matière infiniment malléable qu’est la terre et lui ont appris comment insuffler à ce matériau une âme propre à chaque créateur. Ses tasses et ses jarres, toutes conçues manuellement, semblent s’inspirer de la technique chinoise du céladon, possédant en commun avec elle la couleur vert bleuté, la texture veloutée et le poids sûr qu’elles impriment au creux de la main.

Il n’en tient qu’à vous de venir ressentir le charme que ces pièces inspirantes autant au toucher qu’à la vue.

Tokoname: ville reine des kyusu

14 septembre 2011

kyusu_algues

Située sur la cote ouest de la péninsule de Chita au Japon, la ville de Tokoname est le repaire d’un nombre saisissant de potier de renom depuis plus de dix siècles. Considéré comme l’un des plus ancien four de cuisson artisanal, il faut tout de même prendre en considération le fait que les origines de l’artisanat potier de cette cité diffère quelque peu de son utilisation actuelle qui est de former ces si délicates et particulières théières kyusu. En fait, durant de longs siècles, Tokoname se spécialisa dans la confection de tuiles et de vases. Malgré ces débuts très éloignés de la fabrication raffinée des ustensiles de thé, les potiers de la région, prenant un soin précieux à la confection de leur argile et de leurs oeuvres, redéfinirent graduellement leur style (et la grosseur de leur oeuvres) aux alentour de l’ère Edo (1603-1867). C’est à cette époque que différents essais furent fait dans la confection d’objets pour la présentation des fleurs, pour l’usage du saké et, évidement, pour l’appréciation du thé. Grâce à l’amitié d’un potier et d’un amateur de théière yixing chinoise les deux hommes firent la lumière sur l’étrange ressemblance minérale entre les composantes de la terre de Yixing et celle de Tokoname. Cette découverte ravit les amateurs de thé et les potiers qui affluèrent encore davantage dans la région afin d’user de ce trésor naturel dont ils avaient jusqu’alors ignoré les vertus.

Devenue terre d’accueil à de nombreux artisans, une multitude de techniques plus impressionnantes les unes que les autres firent leur apparition. L’une d’elle en particulier, la technique mogake impressionne par ses motifs rougeâtres formant une toile d’araignée sur les contours des théières. Peu après le séchage de la pièce fraichement moulée, le potier attache aux parois de sa théière de nombreux morceaux d’algues qui réagiront aux minéraux de la terre durant la cuisson en laissant sur celle-ci des motifs serpentins des plus appréciables. D’autres prouesses techniques, telle la méthode yohen, qui consiste à placer la pièce sur un nid de cendre au sein du four, donnant à la pièce un aspect particulier résultant du caractère aléatoire du mouvement de la cendre durant la cuisson, ne cessent de ravir les yeux des amateurs d’objets d’art et de thé. Les théières ainsi crées se distinguent par une double coloration où s’opposent un noir charbon et la couleur rouge orangée de la terre de Tokoname. Une infinité de styles et de formes ont imprégnés les théières sortant des fours de Tokoname, et ce durant de nombreux siècles. Encore aujourd’hui, les potiers rivalisent d’ingéniosité afin d’offrir une multitude d’objets fonctionnels possédant par dessus tout une esthétique soignée et distinguées. Si le désir vous vient de vous rincer l’œil devant ces œuvres d’art, vous pourrez admirez quelques uns de ces trésors au sein de nos boutiques.

Manuel Legault Roy

Photographie: François Alexis Roy
spacer

 
 

série collection

Bienvenue dans la Série Collection.
Vous y trouverez des objets et des thés créés par les plus grands artisans d’Asie.

Visiter