Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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PURION

15 septembre 2015

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La céramique est une matière qui se décline en de multiples variantes rendant unique les instruments servant à la préparation du thé. Comme les filtres optiques venant modifier le rendu désiré par un photographe, la céramique peut grandement influer sur la liqueur. Du grès robuste et chaleureux à une porcelaine immaculée et translucide, chaque matière aura un effet différent sur le thé et sur celui qui le boit.

La céramique Purion, créé par le studio Lin’s Ceramic, dégage une impression particulièrement chaleureuse. Sa texture sablonneuse, uniforme et légèrement rugueuse évoque la texture du granit. Ce matériel, n’étant pas neutre comme le verre, peut être comparé aux théières Yixing. En laissant de l’eau bouillante quelques minutes dans une théière en céramique Purion, l’eau en ressort généralement bonifiée. Une eau plus dense et sédimentaire (comme celle du robinet) semblera plus légère or, l’effet lourd et âpre sera grandement dissipé. Avec une eau plus douce (comme une eau de source à faible teneur en minéraux), on remarquera une astringence modérée ainsi qu’une texture aérienne et minérale apportant dynamisme et caractère.

L’effet de ce type de céramique sera très varié en fonction du thé infusé. Par exemple, sur un wulong comme le Chi Ye aux accents empyreumatiques de bois, de fruit et de miel, la céramique de type Purion accentuera les flaveurs plus charnues de torréfaction et de bois tout en modifiant sa texture avec une légère astringence. Par contre, sur un wulong plus rond en bouche révélant des notes puissantes de torréfaction tel que le Ali Shan 1999 (cuisson charbon), cette céramique viendra adoucir et arrondir ce thé qui peut être exubérant. Grâce à son effet dynamisant et minéralisant, cette matière peut rééquilibrer certains thés plus capiteux et charpentés notamment, certains Pu er très terreux et très denses. À l’inverse, sur des thés vieillis plus jeunes, vif et frais, les aspects boisés, camphrés et forestiers, qui sont généralement relégués au second plan, seront plus perceptibles comme par exemple chez les Pu er sheng Banzhang 2009 et Menghai 2004. De plus, cet effet sera remarqué sur la majorité des thés plus délicats et aromatiques. La charpente de ces infusions sera mise en évidence alors que leurs bouquets et leurs aspects volatiles seront relégués au second plan. Pour les amateurs de thé franc et charpenté, c’est une belle occasion de redécouvrir, d’un autre point de vue, ces thés plus aériens.

La céramique Purion est un ajout à « l’arsenal » du dégustateur averti qui cherche à élargir ses possibilités en matière de céramique, ainsi que pour les amateurs de belles pièces en tout genre.

François Napoléon Mercier

D’un tour à l’autre

5 juin 2015

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Christian Roy en est à ses toutes premières séries alors que son expertise est déjà reconnue par ses pairs depuis maintes années. La raison est simple ; il tourne les pièces de nombreux artisans depuis sa sortie du Cégep Limoilou en 1998.

Si le métier de tourneur est bien connu en Asie, il est rarissime dans le monde de la céramique québécoise.

Cette expérience ajoute un chapitre de connaissance à l’artiste : « Ça m’a permis de me faire la main avec tout un bagage diversifié de techniques et de façons de faire. »

Screenshot_2015-02-12-09-08-17~2Pour ses propres œuvres, Christian travail avec différentes argiles, ce qui permet de créer de belles nuances de couleurs à ses pièces. La cuisson au gaz est lente, de même que le refroidissement pour obtenir le fini mat désiré. La glaçure ainsi atténuée ajoutera un aspect contemporain au résultat final.

En main, ses céramiques sont d’une robustesse agréable, mais ont aussi cette finesse et cette régularité qui laissent deviner ses années d’expérience au tour.

Le rituel du thé, qu’il soit simple ou complexe, est pour le potier une source d’inspiration : «  (…) les objets sont aussi fabriqués dans cet état d’esprit, rendre l’objet intéressant quand on prend le temps de prendre le thé.»

CÉRAMISTE D’ICI

Faites la rencontre d’artisans du Québec qui se passionnent pour les objets et l’art du thé. Tous les quatre mois, les pièces d’un créateur différent seront présentées dans cette vitrine unique, vous permettant d’apprécier la qualité et la formidable diversité du travail des céramistes d’ici.

Chantal Auger – De la fonction naît la beauté

4 juin 2014

Théière et bols

Chantal Auger a eu très tôt le coup de cœur pour la céramique : «Je cherchais un métier qui demandait autant le travail des mains que celui de l’esprit.  Quand je suis entrée dans un atelier de poterie à l’âge de 17 ans, j’ai su que c’est ce que je ferais de ma vie». Elle a fait sa formation à l’École des beaux-arts d’Aix-en-Provence, puis au Cégep du Vieux-Montréal. Voilà maintenant quatre décennies qu’elle raffine son art.

Sa passion du métier n’a pas faibli et elle apprécie toujours, comme elle le cite, «la responsabilité totale et entière de la création, à partir de l’argile jusqu’au produit fini».  «L’enseignement que donne la matière, ses exigences, ses contraintes… Ce métier exige la présence consciente de l’être tout entier, corps et âme», poursuit-elle.

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Elle utilise tant le grès que la porcelaine pour créer des pièces utilitaires en relation avec la nourriture. Ses émaux sont à base d’argile que le feu, par son pouvoir alchimique, révèle d’un caractère sobre et rustique.

Elle porte un grand respect aux philosophies orientales et particulièrement à l’esthétique de la cérémonie du thé. Dans son travail, la fonction crée la forme et l’utilité crée la beauté: «…que je travaille sur un bol à thé ou une tasse à café, mes préoccupations seront de servir la fonction de cet objet, la manière dont il se tient, dont il s’adapte aux lèvres pour boire, la façon dont il repose sur un pied ou non, l’élégance, la fluidité de la forme». Le thé et les infusions guident la conception et la fabrication de ses théières, afin d’arriver à l’objet fini dont elle sera fière: équilibré et répondant parfaitement à sa fonction.

Du Livre du potier de Bernard Leach, elle cite cette phrase (tirée du Chant des potiers hindous) qui a trouvé place dans son atelier et dans son cœur au tout début de sa carrière et qui ne l’a jamais quittée depuis : «Oh! Mon cœur! Ne ressemble pas à la roue, mais sois pareil au centre de la roue qui se tient au repos.  Si la roue tourne si activement, c’est parce que son centre est immobile.» 

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Le merveilleux défi de la théière

9 avril 2014

Synnott

La céramiste Fabienne Synnott aime façonner l’argile depuis son plus jeune âge. Elle a acquis sa formation à l’Université McGill, auprès de Richard Lynn Studham, un potier britannique.

Inspirée par la céramique asiatique, elle est particulièrement touchée par les glaçures traditionnelles du Japon : Shinos, céladons, tenmokus, Kakis. Pour elle, ce qui rend les objets du thé si particuliers c’est leur fonction rituelle. Elle tend d’ailleurs à attribuer cette dimension aux autres objets de la table.

Lorsqu’on la questionne sur son métier, elle trouve les mots pour exprimer son amour de la céramique: « Mes mains sont deux entités autonomes. Elles savent quoi faire quand je les mets au travail. […] Je suis inspirée par la nature et ses mille visages. Les textures et les motifs du règne végétal m’intéressent. J’adore la lumière et sa façon de tout transformer. Je peux être très émue à la vue de la lumière qui change la couleur d’une feuille.  Les symboles archétypaux comme la déesse et le guerrier me fascinent aussi. »

la belle urne de la femme à moustache...Elle apprécie la diversité et la complexité de chaque étape de son travail. Cependant, c’est au moment de sortir les pièces du four qu’elle trouve sa plus grande satisfaction. « Cuisant au gaz ou au bois, je travaille à préparer le terrain le mieux possible, afin que le feu laisse sa trace. La réduction d’oxygène, caractéristique de ces cuissons, transforme le fini des pièces en y laissant une palette de nuances que je trouve magnifique. Lorsque la transmutation se produit, je suis vraiment transportée au contact des pièces que le four m’offre. »

Par-dessus tout, elle aime la théière, dont la fabrication représente pour elle un merveilleux défi : « Je dis défi, car c’en est bien un! Voyez-vous, une théière est fabriquée en quatre morceaux qui doivent être tournés plus ou moins au même moment et qui seront ensuite tournassés, taillés et assemblés. Je traite chaque théière comme une sculpture à part entière. Je recherche autant l’harmonie esthétique que le plaisir d’utilisation par une bonne tenue en main, un bec qui verse bien, un tamis qui retient les feuilles sans bloquer, un couvercle qui ajoute une touche d’originalité et reste en place lorsqu’on verse.  Tout ça dans un objet que je veux unique et bien équilibré. Oui, c’est un beau défi à chaque fois!  Et que dire lorsqu’une de ces théières sort du four particulièrement bénie par le feu?! »

Elle aime boire le thé dans une fine porcelaine tout autant que dans un grès brut à l’engobe craquelé : « J’ai une collection très diversifiée de céramiques à boire. Tout est question autant d’humeur que de cépage.»

Fabienne Synnott vit et travaille à Québec. Elle prépare une résidence de création au Japon, en 2015

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France Turcotte: Le bonheur est dans la théière

1 août 2013

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France Turcotte pratique le métier de potière depuis plus de 35 ans. Elle a exploré tout au long de ces années plusieurs des nombreuses avenues qu’offre la céramique: cuissons raku, enfumage,  porcelaine, tournage de petites séries. Une de ces avenues a particulièrement suscité son intérêt : la création de théières. En effet, pour un potier, la conception d’une théière représente un grand défi technique et esthétique tant par la recherche de l’équilibre lors de l’intégration des différentes parties que par la recherche de l’harmonie entre la forme, la fonction, le décor et la glaçure. Elle réalise ses théières  au tour avec un grès blanc qu’elle cuit au four électrique à 1200 °C.

F TurcotteFrance Turcotte partage son temps entre son atelier et le Centre de céramique de Sainte-Foy, dont elle est la directrice. Jamais, au cours de sa carrière, elle n’a cessé d’être habité par la passion de la céramique et elle se réjouie chaque jour, de la chance qu’elle a de pratiquer ce métier.

Elle a remporté en 2010 le prix «  Ensemble théières et bols à thé »  du concours «  Terre et thé, concours québécois des objets du thé » de la maison de thé Camellia Sinensis.

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Terre et Thé 2013

25 juillet 2013

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Puisque l’idée derrière le concours Terre et Thé est de relier le monde de la céramique locale avec l’intérêt croissant pour les objets du thé, nous avons décidé cette année de collaborer avec 1001 Pots, le plus grand festival de céramique au Québec et un des événements les plus réputés en Amérique du Nord depuis maintenant 25 ans!

C’est donc avec plaisir que nous nous sommes installés dans un magnifique kiosque construit sur mesure pour nous à Val-David les 19 et 20 juillet derniers pour juger les pièces des participants et choisir nos grands gagnants de l’édition 2013.

Pour cette troisième édition du concours, l’objet choisi était la théière, une pièce difficile à exécuter et à rendre parfaitement fonctionnelle dû à l’aspect mécanique de l’infusion et du versage. Nous avons donc laissé aux membres de l’équipe de 1001 Pots le fastidieux travail de présélectionner auprès des 103 artisans un lot de 30 théières. Une grande diversité dans les tailles et les styles nous a alors été présentée.  Notre équipe, composée de quatre juges, a donc commencé son travail.

Bien que Catherine-Emma, céramiste, nous a partagé son analyse des différentes terres, techniques et glaçures utilisées, notre jugement devait se faire non pas sur la beauté ou la forme des objets présentés mais essentiellement sur les aspects techniques qui se rapportent au thé. Les notes étaient distribuées selon des critères spécifiques : la fonctionnalité, le confort, l’équilibre et le bon écoulement du bec. Notre expertise en tant qu’ «utilisateurs de théière» était la raison pour laquelle nous étions là.

Nous avons donc testé les théières en inscrivant nos commentaires. C’est à ce moment que nous nous sommes rendu compte que certaines des plus belles pièces étaient inutilisables, les rendant purement décoratives. Après quatre longues heures de délibération approfondie, nous avons mis notre travail ensemble pour constater à notre grande surprise que le choix des trois gagnants était unanime!

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Avant de décerner les prix, nous avons présenté au public d’artisans passionnés nos explications détaillées de tous les paramètres regardés dans notre processus de sélection. De cette manière, nous voulions favoriser l’échange entre les deux domaines mais aussi aider les céramistes dans leur création et le développement de leur travail en leur faisant comprendre les paramètres et notions nécessaires de ce marché très spécifique.

Puis est venu le temps du grand dévoilement ! Nous sommes donc très heureux de vous partager le nom des trois lauréats du concours Terre et Thé 2013 :

En 3ième place : Mahmoud Baghaeian

En 2ième place : Chantal Auger

Et notre grande gagnante de cette troisième édition, pour la meilleure Théière : Julie Lavoie.

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Merci à tous les céramistes et à l’équipe de 1001 Pots pour cette belle aventure.

On vous dit à l’année prochaine !

Shino : élégance abstraite

19 juillet 2013

Cette année, lors de notre voyage au Japon, un de nos objectifs était de découvrir la céramique de style Shino, une technique ancienne qui date du 16e siècle. Nous avons donc orienté nos recherches dans la région de Mino et c’est dans la petite ville de Mizunami que nous sommes allés rencontrer M. Kawaguchi dans son atelier.

M. Kawaguchi

Artisan potier depuis plus de 30 ans, il fait sa propre argile avec la matière brute locale qui vient de Toki. En effet, la terre dense et réfractaire de la région est d’une qualité exceptionnelle et très appréciée des potiers. Ainsi, il tourne chacun de ses bols sur un tour à potier. Les formes sont généralement massives, cylindriques et asymétriques comme le veut la tradition du Shino. Une fois les pièces sèches et émaillées, c’est au tour du feu de faire son travail.

Le céramiste nous invite donc à visiter son four à bois de type Anagama, qu’il a lui-même construit. Son four est impressionnant à voir de par sa masse imposante et sa haute cheminée. Lors d’une cuisson, qui dure en général une semaine, la température du four peut s’élever jusqu’à 1300 C. Une fois la cuisson terminée, le refroidissement des pièces peut s’étaler sur plusieurs jours selon la saison.

Ainsi, c’est au défournement que M. Kawaguchi découvre les pièces Shino avec leurs caractéristiques bien à elles. Une glaçure épaisse qui se dévoile différemment sur chaque bol, passant du blanc laiteux au gris charbon pour aller vers le rouge-orange vif. On peut aussi remarquer de petits trous sur la surface des pièces, une qualité que favorisaient les grands maîtres de thé de l’époque et qu’ils ont nommés yuzuhada ou « peau de citron ».

Les pièces Shino sont donc le résultat d’un long processus et la rencontre avec ce maître potier nous aura permis de comprendre la complexité de ces œuvres et d’en apprécier leur valeur. Des formes imparfaites, une trace de flamme, un dépôt de cendres, une glaçure légèrement craquelée dans laquelle les tanins du thé viendront se déposer au fil du temps…

Ces pièces de feu uniques sont récemment arrivées dans nos boutiques, venez les découvrir!

Catherine-Emma

Tokoname, préfecture d’Aichi, Japon.

24 mai 2013

Une des pièces de M.Yoshiki Murata

Par un bel après-midi du mois de mai, nous arrivons à Tokoname, petite ville côtière du pacifique qui se spécialise dans l’artisanat local traditionnel des théières kyusu. Au programme, visite de quelques ateliers de potiers afin de mieux comprendre les différentes techniques de fabrication des théières ainsi que les méthodes de cuisson typiques de la région, soit la technique ‘mogake’ pour l’obtention d’un décor organique fait avec des algues provenant des berges de Tokoname et la méthode ‘yohen’ d’où résulte les fameuses pièces à deux couleurs opposées, le rouge orangé au noir charbon.

M. Yoshiki Murata est un des céramistes que nous avons eu la chance de rencontrer. Il a 30 ans d’expérience dans le métier et dans ses temps libres, il aime expérimenter différentes sortes d’argiles, de formes et de cuissons en plus de s’entraîner car il a besoin de force pour exercer son métier et n’aime pas être trop mince: quel personnage! Lors de notre passage dans son atelier, il venait de faire une cuisson d’une semaine dans un four à bois traditionnel par pur plaisir et nous a montré les résultats. Fascinant, chaque pièce est un univers en soi. Les cendres qui se déposent au fil de la cuisson deviennent vitrifiées et forment une glaçure partielle où différentes couleurs apparaissent sur les pièces tout dépendant des minéraux contenus dans l’argile et des essences de bois utilisées lors de la cuisson. Par curiosité, nous avons demandé que pourrait être le prix de vente d’une pièce issue d’une si longue cuisson et avons décidé de continuer de rêver: quelques milliers de dollars chaque pièce!

M.Yoshiki Murata.

Outre ses multiples explorations, M. Murata se spécialise dans le tournage de théières de petits formats aux formes et couleurs variées et d’un raffinement hors du commun. Pour la confection de ses pièces, il utilise un grès local contenant un haut taux de fer dans lequel il ajoute un pigment qui contient lui aussi un taux élevé de fer qui se nomme ‘bengara’. C’est ce pigment qui donne la belle couleur rouge orangée typique des objets de Tokoname.

Les pièces subissent deux cuissons dans un four électrique. Une première à haute température pour vitrifier la terre, soit 1150 °C et une seconde à 800 °C pour pouvoir appliquer la technique du décor aux algues (mogake) ou pour la méthode de cuisson primitive d’enfumage fait avec les cosses de grains de riz (yohen). Pour ces deux techniques, la basse température est requise.

Les théières kyusu ont la particularité de ne pas être émaillées donc la paroi reste légèrement poreuse et permet de bonifier les infusions au fil du temps. M. Murata recommande les théières noires pour les thés foncés et les théières à la prédominance rouge orangé pour les thés plus pâles.  Nous aurons sous peu quelques kyusu de M. Murata et vous n’aurez qu’à passer dans une de nos boutiques pour admirer les pièces et vous laisser transporter jusqu’au bord de la mer nippone.

Sur la route de la porcelaine

29 avril 2013

Gaiwan de Jingdezhen de style moderne

La route rurale cahoteuse, dans un autobus trop vieux où l’on fume et klaxonne sans arrêt nous mène à cette ville poussiéreuse (dû à la production massive de céramique) et surpeuplée qu’est Jingdezhen. Si la ville n’est pas des plus inspirante au premier abord, on y trouve une communauté artistique fort présente et dynamique.

J’avais rendez-vous avec une certain Li Wen Ying qui tient avec son frère, un maître potier, une retraite pour artiste dans la campagne environnant la ville. Quelle magnifique surprise que de mettre les pieds dans cet endroit qui respire l’art où plusieurs étrangers y passent plusieurs semaines pour s’inspirer et apprendre de nouvelles techniques. Le centre est fait de plusieurs bâtiments construits à partir de matériaux recyclés, un ruisseau sillonne le terrain, la campagne est paisible. Nous y avons fait plusieurs rencontres agréables dont deux professeurs d’art américains du Kansas aux moustaches abondantes, un australien barbu et un artiste-peintre canadien que j’avais rencontré au Camellia il y a quelques années pour un vernissage auquel nous avons participé en offrant le thé. Le monde est petit.

Atelier d'un céramiste de Jingdezhen

Les gens du centre m’ont accompagné dans la ville pour me montrer différents styles et différentes qualités de céramique pour le thé. S’il y a beaucoup de «chinoiserie» et de la porcelaine bas de gamme inintéressante, notre longue journée d’exploration nous a permis de trouver des jeunes potiers émergents de l’Université de Jingdezhen (probablement la plus grande Université de céramique au monde avec ses quelques 10,000 étudiants!) ainsi que des pièces plus traditionnelles produites depuis des millénaires dans cette région (porcelaine blanche avec décor au cobalt). Plusieurs pièces intéressantes seront en boutique d’ici quelques semaines et il y a certainement un immense potentiel pour les années à venir.

François

La passion du feu de Matthieu Huck

2 avril 2013

Chawan signé Matthieu Huck La cuisson au bois est la plus ancestrale des méthodes de cuisson de l’argile. Elle engendre sur les pièces des nuances uniques de couleur et de texture grâce entre autres à la flamme, à la cendre et aux caractéristiques propres du four et du bois utilisé. Matthieu Huck partage son expérience.

Fasciné dès le début de sa carrière de céramiste par l’art du feu, Matthieu Huck oriente rapidement ses recherches vers la théière et le bol à thé. Explorant d’abord leur potentiel sculptural, il se concentre bientôt sur les aspects fonctionnels de ces objets empreints de noblesse. Depuis 2005, la cuisson au bois est devenue indispensable à son travail. Approfondissant d’abord ses connaissances auprès de céramistes d’expérience, il s’installe en 2009 à la campagne et construit son propre four à bois.

«Mon intérêt pour cet art du feu est animé par l’action des flammes, l’atmosphère changeante du four et les dépôts de cendres de bois sur les pièces. Les résultats sont marqués par des nuances variées, créant un décor naturel, minéral et unique… Chaque cuisson est une aventure durant laquelle se produit une communion entre les participants, entre eux et avec le four.»

Les pièces qu’il produit au four à bois, fabriquées de grès ou de porcelaine, sont principalement destinées au thé. Une cuisson dure environ une vingtaine d’heures, pour atteindre 1300 degrés Celsius. Elle requiert une grande quantité de bois, une attention constante et une préparation minutieuse. Les pièces, avec ou sans glaçures, doivent être enfournées avec précision suivant les résultats recherchés.

Matthieu HuckDiplômé du Centre de céramique Bonsecours de Montréal en 2003, Matthieu Huck poursuit sa formation grâce à de nombreux échanges avec différents céramistes de renom (Gilbert Poissant, Québec; Jeff Shapiro, É.-U.; Claude Champy, France). Spécialisé dans le tournage de production, il cumule aussi les expériences de cuisson dans les fours à bois d’autres potiers.

Récipiendaire de plusieurs prix, bourses et mentions, il reçoit, en 2011, le grand prix Chawan décerné par l’école de cérémonie du thé Urasenke de Montréal dans le cadre de l’exposition 1001 POTS, ainsi que le premier prix dans la catégorie « Jarre à thé vieilli » du concours TERRE & THÉ de la maison de thé Camellia Sinensis.

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