Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Ryakoubonne témaé onégaï shimatsou*

19 janvier 2012

* Annonce de la procédure au début de la cérémonie par l’hôte (écrit en phonétique française pour faciliter la prononciation)

chanoyu_chawan

La Maison de thé Camellia Sinensis offre maintenant des démonstrations et des cours de Chanoyu à Montréal et Québec.

Littéralement « eau chaude pour le thé » , le Chanoyu (茶の湯 ) est la cérémonie traditionnelle du thé au Japon, consistant tout simplement à préparer le thé en poudre (matcha) pour ses invités. Elle exige toutefois qu’il soit préparé et servi convenablement – avec respect – selon les valeurs culturelles, spirituelles et sociales rattachées à cette pratique (voir Chanoyu: Araichakin, une procédure de la fraîcheur).

Nous proposons des démonstrations en mars et en mai prochains à Montréal, et en avril prochain à Québec. C’est pour tous une occasion exceptionnelle d’immersion dans la richesse de la tradition japonaise et de découvrir non seulement un art accompli de la préparation du thé mais aussi l’exercice d’une voie spirituelle unique.

Je vous invite également à notre soirée d’information gratuite de 45 minutes, le lundi 30 janvier 2012 à 18h30 (aussi à Québec le 28 janvier à 14h) au sujet de notre première session de cours. Vous aurez alors l’occasion de rencontrer le professeur, Richard Chapdelaine, lui-même diplômé de l’école Urasenke du Japon. Il étudie et pratique la cérémonie depuis plus de 20 ans avec Soyo Kagemori Sensei. Sympathique, décontracté, mais rigoureux, M. Chapdelaine nous met en contact avec la culture japonaise.

La première session comprend 10 cours dans lesquels sera enseigné la procédure de cérémonie sur plateau: « Ryakubon temae ». Cette procédure de base vous permettra de préparer et d’offrir un thé selon les principes de la cérémonie, sur table et avec un minimum d’accessoires, chez vous ou chez des amis!

Appelez-nous pour réserver ou pour plus d’information!

Horaire des cours et ateliers

Bon thé!

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Raku : héritage de la Voie du thé

12 octobre 2011

Raku-rouge-et-noir

- Le Raku est une technique, mais avant tout c’est une philosophie. Bien sûr, connaitre les techniques est essentiel, mais seule la compréhension du message du raku permet au potier d’arriver à la perfection dans cet art extraordinairement simple et cependant subtil et complexe.

Hal Riegger, « Raku : art et technique »

Le Raku (楽焼 , raku-yaki, “cuit par la famille Raku”) est une technique de poterie en cuisson rapide d’origine coréenne et développée au Japon durant le XVIe siècle. Façonnées à la main et non tournées, les pièces Raku sont composées de grès chamotté pouvant résister à de grands chocs thermiques. D’un aspect rustique et naturel, elles sont poreuses, légères et fragiles. Cette technique permet de créer des objets uniques aux résultats aléatoires et singuliers comme il en est du paysage naturel.

Le Raku est né de la création de bols (chawan (茶碗)) pour la cérémonie traditionnelle du thé au Japon, le Chanoyu (茶の湯), à l’époque où se réforment et se définissent les bases de la Voie du thé qui perdurent aujourd’hui. Au XVIe siècle, avec l’influence du bouddhisme zen qui devient religion dominante au Japon, le maitre de thé Sen Rikyû (1521-1591) cherche à créer un bol à thé en accord avec les aspirations philosophiques de la cérémonie du thé, dont le wabi. Il s’attache alors la collaboration de Chôjirô (1516-1592) – apparemment un fabriquant de brique de construction – à qui il demandera de créer une terre cuite simple, plus modeste, qui évoque la nature et ses imperfections, pour remplacer les importations d’objets plus parfaits, luxueux et éclatants de céladon ou de tenmoku. Cette poterie sera aussi utilitaire et absorbera moins la chaleur du thé permettant une prise en mains plus confortable.

Vers 1582, Chôjirô formalise le style du Raku. Lui et ses descendants recevront du shôgun Taïko-Sama (Toyotomi Hideyoshi) un sceau gravé du terme Raku – le caractère évoquant la joie, le plaisir, la jouissance spirituelle – qu’il lui est permis d’apposer sur son ouvrage. Ainsi débutera la dynastie Raku.

Bon thé!

Photographie: François Alexis Roy

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Ouverture du Ro

16 novembre 2010

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Novembre ( 十一月 ). Si ce n’est pas déjà fait, c’est le temps de changer la disposition des tatamis ( 畳 ) de votre salle de thé japonaise, en vue de l’hiver. Dans le Chanoyu ( 茶の湯 ), la cérémonie traditionnelle du thé au Japon, c’est ro biraki, l’ouverture du ro ( 炉開き ). Le ro est un âtre sous forme de trou que l’on pratique au centre de la salle de thé pour y accueillir les charbons et la bouilloire que l’on nomme kama ( 釜 ). On pratique alors une procédure, soulignant l’ouverture du ro. Pour ce faire, il faut donc changer quelque peu la disposition des tatamis. Voici un exemple de disposition d’été et d’hiver pour une salle de thé à 4 tatamis et demi.

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salle-de-thé---disposition-été

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salle-de-thé---disposition-hiver

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Note : Normalement, c’est un kama d’hiver, plus gros et avec une ouverture plus large, qui chapeaute le ro. Faute d’en avoir un à ma disposition, c’est un kama d’été que l’on aperçoit sur la photographie.

Il s’agit de rapprocher des invités la chaleur des charbons, afin d’assurer leur confort; en été, il faut au contraire les en éloigner. C’est ainsi que, dès le mois d’octobre, le kama se déplace progressivement de l’extrémité de la salle de thé vers son centre. Et comme le brasier se trouve plus bas que le plancher, la chaleur se diffuse plus facilement au ras des tatamis sur lesquels nos invités et notre hôte sont directement assis. La présence du kama dans le ro empêche la chaleur de se dissiper directement au plafond. Rempli d’eau, il accumule la chaleur et fait aussi office de radiateur.

Bien sûr, ces pratiques sont inspirées par les réalités d’une autre époque. Pourtant, n’est t’il pas beau de savourer encore aujourd’hui toute leur ingéniosité et leur dépouillement?

Bon thé!

Chanoyu: Araichakin, une procédure de la fraîcheur

19 août 2010

Présentation des objets du thé dans Araichakin

Le Chanoyu (茶の湯 , littéralement « eau chaude pour le thé » ) est la cérémonie traditionnelle du thé au Japon, consistant tout simplement à préparer le thé pour ses invités. Elle exige toutefois qu’il soit préparé et servi convenablement, en respect avec les valeurs culturelles, spirituelles et sociales rattachées à cette pratique, dans un rituel particulièrement codifié. Influencée par le bouddhisme zen, la cérémonie du thé est régie par des règles très précises qui ont été définies et peaufinées au fil du temps, depuis le XIIe siècle, par les grands maîtres de cet art du thé en poudre, le matcha.

La cérémonie peut se dérouler de plusieurs manières différentes. C’est l’hôte qui choisira la procédure appropriée et préparera le thé en fonction de paramètres bien précis tels que le grade social de l’invité, les circonstances ou les événements, la saison, etc. Le moindre détail devra être pensé en fonction de ces paramètres afin de créer l’harmonie, de respecter les principes du chanoyu et d’offrir l’expérience la plus agréable possible à chacun des invités.

Que ce soit par l’arrangement floral, la calligraphie ou la peinture présenté dans la salle de thé, l’encens, la tenue vestimentaire ou encore le choix du chawan (茶碗 ) — le bol à thé — l’hôte pourra faire preuve de créativité et d’esprit afin de créer un environnement favorable et en accord avec la procédure choisie. Il devra cependant le faire avec subtilité et raffinement; il sera alors de mise de suggérer ou d’évoquer plutôt que de s’exprimer directement.

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Araichakin ( 洗い茶巾 , « laver le tissu à thé » ) est une procédure qui consiste à présenter les principaux objets de la préparation du thé sur et dans un chawan qui contient de l’eau pure afin d’évoquer la fraîcheur, les jours de grande chaleur de l’été.

Lorsque l’hôte pénètre dans la salle de thé avec le chawan contenant l’eau et les objets, ses invités — déjà installés — comprennent alors qu’il veut les mettre à l’aise et les soulager malgré la température chaude.

Il faut savoir qu’il s’agit d’une procédure informelle, dite tokushu. Communément, ces objets ne seraient pas nécessairement déjà dans la salle de thé, il n’y aurait pas d’eau fraîche dans le chawan et les objets n’y seraient pas humectés comme dans une procédure formelle, dite hirademae; procédures de base qui serait employée si l’invité était un haut dignitaire, par exemple.

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Dans le chawan, on disposera le chakin ( 茶巾 ), une toile blanche en lin, de forme rectangulaire qui sera utilisé pour le nettoyage du chawan. Celui-ci est en partie submergé dans l’eau; il sera plus tard essoré avec les mains, devant les invités, toujours pour suggérer un rafraîchissement. Nous trouverons aussi le chasen ( 茶筅 ), le fouet de bambou qui servira à fouetter le matcha, appuyé sur le bord du chawan avec les brins dans l’eau, posé sur le chakin submergé. Et enfin, le chashaku ( 茶杓 ), l’écope de bambou qui fait office de cuillère à thé.

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araichakin_chawan_hirajawan_P1030205Des hirajawan, convenables pour araichakin

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On utilisera un hirajawan, un bol dont l’ouverture est évasée. Ce type de chawan est utilisé l’été, car son ouverture élargie favorise la dissipation de la chaleur, ce qui permettra à l’hôte de servir un thé moins chaud lorsque la température de la saison est élevée.

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Remarquez, sur les photographies de la procédure, que notre hôte a choisi un chawan en verre. Il s’agit là d’un objet plus moderne; la céramique aurait été un choix plus traditionnel. Toutefois, le choix est ici très indiqué, original, habile et en accord avec les principes de la cérémonie du thé. Il est clair, dans ce cas, que le verre vient de lui-même appuyer l’intention de fraîcheur, de légèreté. Il met en évidence l’eau, l’élément qui est au cœur de l’évocation suggérée et qui est aussi le support du thé. Notez, sur ce chawan, la belle figure de bambou, un arbre souvent utilisé pour représenter l’été dans les cultures asiatiques. On peut saisir la compréhension inspirée du chanoyu qu’a le potier qui l’a réalisé et, aussi, le lien qui se crée entre lui et l’hôte de cérémonie, à travers la poterie.

Pourrait-on dire qu’il y a une place pour la créativité et l’inspiration personnelle dans le chanoyu, malgré la rigueur de ses principes et de ses procédures?

Cela vaut bien un rafraîchissement,

Bon thé!

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