Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

Blogue

Une constante recherche d’équilibre

20 octobre 2015

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Myriam Bouchard se consacre à la céramique depuis une dizaine d’années. Elle a d’abord été designer graphique pendant vingt ans, période durant laquelle elle a collectionné avec passion des pièces de céramique. Elle en a fait un métier en se formant par de nombreux stages avec des céramistes en France, aux États-Unis et au Québec.

Myriam aime le contact avec l’argile; ce médium aux possibilités infinies est celui qui correspond le plus à sa sensibilité. D’abord centré sur les objets de la table fabriqués au tour, son travail a pris un virage plus sculptural depuis cinq ans. Elle travaille avec différents types de cuisson : au bois, au gaz et électrique.

« J’aime les belles surprises quand j’ouvre le four, notamment quand je travaille en réduction d’oxygène (au four à bois ou au four à gaz), les surfaces s’animent sans qu’on ne puisse prévoir exactement les résultats, c’est la beauté de cet art. »

Myriam Bouchard-157Elle est touchée par la céramique japonaise, notamment par la façon dont les jeunes céramistes japonais allient le design moderne et la cuisson traditionnelle au four Anagama. Myriam adore faire les bols à thé et c’est souvent avec eux que la céramiste développe les glaçures qu’elle transpose ensuite sur ses grandes pièces. Elle a autant de plaisir à concevoir un bol à thé qu’une grande pièce: «Je retrouve un côté méditatif à m’installer au centre de l’atelier, à travailler un bol sur une tournette avec une musique qui me transporte».

Toujours très préoccupée par l’ergonomie du bol, elle le soupèse et le sculpte à plusieurs étapes du séchage jusqu’à ce que le poids soit balancé et que le bol soit confortable entre les mains. Elle porte également une attention particulière à la lèvre, pour que le bol soit agréable, que le thé se boive bien.

« Mon plaisir est vraiment de faire évoluer ma céramique, de toujours explorer de nouvelles pistes. Je fais un tri à chaque cuisson et je mets sur le marché seulement les pièces qui répondent à mes critères. Je ne vise pas la quantité, je suis heureuse avec une petite production, ça correspond pour moi à un rythme de vie calme qui me convient. »

Elle a remporté le premier prix à Carac’Terre et le deuxième prix à 1001 pots lors du concours Terre et Thé 2015, catégorie Chawan.

CÉRAMISTE D’ICI

Faites la rencontre d’artisans du Québec qui se passionnent pour les objets et l’art du thé. Tous les quatre mois, les pièces d’un créateur différent seront présentées dans cette vitrine unique, vous permettant d’apprécier la qualité et la formidable diversité du travail des céramistes d’ici.

La passion du feu de Matthieu Huck

2 avril 2013

Chawan signé Matthieu Huck La cuisson au bois est la plus ancestrale des méthodes de cuisson de l’argile. Elle engendre sur les pièces des nuances uniques de couleur et de texture grâce entre autres à la flamme, à la cendre et aux caractéristiques propres du four et du bois utilisé. Matthieu Huck partage son expérience.

Fasciné dès le début de sa carrière de céramiste par l’art du feu, Matthieu Huck oriente rapidement ses recherches vers la théière et le bol à thé. Explorant d’abord leur potentiel sculptural, il se concentre bientôt sur les aspects fonctionnels de ces objets empreints de noblesse. Depuis 2005, la cuisson au bois est devenue indispensable à son travail. Approfondissant d’abord ses connaissances auprès de céramistes d’expérience, il s’installe en 2009 à la campagne et construit son propre four à bois.

«Mon intérêt pour cet art du feu est animé par l’action des flammes, l’atmosphère changeante du four et les dépôts de cendres de bois sur les pièces. Les résultats sont marqués par des nuances variées, créant un décor naturel, minéral et unique… Chaque cuisson est une aventure durant laquelle se produit une communion entre les participants, entre eux et avec le four.»

Les pièces qu’il produit au four à bois, fabriquées de grès ou de porcelaine, sont principalement destinées au thé. Une cuisson dure environ une vingtaine d’heures, pour atteindre 1300 degrés Celsius. Elle requiert une grande quantité de bois, une attention constante et une préparation minutieuse. Les pièces, avec ou sans glaçures, doivent être enfournées avec précision suivant les résultats recherchés.

Matthieu HuckDiplômé du Centre de céramique Bonsecours de Montréal en 2003, Matthieu Huck poursuit sa formation grâce à de nombreux échanges avec différents céramistes de renom (Gilbert Poissant, Québec; Jeff Shapiro, É.-U.; Claude Champy, France). Spécialisé dans le tournage de production, il cumule aussi les expériences de cuisson dans les fours à bois d’autres potiers.

Récipiendaire de plusieurs prix, bourses et mentions, il reçoit, en 2011, le grand prix Chawan décerné par l’école de cérémonie du thé Urasenke de Montréal dans le cadre de l’exposition 1001 POTS, ainsi que le premier prix dans la catégorie « Jarre à thé vieilli » du concours TERRE & THÉ de la maison de thé Camellia Sinensis.

CÉRAMISTE D’ICI

Faites la rencontre d’artisans du Québec qui se passionnent pour les objets et l’art du thé. Tous les deux mois, les pièces d’un créateur différent seront présentées dans cette vitrine unique, vous permettant d’apprécier la qualité et la formidable diversité du travail des céramistes d’ici.

Julie Lavoie: Portrait d’une potière de chez-nous!

31 janvier 2013

CÉRAMISTE D’ICI

Faites la rencontre d’artisans du Québec qui se passionnent pour les objets et l’art du thé. Tous les deux mois, les pièces d’un créateur différent seront présentées dans cette vitrine unique, vous permettant d’apprécier la qualité et la formidable diversité du travail des céramistes d’ici.

CÉRAMISTE D’ICI février-mars 2013

JUILIE LAVOIE Chawans Julie Lavoie

La passion de Julie Lavoie pour le monde de la céramique naît en 2005, alors qu’elle étudie au Centre de céramique Bonsecours à Montréal. Elle y développe alors un intérêt marqué pour la porcelaine et les cuissons de haut feu.

Quelques années plus tard, elle entreprend un voyage de six mois au Japon, dans le but d’en apprendre davantage sur les types de fours à bois et les techniques de cuisson s’y rapportant. Ce voyage lui permet d’apprécier les objets du thé de façon beaucoup plus approfondie. Elle découvre également que l’objet céramique, œuvre de l’artisan, est omniprésent dans la société japonaise et elle se laisse imprégner par leur façon d’aborder la matière et de la transformer. C’est dans cet esprit qu’elle élabore une série d’objets destinés à la dégustation du thé.

La forêt est pour elle une source d’inspiration infinie: les arbres et leur présence si particulière, mais aussi le ciel sur lequel ils se découpent jour et nuit ainsi que les cours d’eau dans lesquels ils se réfléchissent. Son désir de se rapprocher de la nature lui a récemment fait quitter Montréal pour installer son atelier dans un petit village de la région de l’Estrie.

Les pièces qu’elle propose sont cuites au four à gaz, à haute température. Elle utilise des émails qui lui sont propres, fruit d’une longue recherche qui lui permet de créer un univers unique et personnel. Comme support, elle privilégie la porcelaine pour sa délicatesse, sa résistance ainsi que sa blancheur, qualités qui offrent à l’émail tout l’espace nécessaire pour raconter son histoire.

À propos de son travail, Julie explique: ” Un bol qui se moule à la paume de la main et qui s’harmonise parfaitement au contact des lèvres, pour livrer ses promesses d’arômes. Voilà toute la simple poésie d’une pièce de céramique. Les objets des arts de la table et du thé sont ceux que j’affectionne le plus, car leur présence nourrit notre quotidien.”

Les pièces de Julie seront présentées durant les mois de février et mars dans nos boutiques du Nouvo St-Roch à Québec et du Quartier Latin à Montréal. Vous pourrez également vous les procurer directement sur notre tout nouveau site web. L’amateur de thé en vous ne pourra résister à l’envie de s’offrir ces pièces uniques, faites avec passion, au Québec.

théières de Julie Lavoie

Raku : héritage de la Voie du thé

12 octobre 2011

Raku-rouge-et-noir

- Le Raku est une technique, mais avant tout c’est une philosophie. Bien sûr, connaitre les techniques est essentiel, mais seule la compréhension du message du raku permet au potier d’arriver à la perfection dans cet art extraordinairement simple et cependant subtil et complexe.

Hal Riegger, « Raku : art et technique »

Le Raku (楽焼 , raku-yaki, “cuit par la famille Raku”) est une technique de poterie en cuisson rapide d’origine coréenne et développée au Japon durant le XVIe siècle. Façonnées à la main et non tournées, les pièces Raku sont composées de grès chamotté pouvant résister à de grands chocs thermiques. D’un aspect rustique et naturel, elles sont poreuses, légères et fragiles. Cette technique permet de créer des objets uniques aux résultats aléatoires et singuliers comme il en est du paysage naturel.

Le Raku est né de la création de bols (chawan (茶碗)) pour la cérémonie traditionnelle du thé au Japon, le Chanoyu (茶の湯), à l’époque où se réforment et se définissent les bases de la Voie du thé qui perdurent aujourd’hui. Au XVIe siècle, avec l’influence du bouddhisme zen qui devient religion dominante au Japon, le maitre de thé Sen Rikyû (1521-1591) cherche à créer un bol à thé en accord avec les aspirations philosophiques de la cérémonie du thé, dont le wabi. Il s’attache alors la collaboration de Chôjirô (1516-1592) – apparemment un fabriquant de brique de construction – à qui il demandera de créer une terre cuite simple, plus modeste, qui évoque la nature et ses imperfections, pour remplacer les importations d’objets plus parfaits, luxueux et éclatants de céladon ou de tenmoku. Cette poterie sera aussi utilitaire et absorbera moins la chaleur du thé permettant une prise en mains plus confortable.

Vers 1582, Chôjirô formalise le style du Raku. Lui et ses descendants recevront du shôgun Taïko-Sama (Toyotomi Hideyoshi) un sceau gravé du terme Raku – le caractère évoquant la joie, le plaisir, la jouissance spirituelle – qu’il lui est permis d’apposer sur son ouvrage. Ainsi débutera la dynastie Raku.

Bon thé!

Photographie: François Alexis Roy

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Chanoyu: Araichakin, une procédure de la fraîcheur

19 août 2010

Présentation des objets du thé dans Araichakin

Le Chanoyu (茶の湯 , littéralement « eau chaude pour le thé » ) est la cérémonie traditionnelle du thé au Japon, consistant tout simplement à préparer le thé pour ses invités. Elle exige toutefois qu’il soit préparé et servi convenablement, en respect avec les valeurs culturelles, spirituelles et sociales rattachées à cette pratique, dans un rituel particulièrement codifié. Influencée par le bouddhisme zen, la cérémonie du thé est régie par des règles très précises qui ont été définies et peaufinées au fil du temps, depuis le XIIe siècle, par les grands maîtres de cet art du thé en poudre, le matcha.

La cérémonie peut se dérouler de plusieurs manières différentes. C’est l’hôte qui choisira la procédure appropriée et préparera le thé en fonction de paramètres bien précis tels que le grade social de l’invité, les circonstances ou les événements, la saison, etc. Le moindre détail devra être pensé en fonction de ces paramètres afin de créer l’harmonie, de respecter les principes du chanoyu et d’offrir l’expérience la plus agréable possible à chacun des invités.

Que ce soit par l’arrangement floral, la calligraphie ou la peinture présenté dans la salle de thé, l’encens, la tenue vestimentaire ou encore le choix du chawan (茶碗 ) — le bol à thé — l’hôte pourra faire preuve de créativité et d’esprit afin de créer un environnement favorable et en accord avec la procédure choisie. Il devra cependant le faire avec subtilité et raffinement; il sera alors de mise de suggérer ou d’évoquer plutôt que de s’exprimer directement.

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Araichakin ( 洗い茶巾 , « laver le tissu à thé » ) est une procédure qui consiste à présenter les principaux objets de la préparation du thé sur et dans un chawan qui contient de l’eau pure afin d’évoquer la fraîcheur, les jours de grande chaleur de l’été.

Lorsque l’hôte pénètre dans la salle de thé avec le chawan contenant l’eau et les objets, ses invités — déjà installés — comprennent alors qu’il veut les mettre à l’aise et les soulager malgré la température chaude.

Il faut savoir qu’il s’agit d’une procédure informelle, dite tokushu. Communément, ces objets ne seraient pas nécessairement déjà dans la salle de thé, il n’y aurait pas d’eau fraîche dans le chawan et les objets n’y seraient pas humectés comme dans une procédure formelle, dite hirademae; procédures de base qui serait employée si l’invité était un haut dignitaire, par exemple.

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Dans le chawan, on disposera le chakin ( 茶巾 ), une toile blanche en lin, de forme rectangulaire qui sera utilisé pour le nettoyage du chawan. Celui-ci est en partie submergé dans l’eau; il sera plus tard essoré avec les mains, devant les invités, toujours pour suggérer un rafraîchissement. Nous trouverons aussi le chasen ( 茶筅 ), le fouet de bambou qui servira à fouetter le matcha, appuyé sur le bord du chawan avec les brins dans l’eau, posé sur le chakin submergé. Et enfin, le chashaku ( 茶杓 ), l’écope de bambou qui fait office de cuillère à thé.

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araichakin_chawan_hirajawan_P1030205Des hirajawan, convenables pour araichakin

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On utilisera un hirajawan, un bol dont l’ouverture est évasée. Ce type de chawan est utilisé l’été, car son ouverture élargie favorise la dissipation de la chaleur, ce qui permettra à l’hôte de servir un thé moins chaud lorsque la température de la saison est élevée.

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Remarquez, sur les photographies de la procédure, que notre hôte a choisi un chawan en verre. Il s’agit là d’un objet plus moderne; la céramique aurait été un choix plus traditionnel. Toutefois, le choix est ici très indiqué, original, habile et en accord avec les principes de la cérémonie du thé. Il est clair, dans ce cas, que le verre vient de lui-même appuyer l’intention de fraîcheur, de légèreté. Il met en évidence l’eau, l’élément qui est au cœur de l’évocation suggérée et qui est aussi le support du thé. Notez, sur ce chawan, la belle figure de bambou, un arbre souvent utilisé pour représenter l’été dans les cultures asiatiques. On peut saisir la compréhension inspirée du chanoyu qu’a le potier qui l’a réalisé et, aussi, le lien qui se crée entre lui et l’hôte de cérémonie, à travers la poterie.

Pourrait-on dire qu’il y a une place pour la créativité et l’inspiration personnelle dans le chanoyu, malgré la rigueur de ses principes et de ses procédures?

Cela vaut bien un rafraîchissement,

Bon thé!

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Hugo au Japon, bols et chawans (1 de 2)

3 juin 2010

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Lorsqu’on pense au Camellia Sinensis, on pense surtout au thé. Celui importé directement des producteurs de Chine, de Taiwan, de l’Inde, etc. On oublie par contre que 80% des théières, bols à thé et accessoires que l’on retrouve dans nos boutiques sont également des importations privées! Depuis plus de 6 ans, nous importons nos théières et nous participons au design, en plus de superviser la confection de certains modèles.

Profitant du privilège d’être en terre nipponne cette année, j’ai décidé de pousser plus loin notre recherche sur les chawan et les bols à thés. J’ai donc visité plusieurs artisans de Hagi, ville potière célèbre pour ces objets du thé. Après une journée, la déception était au plus au point. J’avais vu beaucoup de pièces, mais la plupart étaient sans « âme ». Le lendemain, sur le point d’abandonner, j’entre chez M. Nakahara. Plus de 30 ans d’expérience. Une maîtrise des différents style (Kairagi, Oni-hagi, Hime-Hagi, etc.) de bols à thé et de chawan pour la préparation du matcha, offerts à des prix plus que raisonnables pour la qualité de tels pièces.

M. Nakahara va chercher lui même la terre rouge nécessaire à sa production sur l’île de Mishima au large de Hagi. Ses cuissons sont effectuées dans un four à bois ou au gaz. Lorsqu’on regarde ces pièces aux allures « brutes », on les imagine lourdes. Mais on demeure surpris de leur légèreté en les prenant dans nos mains et il est difficile de les relâcher par la suite… Soyez-en avertis! Nous devrions recevoir ses pièces vers la fin juin si vous désirez voir son travail de plus près.

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La préparation du matcha

10 mars 2010

Bien que la cérémonie traditionnelle japonaise du thé (chanoyu) peut paraître complexe et inaccessible pour la plupart des amateurs, le matcha n’en est pas pour autant si compliqué à préparer. Désormais de plus en plus populaire pour ses saveurs agréables, son effet vivifiant et ses propriétés bénéfiques sur notre santé, ce thé en poudre de couleur vert brillant est une expérience mémorable pour quiconque ose s’y tremper les lèvres pour la première fois. Pour ce thé, nul besoin d’une théière. Nous aurons cependant besoin d’un instrument particulier, le chasen (un fouet taillé d’un morceau de bambou) ainsi qu’un chawan (un grand bol à thé) et une petite passoire fine pour son tamisage. Voici les étapes de base à sa préparation:

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Préchauffer préalablement le chawan en y ajoutant de l’eau bien chaude qui y reposera plusieurs dizaines de secondes. Y agiter doucement le chasen pour faciliter l’hydratation de ses lames et ainsi favoriser leur souplesse. Jeter l’eau puis bien sécher  l’intérieur du chawan à l’aide d’un linge propre. À l’aide de la passette et d’une cuillère, tamiser environ une cuillère à thé rase de matcha (afin d’aérer la poudre, ce qui nous permettra d’obtenir une émulsion à la mousse plus onctueuse et sans grumeaux).

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Verser ensuite sur la poudre de 50 à 100 millilitres d’eau (selon l’intensité désirée) avoisinant les 70-75°C puis, en un mouvement allant du fond du bol vers la surface, fouetter le thé d’un mouvement énergique et constant à l’aide du chasen. Pendant le mouvement, les brins du fouet ne devraient pas se frotter directement au fond du chawan, ni s’écraser sur les bords de ce dernier à chaque geste. Lorsqu’une mousse délicate commence à se former, remonter le fouet plus à la surface de l’émulsion et continuer à fouetter plus doucement en s’assurant de briser les plus grosses bulles s’y trouvant.

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Après avoir retiré le fouet (que vous pourrez rincer à l’eau chaude après votre dégustation terminée), il ne vous reste plus qu’à savourer en quelques gorgées la délicieuse émulsion “de jade” que vous venez de préparer. Bien que je vous invite à déguster votre matcha sans artifices, il faut dire que, traditionnellement, une petite friandise sera consommée avant d’absorber le thé, histoire de réveiller nos papilles au liquide émeraude légèrement amer. D’ailleurs, le chocolat noir l’accompagne à merveille; il ne s’agira que d’en laisser fondre un morceau dans notre bouche avant de permettre à la première gorgée de matcha à venir nous enivrer.

1,2,3…Matcha!

19 juin 2009

Un de mes chers lecteurs, Tommy, m’a suggéré de vous offrir mes impressions que me laissent les 3 différents Matcha que nous proposons sur notre carte. Je vais d’abord vous faire un petit résumé de ce qu’est le Matcha et d’où proviennent ces trois grades avant de vous présenter le trio de “poudres vertes”.

Le Matcha provient, traditionnellement et comme dans le cas de ceux que nous sélectionnons, de la mouture sur meule de pierre ou de céramique de feuilles de Tencha, un style de Gyokuro ayant été traité avec grand soin: on aura retiré soigneusement chacune des nervures des feuilles de Gyokuro avant de moudre finement ces dernières. C’est dans la belle région de Uji, au Japon, que l’on produit les Matcha les plus précieux. Particulièrement encore bien vivante dans la région de Kyoto, l’art de la cérémonie du thé (chanoyu) est d’ailleurs nourrie par ces productions locales de la plus haute qualité. Avec la méthode employée pour préparer le Matcha, une émulsion est créée quand la poudre est battue à l’aide d’un fouet de bambou (chasen) dans une petite quantité d’eau contenue dans un bol (chawan). Plusieurs grades sont disponibles sur le marché allant d’un dizaine de dollars la boîte de 50 grammes jusqu’à plusieurs centaines de dollars pour une quantité équivalente. Si certains des meilleurs grades seront utilisés pour la dégustation du thé léger (usucha) et d’autres pour le thé épais (koïcha), les Matcha dits “de cuisine” sont des grades inférieurs, pouvant provenir du Japon comme de d’autres pays producteurs, qui ne sont pas choisi pour être dégustés mais pour être ajoutés à des préparations alimentaires (crème glacée, smoothies, pâtisseries, etc.).

Les trois Matcha de dégustation que nous proposons sur notre carte sont élaborés par Monsieur Marukyu, producteur de onzième génération, dans la célèbre région de Uji:

Matcha Yugen: Onctueux, rond et puissant, possédant une amertume agréable, son caractère végétal aux accents iodés cache des notes de cacao, de noix de grenoble et d’amidon de pomme de terre.

Matcha Sendo: Dense, riche et équilibré, son émulsion est légèrement sucrée avec des notes de chocolat noir, de topinambours et d’épinards tendres. Il est savoureux mais ne présente aucune amertume.

Matcha Choan: Notre Matcha le plus fin. Sa texture est crémeuse et fondante. Équilibré, délicatement sucré et iodé, il possède des notes de beurre doux, de petits fruits, de chocolat au lait et de verdures fines. Gage de la grande qualité des feuilles utilisées pour sa fabrication, c’est la douceur riche et complexe de ses arômes qui fait la grande valeur de ce thé.

Je compare souvent un matcha à une tasse de café expresso: Plus ou moins allongé (ou ristretto, c’est-à-dire “serré”), c’est une boisson intense en goût, en caféine, en éléments, vitamines et antioxydants, que l’on boit en quelques gorgées seulement… en boire un bol au complet serait impensable et surtout beaucoup trop puissant! Son effet est rafraîchissant, stimulant et vivifiant, il porte à la concentration et à l’éveil de l’esprit. Il n’est d’ailleurs pas surprenant d’apprendre que les samouraïs ou les moines en faisaient usage avant les combats ou leur méditation, le matcha ayant la réputation de nous permettre de mieux se centrer et de focaliser sur ce que nous faisons. Riche et substantiel, c’est un thé qui, malgré sa petite quantité avalée, nous donne la réelle l’impression de nous nourrir… en fait, c’est la feuille entière que l’on absorbe! Un incontournable, tant au goût qu’à l’effet, que je vous recommande sans hésitation. Vous pouvez en faire l’expérience à notre salon de thé du Quartier-Latin (Montréal), à l’activité-atelier du Japon que nous offrons ou encore au pavillon japonais du Jardin Botanique de Montréal les samedis en période estivale.

 
 

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