Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Des nouvelles de Gabriel en Inde avec Kevin.

18 avril 2014

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Après 22 heures d’attente et de vol, Kevin et moi arrivons enfin à Calcutta. Dans l’immense chaos de cette ville légendaire, nous trouverons les premières petites perles qui s’assembleront dans notre carte cette année.

Kevin retrouve son cher ami qui nous conduira à son bureau pour goûter les quelques vingtaines de thés choisis pour nous. Un Jungpana et un Thurbo séduisent nos papilles. C’est parti!

Nous rencontrons un scientifique spécialisé en consultation à travers le monde et un grand acheteur de thés noirs de Darjeeling de Tokyo. Deux jours plus tard, nous laissons Calcutta derrière et volons jusqu’à Darjeeling où une journaliste de La Presse nous attend, Marie-Soleil Désautels. Elle nous suivra durant cinq jours d’un jardin à l’autre, sollicitant Kevin d’une myriade de questions sur son aventure traditionnelle du printemps.

Nous passons par Longview, Singell, Castelton, Goomtee, Steinthal, Glenburn, Jungpana, sillonnant la route cahoteuse des montagnes et vallées embrumées de Darjeeling. Les propriétaires des jardins nous accueillent tous chaleureusement, nous invitent à goûter plusieurs de leurs thés fraîchement cueillis.

Mes coups de cœur jusqu’à présent : la visite de Jungpana, où seul un sentier dans une vallée mène aux plantations, et le Moonlight de Castelton… Trié à la main, frais et composé de magnifiques bourgeons, ce thé coule comme un nectar sur le palet, laissant en bouche une sensation parfaite d’équilibre de saveurs boisées, fruitées et de muscat.

À l’heure où je vous écris, nous sommes à Goomtee, prêts à se lancer à l’attaque de deux autres jardins : Gopaldhara et Thurbo.

Gabriel

Carte des jardins de Darjeeling

10 mars 2014

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Situez l’origine de vos Darjeeling préférés et suivez Kevin lors de son prochain périple à travers les jardins de ce fascinant terroir Himalayen!

Cette carte, créée graduellement depuis les deux dernières années par John Myers du Camellia-Sinensis à Montréal, est un projet en évolution. Ayant recueilli les données et photographies des multiples voyages de Kevin dans la région, John poursuivra la mise à jour de la carte en temps réel en publiant continuellement les nouvelles informations que Kevin lui fournira.

Consultez la carte!

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D’ailleurs, si vous avez des commentaires et/ou suggestions à nous faire parvenir, sachez que votre participation sera la bienvenue! Nous désirons que cette carte soit la plus juste possible alors merci de communiquer avec nous via info@camellia-sinensis.com.

De plus, libre à vous de publier cette carte et de créer des liens vers celle-ci. Si tel est le cas, merci de bien indiquer que le crédit (©) appartient à Camellia-Sinensis.

Thé noir : D’une nécessité historique au plaisir quotidien!

21 février 2014

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Grâce au puissant rayonnement que les thés noirs ont connus au fil des trois derniers siècles, rare sont ceux qui n’ont jamais goûté à un thé de cette famille. Importée de Chine dès le début du 17 siècle, les britanniques ont rapidement introduit cette boisson dans leur diète en raison de ses vertus et du bienfait évident qu’elle apportait au quotidien. La pause de fin d’après-midi où le thé était servi avec du lait, du sucre et un goûter permit ainsi à la population de résister aux rudes conditions de travail exigées par la révolution industrielle.

Une autre révolution, celle que nous faisons autour du soleil, nous fait vivre chaque année une saison où le climat nous incite à rechercher des boissons riches et vivifiantes. Si certains terroirs sont bien connus, d’autres plus discrets vous offrent des thés noirs qui sauront aussi agrémenter vos matinées ou vos retours d’excursions hivernales. Voici donc quelques idées alléchantes!

oxydationLa longue oxydation à l’étouffée, par laquelle passent les fines feuilles et bourgeons soigneusement sélectionnés des thés de Chine, engendre des liqueurs riches et douces, aux textures surprenantes et onctueuses. Leurs arômes de bois résineux, de cacao ou d’arachides côtoient les parfums plus délicats de rose ou de cassis. Si certains sont suaves et fins, d’autres plus rustiques présentent des notes de feu de bois ou de cuir. Suivez l’épanouissement et la diversification de ces thés de plus en plus populaire en Chine.

Si la mécanisation moderne des thés issus du savoir-faire britannique inonde le marché de recettes et marques classiques, pourquoi ne pas vous laisser tenter par l’expérience d’un thé d’origine unique. De l’Assam aux Nilgiri, du Sri Lanka au Kenya, retrouvez les saveurs maltées et boisées de ces thés pleins et corsés aux accents d’épices ou de fruits secs. Accessibles et versatiles, avec ou sans lait, ils sauront raviver votre flamme en cette saison glaciale!

La région de Darjeeling, avec ses différentes récoltes, offre des liqueurs équilibrées et complexes, au large spectre de saveurs, passant des nuances printanières, végétales et florales, au caractère réconfortant des productions d’été et d’automne aux notes d’écorces de bois noble et de caramel. Raffinées et savoureuses, ces liqueurs ont conquis le monde sous l’appellation de champagnes des thés noirs!

Les plus aventuriers se régaleront de la liqueur pleine et sucrée du Nadeshikol’innovation récente du Japon. Taiwan sait aussi nous impressionner avec son célèbre Sun Moon Lake aux notes végétales et mentholées ou bien, provenant de la côte est, le Hualien Fengmi aux parfums floraux intenses et mielleux.

Laissez vous charmer par la richesse de cette famille et accompagnez vos rencontres amicales d’une théière bien chaude et servie en toute simplicité!

LaKyrsiew: l’élégante finesse des collines oubliées de Meghalaya

4 février 2014

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Il y a près de deux-cents ans, avant même que l’Inde ne cultive le thé, la compagnie des Indes Orientales envoya des agents à travers le sous continent afin d’identifier les emplacements idéaux pour ce nouveau projet.

Les collines verdoyantes de l’État relativement peu connu de Meghalaya, au sud de l’Assam, furent une des régions choisies pour ses conditions parfaites. Cependant, en raison de son isolement, de l’absence de main d’œuvre, par crainte  que le projet ne soit trop couteux et qu’il ne rivalise pas avec l’Assam, région voisine de forte production, les plans pour cette région furent abandonnés et le terrain laissé sauvage.

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Deux siècles plus tard, en 2000, ces plans anciens furent découverts et relancés. Le Jardin LaKyrsiew fut ainsi peuplé de cultivars de Darjeeling tels que AV2, T78 et B312 afin de profiter des versants nord s’élevant entre 1000 m et 1300 m au-dessus des plaines. Les forêts vierges furent défrichées révélant un sol riche et fertile inégalé dans les régions de production massive. Les pratiques de la culture biologique furent instaurées dès le début. Un contour fut soigneusement créé afin de protéger la couche arable du ruissèlement infligé par les pluies diluviennes en période de mousson. Les champs furent irrigués à l’aide d’une source nichée au cœur de la jungle sur la partie la plus escarpée du domaine, pourvoyant une eau claire et douce à l’année.

L’équipe de LaKyrsiew s’orienta vers un projet de haute qualité, à l’image de Darjeeling, avec une cueillette fine, un flétrissage dur et un séchage chaud et rapide. Le Jardin possède sa propre fabrique, conçue avec une attention particulière aux  détails, comme en témoigne leur élégante table de roulage en laiton.

En raison d’une taille tardive en février/mars, leurs premières récoltes commencent entre la fin avril et le début mai.

Exclusif à Camellia-Sinensis en Amérique du Nord, les thés de LaKyrsiew sont produits en quantités extrêmement limitées. En 2012, le jardin produisit moins de 500 kg, c’est à dire moins que la production de plusieurs jardins d’Assam lors d’une bonne journée! La combinaison d’un sol de première qualité, d’une sélection judicieuse de plants et de l’attention obsessive aux détails a permis de créer ce thé exquis et unique au caractère gustatif original. La constance sera leur grand défi pour les années à venir. Je compte bien visiter LaKyrsiew au printemps afin de suivre cette histoire fascinante.

« Le LaKyrsiew de Meghalaya est un thé noir d’exception : grâce à son étonnante plénitude raffinée, sa structure et sa définition exemplaire ainsi que son rendu léger et éthérique… » Kevin

Un bon exemple de responsabilité

6 août 2012

M. Rai

Le thé que nous buvons avec délectation est le produit d’un immense travail nécessitant la participation de plusieurs acteurs. De la cueilleuse au vendeur de thé en passant par le transformateur, il est intéressant de s’attarder aux créateurs de notre boisson favorite. La première escale mettra en scène un des métiers de l’industrie du thé indienne nécessitant beaucoup de sang froid, d’ingéniosité ainsi qu’un talent pour la persuasion. Présentation du rôle d’un gérant de jardin en Inde.

Ce n’est pas une mince tâche que de s’assurer du bon fonctionnement d’une plantation. Celles-ci étant généralement de grande superficie, elles comptent souvent plusieurs milliers d’employés qui se fient au savoir-faire de cet individu ayant été choisi pour veiller à leur bien-être. Il faut savoir qu’une plantation de thé de cette envergure n’est pas un simple lieu de travail et s’apparente bien souvent à un village. Elle possède donc toutes les installations nécessaires à une existence humaine moyenne : habitations, cliniques, écoles et cafétérias. Bien évidement, le bon fonctionnement de toute cette infrastructure repose sur les épaules (plutôt solides) du gérant. On peut presque voir en lui l’équivalent d’un maire de village. Ceci n’est que le début des fonctions de ces hommes hors pair.

Viennent ensuite les considérations agricoles. Le gérant est aussi celui qui doit assurer que la récolte se déroule sans anicroche. C’est pour cette raison que les gérants les plus prisés sont ceux qui ont reçu une éducation supérieure en agronomie. Par contre, ce cursus n’est pas le seul pouvant mener à la gérance d’un jardin de thé. Certains sont des hommes de la région ayant offert de bons et loyaux services sur la plantation de nombreuses années durant, tant et si bien que ceux-ci deviendront apprenti auprès d’un homme d’expérience, puis gérant. Revenons aux considérations de productions. L’horaire quotidien d’un gérant est loin d’être une sinécure, il doit veiller à ce que le jardin de thé soit productif et en santé, garder un œil (et le bon) sur les paramètres de transformation des feuilles et prendre de délicates décisions à long terme par rapport à l’aménagement du jardin.

Le plus difficile avec les décisions à long terme est le caractère nomade de la vie d’un gérant de plantation. N’étant pas propriétaire du jardin, le gérant possède un contrat de travail qui, inévitablement, prendra fin à un moment où à un autre et il passera alors le flambeau à un camarade qui pourra ou bien s’arracher les cheveux en raison des décisions désastreuses de son prédécesseur, ou alors récolter l’abondance générée par une gestion avisée. La durée moyenne de ce type de contrat est de cinq ans.

Le dernier point à aborder concerne l’épée de Damoclès suspendue au dessus de la tête de chaque gérant de plantation. C’est à ce point précis que la capacité de persuasion de ces hommes est mise de l’avant lors de joutes oratoires (et d’influence) avec les grands syndicats des travailleurs du thé. Possédant une grande autorité au sein des jardins, les syndicats s’assurent que les conditions de vie des employés sont respectées soigneusement. Un seul écart et le travail sur le jardin peut se voir entièrement paralysé et ce, jusqu’à ce qu’un accord juste et équitable soit signé. La diplomatie est donc une qualité fortement prisée, voire essentielle, chez ces dirigeants.

Ceci n’était qu’une brève ouverture sur les personnes qui se cachent derrière les lots de feuilles qui font notre bonheur. Des chroniques telles que celle-ci vous feront progressivement découvrir les métiers et les humains qui se cachent derrière vos thés.

Le prix à payer

22 août 2011

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Ce printemps 2011, à peine la saison des First Flush a-t-elle débuté que les quatre syndicats qui représentent les travailleurs du thé à Darjeeling déclenchent un embargo. Les politiciens locaux, étroitement liés avec les syndicats, en ont également profité pour gagner des voix aux prochaines élections régionales. La production a continué normalement, mais toutes les usines furent assiégées; pas une feuille ou même un échantillon ne pouvait se rendre aux enchères de Calcutta.

L’entente salariale de trois ans pour les travailleurs des plantations de Darjeeling a pris fin ce printemps et il faillait renégocier. Généralement, l’ajustement des salaires est simplement indexé par rapport aux coûts standard, l’inflation et les prix du marché, etc., par l’ensemble des associations de planteurs (les propriétaires de jardins) de l’Inde.  Mais, ce processus prend du temps et, cette année – après 60 ans de collaboration avec les autres associations – La DPA (Darjeeling Planters Association) a décidé de conduire toute seule les négociations avec les syndicats. L’une des raisons principales de cette décision est que la production des Darjeeling First Flush est une question de temps. En effet, les amateurs de thé du monde entier attendent impatiemment l’arrivée des feuilles fraiches et trop de retard gâte ce facteur crucial de l’immédiateté. Les planteurs ne pouvaient pas se permettre de longs mois de discussion; ils avaient besoin de régler la situation rapidement.

Les salaires représentent 70% des coûts d’exploitation d’un jardin donc même une petite augmentation a un impact considérable sur l’ensemble des frais annuels. Or, les négociations de ce printemps se sont conclues avec une augmentation des salaires de 34%! Cela signifie que les coûts globaux de production pour les Darjeeling – une industrie déjà dans une position financière précaire – si nous appliquons 34% à notre 70% initial, augmenteront de 23,8%!

Un autre aspect essentiel de cette situation est la difficulté qu’ont les jardins à trouver suffisamment de main d’œuvre. Les jeunes générations semblent plus intéressées par les opportunités que leur offrent le monde et les grandes villes; l’absentéisme est à son plus fort et les planteurs paniqués commencent à envisager sérieusement la cueillette mécanisée. Malheureusement, ceci aurait un impact considérable sur les thés de Darjeeling. La cueillette à la main est la seule façon d’obtenir la sélection de feuilles nécessaire à la qualité que nous exigeons d’un grand cru himalayen.

En tant que commerçant, je dois avoir une perspective à long terme envers ces producteurs; je veux voir leur industrie en bonne santé. Mais, je ne peux pas justifier l’augmentation à 12,30$/50g d’un thé anciennement à 10$/50g du jour au lendemain! Le fardeau devra être partagé entre tous les acteurs. Je dois donc augmenter les prix d’environ 1$ pour l’instant, si je veux que ces thés soient produits à la manière traditionnelle pour bien des années encore.

Le Darjeeling Singell DJ5 ou encore le Darjeeling Thurbo DJ5, probablement les meilleurs First Flush de toute la région de Darjeeling, ne reviennent malgré tout qu’à 85c la tasse. Bien moins qu’un sachet de thé chez Starbucks, une bière populaire, un Coca Cola, une eau minérale, etc… et tous ces produits n’ont rien de comparable avec un grand cru de thé!

Kevin
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Le projet de rencontre Himalaya-Japon : deuxième partie – Thé de printemps 2011 (Inde)

29 juin 2011

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Lire la première partie

Notre projet d’échange entre producteurs de thé japonais, népalais et indiens a été un grand succès, bien au delà de mes attentes.

Une fois établis à Fikkal, nous avons passé une partie de la nuit à visiter les installations de la grande usine de la coopérative Nepal Small Tea Farmers alors que les feuilles fraîches, récoltées la veille, flétrissaient dans les auges. Dès le petit matin, les feuilles sont passées par l’étape du roulage et ont subi ensuite le reste du processus de transformation. Depuis le début, les questions se succèdent et l’on entend les gribouillages incessants de nos visiteurs qui notent les moindres détails des opérations. Enthousiasme inspirant et contagieux!

La petite usine, située à seulement 15 minutes en voiture, a été construite dans le but d’expérimenter la production de thé vert. Il s’agit d’un petit bâtiment construit en 1999 et équipé avec des machines légères, de conception japonaise, développées pour produire des thés népalais de haute qualité pour le marché spécialisé. Voilà qui concorde tout à fait avec le type d’installation dont Monsieur Iwata a l’habitude; nous avons donc passé la plus grande partie de notre temps dans cette petite usine qui peut produire du thé vert, blanc, noir et wulong.

Les conditions climatiques et le type de théiers utilisé ici, des clones de souche Darjeeling, donnent un matériel végétal bien différent de celui utilisé au Japon avec les mêmes machines. Nous espérions donc améliorer le processus de transformation du thé vert grâce à la longue expérience générationnelle de Monsieur Iwata et les profondes connaissances scientifiques de Monsieur Takeda. En même temps, Monsieur Iwata tente de produire du thé noir au Japon depuis plus de 10 ans, il avait donc beaucoup de questions pour notre expert indien, JP, à savoir comment la transformation peut être améliorée. C’était impressionnant de voir combien chacun était humble devant leurs problématiques et combien ils se montraient généreux de partager le plus d’information possible en échange.

Pendant quelques jours, nous avons fait du thé noir le matin et du thé vert l’après midi. Tout le temps que nous avions entre les deux était consacré à la dégustation et à l’analyse des thés que nous avions faits et les échantillons que nous avions apportés avec nous. Il était question, entre autre, de l’ajustement et de l’entretien des machines ainsi que des technicités à propos de la plantation. Bien sûr, nous buvions aussi des litres de thés! Malgré que nous soyons intensément concentrés à la transformation du thé, l’atmosphère de travail restait serein et joyeux. Afin de casser le rythme, nous nous étions imposé la « règle des 15 minutes » : toutes les 2 ou 3 heures, nous devions parler d’autre chose que de thé. Cela a probablement grandement aidé à la qualité de l’atmosphère.

Monsieur Takeda, notre créateur de plante, avait apporté avec lui 15 théiers issus d’un clone qu’il a personnellement développé, appelé Okumidori. C’est le résultat d’une hybridation entre les cultivars Yabukita et Shizu Zai 16; il a été conçu pour résister au froid et aux conditions climatiques difficiles. Il a pensé que cette plante fonctionnerait bien ici et qu’elle donnerait éventuellement de bonnes feuilles pour le thé vert. Des théiers traditionnels japonais de type Yabukita avaient déjà été utilisés dans le cadre de ce projet, mais ils avaient tous péri. Les nouveaux théiers de Monsieur Takeda étaient donc les bienvenus! Nous en avons tous planté un et je suis déjà impatient de revenir voir leur progression lors de ma prochaine visite…

Laissant le Népal derrière nous, nous avons pris la route vers les plaines de Dooars, une région productrice de thé moins connu en Inde. Monsieur Takeda avait demandé une visite dans une usine CTC pour prendre quelques images pour les archives de la télévision japonaise. Nous avons donc organisé un rendez-vous à la plantation de Leech River… À suivre!
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Kevin,
votre envoyé spécial au Népal.

Traduction : François Alexis Roy
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Le projet de rencontre Himalaya-Japon : première partie – Thés de printemps 2011 (Inde)

19 avril 2011

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Il y avait tout un tapage à l’aéroport alors que nous attendions nos invités japonais. Ce soir là, l’Inde avait battu le Pakistan au tournoi de cricket. On entendait des cornes sonner la victoire, il y avait des feux d’artifices et des festivités battaient à plein dans les rues.

Monsieur Iwata, un cultivateur de théier de la 17ème génération qui possède un petit jardin de thé près de Kobe au Japon, est venu pour développer sa compréhension de la transformation du thé noir et pour partager son expertise en matière de production du thé vert.

Monsieur Takeda, quant à lui en semi retraite, est un scientifique spécialisé dans le thé et président de l’un des instituts de recherche les plus respectés au Japon. Il a consacré sa vie à développer des cultivars pour l’industrie japonaise du thé.

Tous deux étaient accompagnés de Pierre notre interprète de confiance, un forgeur de sabre excentrique  qui a vécu de nombreuses années au Japon, ainsi que de sa femme Rina.

Après être descendus à l’hôtel pour laisser leurs bagages, nous sommes sortis tous ensemble pour une promenade de fin de soirée dans les rues de Calcutta; leur première expérience de l’Inde. Nous nous sommes arrêtés pour prendre la traditionnelle tasse de chaï en argile, celle que l’on brise par terre après avoir bu. Ils ont adoré et se sont prêtés à la coutume avec enthousiasme. Bien que fatigués, ils semblaient excités de leur visite et prêts à toute les expériences.

Le jour suivant, pour le déjeûner, j’ai sorti un échantillon de l’exceptionnel Darjeeling Thurbo. En buvant le frais nectar, leurs yeux se sont grand ouverts. Aussitôt, ils ont sortis leurs calepins de notes et nous ont bombardés de questions!

Nous avons passé le reste de la journée à voyager vers Darjeeling : une visite au charmant et vieux Darjeeling Planter’s Club, puis, chez mon très grand ami JP Gurung pour le souper.

JP Gurung est l’un des consultants en thé les plus expérimentés de Darjeeling. Fils d’un cultivateur de théiers, il a été directeur de plusieurs jardins pendant des années avant de devenir consultant privé. Je lui ai donc tout naturellement proposé de nous accompagner au Népal en tant qu’expert.

En initiant ce projet, je craignais que les différences culturelles puissent nuire à de bons échanges amicaux. Heureusement, la chaleur et l’hospitalité de JP, de même que son salon confortable avec son feu de bois, une théière pleine d’un Darjeeling First Flush merveilleusement floral (et aussi quelques verres de quelque chose d’un peu plus fort) et notre passion partagée pour le thé ont favorisé le rapprochement et dissipé les inhibitions. La discussion étant bien amorcée, ça n’a pas pris de temps pour que les premières blagues soient lancées; tous collaboraient et se montraient proactifs.

Le jour suivant, nous traversions la frontière népalaise. En fin de journée nous atteignions le village de Fikkal où nous avions rendez-vous avec notre hôte Monsieur Rai à l’usine de la Coopérative Nepal Small Tea Farmers. C’est un important bâtiment industriel appartenant à quelques 750 petits fermiers, ce qui est plutôt unique au Népal. On y transforme, par le procédé orthodoxe, des feuilles fraîches, achetées au poids chaque jour aux fermiers des alentours, en thé noir de style Darjeeling. Il s’agit de l’un des projets supervisés par JP à Fikkal, mais il y a aussi une autre petite usine à quelques minutes de là, où l’on produit des thés verts, noirs et wulongs de manière artisanale avec de petites machines japonaises. Nous avons passé les jours suivants entre ces deux usines à partager nos connaissances et à produire ensemble du thé vert et du thé noir…

Kevin,
votre envoyé spécial à Darjeeling.

Traduction : François Alexis Roy
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Des nouvelles de Kevin à Darjeeling – Thé de printemps 2011

1 avril 2011

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Je suis arrivé à Calcutta [plaque tournante du thé en Inde] à 8h, lundi matin. Brise fraîche; 25°C. Dès 10h, je commençais déjà mes dégustations de thé.

D’abord, je suis informé de la poursuite de la grève dans la région. Les quatre principaux syndicats qui représentent les travailleurs du district de Darjeeling empêchent les transports dans les jardins depuis le 3 mars. Bien que les manufactures fonctionnent à plein, pas une feuille n’a pu quitter ces dernières officiellement. Même les échantillons, qui sont normalement envoyés aux courtiers, agents et acheteurs à Calcutta, sont retenus aux manufactures et les représentants syndicaux sont aux aguets. Cependant, des échantillons ont été furtivement sortis des jardins durant la nuit et il y en avait déjà beaucoup à goûter quand je suis arrivé. À la fin de la journée, j’avais déjà bu 116 tasses de thé… des journées comme je les aime! Finalement, tous les jardins de Darjeeling, à l’exception de 20 d’entre eux, ont réussi à s’entendre avec les syndicats la nuit dernière. Un règlement devrait être conclu pour les autres jardins dans les prochains jours; ainsi, la situation se rétablit dans la région et le conflit semble être passé.

Pour ce qui est de la production de thé, les conditions météo des dernières semaines ont été tout simplement parfaites. Les quelques 150 Darjeelings clairs, lumineux et sucrés que j’ai bus sont encourageants et montrent des signes d’une bonne année, peut-être même exceptionnelle.

En semi-finale du championnat mondial de criquet, c’est aujourd’hui la confrontation entre les équipes de l’Inde et du Pakistan. Un grand match d’une durée de 8h! (Imaginez le Canada contre la Russie se disputant un match de hockey dans un contexte où ces deux pays en auraient formé qu’un seul à une certaine époque et auraient depuis été en guerre en alternance pendant 50 ans!)

Ce soir, nous irons chercher les producteurs de thé japonais à l’aéroport et, demain, nous les emmènerons à Darjeeling et au Népal où nous pourrons commencer notre projet d’échange de savoir-faire japonais/indiens.

Suivez le blogue pour d’autres nouvelles de Kevin en Inde!

Kevin,
votre envoyé spécial à Darjeeling.

Traduction : François Alexis Roy

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Le Nilgiri Parkside

16 mars 2011

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Le Nilgiri Parkside ouvre la nouvelle année à la fin de chaque mois de février. C’est un thé à l’aspect inhabituel avec ses paillettes vertes amalgamées à d’autres feuilles filiformes et plus foncées. À la dégustation, la liqueur vive est un mélange excentrique de fraîcheur verte printanière et de doux sucre d’orge moelleux. Un thé bien structuré, avec équilibre et finesse.

La particularité de ce thé est qu’il est fait à partir d’un cultivar de type chinois de haute qualité, le clone CR6017. Les lettres « CR » font référence à Craigmore, la ferme où ce cultivar a été originalement créé. Il s’agit de l’un des trois plus grands cultivars du Nilgiri (province du sud de l’Inde) avec le UPASI 3 (The United Planters’ Association of Southern India) et le TRF 2.

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Les feuilles de ce thé noir proviennent d’une section de pur CR6017 dans le jardin Parkside. Pendant les premières semaines fraîches de l’année, les composés aromatiques de la feuille sont à leur meilleur et l’on procède alors à une cueillette très fine pour privilégier les nouvelles pousses bien tendres. Une fois dans l’usine, un important flétrissage va réduire l’humidité des feuilles de plus de 65%. Les tiges, relativement épaisses, du CR6017 absorbent plus d’humidité que ceux de la plupart des cultivars laissant les extrémités de la feuille complètement sèches. Ces extrémités resteront donc vertes et vont s’écailler durant le processus du roulage. Ce sont ces flocons qui sont responsables de l’aspect vert de la saveur du Nilgiri Parkside. Les feuilles flétries sont ensuite chargées dans une table de roulage à double action et d’une profondeur d’un mètre, dans laquelle elles seront roulées durant une heure, sans aucune pression verticale. Le produit fini ainsi obtenu présente des feuilles complètes et entières pour plus de 90% d’entre elles. Les feuilles brisées et la poussière étant en quantité négligeable, il n’est pas nécessaire de trier les feuilles et l’on peut procéder immédiatement à l’emballage, en vue d’une expédition très rapide par avion jusqu’à nous.

Quelle belle façon de commencer l’année!

Cheers,
Kevin.

Traduction : François Alexis Roy
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