Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

Blogue

Quelques mots sur la caféine

25 novembre 2008

D’abord, pour démystifier le grand malentendu qui plane sur son cas, quel terme utilise-t-on pour désigner ce stimulant dans le cas du thé? Caféine. Car, bien qu’on ait cru pendant quelque temps qu’il s’agissait de deux “-ines” différents dans les cas du café et du thé, les scientifiques ont déterminé qu’il s’agissait bel et bien du même alcaloïde étant simplement respectivement associé à des éléments différents: les tannins pour le thé, l’acide chlorogénique pour le café. Il en résulte une libération différente de la caféine dans l’organisme dans chacun des cas, plus soudain et bref dans celui du café (et plus au niveau physique/cardiaque que mental/intellect) et à la libération plus douce et graduelle (et aux effets persistants plus longtemps) dans celui du thé. La caféine du thé offre d’ailleurs généralement une sensation d’éveil accrue au niveau de l’intellect, la concentration et la vivacité de l’esprit étant grandement amplifiée, le corps étant stimulé plus doucement, selon la sensibilité des différents individus. Tandis que les effets stimulants d’un café se libéreront jusqu’à une durée d’environ 2-3 heures après l’ingestion, celles d’un thé noir seront perceptibles de 4 à 6 heures pendant que celles d’un thé vert pourront s’étaler jusqu’à 6-8 heures. D’après une recherche sérieuse, on aurait évalué une teneur en caféine environnant les 80 à 150 mg pour un café filtre et de 30 à 90mg pour une infusion de thé noir (sur une contenance de 100ml de liquide).

On me demande souvent conseil par rapport aux thés que je recommande pour les différents moments de la journée: “Lequel serait parfait pour nous réveiller le matin? Et lesquels conviendraient mieux pour la fin de journée?” car, même chez les buveurs de thé avertis, il est vrai qu’il peut être possible d’hésiter de se servir un thé en soirée de crainte que de voir notre sommeil troublé par les effets stimulants de la caféine. Pendant que la plupart des thés noirs, verts et Pu Er sheng jeunes seront réservés pour le matin et l’après-midi (teneur en caféine relativement élevé), les thés blancs, la plupart des thés wulong et les Pu Er mûrs seront suggérés pour la fin de journée ou simplement pour les moments de dégustation détendue. Il est à noter que nous ne recommandons pas la consommation de thé “décaféiné”: en plus de souvent voir son choix se limiter à des thés de production industrielle, ces thés ont vraisemblablement traversé un processus chimique pour arriver à un faible taux de stimulant. Un autre discours veut que, si l’on préinfuse un thé caféiné pendant environ une minute puis que l’on rejette cette “première eau”, on se sera débarassé de la plus grande partie de l’alcaloïde contenue dans les feuilles. Bien, d’après des recherches récentes, il prendrait à un thé environ 5 minutes d’infusion avant de voir sa teneur initiale en caféine réduite de 80%, une minute de préinfusion retirant uniquement environ 20% de la caféine présente au départ! Une préinfusion d’une trop longue durée menant immanquablement à une perte aromatique considérable, il est d’après nous préférable de choisir son thé en fonction du moment de la journée que de tenter de changer la nature de ses feuilles.

Liens externes:

“caféine” sur Wikipedia (en français).

“Caffeine and Tea: Myth and Reality” sur le blogue Cha Dao (en anglais).

Caffeine addiction: myth or reality?

Thés du quotidien, thés de moments précieux

31 juillet 2008

 

anji bai cha feuilles 

Je vous apporte aujourd’hui une notion importante à tenir en compte lors de vos choix en matière de thé. Qu’il s’agisse d’un thé vert, noir, wulong ou autre, d’un thé du matin, d’après-midi ou de soirée, plusieurs gammes de feuilles sont disponibles, des plus abordables aux plus onéreuses. Pourquoi les prix diffèrent-ils tant? Pourquoi trouve-t-on un thé à 5$ pour 50 grammes et un autre à 50$ à quantité égale? Qu’en est-il des différents grades? Est-ce que “plus cher” est synonyme de “meilleur”? Oui et non. Je m’explique…

 

Il est certain qu’un thé haut de gamme (que je classerais environ à partir des 20$ et plus les 50 grammes, à quelques exceptions près…) est en quelque sorte un gage d’une qualité de feuille supérieure aux thés d’entrée de gamme. La période de récolte (printemps, été, automne) et le grade de feuille (cueillette impériale, fine, classique ou encore plus ou moins bien trié dans le processus de transformation), le terroir de provenance (soit par le coût de la vie et de production ou par les conditions de culture: haute ou basse montagne), la rareté et le savoir faire du producteur (artisanal versus industriel), ne sont que quelques exemples de critères qui influenceront le prix d’un thé.

assam banaspaty et duflating 

 Ici on voit le Assam Duflating (à droite) composé de multiples bourgeons dorés,

retrouvés en moins grande quantité dans le plus robuste Assam Banaspaty (à gauche). 

 

Même si un thé de haut grade sera reconnu plus intéressant aromatiquement (plus complexe au niveau de ses nuances aromatiques tant au nez qu’en bouche, de sa persistance ou de sa profondeur) qu’un thé d’entrée de gamme, pour les différentes raisons vues plus haut, il n’en est pas moins intéressant de varier entre les différentes gammes de thé (sans tenir compte nécessairement d’un budget plus ou moins restreint!). En effet, un thé haut de gamme sera plus fin et aromatique, mais souvent moins soutenu en tannins (car le plus souvent composé d’un plus grand nombre de bourgeons). Ainsi, selon la méthode d’infusion que vous utilisez et selon le type de goût que vous recherchez, des choix de thés seront plus appropriés que d’autres selon vos besoins du moment. Il y a des thés qu’il faut savourer avec toute notre attention, lorsqu’on se réserve un instant privilégié et d’autres que l’on boira quotidiennement sans autant avoir à se soucier des conditions parfaites à sa dégustation.

thé au travail

Thé du quotidien: Bu dans l’action sur le coin de la table du petit-déjeuner ou au travail, infusé en grande théière de plus de 600 ml, parfait pour quiconque s’initie au vaste univers des thés de dégustation, il n’en est pas moins apprécié à sa juste valeur sans pour autant demander un surplus d’attention à la délectation de ses nuances aromatiques.  Son prix plus abordable permet de le consommer sans peine en plus grande quantité. Les grades de ses feuilles (souvent moins bourgeonneuses) permettent l’infusion en plus grande théière sans perte d’arômes. 

 

Thé de moments précieux: À réserver pour les dimanches ou pour les moments de pause où sa complexité aromatique sera appréciée à son maximum, idéalement infusé en instrument de petite contenance (ex.: chung, gong fu cha, sencha-do) qui concentrera le potentiel de ses arômes subtils et permettra de multiples ré-infusion des mêmes feuilles avec des temps plus courts, thé à déguster avec des invités ou des amis avec qui on désire partager des trésors. Le grade de ses feuilles ainsi que les conditions de culture ayant favorisé un développement idéal à la composition de ses arômes, en feront une liqueur souvent moins corsée mais plus riche et profonde en nuances.

 gong fu cha set-up

 La technique du Gong fu cha

 

Lorsque je conseille mes clients en boutique ou quand j’anime les ateliers de l’initiation au thé, je me plais à donner l’exemple du champagne et de la bière pour expliquer la notion que nous abordons dans cet article: Même riches, rares sont les personnes qui boiraient du champagne à tous les jours. Une bière n’est pas une moins bonne boisson pétillante que le champagne, c’est seulement différent (même si on peut sentir que le champagne a un quelque chose de plus précieux juste à le goûter!). Et, si vous le permettez, j’ajouterai: Si l’on boit (sans nécessairement “déguster”) quotidiennement la crème de la crème, il est possible que l’on vienne à ne plus l’apprécier au bout d’un moment…

 

 Il est certain que la notion que je voulais partager avec vous aujourd’hui est simplement une manière d’aborder la carte des thés avec un oeil différent. Il ne s’agit pas de figer les grades de thé en deux catégories bien distinctes: Une personne peut effectivement infuser son thé vert préféré à 8$ les 50 grammes en chung dans ses moments de détente les plus chers à son coeur pendant qu’une autre infusera son Gyokuro Tamahomare (à 54$ les 50 grammes) dans une théière d’un litre tout en dégustant une part de gâteau au chocolat. Sans parler des thés qui se situent dans le flou d’entre les deux gammes. Il s’agit simplement de choisir votre thé d’après ce que vous recherchez comme expérience gustative, selon la méthode que vous comptez l’infuser et à quel moment vous prévoyez le déguster…  Ah! Il y en a vraiment pour tous les goûts! 

 
 

série collection

Bienvenue dans la Série Collection.
Vous y trouverez des objets et des thés créés par les plus grands artisans d’Asie.

Visiter