Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Chantal Auger – De la fonction naît la beauté

4 juin 2014

Théière et bols

Chantal Auger a eu très tôt le coup de cœur pour la céramique : «Je cherchais un métier qui demandait autant le travail des mains que celui de l’esprit.  Quand je suis entrée dans un atelier de poterie à l’âge de 17 ans, j’ai su que c’est ce que je ferais de ma vie». Elle a fait sa formation à l’École des beaux-arts d’Aix-en-Provence, puis au Cégep du Vieux-Montréal. Voilà maintenant quatre décennies qu’elle raffine son art.

Sa passion du métier n’a pas faibli et elle apprécie toujours, comme elle le cite, «la responsabilité totale et entière de la création, à partir de l’argile jusqu’au produit fini».  «L’enseignement que donne la matière, ses exigences, ses contraintes… Ce métier exige la présence consciente de l’être tout entier, corps et âme», poursuit-elle.

Auger C

Elle utilise tant le grès que la porcelaine pour créer des pièces utilitaires en relation avec la nourriture. Ses émaux sont à base d’argile que le feu, par son pouvoir alchimique, révèle d’un caractère sobre et rustique.

Elle porte un grand respect aux philosophies orientales et particulièrement à l’esthétique de la cérémonie du thé. Dans son travail, la fonction crée la forme et l’utilité crée la beauté: «…que je travaille sur un bol à thé ou une tasse à café, mes préoccupations seront de servir la fonction de cet objet, la manière dont il se tient, dont il s’adapte aux lèvres pour boire, la façon dont il repose sur un pied ou non, l’élégance, la fluidité de la forme». Le thé et les infusions guident la conception et la fabrication de ses théières, afin d’arriver à l’objet fini dont elle sera fière: équilibré et répondant parfaitement à sa fonction.

Du Livre du potier de Bernard Leach, elle cite cette phrase (tirée du Chant des potiers hindous) qui a trouvé place dans son atelier et dans son cœur au tout début de sa carrière et qui ne l’a jamais quittée depuis : «Oh! Mon cœur! Ne ressemble pas à la roue, mais sois pareil au centre de la roue qui se tient au repos.  Si la roue tourne si activement, c’est parce que son centre est immobile.» 

CÉRAMISTE D’ICI

Faites la rencontre d’artisans du Québec qui se passionnent pour les objets et l’art du thé. Tous les deux mois, les pièces d’un créateur différent seront présentées dans cette vitrine unique, vous permettant d’apprécier la qualité et la formidable diversité du travail des céramistes d’ici.

Artisan de la nature, noble porcelaine

2 octobre 2013

Cabinet à thé1

Renaud Sauvé est né à Montréal. Pendant quelques années, avec sa famille, il a vécu en Afrique au Congo-Kinshasa et au Congo-Brazzaville. Il suit ses premiers cours d’initiation de tournage au collège,  puis des cours à temps plein – 1990-1991 – au Centre de Céramique Bonsecours à Montréal. Par la suite, il a travaillé avec différents potiers québécois. Il a étudié la philosophie à l’université, touché à d’autres métiers et médias artistiques (peinture, fresque, mosaïque) et  parcouru plusieurs continents comme accessoiriste pour le Cirque du Soleil. En 2008, il a finalement établi son propre atelier à Irlande, petite municipalité dans les Bois-Francs, et y a débuté une production de pièces tournées en porcelaine. Chaque pièce est tournée et décorée à la main avant d’être cuite dans un four électrique.

Son travail de céramiste s’alimente de la vie en ce qu’elle a d’élémentaire : « Mes sources d’inspiration sont multiples. Sûrement la nature est la principale. Le simple fait de vivre dans la forêt, disposé et réceptif à ce qui s’y passe. J’essaie de concilier ce que je vois et ce que je sens, comme une manière lente de vouloir une vie calme et silencieuse. Je cherche donc à développer un sens de transposition des motifs provenant de la nature ou de mon environnement domestique. Je conçois mon travail comme un dialogue avec la nature et aussi un dialogue avec l’histoire de la céramique et de la porcelaine en particulier. »

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Renaud Sauvé s’inspire de la céramique asiatique de la Chine, du Japon et de la Corée d’où est originaire la porcelaine. Selon lui, les pièces qui proviennent de ces différents pays sont arrivées à un tel degré de raffinement, de sincérité et d’authenticité que celui qui veut travailler la porcelaine ne peut ignorer cette tradition. Il apprécie aussi la richesse des décors de la céramique perse et islamique.

Ses pièces sont vendues dans quelques boutiques spécialisées à Montréal, à Québec et à Toronto.

CÉRAMISTE D’ICI

Faites la rencontre d’artisans du Québec qui se passionnent pour les objets et l’art du thé. Tous les deux mois, les pièces d’un créateur différent seront présentées dans cette vitrine unique, vous permettant d’apprécier la qualité et la formidable diversité du travail des céramistes d’ici.

Le jade sacrée de l’Empereur

21 septembre 2011

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Le Céladon, Qīng cí ( 青瓷 , littéralement “porcelaine verte” ) est un type de céramique chinoise et coréenne. Il aurait été inventé au 2ème siècle dans la région de Yuè ( 越國 , désigne les régions du sud de la Chine) mais tire pourtant ses origines d’un savoir-faire développé depuis 1250 av J.C. Il s’agit de poteries célèbres qui ont fait la renommée des potiers Chinois et Coréens jusqu’à la cour impériale. En effet, avec le temps, la technique se peaufine et au 8ème siècle, elle charme les lettrés de la haute société avec des bols à thé dont ils apprécient le raffinement et, surtout, la couleur aux nuances de jade qui va en harmonie avec le breuvage favori. Or, le jade a une immense portée symbolique en Chine; c’est la pierre sacrée de l’empereur, symbole du pouvoir absolu.

Les nuances bleu vert sont obtenues en ajoutant une petite quantité d’oxyde de fer dans la glaçure lors d’une cuisson dite « en réduction ». Elle consiste à réduire l’apport d’oxygène dans le four, ce qui permet d’obtenir des effets particuliers dans la glaçure. Cette méthode est plus difficile car elle demande de l’expertise, plus de temps et plus de carburant. Effectivement, la cuisson d’un céladon exige une température d’au moins 1200°C pour vitrifier la porcelaine. Néanmoins, les fours des ingénieux potiers chinois le permettaient, notamment les fameux fours-dragons ( 龙窑 , pinyin : lóngyáo).

Lin’s Ceramics Studio de Taïwan a créé une superbe collection de céladon dont nous avons quelques exemplaires de tasses et théières en boutique. Venez admirer ces magnifiques pièces sobres et fines. Regardez leurs formes typiquement orientales et féminines, ainsi que la pureté de leur couleur apaisante. Venez toucher leur texture satinée et chaleureuse. Grâce à leur bonne conductibilité thermique, les théières céladon de Lin conviendront parfaitement aux thés verts et aux wulong peu oxydés.

Bon thé!

Photographie: François Alexis Roy
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Le culottage des théières de Yixing

30 août 2009

Contrairement aux porcelaines et céramiques émaillées, au verre, à la fonte ou à l’acier inoxydable, les théières en terre de Yixing sont les seules théières qui se culottent, qui vont “mémoriser” les arômes et les saveurs des thés qu’elles aient infusés. On réservera donc une seule famille de thé à chacune de ces théières, voire même un seul thé pour les puristes. Limitant vous croyez? Peut-être, surtout si vous n’avez toujours pas trouvé votre ou vos types de thés préférés. Car, si son utilisation a le désavantage de ne pas offrir la possibilité de varier les thés infusés dans son sein, son grand avantage -non négligeable-, est que notre outil d’infusion se bonifiera avec le temps, prenant une expérience précieuse au fil des infusions. Une relation unique se forme entre nous et notre théière, une complicité grandissant tout au long de nos découvertes dans le monde du thé…

Les marques de culottage d’une théière en Yixing.

Leur terre est particulièrement poreuse, c’est pour cela qu’elles ont la capacité de se culotter. Mais ce n’est pas tout: elle est aussi très riche en fer, leur donnant le pouvoir de maintenir une température élevée pendant et après l’infusion. D’ailleurs, ce sont les Pu Er, les wulong et les thés noirs (dont l’infusion nécessite une température frôlant le point d’ébullition) qui bénéficieront particulièrement des théières fabriquées en terre de Yixing . Elles sont disponibles sous différentes formes, contenances et couleurs (selon les pigments de terre), leurs prix dans nos boutiques variant entre 30$ et 200$ environ (car on peut retrouver sur le marché de ces théières, fabriquées par des potiers célèbres ou culottées par des maîtres reconnus, vendues pour des dizaines de milliers de dollars; de véritables objets d’art et de collection). Pour la première utilisation, il est d’abord recommandé de faire une infusion “à blanc”, que l’on ne boira pas, avec le thé de notre choix (qui déterminera “l’orientation” de notre nouvelle partenaire d’infusion!) et que l’on laissera plusieurs heures dans la théière jusqu’à ce qu’elle se refroidisse. La terre sera donc “baptisée” par cette infusion très concentrée. Après cette étape, comme après chaque infusion qu’elle vivra par la suite, on ébouillantera tout simplement la théière avant de la laisser sécher d’elle-même. Il peut être utile de rappeler que, comme pour toutes les théières, l’usage de savon est proscrit au nettoyage des outils d’infusion. L’eau chaude seule sera utilisée.

Je recommande vivement les théières de Yixing à quiconque adore particulièrement une famille de thé et compte l’infuser fréquemment. J’ai personnellement plusieurs de ces théières, une pour chaque type de wulong et de Pu Er. Quant aux néophytes, à ceux qui commencent à découvrir la panoplie des différentes familles de thé, je suggère de commencer avec une théière polyvalente, donc non poreuse, telle qu’une porcelaine, une céramique ou une fonte… et, un jour, vous saurez quand viendra le moment de passer aux théières “qui se souviennent”!

 
 

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