Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Notes de dégustation avec Andrei Ivanov

29 novembre 2017

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En fin octobre 2017, Andrei Ivanov, de Riga en Lettonie, participait au “Tea Masters Cup” qui s’est tenu cette année à Enshi, Hubei (Chine). Il a reçu le premier prix pour 3 des 5 événements.
Andrei a récemment dégusté quelques-uns de nos thés et nous a fait parvenir les notes de dégustation ci-dessous :

Tout d’abord, un grand merci à l’équipe de Camellia de faire un si bon travail et de donner aux gens l’occasion de boire un thé de qualité! Pour moi, en tant que “Tea Master”, il s’agit toujours d’un moment spécial lorsque j’ai la chance de boire des thés comme ceux-ci.

Le Dong Ding Compétition est incroyable et probablement le meilleur que j’aie jamais essayé! Ses arômes parfumés et sucrés de feuilles sèches m’ont fait succombé ; une texture qui nous donne envie d’en boire encore et encore. Ses notes fascinantes de graines de tournesol frites et de fleurs sont très profondes. Lorsque la tasse est vide, on y trouve un doux arôme de barbe à papa et de miel. Ce thé généreux donne de nombreuses infusions.

Quelques mots sur Bai Hao 2008 : …c’est un chef-d’œuvre! Il nous prouve une fois de plus que Taiwan regorge de trésors! Chaque fois que je bois des thés âgés de ce style, je tombe amoureux d’eux, mais celui-ci a vraiment su conquérir mon coeur. Floral et doux, avec des notes de miel, de caramel – il est difficile de bien l’expliquer par les mots.

Pour ce qui est du Pu er 1998 Menghai 7542 : il s’agit d’un excellent choix pour ceux qui aiment les Sheng âgés. J’ai eu beaucoup de plaisir à le goûter. Une mélodie agréable et un jeu de saveurs conséquent de l’environnement humide de Taiwan.

Merci encore Camellia Sinensis! Pardonnez-moi pour mon français, j’espère que tout est clair.
Andrei.

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Thés vieillis dans la cave : où tout se transforme!

8 février 2016

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Depuis que nous avons mis en place notre cave de vieillissement en 2007 et que nous y avons déposé nos premiers thés Pu Er à faire vieillir, c’est toujours avec une grande curiosité que je goûte les thés afin de voir l’effet du temps sur eux!  Alors que certains thés présents dans la cave sont disponibles dans notre offre de thé courante, il y a aussi d’autres thés qui ont été retirés de la sélection il y a de cela plusieurs années afin de leur permettre quelques années de bonification supplémentaire.

Après presque 10 ans passés dans la cave, il est temps de sortir certains thés afin de vous en faire profiter ! Je pense au Xiangming 2006 acheté lors de mon premier voyage à Yiwu, au 2007 Lincang qui fut notre première galette de cette préfecture du Yunnan et au Mengsong 2009 qui lui a été parmi les premières galettes que nous avons sélectionnées et compressées nous-mêmes.

Mais il y a aussi l’existence de thés déjà vieillis que nous vendions en 2007 et dont les stocks s’écoulaient si rapidement que nous avions alors mis de côté certaines quantités afin de pourvoir vous les proposer quelques années plus tard…  Certains seront donc excités d’apprendre qu’une tout petite quantité des Pu Er 1997-A et Pu Er 1987 Fu Zi Zhuan est à nouveau disponible!

DSC_0037Nous sommes bien heureux de vous ouvrir les portes de notre cave en vous offrant ces cinq thés bonifiés de leur sagesse. Et leur retour aujourd’hui souligne parfaitement bien le Nouvel An chinois qui s’aligne sous le signe du singe cette année!

D’ailleurs, fait historique, alors que les producteurs du Yunnan ont l’habitude de vendre toute leur production annuelle, les marchands cantonnais eux conservent depuis plusieurs décennies des thés afin de les vendre plus tard. Comme les thés se bonifient avec chaque année qui passe, les prix suivent aussi cette tendance et la tradition veut que ce soit au Nouvel An chinois que les prix changent.

Notez que nous suivrons aussi cette tradition. Alors que sur le marché chinois, certains vieux thés plus rares et en demande voient parfois leur prix bondir de plus de 50% en un an, nous visons une augmentation moyenne de 15-20%. Alors ceux parmi vous intéressés à payer les prix de 2015, on vous donne une semaine de plus que nos amis chinois pour en profiter! Vous avez donc jusqu’au 15 février pour passer en boutique ou commander sur le web vos Pu Er préférés avant que les prix 2016 entrent en vigueur.

Bonne année du singe à vous tous!

Jasmin

Ambiance de partage et de festivité

16 décembre 2015

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Le compte à rebours est amorcé, et comme un clin d’œil au calendrier de l’avent, je choisi chaque jours un Pu Er différent à déguster afin de marquer le temps qui passe…C’est le moment de l’année ou j’en viens à repasser au peigne fin les Pu Er de notre carte, ainsi que ceux qui vieillissent tranquillement dans ma réserve.

Je profite donc des quelques lignes qui suivent pour vous présenter trois thés qui feront partie de ma sélection de Noël.

DSC_0016Dégustation en Solo pour un matin tranquille : C’est le moment idéal pour sortir mes objets préférés et préparer un thé pour m’éveiller au jour naissant. Cette théière Yixing, moderne et élégante, acceptera gentiment de bonifier et d’arrondir la liqueur du Pu Er 2000 Yellow label que je lui destine. Complexe et profond, ce grand cru saura me procurer une savoureuse impression en bouche longue et vivifiante. Afin de déguster avec l’attention d’un empereur, je privilégierai ce bol en céladon, fin et sobre, reflet du minutieux savoir-faire de M.Yen, artisan de renom tant en Chine qu’à l’international. Le choix de la tasse a pour moi beaucoup d’importance puisque c’est l’élément intime qui nous offre la liqueur. Celui-ci a pour moi l’avantage d’exiger mon entière concentration, de par sa forme et la valeur émotionnelle que je lui porte. Il permet aussi plus pratiquement d’amener la liqueur à une température idéale et de la laisser glisser sur la langue tout en délicatesse.

Thé d’abondance pour repas copieux : Situation classique, où les mets nous tentent de toute part. J’en profite toujours pour tester l’efficacité d’un bon Pu Er que j’infuse librement dans une grande théière, en remettant de l’eau au gré des services. Celui qui sera éprouvé cette année sera notre nouveau Pu Er 2003 Orange label, un Pu Er shou doux et bien équilibré. Facile à préparer, il ne risque pas de mal tourner, et son effet corporel m’a déjà séduit! Je souhaite simplement faire profiter des ses vertus au plus grand nombre!

La Grande Toge Rouge de l’empereur : Fidèle à mon idée de célébration royale pour l’occasion de Noël, je me trimbalerai avec quelques grammes de Da Hong Pao, fraîchement arrivé, qui est un des meilleurs que nous ayons reçu depuis quelques années. Versatile et généreux, j’adore faire découvrir l’intensité aromatique d’un wulong de cette qualité, et la réaction est généralement très forte. J’en ferai aussi une réserve afin de pouvoir en profiter encore l’an prochain où il risque même d’être meilleur.

Malgré ces quelques suggestions, l’important est bien entendu de partager de bons moments en douce compagnie, et si le thé est un symbole d’hospitalité, un plaisir pour épicuriens affirmés ou un breuvage aux bienfaits millénaires, il prolongera en plus vos soirées de réjouissances certainement bien au-delà du décompte de minuit.

Commentaires ou autres suggestions !? Soyez loquaces…

Sébastien

Thés sombres pour neige blanche

31 mars 2014

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Tout amateur de thé en vient un jour à explorer la fascinante famille des thés vieillis. Si on les boit aisément à l’année, certains ressentent intuitivement un profond besoin de redécouvrir leurs saveurs rustiques en cette délicieuse saison de recueillement qu’est l’hiver, surtout lorsqu’elle se prolonge inespérément jusqu’au printemps!

Profitez donc de la chaleur et du calme d’un chalet chauffé au bois ou d’une soirée festive pour vous imprégner d’un de ces millésimes soigneusement affinés par le temps. Qu’ils soient jeunes ou âgés, lentement vieillis ou ayant subis une fermentation forcée, les Pu Er et autres thés sombres vous offrent une richesse de textures et d’arômes insoupçonnés.

Historiquement développés pour la consommation courante, les Pu Er shou, avec leur maturation rapide, déploient des liqueurs rondes et terreuses, très peu tanniques ou amères, nuancées d’accents de cuir et de sous-bois. Idéals pour accompagner un repas avec leur vertu digestive, ils sont aussi appréciés à jeun pour leur douceur. Les plus âgés dévoileront leur sagesse en profondeur sous les traits de l’équilibre et d’une présence en bouche plus soutenue.

Pour bien comprendre l’esthétique des thés vieillis, goûter le Pu Er sheng très jeune est une expérience essentielle et très intéressante. On se rend alors compte que le thé qui est produit et bu dans le Yunnan, aussi appelé maocha, est un produit brut assez voisin du thé vert dans son profil de goût. Sa puissance tannique et minérale s’allie à des notes végétales, florales et fruitées d’une persistance étonnante, énormément appréciée des collectionneurs et garante d’un excellent potentiel de bonification.

L’intrigante transformation, qui s’effectue suivant le passage des ans au cœur de ces thés soigneusement compressés, dévoile des liqueurs de plus en plus souples et harmonieuses aux arômes d’écorces, d’épices et éventuellement de lichen ou de racines. Les vieux Pu Er sheng, reconnus pour leur après-goût rafraîchissant et exquis, sont aussi savourés pour l’effet de bien-être qu’ils procurent. Un joli prétexte pour se doter d’une galette et suivre patiemment son évolution sur quelques décennies.

D’autres thés ont su bénéficier de la popularité croissante des thés vieillis et de leurs bienfaits, et malgré qu’ils ne soient pas originaires du Yunnan et n’aient donc pas l’appellation Pu Er, ils offrent tout de même des expériences gustatives enivrantes et réconfortantes. Que ce soient les vénérables petites feuilles du Liu An de la province du Guangdong, aux saveurs minérales et terreuses, ou bien celles plus matures des Liu Bao du Guangxi, réputées pour engendrer des liqueurs légères, sucrées et boisées, chaque terroir possède son savoir-faire et son caractère particulier rendant leur découverte alléchante!

Certains ont marqué l’histoire tels que le Fuzhuan ou le Baboo respectivement destinés aux marchés mongol et tibétain, et savamment intégrés à leurs diètes riches et carnées. D’autres sont demeurés l’apanage de minorités ethniques et concoctés spécialement pour leurs fêtes et célébrations tels que l’unique et intense thé acide des Bulang!

Qui sait où ce voyage de terroirs et de saveurs nous conduit une fois amorcé, mais on peut être sûr que chacun de ces thés est comme une force de la nature qu’il faut apprendre à dompter pour en apprécier toute la splendeur!

Le Pu Er shou réinventé!

6 mai 2013

M.Chan nous montrant la fermentation

L’évolution du marché du Pu Er à Hong Kong a fortement participé à la création d’une nouvelle façon de produire un thé aux vertus digestives idéales pour le secteur de la restauration, le procédé « shou ». Depuis les années 1970, ce type de Pu Er est produit sous l’effet d’une fermentation accélérée permettant ainsi d’approvisionner une demande sans cesse croissante. Si ce thé promis à la consommation quotidienne ne suscite que peu d’intérêt chez les collectionneurs de grands crus, il existe tout de même des Pu Er shou de qualité exceptionnelle.

Notre visite récente au Yunnan nous a permis de constater l’attention portée par certains producteurs aux différents critères de qualité de fabrication de ce thé. C’est ainsi que notre sélection comportera prochainement un Pu Er issu d’une plantation de théiers âgés d’une cinquantaine d’années, située à plus de 1800 mètres sur la montagne Bada. Les amateurs de galettes pourront aussi satisfaire leurs ambitions de collectionneurs avec un Pu Er provenant de vieux théiers des monts Bulang.

La rencontre avec M.Chan, source d’inspiration et de connaissances, fût des plus instructive en nous apportant quelques précisions concernant le procédé « shou », clé de voûte du goût caractéristique de ce type de thé. Nous avons donc eu l’honneur de visiter son entrepôt ainsi que la salle de fermentation. M.Chan était particulièrement satisfait des améliorations introduites dans ses nouveaux espaces, augmentant ainsi considérablement la qualité de son produit final. Une meilleure ventilation et un plancher poreux (limitant les excès d’humidité) permettant alors une réaction des plus agréable à sentir. L’odeur des feuilles après seulement dix jours de fermentation offre des nuances fruitées rappelant le parfum de certains wulong de Chine. Espérons que notre intérêt pour ces thés issus de l’avant garde trouve son écho chez tous ceux en quête de produits nouveaux!

Lincang sur la route!

23 avril 2013

Village de Lushi, sur la route du thé et des chevaux

C’est en compagnie d’Olivier et de Peishan que nous avons sillonné la région de Lincang dans le Yunnan pendant une semaine ce printemps. Notre voyage dans cette région de la Chine, plus long qu’à l’habitude, avait entre autres comme mission de recueillir du matériel visuel pour notre prochain livre sur les Pu Er. C’est donc entre passionnés de thé que nous sommes allés explorer la vieille ville de Lushi, vestige vivant de l’époque de Chamagudao, la route du thé et des chevaux. Notre périple nous a aussi menés vers le plus vieux théier du monde, estimé à 3200 ans d’âge, une splendide force de la nature située au nord de Fengqing.

C’est d’ailleurs dans cette ville que nous avons visité la fabrique connue à l’époque des grandes entreprises d’État sous le nom de Fengqing, produisant maintenant ses thés sous l’image du groupe Dian Hong.  On y produit aujourd’hui essentiellement des thés noirs, dont certains « haut de gamme » sont vendus à plus de 150 $ les 50g! Cet immense centre de transformation reçoit ainsi ses thés sous forme de produit brut de ses 84 petites fabriques de la région afin d’être triés, assemblés et empaquetés. L’entreprise produit ainsi autour de 6000 tonnes de thé par an, la positionnant parmi les deux autres grands producteurs de la province, Menghai et Xiaguan.

En direct de Nanhua pour goûter le maocha

Une partie du voyage consistait aussi à rencontrer les fermiers et producteurs de la région afin de s’imprégner de leurs terroirs et de mieux connaître leurs façons de transformer les feuilles en maocha. Olivier et Peishan, établis à proximité de Lincang depuis deux ans et connaissant bien les environs, nous ont fait découvrir certains lieux dont une magnifique vallée d’où proviennent deux thés choisis pour notre sélection 2013. C’est ainsi que notre carte se bonifiera cette année d’un thé blanc issu de théiers sauvages ainsi que d’une galette de Pu Er du village de Nanhua. Miam miam !

Ivres pour des thés hors de prix.

8 avril 2013

Une scène typique illustrant bien le marché du Pu Er à Jinghong dans le Xishuangbanna,Yunnan.

Notre aventure dans le Yunnan commence avec une journée de dégustation en compagnie de Mme. Wang dans sa boutique de Jinghong. C’est avec une efficacité et une passion évidente qu’elle nous fait goûter ses thés fraîchement sélectionnés des différentes montagnes de la région. Les gaiwans sont remplis de maocha qu’elle rince deux fois, et les infusions se succèdent sans laisser nos tasses vides plus de quelques minutes.

Tout en buvant, nous tâtons le pouls du marché du Pu Er et de l’évolution des prix. Elle nous raconte comment chaque année de plus en plus de riches viennent acheter de grandes quantités des crus recherchés faisant ainsi grimper leur prix en flèche. Des montagnes moins connues voient le prix de leur maocha se décupler rapidement sous l’effet d’achats compulsifs. Par exemple, cette année un homme à acheté pour trois millions de yuans de feuilles du village Banpen qui offrait ses feuilles à 2,5 yuans le kilo il y a quelques années pour voir son prix atteindre maintenant plus de 1000 yuans le kilo! La célèbre Banzhang vend cette année ses feuilles 25 % plus chères que l’an dernier, soit à 4000 yuans le kilo.

Dégustation comparative de Pu Er

Si quelques hommes plus fortunés sont prêts à payer le prix, nous sommes toujours en quête de thés de qualité à prix abordables à ramener au Québec. Nous regoûtons donc certains thés en les comparant côte à côte pour valider nos choix et tirer le meilleur parti de la situation actuelle. Le  corps ayant ses limites, nous rencontrons les nôtres cinq heures plus tard, complètement ivres et fébriles, après avoir dégusté plus de 30 thés et vider 18 litres d’eau !

Nous poursuivrons notre périple au cœur des montagnes du Xishuangbanna avant d’aller explorer la région de Lincang, moins réputée, offrant des trésors cachés.

Boire dans la fleur de l’âge

14 février 2012

Jeune Pu Er

Question de me faire l’avocat du diable par rapport à mon précédent article, je parlerai ici de la fraîcheur inusitée des jeunes Pu Er. Comment faire autrement avec les enivrants arrivages que Jasmin nous a rapportés du Yunnan et du Laos. En effet, avec trois nouveautés pimpantes de jeunesse, foisonnantes d’arômes et de vivacité, je dirai ici au diable l’attente : goûtez ces jeunes Pu Er sheng dans la fleur de l’âge!
Même si ces thés sont généralement destinés à vieillir et à se métamorphoser avec le temps, rien n’empêche de profiter de l’extrême jeunesse des Pu Er de l’année pour découvrir de surprenants arômes fruités, floraux, camphrés et j’en passe. D’autant plus que les producteurs du Yunnan cheminent merveilleusement dans leur conception et leur transformation  de ce produit dont on devrait réécrire le destin. Entre 2009 et 2011, en seulement deux ans, Jasmin a observé et goûté l’évolution du savoir faire des artisans du Pu Er et il serait bien dommage pour nous de continuer a croire au dogme affirmant que le Pu Er n’est bon que vieilli. Dégustés en gaïwan, dont le caractère neutre laissera toute la place aux parfums volatiles, ces crus offriront d’innombrables infusions possédant une puissante persistance. Trêve de bavardage, passons maintenant aux présentations des quelques nouveaux Pu Er sheng qui garnissent notre carte.

Le Pu Er 2011 Yibang Malishu : Provenant d’une des six légendaires montagnes productrices de Pu Er, cette galette est pressée à partir de feuilles provenant d’un seul et même terroir, autrement dit, le village de Malishu (alors que généralement pour les Pu Er, les feuilles peuvent provenir de différentes origines). L’originalité de ce thé vient du matériel organique qui la compose. La très grande majorité des Pu Er sont conçus à partir de théiers assamica à grandes feuilles (Da Ye), par contre, la Yibang Malishu ne contient que des feuilles de théier sinensis de 150 ans, ce qui est très rare dans le domaine du Pu Er!

Le Pu Er 2011 Banpen maocha : Ce maocha semble avoir été conçu pour être dégusté ainsi : jeune, vif et incroyablement aromatique. Il fut cultivé dans le village de Banpen situé à peine à quelques kilomètres du célèbre village de Banzhang dont la réputation ne cesse de croître (ce qui entraîne malheureusement une envolée spectaculaire des prix des thés provenant de ce terroir). Une technique intéressante pour rendre la dégustation de ce thé encore plus agréable est de garnir généreusement un  gaïwan (environ 5g) et de faire infuser le thé avec une eau à 90 degrés. Lorsque vous transviderez votre infusion dans votre tasse ou votre pichet, prenez garde à ne pas le secouer à la fin afin de ne pas détacher le fin duvet qui recouvre les feuilles, la liqueur obtenue serai ainsi plus claire, moins astringente et plus savoureuse.

Le Laos Phong Sali 2011 : Petite merveille provenant d’un terroir jamais exploré auparavant au sein de notre sélection, cette galette de thé très semblable au Pu Er du Yunnan fut fabriquée à partir de feuilles de théiers plus que centenaires. Une curiosité plutôt corsée qui se laisse déguster au présent et dont l’avenir est prometteur. Le Laos étant situé à une dizaine de kilomètres du Yunnan, on ne peut s’étonner que la méthode de fabrication du thé y soit très semblable. Ce pays possède en fait une longue histoire en ce qui a trait au thé, histoire qui s’est malheureusement perdue avec le temps et qui commence à peine à refleurir. Aussi, étant donné que le Phong Sali 2011 ne fut pas produit au sein du Yunnan (ce qui explique qu’il ne peut théoriquement pas porter le nom de Pu Er), ce thé ne fait pas partie de l’immense vague d’intérêt pour le Pu Er qui submerge le marché du thé chinois, ce qui explique son prix dérisoire pour une galette d’une excellente qualité.

Jasmin au Yunnan: retour de voyage

8 décembre 2011

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Emballage en “tong” de galettes à Shuan Jiang

Après un voyage particulièrement éreintant de cinq semaines en Chine au printemps 2010, j’avais décidé de diviser les objectifs de 2011 en deux voyages. Un premier au printemps pour la traditionnelle tournée des producteurs et un second à l’automne (compte rendu du voyage de printemps 2011) consacré entièrement au Pu Er, avec des rencontres pour les vieux Pu Er à Hong Kong suivi d’un séjour dans les campagnes du Yunnan.

J’aime toujours être à Hong Kong, où l’on trouve un étrange mélange de traditions, à mi-chemin entre la culture chinoise et les méthodes occidentales. Ma dernière visite à Hong Kong remontait déjà à 2009, où j’avais eu la chance de visiter plusieurs entrepôts de vieillissement de thé.

Cette année, les objectifs étaient plus axés sur la rencontre avec les fournisseurs, la dégustation et le choix d’une nouvelle sélection. Car en deux ans, il s’en passe des choses en Chine !  Alors que 2009 fût l’année idéale pour l’achat de jeunes Pu Er et que le prix des vieux Pu Er était encore stable après l’éclatement de la bulle spéculative à la fin de 2007, le marché du vieux Pu Er en 2011 a connu une lancée fulgurante avec une demande ahurissante par rapport à l’offre. Alors que les prix s’affolaient jadis pour les thés des années 1950 à 1970, ils s’affolent maintenant aussi pour ceux des années 80 et 90. Il faut dire qu’un Pu Er sheng de 1990 a tout de même déjà 21 ans!

Le séjour à Hong Kong s’est finalement conclu par de belles rencontres autour de dégustations précieuses et de beaux échanges sur ces thés prisés. Anecdote intéressante, plusieurs collectionneurs de Pu Er de Hong Kong ou de la Chine collectionnent désormais de grandes bouteilles de Bordeaux!  Comme quoi la spéculation est loin d’être terminée autant pour le thé que pour le vin !

Coup de cœur du séjour à Hong Kong (mis à part les thés aux prix complètement inaccessibles!) : le Pu Er 1983 Menghai 79032 (sheng).

Après trois jours à Hong Kong, c’était le temps de quitter la ville et d’aller m’enfoncer dans les montagnes du Yunnan à la rencontre des cueillettes d’automne. Petite escale à Kunming, ville transformée depuis deux ans avec ses bouchons de circulation et je débarque à Lincang afin d’explorer cette région productrice de Pu Er de vieux théiers, mais beaucoup moins connue que le Xishuangbanna plus au sud. Quoiqu’en forte croissance (avec ses montagnes ou villages de Bingdao, Fengqing, Yongde et Mengku), les prix sont encore plus bas que dans le Banna mis à part Bingdao qui est devenu le Banzhang de Lincang avec l’augmentation de la demande et du prix qui vient avec cette popularité.

J’ai fait une belle rencontre avec la famille Li à Mengku sans pourtant faire d’achat, car toute leur production était réservée avant même la récolte. J’ai donc passé ma commande pour la cueillette du printemps 2012! Le marché de qualité du Pu Er, pour les maocha ou les galettes de l’année, fonctionne de plus en plus sur « réservation ». Contrairement aux années 2005-2007 où le marché chinois n’était pas si connaisseur et achetait plus pour « l’investissement », le marché de 2011 en Chine est plus connaisseur et exigeant. Il faut dire qu’après les excès spéculatifs du marché, les amateurs sont plus éduqués et sensibles à la qualité.

Coup de cœur des achats dans cette région : Pu Er 2006 Mengku Shuang Jiang 2006 (sheng).

Après plusieurs visites de villages, de petits ateliers de fabrication de Pu Er et la visite d’une grande fabrique à Shuang Jiang, il était temps d’aller retrouver mon plus grand collaborateur dans le Yunnan pour le Pu Er, la famille Wang.  Tout comme à Lincang, avec le froid arrivé plus tôt que prévu, la saison venait de se terminer. Les grandes pluies d’automne n’ont pas été particulièrement bonnes pour la production de maocha, autant pour la qualité que pour la quantité.  J’ai fait la visite de plusieurs villages/montagnes, dont Banzhang, Banpen, Hecai, Yiban, Nannuo et Youle. Provenant de ces montagnes, plusieurs thés sont en route dont une galette de 250g de Yiban faite avec des feuilles de sinensis, de plus de 150 ans. Ma plus grande surprise fût au niveau du thé du Laos que je voulais explorer depuis quelque temps. Deux Pu Er shou de 2006 venant de vieux théiers du Laos et fermentés à Xiangming pour un rapport qualité/prix incroyable et un maocha de Phong Sali 2011 de vieux théiers que j’ai fais presser en galette de 250g.

Arrivages prévus vers la fin du mois de décembre.

Jasmin Desharnais

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Dégustation de vieux Pu Er avec vue sur Kowloon

Mengku

21 novembre 2011

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Je viens d’arriver à Shuan Jiang après un très beau séjour en campagne de Mengku avec la famille Li de l’ethnie Bulang. Un fait plutôt rare, ils font autant le maocha que la compression des galettes. Alors que la majorité des paysans transforment les feuilles fraîches en maocha et vendent ce thé à un deuxième acteur qui le commercialise, M Li est allé à Yiwu apprendre la compression artisanale des galettes. Même si plusieurs traditions Bulang se perdent, c’est super de voir de l’autre côté des paysans prendre en main toutes les étapes du thé et ainsi pouvoir profiter pleinement de sa vente. Il arrive trop souvent pour le Pu Er que les paysans vendent leur thé à faible prix à un acheteur qui à son tour vendra le thé en encaissant la majorité des profits.

Il n’y a eu qu’un seul désagrément à rencontrer cette famille pour la première fois. Comme leur travail commence à être reconnu à Mengku, il faut maintenant réserver à l’avance des feuilles pour pouvoir leur acheter du thé! Même si la saison de compression des thés d’automne bat toujours son plein en ce moment dans le Yunnan, tout leur thé était déjà vendu! La commande est déjà passée pour le printemps prochain.

Jasmin Desharnais

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