Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Le thé éphémère du Japon

7 juillet 2012

Notre producteur de Shincha

Le Japon est une contrée frappée par un mode de vie ou la frénésie règne la plupart du temps. Un des symptôme les plus frappant à cet égard est bien entendu l’effet de mode. Associé généralement à des industries qui se nourrissent presque exclusivement de ce phénomène, on pourra s’étonner que d’autres industries, comme celle du thé bien entendu, vibrent aussi au rythme de la nouveauté à tout prix. Au pays du soleil levant, cela se traduit par le concept du shincha, à ne pas confondre avec le sencha.

Les shincha sont les toutes premières récoltes disponibles lors du réveil des théiers à la suite de leur période de dormance. Cette cueillette se fait avant le début de la saison *officielle* de cueillette et ne produira qu’une assez petite quantité de thé. Évidement, qui dit rareté dit aussi prix élevé. Jusqu’à maintenant, tout va bien, le problème survient lorsque l’on insère ici l’effet de mode. Pour une boutique de thé au Japon, être la première à offrir du shincha place celle-ci dans un avantage stratégique certain, malheureusement, souvent cette hâte se traduit par un laisser-aller du côté de la qualité, tant et si bien que cette pratique ne fait pas l’unanimité chez les producteur de thé qui jugent parfois cette récolte fade par rapport à celle produite lors de la saison régulière. Évidement, malgré son statut controversé, il serait de mauvaise foi de dire que le shincha est un produit sans intérêt, quelques perles nécessitant une attention particulière. Si l’envie vous prend de découvrir ce que recèlent comme fraîcheur les toutes première feuilles de thé japonaises, le Sencha Shincha Mine est là pour répondre à vos questions.

Un thé à la frontière des genres

22 juin 2012

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Il est normalement assez aisé de distinguer à la simple vue des feuilles de thé, à quelle famille appartient celui-ci. Thés blancs bourgeonneux et duveteux, thés verts formés de petites feuilles frisées ou de grandes feuilles torsadées se déclinant en divers tons chlorophylle etc.

Mais qu’arrive-t-il lorsque cette distinction visuelle se brouille et que l’on se retrouve, par exemple, avec un thé vert uniquement composé de bourgeons blancs et floconneux? C’est une question qui s’impose à la vue du Tuyet San, étrange thé vert vietnamien qui fait son entrée sur notre carte ce printemps.

Ce thé semble être un secret bien gardé au sein des terres vietnamiennes. Absent du marché du thé de Hanoi, Hugo fut aiguillé sur la voie de cette sympathique curiosité par une méthode aussi ancienne qu’efficace pour découvrir des produits authentiques au sein des connaisseurs étrangers : le bouche-à-oreille. Quelques vendeurs de thé lui parlent d’un mystérieux thé blanc produit aux environs du village de Suoi Giang. Armé de cette piste un peu incertaine, mais décidé à tenter le coup, c’est ainsi que Hugo tombe sur cette petite merveille.

Le Tuyet San est un thé unique en son genre. Produit par une famille de producteurs possédant entre leurs mains un trésor de la nature, le Tuyet San est confectionné à partir de feuilles de théiers sauvages plusieurs fois centenaires. Récolté et transformé à la main, ce cru prend la forme de bourgeons cendrés aux reflets cuivrés qui ressemblent à s’y méprendre avec des feuilles de thé blanc. Pourtant, la transformation de celui-ci (par la présence d’une dessiccation) ne laisse place à aucun doute; il s’agit bien d’un thé vert. Côté aromatique, encore des surprises. Les feuilles sèches laissent dégager des arômes plutôt animaux et fermiers avec en arrière plan une verdeur rappelant la sève résineuse. En bouche, la texture est bien rehaussée par le duvet des bourgeons et la légère amertume est adoucie par une délicate touche sucrée. Ses arômes rappellent quelque peu le maocha de jeune Pu Er par ses notes florales et quelque peu minérales tout en laissant place à un agréable goût d’artichaut.

Une curiosité à découvrir, un voyage gustatif à ne pas manquer.

Voyages et rencontres autour du thé

18 mai 2012

Rencontre autour du thé

Nous voilà déjà dans le dernier droit de notre périple Vietnam/Taiwan. L’observatrice que je suis savoure ces scènes de vie dans lesquelles s’exposent généreusement les producteurs de thé et leur famille. Étant dans la boite depuis près de quatre ans, j’étais bien au courant de la démarche des importateurs du Camellia. J’imaginais donc facilement l’effet positif qu’allaient avoir chez moi mes premières rencontres avec les artisans du thé. Par contre, je n’avais pas anticipé l’inverse : quel impact avons nous chez eux? Je devine que beaucoup de producteurs ont peu de recul sur leur travail puisqu’ils sont collés à cette culture du thé qui fait partie d’eux. Il est vrai que cette proximité avec la tradition participe à la richesse d’un lieu puisque le savoir-faire transmis depuis de nombreuses générations suggère un produit des plus authentiques.

Par contre, les voyages sont très formateurs y compris pour ceux qui reçoivent les voyageurs de passage. Après une rencontre avec un producteur, si l’ambiance est à la découverte, Hugo a l’habitude d’offrir une dégustation comparative de quelques thés. Le Darjeeling, l’Anji Bai Cha et autres thés méconnus amènent ces artisans dans un spectre de dégustation encore inexploré. Le tout est proposé modestement dans le seul but de transmettre notre travail, notre philosophie et d’échanger davantage avec eux. En montrant le livre de la maison, nous ajoutons un aspect visuel sur les différentes techniques de transformation du thé en Asie. Souvent plusieurs discussions enrichissantes s’en suivent. Je constate fièrement qu’en se rendant chez les producteurs en Asie, les importateurs du Camellia leur partage un autre regard et participe ainsi à un certain dynamisme.

Merci!

Sabrina

Jasmin en Chine—Le Guizhou, une nouvelle province chinoise ajoutée à notre sélection

16 avril 2012

M. Li dans ses jardins

Deuxième escale chinoise, la province du Guizhou où je mettais les pieds pour la première fois. S’il y a bien un aspect que j’adore des richesses du thé en Chine c’est que, même si nous sommes deux à la parcourir pour le thé chaque année depuis 10 ans, il y en a toujours à découvrir! L’exploration de cette province de l’ouest de la Chine, s’inscrivait  dans l’optique de découvrir des thés moins connus de provinces productrices plus marginales.  Et qui dit thés moins renommés en Chine dit aussi thés moins dispendieux!  J’ai quand même commencé mon exploration par le thé vert le plus “connu” de la province, le Du Yun Mao Jian avec une première rencontre où tout a cliqué dès le début.  C’est le genre d’histoire parfaite que je souhaiterais reproduire à chaque nouvelle exploration: des gens passionnés super accueillants et curieux, une plantation de thé leur appartenant à plus de 1500m d’altitude, une minuscule fabrique artisanale et de bons thés!  Cette fois-ci, nul besoin de chercher plus loin, car les premiers rencontrés satisfaisaient tous mes critères de sélection d’un thé. Il faut savoir qu’en Chine, tout ce qui est gros, neuf et qui impressionne est de mise pour l’image commerciale. M. Li s’est d’ailleurs plusieurs fois excusé de la petitesse de ses installations alors que de mon côté, j’étais ravi de ce côté artisanal qui marque souvent le soin de bien faire les choses. M Li et sa femme Mme Chen travaillent ensemble dans la compagnie qu’ils ont créée en 2000.  Ils produisent près d’une dizaine de grades de Du Yun Mao Jian et j’en ai retenus deux pour notre sélection 2012, un précieux à un petit bourgeon plus une feuille, avec une transformation entièrement manuelle qui possède une super délicatesse végétale et une texture bien veloutée.  Le deuxième grade, quant à lui, provient d’une sélection de feuilles plus matures et a subi une dessiccation mécanique.  Les amateurs de Dong Shan se trouveront devant un dilemme devant ce nouveau venu!

La deuxième partie de ma visite dans le Guizhou était consacrée aux thés vraiment inconnus du Guizhou, le Que She, le Guiding Yun Wu et le Mei Jiang Cui Pian, mais après avoir gouté une bonne vingtaine de grades de ces thés en plus de copies de Bi Luo Chun, de Long Jing et de Anji bai cha, rien n’a retenu mon attention. J’ai donc pris l’avion pour Nanjing qu’avec l’achat des Du Yun Mao Jian et un souvenir du Guizhou me rappelant la Chine du début des années 2000: plus pauvre et moins développée.

Prochain billet en direct du Jiangsu alors que j’entame 3 jours d’achat de théières Yixing chez les potiers avec qui nous travaillons.

Mme Chen et Jasmin

Jasmin

 
 

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