Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

Blogue

Dégustation : Wei Shan Mao Jian 2018

10 juin 2018

unnamed-1

Alexis, conseiller à la boutique du quartier Saint-Roch à Québec, nous présente ses notes de dégustation pour le Wei Shan Mao Jian 2018, un thé vert chinois du Hunan.

Paramètres : infusion en Gaiwan, 5g., eau à 80 °C

D’abord, les feuilles sèches présentent de longues torsades vert foncé, pourvues de bourgeons visibles. On y découvre des notes de foin aromatique (foin d’odeur), de fleurs des champs et de pollen.

Première infusion (40 secondes)

La teinte des feuilles infusées varie maintenant de foncées à pâles, sans grande uniformité. Des notes puissantes, grillées-beurrées, de noisette, de pois mange-tout et de sucre végétal peuvent alors être dénotées. Lumineuse et légèrement trouble, la liqueur est d’un joli émeraude pâle. En bouche, sa texture soyeuse offre un parfum végétal, peu tannique, et une persistance légèrement sucrée.

unnamed-2

Deuxième infusion (1 minute)

La deuxième infusion propose des notes plus florales et zestées, légèrement grillées et fumées. En bouche, on trouve maintenant une liqueur puissante, mais ronde, qui rappelle le sencha japonais de style floral.

unnamed-4

Bonne dégustation!

Thés verts chinois : une source inépuisable de découvertes!

18 février 2018

unnamed-3

Les thés verts sont les plus populaires en Orient. En Chine seulement, on en compte plus de 1500 variétés! En effet, la diversité des thés verts chinois est phénoménale. Des siècles de culture ont permis d’en diversifier la palette aromatique. De l’amertume des petites feuilles torsadées au doux parfum des feuilles d’exception, le thé vert s’y décline en plus de mille variétés.

Pour nous qui explorons chaque année de nouvelles régions productrices de thé vert, la Chine est une source inépuisable de découvertes. Chaque région possède sa spécialité et chaque artisan, sa méthode. Les grands crus sont nombreux et légendaires.

Xin Yang Mao Jian, Long Jing Shi Feng, Tai Ping Hou Kui – voilà des thés issus d’une riche et longue histoire. Les Chinois en sont fiers et la demande pour des thés verts d’exception est de plus en plus forte. De nombreux thés verts issus de nouveaux cultivars, tel l’Anji Bai Cha, font leur apparition. La production augmente chaque année et l’intérêt pour ces nouveaux crus ne se dément pas. Le thé vert, en Chine, est extraordinairement vivant.

unnamed-4

Voici quelques-uns des favoris de l’équipe :

Lu An Gua Pian : ses belles feuilles torsadées aux accents bleutés sont récoltées à la main une à une dans la région de Anhui. Vivifiant et fin, ce thé à la dominance végétale est digne de son titre de grand cru de Chine.

Xin Yang Mao Jian : ce thé renommé est issu d’une cueillette fine constituée de délicats bourgeons. Un thé tonifiant et généreux, au parfum rappelant le litchi, qui laisse une longue persistance en bouche.

Du Yun Mao Jian : un excellent thé de tous les jours, aux francs parfums végétaux (épinards fris) et iodés. La liqueur jaune clair légèrement voilée est vive et sucrée, complétée par d’agréables accents fruités (melon) et légumiers.

Huo Shan Huang Cha : envie d’essayer un thé plus marginal? Ce thé jaune déploie son éclatant caractère végétal (oseille) en accord avec ses notes de noix grasse et de biscuits au beurre. De généreux tanins accompagnent sa profonde finale, nuancée par de fins accents floraux.

Lu An Gua Pian : l’un des plus célèbres thés de Chine

16 février 2018

unnamed-3
Un célèbre grand cru
La route menant aux jardins de Lu An Gua Pian, dans la région de Anhui, sillonne les collines de la chaîne Dabie Shan, bordée de forêts de bambous, de petits villages et de lacs magnifiques.
Ce grand cru est un thé original qui figure depuis des siècles parmi les 10 thés les plus célèbres de Chine. Ses belles feuilles torsadées aux accents bleutés offrent une liqueur à la saveur sucrée, agrémentée de fines notes de fleurs jaunes (moutarde) et d’iode. Vivifiant et fin, ce thé présente une dominance végétale rappelant le kale et l’avocat.
Une technique de culture impressionnante
Il n’est pas rare pour notre équipe d’être impressionnée par les techniques de culture et de transformation, mais celles utilisées pour la production du Lu An Gua Pian sont parmi les plus surprenantes.
Pour la production des thés verts haut de gamme, on ne cueille habituellement que le bourgeon terminal et une feuille. En ce qui a trait au Lu An Gua Pian, au lieu de cueillir les plus jeunes pousses, on ne récolte que les cinq à huit feuilles qui suivent la première feuille de chaque tige (qui seront ensuite roulées à la main une à une!).
unnamed-4
Un processus de transformation surprenant
Une fois cueillies, les feuilles sont flétries sur des treillis de bambou. On procède ensuite à la dessiccation en deux étapes, qui se fait à l’aide de balais de bambou qui font tournoyer les feuilles dans les cuves chauffées. En effet, on brasse d’abord les feuilles pendant une quinzaine de minutes dans une cuve, puis on les transfère dans une autre cuve, moins chaude, où on les aplatit à l’aide d’un petit balai.
L’étape suivante, le séchage, révèle une autre méthode originale. Durant une heure, les artisans font chauffer les feuilles quelques secondes sur un feu de bois, ensuite ils les remuent pendant 15 à 20 secondes.
En plus d’être très exigeants, les mouvements de brassage font tomber des feuilles par terre. D’ailleurs, lors de l’un de nos voyages, M. Cheng, le producteur de Huo Shan Huang Ya demande à M. Deng : « Pourquoi fais-tu ça comme ça ? Tu as beaucoup trop de pertes. Regarde toutes ces feuilles par terre qui ne servent plus à rien… » M. Deng, avec un grand sourire, lui répond que le Lu An Gua Pian est ainsi produit depuis des générations, et que c’est ainsi qu’il doit être fait ! On comprend alors par cet échange à quel point les méthodes de transformation peuvent diverger dans la même province pour une même famille de thé. Le savoir-faire des artisans est d’une importance capitale pour donner au thé sa signature caractéristique!
unnamed-2

Les modes se suivent et ne se ressemblent pas!

27 janvier 2016

DSC_7408

Depuis son apparition au Japon au milieu de 18 siècle, le style sencha s’est rapidement imposé, d’abord internationalement puis localement où il a connu plusieurs vagues de changement reliées partiellement à sa consommation et au goût du jour des différentes époques et clientèles. Certaines techniques et méthodes de transformation ont conservé l’empreinte de la tradition tandis que d’autres se sont développées en s’adaptant aux marchés en évolution constante et en réagissant entre autres à l’apparition du café et des colas comme boissons alternatives.

Les sencha restent malgré tout omniprésents, constituant plus des deux tiers de la production nippone de thé. Déclinés comme des variations d’un thème central, ils sont aujourd’hui proposés en vrac ou emballés dans de jolis sacs sous vide ou en sachets, afin de séduire le plus grand nombre, aux intérêts et goûts variés. Pour apprécier cette multiplicité, il est bon d’avoir des indices pour déchiffrer l’origine des styles gustatifs offerts. Ainsi, en plus des types de cultivars, terroirs et saisons de récolte, les deux étapes de transformation que sont la dessiccation à la vapeur (étuvage) et le séchage final (hiire) produiront conjointement des thés distincts selon les modifications de temps et d’intensité de leurs paramètres.

Voici trois sencha à découvrir pour naviguer d’un style à l’autre et affiner votre palais aux subtilités de ces délicieux thés verts.

DSC_7334 - copie copie

Sencha Tsukigase Icho-ka biologique : Asamushi sans hiire

Dans la lignée traditionnelle, ce sencha de facture artisanale faiblement passé à la vapeur (asamushi) n’a pas subi de chaleur intense au séchage final. Ses grandes feuilles hétérogènes, reflets d’un triage léger, offrent une liqueur vive et limpide, arborant le caractère des herbes fraîches et des fleurs printanières. Le goût du thé tel qu’il se présente dans le jardin!

Sencha Ashikubo : Asamushi avec hiire élevé

Cet autre thé asamushi, i.e. issu d’une dessiccation courte, déploie la vivacité typique du style d’origine, accentuée d’un fin zeste acidulé et conservant son caractère herbacé. Le séchage final, quant à lui de plus en plus populaire dans l’industrie actuelle, lui donne une étonnante complexité aromatique. S’il est estimé pour son effet sur la conservation du thé ainsi que pour sa capacité à uniformiser les mélanges de différents lots, nous apprécions ici le hiire intense avant tout pour son impact gustatif, rehaussant la liqueur des nuances fruitées et gourmandes des plus savoureuses. Un savoir-faire à l’affut d’une esthétique moderne!

Sencha Fukamushi Tsuyu Hikari : Fukamushi sans hiire

L’étuvage plus long, littéralement appelé fukamushi, génère habituellement des thés aux feuilles plus petites et brisées sous l’effet de roulages répétés. Celui-ci, fidèle à ce style moderne créé afin d’offrir des liqueurs douces, riches et texturées, présente une liqueur vert foncé et opaque, marquée par les accents classiques de légumes verts et de fines herbes, signe d’un passage final à la chaleur plutôt timide. L’infusion rapide libère les généreux tannins qui lui donnent corps, à l’image de l’utilisation courante que l’on en fait dans les sachets et autres modes de consommation express. Une création sur mesure pour les nécessités du monde actuel !

Malgré la tendance à l’uniformisation portée par l’industrie, n’hésitez pas à varier vos dégustations en passant d’un style à l’autre afin d’encourager les producteurs artisanaux offrant des thés uniques et parfois produits à partir de cultivars marginaux, tel que Koshun ou Saemidori…

Une simple invitation à sortir des sentiers battus pour vous, épicuriens en quête de raffinement!

Sébastien

L’art de M. Kamada

2 septembre 2015

DSC_2472

Voici un texte tiré de notre livre Thé vert: à la rencontre d’un art millénaire récemment traduit en anglais “Green Tea: The Quest for Fresh Leaf and Timeless Craft’’.

M. Kamada pratique l’art de la poterie depuis une quarantaine d’années. Il a consacré l’essentiel de son travail à développer une vision moderne et originale du style tenmoku, qui remonte à la dynastie chinoise des Song (960-1279) et qui fut introduit au Japon au XIIIe siècle par des moines bouddhistes.

Aujourd’hui, M. Kamada est l’un des rares céramistes japonais qui ont voué leur vie à la recherche historique et à la production de poteries de style tenmoku. Les fascinants effets de glaçure et la qualité générale de ses œuvres en ont fait l’un des potiers les plus respectés de Kyoto. Ses œuvres sont exposées dans les galeries les plus prestigieuses du Japon et, depuis 2005, ses plus récentes réalisations font partie des collections permanentes du Musée d’art métropolitain de New York.

Lorsque nous avons eu la chance de rencontrer M. Kamada, nous en avons profité pour lui poser plusieurs questions sur ses méthodes de travail et sur l’art de la poterie.

M. Kamada et ses oeuvres

ENTREVUE AVEC M. KAMADA, POTIER À KYOTO 

M. Kamada, après plus de 40 ans de métier, vous avez sûrement développé une approche personnelle de la poterie. De quoi avez-vous besoin pour travailler ?

J’ai seulement besoin de concentration et d’un espace approprié. 

Qu’est-ce qui vous influence, vous motive dans votre travail ?

Auparavant, j’étais inspiré et influencé par la grande céramique ancienne. J’ai mené des recherches à ce sujet, mais reproduire ce genre de poterie n’est plus un objectif. Aujourd’hui, je suis inspiré davantage par d’autres

formes d’art ou par la nature. Mon intérêt premier est de produire des œuvres originales de style tenmoku. Je suis excité quand un musée ou que le Nihon Kogei Kai (Corporation des artistes du Japon) me propose d’exposer mes pièces. C’est très stimulant de pouvoir montrer de nouvelles œuvres.

D’après vous, quelles sont les qualités d’un bon potier ?

D’après moi, toujours aller de l’avant est la meilleure attitude. J’apprends beaucoup de mes erreurs. La plupart du temps, j’obtiens de bons résultats par chance. Par exemple, j’ai beau chercher à contrôler la glaçure, les effets sont toujours différents. 

Comment voyez-vous l’art de la poterie au Japon aujourd’hui, par rapport à l’époque où vous avez fait vos débuts ?

Quand j’ai commencé ma carrière, il y avait beaucoup de jeunes potiers et
cet art était très vivant. Depuis lors, la poterie s’est grandement diversifiée. Aujourd’hui, on s’attarde de plus en plus sur le design. Il semble que le caractère original d’une pièce de poterie n’a plus la même valeur. Les consommateurs du monde entier peuvent en acheter sur Internet sans même les toucher. Dans un monde idéal, je souhaiterais que les gens aient la chance de pouvoir toucher et admirer les poteries avant de les acheter. 

D’autres pièces de M Kamada sont aussi disponibles dans notre boutique de la rue Émery à Montréal et dans celle de Québec.

Demandez à nos conseillez de vous les montrer lors de votre prochaine visite. Contemplation inoubliable assurée!

L’infusion en verre : Une clé vers la compréhension des thés verts chinois

17 avril 2015

IMG_6995

Consommé par millions de tonnes chaque année, le thé vert est roi en Chine depuis déjà plusieurs siècles. Bu partout et par tous, à toutes heures du jour et de la nuit, de façon précise ou en toute simplicité, il demeure le breuvage quotidien favori de la population chinoise. Si sa préparation en théière ou l’utilisation du gaiwan permettent un service convivial et raffiné, une méthode ergonomique et adaptée au style de vie de la population s’est imposée progressivement au cours des années par sa simplicité et son intérêt esthétique!

IMG_1657À chacun son thé donc, puisqu’il suffit de mettre une pincée de feuille dans un verre ou bien dans une bouteille à thé, puis d’y ajouter de l’eau bien chaude. Les feuilles s’ouvrant sous l’effet de la chaleur séduisent l’œil avant même de satisfaire nos papilles et notre soif! Cette appréciation visuelle de la qualité des feuilles est d’une importance capitale en Chine, souvent plus que l’aspect gustatif, et a fait naître la mode du beau thé!

Jasmin verreLa liqueur est alors sirotée à même le verre en la filtrant à l’aide des lèvres. L’astuce qui permet de ne pas avoir un thé sur-infusé est simplement d’ajouter de l’eau au fur et à mesure que l’on boit. On déguste un quart ou un tiers de notre verre, puis on rempli… et ainsi de suite, jusqu’à épuisement des feuilles, quitte à en rajouter de nouvelles pour prolonger l’expérience! Cette méthode, en plus d’être visuellement intéressante et facile à réaliser, permet d’extraire et de savourer pleinement et progressivement la richesse d’un thé, afin d’en parfaire notre compréhension sans en limiter notre appréciation.

Si les thés verts chinois répondent avantageusement à cet usage, en raison de leurs longues feuilles entières, je vous invite tout de même à redécouvrir vos classiques, qu’ils soient blancs, semi-oxydés ou noirs!

À la recherche du Tai Ping Hou Kui

14 octobre 2014

DSC_0094

Tout dégustateur de thé rêve de trouver un jour, dans une région reculée, une plantation de thé pratiquement inaccessible, où serait produit un thé exceptionnel. La découverte du Taiping Hou Kui fut pour nous une expérience de cette envergure.

Il faisait partie de notre liste des « thés à trouver » depuis nos toutes premières explorations au début des années 2000. Nous savions qu’il existait, nous connaissions sa province de production (Anhui), mais nos recherches demeuraient infructueuses.

Lorsque nous avons su le chemin à suivre pour se rendre sur les lieux de production, par l’entremise de M. Xie, notre producteur de Huang Shan Mao Feng, nous avons compris pourquoi il avait été si difficile de les trouver par nous-mêmes : aucune route ne mène aux plantations!

À partir de chez M. Xie, il nous a fallu plusieurs heures de voyage sur des chemins de campagne avant de nous arrêter au bord d’une rivière. Là, nous apprenons que les plantations ne sont pas accessibles en voiture et que nous devons continuer notre périple en bateau. L’idée de découvrir enfin le terroir de ce thé fameux rend notre excitation palpable. Il semble que nous nous dirigeons dans un lieu encore plus isolé que nous le pensions.

L’eau de la rivière est calme et miroite la majestueuse chaine des Huang Shan qui l’entoure. Dans ce paysage éblouissant, la traversée en bateau dure près d’une heure et nous mène au terroir d’origine du Taiping Hou Kui, l’un des plus beaux sites que nous avons eu la chance de visiter au cours de nos explorations. Les quelques jardins de thé en bordure de la rivière resplendissent d’un vert impérial…

M. Ye, le producteur que nous y avons rencontré appartient à une lignée de cultivateur qui produit du thé depuis 5 générations. Les théiers de ses jardins sont les mêmes depuis le début de cette plantation familiale. À l’image des autres familles du village, il produit dans une petite fabrique à l’arrière de sa demeure, un thé qui se distingue par ses feuilles aplaties d’une longueur moyenne de 6 cm. Pour parvenir à cet étonnant résultat, M. Ye a recours à une méthode de transformation artisanale qui nous a complétement ébahi.

DSC_0070Une transformation artisanale

Le cultivar utilisé pour la production de ce thé possède de grandes feuilles qui sont cueillies et sélectionnées rigoureusement. Seulement le bourgeon terminal et les deux feuilles suivantes sont utilisés. On attend que les feuilles soient plus matures que pour la production de la plupart des thés verts chinois.

Après la cueillette, les feuilles sont triées puis envoyées à la dessiccation qui est faite manuellement. Les feuilles sont remuées dans la cuve pendant environ 5 minutes.

L’étape suivante, le roulage, consiste à disposer les feuilles une à une sur un grillage métallique de façon qu’aucune ne se touche. On dépose ensuite un second grillage par-dessus les feuilles. Les grillages sont placés sur une table en bois.

On installe alors un linge de coton sur le cadre puis on passe d’un geste vif et bref un rouleau sur le grillage à l’intérieur duquel se trouvent les feuilles.

Ensuite, on laisse les feuilles à l’intérieur de ce cadre pour le séchage final qui se fait au-dessus d’un feu de bois. Le séchage est progressif et dure environ 1 heure.

En raison de cette méthode de transformation entièrement manuelle et de la petite région de production, les Taiping Hou Kui authentiques sont rares. Même en Chine il est difficile d’en obtenir. Si, comme nous, certains sont friands de ses délicats arômes floraux, c’est aussi un thé que les Chinois ont l’habitude d’offrir en cadeau. La rareté et l’originalité de ses feuilles en fait un présent fort apprécié pour n’importe quel amateur.

Extrait de Thé Vert – à la rencontre d’un art millénaire.

 

Du Keikoku au réveil!

13 mai 2014

Pour un accro de thé vert comme moi, en cette période où la sélection est plus limitée, rien de mieux que de profiter de la constante fraîcheur qu’offre un Sencha bien entreposé. J’accompagne donc mon réveil, depuis plusieurs matins, d’un senchado de Sencha Keikoku.

Les fines feuilles sèches de ce thé produit à Shizuoka dégagent un délicat parfum végétal, presque floral, merveilleusement accompagné d’un aspect légèrement citronné. Lorsqu’elles sont déposées au fond de la théière préchauffée, des notes de maïs grillé et de torréfaction s’ajoutent à la palette olfactive déjà bien complexe. Difficile de s’en lasser; humer les feuilles est devenu une partie intégrante de ma routine matinale. Pour un Sencha, les feuilles sont bien longues, très peu brisées et bien lustrées, caractéristique d’un étuvage court, d’un malaxage maîtrisé et d’un triage ultra fin!

Parce que ce thé est d’une qualité exceptionnelle et puisqu’au matin j’ai envie d’une liqueur bien vive et bien corsée, j’effectue la première infusion avec des paramètres un peu plus intenses qu’à la normale : 5 grammes de feuilles, 70 à 80 millilitres d’eau à 75°C, pour une minute.

Photo1

Les feuilles, une fois infusées, dégagent un parfum complètement différent : le délicat parfum végétal sucré provenant des feuilles sèches laisse plutôt place à un maïs beurré et à une fraîcheur subtilement herbacée. Dans la tasse, la première infusion est d’un vert clair limpide, à peine troublé par quelques fragments de feuilles. En bouche, la liqueur offre une attaque sucrée bien tannique qui rappelle le blanc de melon et qui se couple à merveille à un corps très gras, bien beurré. Une douceur presque florale tapisse aussi la bouche pendant quelques instants, avant de laisser place à la longue finale agrume et chair de melon qui clôt à merveille la dégustation de la première tasse de ce délicieux Sencha.

Photo2

S’en suit donc une deuxième infusion de tout au plus cinq secondes.

La liqueur, maintenant vert-jaune bien foncé, se trouble légèrement. L’attaque plus douce et herbacée introduit le palet aux généreux arômes floraux, nettement moins gras qu’à la première tasse. La persistance très fraîche, qui équilibre bien l’amertume et le végétal, laisse un effet très désaltérant et particulièrement plaisant. La tasse se boit toute seule!

À la troisième infusion de 30 à 40 secondes, on retrouve l’apparence ainsi que le parfum de la dernière. En bouche, la fleur et un léger parfum de torréfaction prennent le dessus. Le blanc de melon légèrement présent lors de la première infusion se trouve maintenant en premier plan et évolue vers une persistance et une fraîcheur végétale tannique rappelant l’épinard et la menthe.

Le Sencha Keikoku, vif, complexe et enrobant, est pour moi l’exemple parfait d’un thé vert propice au petit matin.

Raphaël

Bonne nouvelle! Notre nouveau livre paraît bientôt!

30 octobre 2012

couverture du livre

Le deuxième livre de notre Maison de thé Thé vert, à la rencontre d’un art millénaire voit le jour! Entièrement consacré aux thés verts, il se présente sous la forme d’un adorable bouquin facile à feuilleter, où chaque page est une chronique sur les artisans, les terroirs et l’art du thé vert.

En voici un extrait en primeur! Bonne lecture et patience… Il sera sur les tablettes le 7 novembre!
Petit ajustement: Il serait déjà sur les tablettes de notre boutique du Quartier Latin!

À LA RECHERCHE DU TAI PING HOU KUI

Tout dégustateur de thé rêve de découvrir un jour, dans une région reculée, une plantation pratiquement inaccessible, où serait produit un thé exceptionnel. La découverte du Tai Ping Hou Kui fut pour nous une expérience de cette envergure.

Il figurait sur notre liste des « thés à trouver » depuis nos premières explorations. Nous connaissions sa province de production, mais nos recherches demeuraient infructueuses. Lorsque nous avons enfin su où aller, par l’entremise de M. Xie, producteur de Huang Shan Mao Feng, nous avons compris pourquoi nous n’avions pu le trouver : aucune route ne mène aux plantations !

À partir de chez M. Xie dans la magnifique province d’Anhui, il faut voyager sur des chemins de campagne avant de faire halte au bord d’une rivière. La suite du périple se fait en bateau.

L’eau de la rivière est calme et reflète les majestueux monts Huang Shan qui l’entourent. Après avoir navigué une heure dans ce paysage éblouissant, nous atteignons le terroir du Tai Ping Hou Kui, l’un des plus beaux sites que nous avons eu la chance de visiter au cours de nos explorations. Les quelques jardins de thé au bord de la rivière resplendissent d’un vert impérial.

M. Ye, le producteur que nous y avons rencontré, appartient à une lignée qui cultive le thé depuis cinq générations. Les théiers de ses jardins ont été plantés par ses ancêtres. Comme les autres familles du village, M. Ye travaille dans une petite fabrique derrière sa maison. Il produit un thé qui se distingue par ses feuilles aplaties d’une longueur moyenne de six centimètres. Pour parvenir à cet étonnant résultat, M. Ye emploie une méthode de transformation artisanale qui nous a complètement ébahis.


UNE TRANSFORMATION ARTISANALE Tai Ping Hou Kui 1

Le cultivar utilisé pour la production de ce thé possède de grandes feuilles qui sont cueillies et sélectionnées rigoureusement. Comme pour d’autres grands crus, seuls le bourgeon terminal et les deux feuilles suivantes sont utilisés. Mais, pour le Tai Ping Hou Kui, on doit attendre que les feuilles soient un peu plus matures.

Après la cueillette, les feuilles sont triées, puis envoyées à la dessiccation qui est faite manuellement. On remue les feuilles dans la cuve pendant environ cinq minutes.

L’étape suivante, le roulage, consiste à disposer les feuilles, une à une, sur un grillage métallique de façon qu’aucune ne se touche. On dépose un second grillage par-dessus les feuilles, et ces grillages sont placés sur une table en bois. On applique ensuite un linge de coton sur le cadre, puis, d’un geste vif et bref, on y passe un rouleau.

On laisse les feuilles à l’intérieur de ce cadre pour le séchage final, au-dessus d’un feu de bois. Le séchage est progressif et dure environ une heure.

En raison de cette méthode de transformation entièrement manuelle et de la faible superficie de ce terroir, les thés Tai Ping Hou Kui authentiques sont rares. Même en Chine, il est difficile d’en obtenir. Cette rareté et l’originalité de ses délicats arômes floraux en ont fait un thé que les Chinois ont l’habitude d’offrir en cadeau.

Tai Ping Hou Kui 2

Jasmin en Chine—-L’exploration d’un nouveau thé jaune et la découverte d’un nouveau thé vert

9 avril 2012

Meng Ding

Cette année, mon voyage débutait dans le Sichuan.  Ma première escale fût Ming Shan, petite ville au pied de la montagne Meng Ding d’où provient l’un des trois thés jaunes chinois, le Meng Ding Huang Ya.   Je ne m’étais accordé que deux jours pour découvrir ce thé jaune et après deux bonnes journées de rencontres, de dégustations et de visites de fabriques, je peux dire mission accomplie!

Comme je fais souvent lors de l’exploration d’un nouveau thé, j’aime bien rencontrer différents producteurs, visiter différentes fabriques et déguster leur thé afin de me « faire une tête » sur le thé, les grades et les techniques de transformation possibles.  Après 5 fabriques visitées en un temps record, c’est finalement la première fabrique visitée que j’ai choisie.  Une belle fabrique artisanale et propre, un contact humain plus qu’intéressant avec le propriétaire et son gérant de manufacture, de bons thés et en plus, ce qui est rare en Chine, une préparation des thés verts et jaunes en gaiwan avec une eau non bouillante. (wow, j’en étais presque ému!)    Il ne restait qu’à régler le problème du prix qui était, bien sûr, comme partout en Chine, un peu trop cher par rapport à la qualité.

J’ai donc eu la chance d’apprendre sur les étapes de transformation de ce thé jaune qui subit deux et parfois trois fermentations dont une ou deux à l’étouffé sous un emballage de papier.  Il en résulte un thé sans amertume, peu végétal, au nez de cacao et à la finale sucrée.

Même si le thé jaune Meng Ding Huang Ya est le plus fameux de cette région, le thé le plus produit et le plus consommé par les locaux est un thé vert appelé le Meng Ding Gan Lu, dont j’ai goûté plusieurs grades et en ai retenu un.  Le Meng Ding Gan Lu fera donc son entrée comme nouveau thé vert dans notre sélection 2012.  Un thé à la feuille frisée très végétal et fruité qui plaira aux amateurs de Bi Luo Chun.

Jasmin Desharnais

 
 

série collection

Bienvenue dans la Série Collection.
Vous y trouverez des objets et des thés créés par les plus grands artisans d’Asie.

Visiter