Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Les modes se suivent et ne se ressemblent pas!

27 janvier 2016

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Depuis son apparition au Japon au milieu de 18 siècle, le style sencha s’est rapidement imposé, d’abord internationalement puis localement où il a connu plusieurs vagues de changement reliées partiellement à sa consommation et au goût du jour des différentes époques et clientèles. Certaines techniques et méthodes de transformation ont conservé l’empreinte de la tradition tandis que d’autres se sont développées en s’adaptant aux marchés en évolution constante et en réagissant entre autres à l’apparition du café et des colas comme boissons alternatives.

Les sencha restent malgré tout omniprésents, constituant plus des deux tiers de la production nippone de thé. Déclinés comme des variations d’un thème central, ils sont aujourd’hui proposés en vrac ou emballés dans de jolis sacs sous vide ou en sachets, afin de séduire le plus grand nombre, aux intérêts et goûts variés. Pour apprécier cette multiplicité, il est bon d’avoir des indices pour déchiffrer l’origine des styles gustatifs offerts. Ainsi, en plus des types de cultivars, terroirs et saisons de récolte, les deux étapes de transformation que sont la dessiccation à la vapeur (étuvage) et le séchage final (hiire) produiront conjointement des thés distincts selon les modifications de temps et d’intensité de leurs paramètres.

Voici trois sencha à découvrir pour naviguer d’un style à l’autre et affiner votre palais aux subtilités de ces délicieux thés verts.

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Sencha Tsukigase Icho-ka biologique : Asamushi sans hiire

Dans la lignée traditionnelle, ce sencha de facture artisanale faiblement passé à la vapeur (asamushi) n’a pas subi de chaleur intense au séchage final. Ses grandes feuilles hétérogènes, reflets d’un triage léger, offrent une liqueur vive et limpide, arborant le caractère des herbes fraîches et des fleurs printanières. Le goût du thé tel qu’il se présente dans le jardin!

Sencha Ashikubo : Asamushi avec hiire élevé

Cet autre thé asamushi, i.e. issu d’une dessiccation courte, déploie la vivacité typique du style d’origine, accentuée d’un fin zeste acidulé et conservant son caractère herbacé. Le séchage final, quant à lui de plus en plus populaire dans l’industrie actuelle, lui donne une étonnante complexité aromatique. S’il est estimé pour son effet sur la conservation du thé ainsi que pour sa capacité à uniformiser les mélanges de différents lots, nous apprécions ici le hiire intense avant tout pour son impact gustatif, rehaussant la liqueur des nuances fruitées et gourmandes des plus savoureuses. Un savoir-faire à l’affut d’une esthétique moderne!

Sencha Fukamushi Tsuyu Hikari : Fukamushi sans hiire

L’étuvage plus long, littéralement appelé fukamushi, génère habituellement des thés aux feuilles plus petites et brisées sous l’effet de roulages répétés. Celui-ci, fidèle à ce style moderne créé afin d’offrir des liqueurs douces, riches et texturées, présente une liqueur vert foncé et opaque, marquée par les accents classiques de légumes verts et de fines herbes, signe d’un passage final à la chaleur plutôt timide. L’infusion rapide libère les généreux tannins qui lui donnent corps, à l’image de l’utilisation courante que l’on en fait dans les sachets et autres modes de consommation express. Une création sur mesure pour les nécessités du monde actuel !

Malgré la tendance à l’uniformisation portée par l’industrie, n’hésitez pas à varier vos dégustations en passant d’un style à l’autre afin d’encourager les producteurs artisanaux offrant des thés uniques et parfois produits à partir de cultivars marginaux, tel que Koshun ou Saemidori…

Une simple invitation à sortir des sentiers battus pour vous, épicuriens en quête de raffinement!

Sébastien

L’ART DE M. KAMADA

2 septembre 2015

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Voici un texte tiré de notre livre Thé vert: à la rencontre d’un art millénaire récemment traduit en anglais “Green Tea: The Quest for Fresh Leaf and Timeless Craft’’.

M. Kamada pratique l’art de la poterie depuis une quarantaine d’années. Il a consacré l’essentiel de son travail à développer une vision moderne et originale du style tenmoku, qui remonte à la dynastie chinoise des Song (960-1279) et qui fut introduit au Japon au XIIIe siècle par des moines bouddhistes.

Aujourd’hui, M. Kamada est l’un des rares céramistes japonais qui ont voué leur vie à la recherche historique et à la production de poteries de style tenmoku. Les fascinants effets de glaçure et la qualité générale de ses œuvres en ont fait l’un des potiers les plus respectés de Kyoto. Ses œuvres sont exposées dans les galeries les plus prestigieuses du Japon et, depuis 2005, ses plus récentes réalisations font partie des collections permanentes du Musée d’art métropolitain de New York.

Lorsque nous avons eu la chance de rencontrer M. Kamada, nous en avons profité pour lui poser plusieurs questions sur ses méthodes de travail et sur l’art de la poterie.

M. Kamada et ses oeuvres

ENTREVUE AVEC M. KAMADA, POTIER À KYOTO 

M. Kamada, après plus de 40 ans de métier, vous avez sûrement développé une approche personnelle de la poterie. De quoi avez-vous besoin pour travailler ?

J’ai seulement besoin de concentration et d’un espace approprié. 

Qu’est-ce qui vous influence, vous motive dans votre travail ?

Auparavant, j’étais inspiré et influencé par la grande céramique ancienne. J’ai mené des recherches à ce sujet, mais reproduire ce genre de poterie n’est plus un objectif. Aujourd’hui, je suis inspiré davantage par d’autres

formes d’art ou par la nature. Mon intérêt premier est de produire des œuvres originales de style tenmoku. Je suis excité quand un musée ou que le Nihon Kogei Kai (Corporation des artistes du Japon) me propose d’exposer mes pièces. C’est très stimulant de pouvoir montrer de nouvelles œuvres.

D’après vous, quelles sont les qualités d’un bon potier ?

D’après moi, toujours aller de l’avant est la meilleure attitude. J’apprends beaucoup de mes erreurs. La plupart du temps, j’obtiens de bons résultats par chance. Par exemple, j’ai beau chercher à contrôler la glaçure, les effets sont toujours différents. 

Comment voyez-vous l’art de la poterie au Japon aujourd’hui, par rapport à l’époque où vous avez fait vos débuts ?

Quand j’ai commencé ma carrière, il y avait beaucoup de jeunes potiers et
cet art était très vivant. Depuis lors, la poterie s’est grandement diversifiée. Aujourd’hui, on s’attarde de plus en plus sur le design. Il semble que le caractère original d’une pièce de poterie n’a plus la même valeur. Les consommateurs du monde entier peuvent en acheter sur Internet sans même les toucher. Dans un monde idéal, je souhaiterais que les gens aient la chance de pouvoir toucher et admirer les poteries avant de les acheter. 

D’autres pièces de M Kamada sont aussi disponibles dans notre boutique de la rue Émery à Montréal et dans celle de Québec.

Demandez à nos conseillez de vous les montrer lors de votre prochaine visite. Contemplation inoubliable assurée!

L’infusion en verre : Une clé vers la compréhension des thés verts chinois

17 avril 2015

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Consommé par millions de tonnes chaque année, le thé vert est roi en Chine depuis déjà plusieurs siècles. Bu partout et par tous, à toutes heures du jour et de la nuit, de façon précise ou en toute simplicité, il demeure le breuvage quotidien favori de la population chinoise. Si sa préparation en théière ou l’utilisation du gaiwan permettent un service convivial et raffiné, une méthode ergonomique et adaptée au style de vie de la population s’est imposée progressivement au cours des années par sa simplicité et son intérêt esthétique!

IMG_1657À chacun son thé donc, puisqu’il suffit de mettre une pincée de feuille dans un verre ou bien dans une bouteille à thé, puis d’y ajouter de l’eau bien chaude. Les feuilles s’ouvrant sous l’effet de la chaleur séduisent l’œil avant même de satisfaire nos papilles et notre soif! Cette appréciation visuelle de la qualité des feuilles est d’une importance capitale en Chine, souvent plus que l’aspect gustatif, et a fait naître la mode du beau thé!

Jasmin verreLa liqueur est alors sirotée à même le verre en la filtrant à l’aide des lèvres. L’astuce qui permet de ne pas avoir un thé sur-infusé est simplement d’ajouter de l’eau au fur et à mesure que l’on boit. On déguste un quart ou un tiers de notre verre, puis on rempli… et ainsi de suite, jusqu’à épuisement des feuilles, quitte à en rajouter de nouvelles pour prolonger l’expérience! Cette méthode, en plus d’être visuellement intéressante et facile à réaliser, permet d’extraire et de savourer pleinement et progressivement la richesse d’un thé, afin d’en parfaire notre compréhension sans en limiter notre appréciation.

Si les thés verts chinois répondent avantageusement à cet usage, en raison de leurs longues feuilles entières, je vous invite tout de même à redécouvrir vos classiques, qu’ils soient blancs, semi-oxydés ou noirs!

À LA RECHERCHE DU TAIPING HOU KUI

14 octobre 2014

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Tout dégustateur de thé rêve de trouver un jour, dans une région reculée, une plantation de thé pratiquement inaccessible, où serait produit un thé exceptionnel. La découverte du Taiping Hou Kui fut pour nous une expérience de cette envergure.

Il faisait partie de notre liste des « thés à trouver » depuis nos toutes premières explorations au début des années 2000. Nous savions qu’il existait, nous connaissions sa province de production (Anhui), mais nos recherches demeuraient infructueuses.

Lorsque nous avons su le chemin à suivre pour se rendre sur les lieux de production, par l’entremise de M. Xie, notre producteur de Huang Shan Mao Feng, nous avons compris pourquoi il avait été si difficile de les trouver par nous-mêmes : aucune route ne mène aux plantations!

À partir de chez M. Xie, il nous a fallu plusieurs heures de voyage sur des chemins de campagne avant de nous arrêter au bord d’une rivière. Là, nous apprenons que les plantations ne sont pas accessibles en voiture et que nous devons continuer notre périple en bateau. L’idée de découvrir enfin le terroir de ce thé fameux rend notre excitation palpable. Il semble que nous nous dirigeons dans un lieu encore plus isolé que nous le pensions.

L’eau de la rivière est calme et miroite la majestueuse chaine des Huang Shan qui l’entoure. Dans ce paysage éblouissant, la traversée en bateau dure près d’une heure et nous mène au terroir d’origine du Taiping Hou Kui, l’un des plus beaux sites que nous avons eu la chance de visiter au cours de nos explorations. Les quelques jardins de thé en bordure de la rivière resplendissent d’un vert impérial…

M. Ye, le producteur que nous y avons rencontré appartient à une lignée de cultivateur qui produit du thé depuis 5 générations. Les théiers de ses jardins sont les mêmes depuis le début de cette plantation familiale. À l’image des autres familles du village, il produit dans une petite fabrique à l’arrière de sa demeure, un thé qui se distingue par ses feuilles aplaties d’une longueur moyenne de 6 cm. Pour parvenir à cet étonnant résultat, M. Ye a recours à une méthode de transformation artisanale qui nous a complétement ébahi.

DSC_0070Une transformation artisanale

Le cultivar utilisé pour la production de ce thé possède de grandes feuilles qui sont cueillies et sélectionnées rigoureusement. Seulement le bourgeon terminal et les deux feuilles suivantes sont utilisés. On attend que les feuilles soient plus matures que pour la production de la plupart des thés verts chinois.

Après la cueillette, les feuilles sont triées puis envoyées à la dessiccation qui est faite manuellement. Les feuilles sont remuées dans la cuve pendant environ 5 minutes.

L’étape suivante, le roulage, consiste à disposer les feuilles une à une sur un grillage métallique de façon qu’aucune ne se touche. On dépose ensuite un second grillage par-dessus les feuilles. Les grillages sont placés sur une table en bois.

On installe alors un linge de coton sur le cadre puis on passe d’un geste vif et bref un rouleau sur le grillage à l’intérieur duquel se trouvent les feuilles.

Ensuite, on laisse les feuilles à l’intérieur de ce cadre pour le séchage final qui se fait au-dessus d’un feu de bois. Le séchage est progressif et dure environ 1 heure.

En raison de cette méthode de transformation entièrement manuelle et de la petite région de production, les Taiping Hou Kui authentiques sont rares. Même en Chine il est difficile d’en obtenir. Si, comme nous, certains sont friands de ses délicats arômes floraux, c’est aussi un thé que les Chinois ont l’habitude d’offrir en cadeau. La rareté et l’originalité de ses feuilles en fait un présent fort apprécié pour n’importe quel amateur.

Extrait de Thé Vert – à la rencontre d’un art millénaire.

 

Du Keikoku au réveil!

13 mai 2014

Pour un accro de thé vert comme moi, en cette période où la sélection est plus limitée, rien de mieux que de profiter de la constante fraîcheur qu’offre un Sencha bien entreposé. J’accompagne donc mon réveil, depuis plusieurs matins, d’un senchado de Sencha Keikoku.

Les fines feuilles sèches de ce thé produit à Shizuoka dégagent un délicat parfum végétal, presque floral, merveilleusement accompagné d’un aspect légèrement citronné. Lorsqu’elles sont déposées au fond de la théière préchauffée, des notes de maïs grillé et de torréfaction s’ajoutent à la palette olfactive déjà bien complexe. Difficile de s’en lasser; humer les feuilles est devenu une partie intégrante de ma routine matinale. Pour un Sencha, les feuilles sont bien longues, très peu brisées et bien lustrées, caractéristique d’un étuvage court, d’un malaxage maîtrisé et d’un triage ultra fin!

Parce que ce thé est d’une qualité exceptionnelle et puisqu’au matin j’ai envie d’une liqueur bien vive et bien corsée, j’effectue la première infusion avec des paramètres un peu plus intenses qu’à la normale : 5 grammes de feuilles, 70 à 80 millilitres d’eau à 75°C, pour une minute.

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Les feuilles, une fois infusées, dégagent un parfum complètement différent : le délicat parfum végétal sucré provenant des feuilles sèches laisse plutôt place à un maïs beurré et à une fraîcheur subtilement herbacée. Dans la tasse, la première infusion est d’un vert clair limpide, à peine troublé par quelques fragments de feuilles. En bouche, la liqueur offre une attaque sucrée bien tannique qui rappelle le blanc de melon et qui se couple à merveille à un corps très gras, bien beurré. Une douceur presque florale tapisse aussi la bouche pendant quelques instants, avant de laisser place à la longue finale agrume et chair de melon qui clôt à merveille la dégustation de la première tasse de ce délicieux Sencha.

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S’en suit donc une deuxième infusion de tout au plus cinq secondes.

La liqueur, maintenant vert-jaune bien foncé, se trouble légèrement. L’attaque plus douce et herbacée introduit le palet aux généreux arômes floraux, nettement moins gras qu’à la première tasse. La persistance très fraîche, qui équilibre bien l’amertume et le végétal, laisse un effet très désaltérant et particulièrement plaisant. La tasse se boit toute seule!

À la troisième infusion de 30 à 40 secondes, on retrouve l’apparence ainsi que le parfum de la dernière. En bouche, la fleur et un léger parfum de torréfaction prennent le dessus. Le blanc de melon légèrement présent lors de la première infusion se trouve maintenant en premier plan et évolue vers une persistance et une fraîcheur végétale tannique rappelant l’épinard et la menthe.

Le Sencha Keikoku, vif, complexe et enrobant, est pour moi l’exemple parfait d’un thé vert propice au petit matin.

Raphaël

Bonne nouvelle! Notre nouveau livre paraît bientôt!

30 octobre 2012

couverture du livre

Le deuxième livre de notre Maison de thé Thé vert, à la rencontre d’un art millénaire voit le jour! Entièrement consacré aux thés verts, il se présente sous la forme d’un adorable bouquin facile à feuilleter, où chaque page est une chronique sur les artisans, les terroirs et l’art du thé vert.

En voici un extrait en primeur! Bonne lecture et patience… Il sera sur les tablettes le 7 novembre!
Petit ajustement: Il serait déjà sur les tablettes de notre boutique du Quartier Latin!

À LA RECHERCHE DU TAI PING HOU KUI

Tout dégustateur de thé rêve de découvrir un jour, dans une région reculée, une plantation pratiquement inaccessible, où serait produit un thé exceptionnel. La découverte du Tai Ping Hou Kui fut pour nous une expérience de cette envergure.

Il figurait sur notre liste des « thés à trouver » depuis nos premières explorations. Nous connaissions sa province de production, mais nos recherches demeuraient infructueuses. Lorsque nous avons enfin su où aller, par l’entremise de M. Xie, producteur de Huang Shan Mao Feng, nous avons compris pourquoi nous n’avions pu le trouver : aucune route ne mène aux plantations !

À partir de chez M. Xie dans la magnifique province d’Anhui, il faut voyager sur des chemins de campagne avant de faire halte au bord d’une rivière. La suite du périple se fait en bateau.

L’eau de la rivière est calme et reflète les majestueux monts Huang Shan qui l’entourent. Après avoir navigué une heure dans ce paysage éblouissant, nous atteignons le terroir du Tai Ping Hou Kui, l’un des plus beaux sites que nous avons eu la chance de visiter au cours de nos explorations. Les quelques jardins de thé au bord de la rivière resplendissent d’un vert impérial.

M. Ye, le producteur que nous y avons rencontré, appartient à une lignée qui cultive le thé depuis cinq générations. Les théiers de ses jardins ont été plantés par ses ancêtres. Comme les autres familles du village, M. Ye travaille dans une petite fabrique derrière sa maison. Il produit un thé qui se distingue par ses feuilles aplaties d’une longueur moyenne de six centimètres. Pour parvenir à cet étonnant résultat, M. Ye emploie une méthode de transformation artisanale qui nous a complètement ébahis.


UNE TRANSFORMATION ARTISANALE Tai Ping Hou Kui 1

Le cultivar utilisé pour la production de ce thé possède de grandes feuilles qui sont cueillies et sélectionnées rigoureusement. Comme pour d’autres grands crus, seuls le bourgeon terminal et les deux feuilles suivantes sont utilisés. Mais, pour le Tai Ping Hou Kui, on doit attendre que les feuilles soient un peu plus matures.

Après la cueillette, les feuilles sont triées, puis envoyées à la dessiccation qui est faite manuellement. On remue les feuilles dans la cuve pendant environ cinq minutes.

L’étape suivante, le roulage, consiste à disposer les feuilles, une à une, sur un grillage métallique de façon qu’aucune ne se touche. On dépose un second grillage par-dessus les feuilles, et ces grillages sont placés sur une table en bois. On applique ensuite un linge de coton sur le cadre, puis, d’un geste vif et bref, on y passe un rouleau.

On laisse les feuilles à l’intérieur de ce cadre pour le séchage final, au-dessus d’un feu de bois. Le séchage est progressif et dure environ une heure.

En raison de cette méthode de transformation entièrement manuelle et de la faible superficie de ce terroir, les thés Tai Ping Hou Kui authentiques sont rares. Même en Chine, il est difficile d’en obtenir. Cette rareté et l’originalité de ses délicats arômes floraux en ont fait un thé que les Chinois ont l’habitude d’offrir en cadeau.

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Jasmin en Chine—-L’exploration d’un nouveau thé jaune et la découverte d’un nouveau thé vert

9 avril 2012

Meng Ding

Cette année, mon voyage débutait dans le Sichuan.  Ma première escale fût Ming Shan, petite ville au pied de la montagne Meng Ding d’où provient l’un des trois thés jaunes chinois, le Meng Ding Huang Ya.   Je ne m’étais accordé que deux jours pour découvrir ce thé jaune et après deux bonnes journées de rencontres, de dégustations et de visites de fabriques, je peux dire mission accomplie!

Comme je fais souvent lors de l’exploration d’un nouveau thé, j’aime bien rencontrer différents producteurs, visiter différentes fabriques et déguster leur thé afin de me « faire une tête » sur le thé, les grades et les techniques de transformation possibles.  Après 5 fabriques visitées en un temps record, c’est finalement la première fabrique visitée que j’ai choisie.  Une belle fabrique artisanale et propre, un contact humain plus qu’intéressant avec le propriétaire et son gérant de manufacture, de bons thés et en plus, ce qui est rare en Chine, une préparation des thés verts et jaunes en gaiwan avec une eau non bouillante. (wow, j’en étais presque ému!)    Il ne restait qu’à régler le problème du prix qui était, bien sûr, comme partout en Chine, un peu trop cher par rapport à la qualité.

J’ai donc eu la chance d’apprendre sur les étapes de transformation de ce thé jaune qui subit deux et parfois trois fermentations dont une ou deux à l’étouffé sous un emballage de papier.  Il en résulte un thé sans amertume, peu végétal, au nez de cacao et à la finale sucrée.

Même si le thé jaune Meng Ding Huang Ya est le plus fameux de cette région, le thé le plus produit et le plus consommé par les locaux est un thé vert appelé le Meng Ding Gan Lu, dont j’ai goûté plusieurs grades et en ai retenu un.  Le Meng Ding Gan Lu fera donc son entrée comme nouveau thé vert dans notre sélection 2012.  Un thé à la feuille frisée très végétal et fruité qui plaira aux amateurs de Bi Luo Chun.

Jasmin Desharnais

Ryakoubonne témaé onégaï shimatsou*

19 janvier 2012

* Annonce de la procédure au début de la cérémonie par l’hôte (écrit en phonétique française pour faciliter la prononciation)

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La Maison de thé Camellia Sinensis offre maintenant des démonstrations et des cours de Chanoyu à Montréal et Québec.

Littéralement « eau chaude pour le thé » , le Chanoyu (茶の湯 ) est la cérémonie traditionnelle du thé au Japon, consistant tout simplement à préparer le thé en poudre (matcha) pour ses invités. Elle exige toutefois qu’il soit préparé et servi convenablement – avec respect – selon les valeurs culturelles, spirituelles et sociales rattachées à cette pratique (voir Chanoyu: Araichakin, une procédure de la fraîcheur).

Nous proposons des démonstrations en mars et en mai prochains à Montréal, et en avril prochain à Québec. C’est pour tous une occasion exceptionnelle d’immersion dans la richesse de la tradition japonaise et de découvrir non seulement un art accompli de la préparation du thé mais aussi l’exercice d’une voie spirituelle unique.

Je vous invite également à notre soirée d’information gratuite de 45 minutes, le lundi 30 janvier 2012 à 18h30 (aussi à Québec le 28 janvier à 14h) au sujet de notre première session de cours. Vous aurez alors l’occasion de rencontrer le professeur, Richard Chapdelaine, lui-même diplômé de l’école Urasenke du Japon. Il étudie et pratique la cérémonie depuis plus de 20 ans avec Soyo Kagemori Sensei. Sympathique, décontracté, mais rigoureux, M. Chapdelaine nous met en contact avec la culture japonaise.

La première session comprend 10 cours dans lesquels sera enseigné la procédure de cérémonie sur plateau: « Ryakubon temae ». Cette procédure de base vous permettra de préparer et d’offrir un thé selon les principes de la cérémonie, sur table et avec un minimum d’accessoires, chez vous ou chez des amis!

Appelez-nous pour réserver ou pour plus d’information!

Horaire des cours et ateliers

Bon thé!

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Les thés japonais 2011 enfin dans nos pots!

6 juillet 2011

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Quelques exemples des analyses de radiation fournies par nos producteurs.

Au cours des dernières années nous avons toujours eu les nouvelles récoltes en boutique au début du mois de juin. Cette année, les belles feuilles fraiches se sont fait attendre! D’abord,  le Japon a eu un printemps plus froid que les années précédentes, ce qui a retardé de plus de 15 jours la plupart des récoltes.

Également, suite aux terribles évènements survenus au  Japon en mars dernier, nous avons établi un protocole pour les récoltes 2011 afin de nous assurer que les thés ne soient pas affectés par les radiations. En voici les grandes lignes :

* Obtention de certificats d’analyse de terrain provenant de nos producteurs de thé;
* Obtention de certificats d’analyse des feuilles fraiches et/ou des infusions;
* Analyse par une firme indépendante québécoise de nos importations du Japon une fois parvenues à notre entrepôt.

Les résultats de cette démarche? Nous avons reçus plus d’une dizaine de certificats d’analyse de radiations de la part de nos producteurs de thé. Aucun de ceux-ci ne démontrait des taux de radiations supérieurs aux normes acceptables au Canada (1000 bq/kg). En fait, les taux sont extrêmement bas, se situant d’indétectables  (la majorité) à 136 bq/kg. Il n’y a donc pas d’inquiétude à boire les thés japonais que nous avons importés pour notre sélection 2011.

Les thés japonais ont également été analysés par un spécialiste en radioactivité, avant d’être expédiés dans nos boutiques. Nous avons le plaisir de vous annoncer qu’une grande variété est maintenant disponible : Sencha Haruno, Sencha Ashikubo, Sencha Nagashima, Sencha Isagawa, Kamairicha, Sencha Fukamushi Aji, Sencha Tuyuhikari, Sencha Tsukigase, Genmaicha, Genmaicha (sencha-matcha), Guricha, et Gyokuro Hokuen. De quoi satisfaire quelques palais assoiffés!

Plusieurs autres variétés seront également disponibles dans les prochaines semaines. Soyez assurés que nous serons à l’affut de ce dossier tant et aussi longtemps que la situation ne sera pas revenue totalement à la normale au Japon.

Sur ce, bonne dégustation et je vous recommande mon dernier coup de cœur, le Sencha Tuyuhikari issu d’un nouveau cultivar (Tuyuhikari). Il s’agit d’un bel exemple d’un sencha de grande classe aux accents de verdure fraiche et aux notes florales persistantes.

Hugo Américi  / Responsable des importations de thé de Taiwan & du Japon.
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M. Deschamps, physicien en radioprotection, procédant à l’analyse d’un arrivage du Japon.

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Le projet de rencontre Himalaya-Japon : deuxième partie – Thé de printemps 2011 (Inde)

29 juin 2011

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Lire la première partie

Notre projet d’échange entre producteurs de thé japonais, népalais et indiens a été un grand succès, bien au delà de mes attentes.

Une fois établis à Fikkal, nous avons passé une partie de la nuit à visiter les installations de la grande usine de la coopérative Nepal Small Tea Farmers alors que les feuilles fraîches, récoltées la veille, flétrissaient dans les auges. Dès le petit matin, les feuilles sont passées par l’étape du roulage et ont subi ensuite le reste du processus de transformation. Depuis le début, les questions se succèdent et l’on entend les gribouillages incessants de nos visiteurs qui notent les moindres détails des opérations. Enthousiasme inspirant et contagieux!

La petite usine, située à seulement 15 minutes en voiture, a été construite dans le but d’expérimenter la production de thé vert. Il s’agit d’un petit bâtiment construit en 1999 et équipé avec des machines légères, de conception japonaise, développées pour produire des thés népalais de haute qualité pour le marché spécialisé. Voilà qui concorde tout à fait avec le type d’installation dont Monsieur Iwata a l’habitude; nous avons donc passé la plus grande partie de notre temps dans cette petite usine qui peut produire du thé vert, blanc, noir et wulong.

Les conditions climatiques et le type de théiers utilisé ici, des clones de souche Darjeeling, donnent un matériel végétal bien différent de celui utilisé au Japon avec les mêmes machines. Nous espérions donc améliorer le processus de transformation du thé vert grâce à la longue expérience générationnelle de Monsieur Iwata et les profondes connaissances scientifiques de Monsieur Takeda. En même temps, Monsieur Iwata tente de produire du thé noir au Japon depuis plus de 10 ans, il avait donc beaucoup de questions pour notre expert indien, JP, à savoir comment la transformation peut être améliorée. C’était impressionnant de voir combien chacun était humble devant leurs problématiques et combien ils se montraient généreux de partager le plus d’information possible en échange.

Pendant quelques jours, nous avons fait du thé noir le matin et du thé vert l’après midi. Tout le temps que nous avions entre les deux était consacré à la dégustation et à l’analyse des thés que nous avions faits et les échantillons que nous avions apportés avec nous. Il était question, entre autre, de l’ajustement et de l’entretien des machines ainsi que des technicités à propos de la plantation. Bien sûr, nous buvions aussi des litres de thés! Malgré que nous soyons intensément concentrés à la transformation du thé, l’atmosphère de travail restait serein et joyeux. Afin de casser le rythme, nous nous étions imposé la « règle des 15 minutes » : toutes les 2 ou 3 heures, nous devions parler d’autre chose que de thé. Cela a probablement grandement aidé à la qualité de l’atmosphère.

Monsieur Takeda, notre créateur de plante, avait apporté avec lui 15 théiers issus d’un clone qu’il a personnellement développé, appelé Okumidori. C’est le résultat d’une hybridation entre les cultivars Yabukita et Shizu Zai 16; il a été conçu pour résister au froid et aux conditions climatiques difficiles. Il a pensé que cette plante fonctionnerait bien ici et qu’elle donnerait éventuellement de bonnes feuilles pour le thé vert. Des théiers traditionnels japonais de type Yabukita avaient déjà été utilisés dans le cadre de ce projet, mais ils avaient tous péri. Les nouveaux théiers de Monsieur Takeda étaient donc les bienvenus! Nous en avons tous planté un et je suis déjà impatient de revenir voir leur progression lors de ma prochaine visite…

Laissant le Népal derrière nous, nous avons pris la route vers les plaines de Dooars, une région productrice de thé moins connu en Inde. Monsieur Takeda avait demandé une visite dans une usine CTC pour prendre quelques images pour les archives de la télévision japonaise. Nous avons donc organisé un rendez-vous à la plantation de Leech River… À suivre!
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Kevin,
votre envoyé spécial au Népal.

Traduction : François Alexis Roy
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