Les Dégustateurs

Jasmin Desharnais

Chine 2016

Chine 2015

Chine 2014

Tournage Semaine verte 2013

Chine 2013

Chine Printemps 2012

Chine Automne 2011

Chine 2011

Chine 2010

Chine 2009

Chine 2016

Une année 2016 à travers Shanghai, le Jiangsu, le Zhejiang et le Fujian

 

Coup de cœur :

Mei Zhan Zhen

Du Yun Mao Jian

Jingning Bai Hong Cha

Chine 2015

Un super voyage à travers le Yunnan, le Guizhou, le Jiangsu, le Zhejiang, le Fujian et Hong Kong

 

Coup de cœur :

Pu Er 2015 Phong Sal

Bai Hao Jingmai Bio 

Long Jing Jingning Bai 

Chine 2014

Un printemps 2014 en Chine concentré dans l'est de la Chine à parcourir les provinces du Jiangsu, Zhejiang, Fujian, Guangdong et Hong Kong dont voici quelques photos.

Tournage Semaine verte 2013

Depuis 2003, mes voyages en Chine se font principalement au printemps lors de la récolte des thés.  Au fil des ans, les scènes de la Chine au printemps me sont devenues familières.  Il y a les champs de canola en fleurs d’un jaune brillant, les fleurs de magnolias sur les branches dénudées et bien évidemment toutes ces nouvelles pousses de thé conférant un beau vert tendre aux jardins de thé. Dans ces derniers, une horde de cueilleuses s’affairent à récolter alors que dans les fabriques, la transformation est en cours.  J’ai également visité la Chine plus tard dans l’année pour la récolte d’automne, mais je n’y avais jamais mis les pieds en plein coeur de l’été.

C’est donc avec une excitation nouvelle que je me suis envolé pour Shanghai le 24 juillet dernier à la demande de l’émission de Radio-Canada, La Semaine Verte.  Mon mandat pour ce voyage n’était pas de faire les achats, mais bien de faire découvrir à la merveilleuse équipe de tournage (et bientôt à vous !) la Chine du thé que je connais.  Nous avons donc visité la province du Zhejiang et du Yunnan afin de rencontrer plusieurs producteurs de thé, des scientifiques, un potier, en plus de visiter des maisons de thé et des marchés de thé chinois. Ce fût pour les producteurs et moi un contexte de rencontre bien différent de nos rencontres printanières. Au printemps, on enfile les dégustations comparatives, jasons climat et transformation, négocions les achats et organisons  le transport alors qu’en été, sans récolte dans les jardins et pas d’achat à faire, il ne nous restait qu’à jaser ensemble et boire du thé !

Ce superbe accueil chez tous mes collaborateurs habituels a fait de ce voyage une expérience inoubliable tant pour moi que pour l’équipe de tournage. L’hospitalité, les discussions détendues, les dégustations agréables et délicieuses, la passion et les sourires contagieux, toutes ces petites attentions me font à nouveau réaliser la chance que j’ai de côtoyer ces gens:  la famille Tang, productrice de notre Long Jing Shi Feng, qui nous a généreusement reçus dans sa maison magnifique; les scientifiques du Tea Research Institute; M. He, producteur du Huiming (et de ses nombreuses variantes!)  qui nous a fait profiter de la superbe nourriture de Jingning;  M. Yen et son grand art dans la conception des céladons; Mme Wang, sa bonne humeur et ses supers Pu Er et M. Chan, grand spécialiste du vieillissement des Pu Er avec son rire contagieux.

Merci à l’équipe de La Semaine Verte de m’avoir fait voir la Chine sous un nouvel angle !

Chine 2013

La préparation du voyage du printemps 2013 fut stimulante car il y avait déjà un an que je n’avais pas mis les pieds en Chine ou en Asie. Il est parfois bon de laisser passer plus de temps entre les voyages afin que le désir de partir soit encore plus fort et c’est ce que j’ai ressenti pour 2013. La préparation fut tout autant emballante pour Sébastien, ami et collègue qui est parti avec moi à la rencontre de nos producteurs en Chine.

Notre périple de 34 jours a donc commencé à l’ouest de la Chine où la saison de la récolte débute toujours plus tôt que dans l’est.  C’est à Chengdu, au Sichuan, que nous avons débuté la grande aventure. Après une journée de congé à explorer cette magnifique ville, nous nous sommes mis au boulot avec la rencontre de notre producteur de Chuan Hong, le thé noir renommé de cette province. Mais à notre grand étonnement, la dégustation a débuté avec une variété de thés parfumés ! Alors qu’en Chine on boit principalement le thé nature,  M. Li était tout heureux de nous présenter ses nouveaux thés noirs parfumés avec différentes fleurs et fruits.  Nous avons donc dégusté, ébahis, des thés au jasmin, gardénia, citron, osmanthe, etc.  Le Gardénia du Sichuan nous a bien surpris par sa finesse et son équilibre, ce pourquoi nous l’avons sélectionné.  Ce fut d’ailleurs le seul thé parfumé que nous avons retenu. Nous avons pu ensuite déguster leur grande spécialité,  le thé noir Chuan Hong, qui dépasse cette année toutes les attentes avec ses supers arômes de pivoine. Bien évidemment, ce thé se retrouve encore une fois sur notre carte cette année.

Deuxième halte du Sichuan, les Monts de Meng Ding, d’où proviennent le thé jaune Meng Ding Huang Ya et le thé vert Meng Ding Gan Lu. Le séjour fut rapide pour visiter notre producteur et malheureusement il n’a pas connu une très bonne saison de production.  Les thés que nous avons sélectionnés nous ont tout de même comblés car le rapport qualité-prix était présent.  Nous avons poursuivi notre route vers Ya’an  (oui, oui le même Ya’an où deux semaines plus tard, un tremblement de terre de magnitude 7 a frappé!) afin de visiter pour la première fois ses fabriques de thés tibétain.  Après deux fabriques de visitées et quelques thés de dégustés, nous avons déniché un thé qui nous a bien plu: le Baboo 2009 (brique de thé tibétain).

Le soir de Qingming (fête des morts), nous nous sommes envolés pour le Xishuangbanna, au Yunnan, où nous avons passé quatre jours à nous promener dans les montagnes de thé.  Les routes étaient tellement mauvaises que j’ai eu des ampoules à la main à force de me tenir à la poignée du camion! Bienvenue dans le Yunnan! Notre coup de cœur du Xishuangbanna a été sans contredit  la montagne Bada shan que nous visitions pour la première fois et où nous avons découvert un doublé : un sheng, le Pu Er 2013 Bada Shan, fait à partir de théiers sauvages de 800 ans et un shou, le Pu Er 2008 Bada Shan.  Puis neuf heures d’autobus plus tard, nous arrivions à Lincang, une autre région remplie de vieux théiers.  Nous avons exploré plusieurs villages du coin avec Olivier qui était notre guide pendant une semaine. Cette fois-ci, le coup de cœur est allé à la vallée de Nanhua où la minorité Lahu est omniprésente avec ses supers vêtements colorés et les femmes qui fument la pipe.  C’est aussi de là que vient le Pu Er 2013 Nanhua vieux théiers et le thé blanc fait de théiers sauvages Nan Mei.  Notre rencontre avec le théier le plus vieux au monde a aussi été un événement fort de notre présence dans le Yunnan.  Imaginez, un théier gigantesque qui donnait déjà des feuilles de thé il y a 3200 ans!  Une expérience totalement mystique!

C’est après un court arrêt au Guizhou pour consolider notre lien avec notre productrice de Du Yun Mao Jian (toujours aussi bon ce thé!) que nous sommes arrivés à Nanjing afin de se rendre à Yixing faire notre sélection de théières en terre cuites pour l’année. En plus de notre sélection à faire sur place, j’avais fait avant notre départ des commandes spéciales pour produire des théières et des tasses selon nos spécifications dont voici les résultats :

http://camellia-sinensis.com/fr/teapot/yixing/theiere-de-m-shao-so-28

http://camellia-sinensis.com/fr/teaware/tasse-noire-et-blanche-de-m-shao

En effet, nous prenons de plus en plus de plaisir à concevoir nos propres modèles de théières et tasses en collaboration avec nos artisans.

Nous sommes débarqués ensuite dans la région du Zhejiang où nous avons visité la ville d’Anji dans un contexte bien différent qu’à l’habitude.  En effet, lors de notre passage, la saison de récolte venait de terminer et nous avons trouvé la fabrique des Yang sans l’action que nous lui connaissons!  À Long Jing, nous avons apprécié la superbe qualité du Long Jing Shi Feng mais à Meijiawu, nous avons laissé tomber le thé du même nom (cette année) dû à sa qualité moindre et à son prix élevé. Nous avons par après pris l’autobus de Hangzhou à Lishui où nous attendait M. He pour nous amener à Jingning et surprise, le trajet s’en trouve raccourci depuis la mise en service du tunnel de 6 km sous la montagne!  Être chez M. He est toujours fantastique car à la fois l’homme et ses thés sont exceptionnels. Et quelle surprise que la réalisation de notre commande spéciale, le Huiming 1st, (lire le blogue à ce sujet) un thé noir produit selon nos spécifications fusionnant le style Darjeeling au terroir chinois! Et quoi dire du Bai Ye Long Jing et toute sa délicatesse!  Ah la Chine… Notre dernière halte du Zhejiang s’est faite à Longquan, le berceau du céladon. Nous y avons entre autres visité la fabrique avec laquelle nous travaillons les pièces moulées et avons rencontré M. Yan, notre artisan-potier qui nous a encore ébahis avec ses superbes pièces artisanales.

Finalement, la dernière partie du voyage s’est passée dans le Fujian et à Hong Kong.  Nous nous sommes arrêtés à Fuding pour les thés blancs et nous avons constaté que la récolte a été particulièrement pauvre cette année étant donné les conditions climatiques difficiles lors du bourgeonnement des théiers. Nous avons fait un saut à Fuzhou pour organiser le transport international (et où nous avons pris le temps d’être malade !) pour ensuite se rendre à Hong Kong, dernier arrête de notre périple. Nous y avons retrouvé François afin de visiter une grande foire d’emballages en plus d’aller boire du vieux Pu Er avec nos fournisseurs.  Et en grande finale, nous avons eu le plaisir de partager un moment encore une fois exceptionnel avec Vesper Chan, grand spécialiste du Pu Er qui nous a fait vibrer les papilles!

Chine Printemps 2012

Alors que la Chine célébrait avec faste le début de l’année du Dragon, je préparais mon dixième voyage de printemps.  Après avoir parcouru les terroirs de Pu Er à l’automne 2011, le séjour de printemps 2012 s’annonçait très diversifié : six provinces à visiter en solitaire en un peu moins que cinq semaines. Fait différent cette année, je m’étais prévu plus d’une semaine d’exploration dans des provinces et lieux pas encore visités.

J’ai tout d’abord commencé mon voyage dans le Sichuan avec la visite d’une amie à Chengdu, ville que j’affectionne particulièrement.  Après deux nuits à Chengdu, je me suis rendu pour la première fois dans les magnifiques montagnes Meng Ding d’où provient le thé jaune Meng Ding Huang Ya. J’ai dû procéder à une exploration de plusieurs fabriques et producteurs avant de faire mon choix sur un producteur, qui malgré ses prix plus élevés, avait clairement la meilleure qualité de thé.  J’ai, en effet, éprouvé un véritable coup de cœur pour ce thé jaune fait avec une grande minutie et comportant trois fermentations à l’étouffé. Cette visite m’a aussi permis d’ajouter un nouveau thé vert dans notre carte, le Meng Ding Gan Lu, produit par le même producteur et se voulant une réponse au manque de popularité du thé jaune, la spécialité locale.. 

Après une escale pour visiter Mme Zhou, productrice de Zhu Ye Qing à Emeishan, je me suis dirigé vers la province du Guizhou à la rencontre de thés verts moins connus.  J’ai fait là plusieurs rencontres et visites dont une à été couronnée de succès à Du Yun, où le Du Yun Mao Jian est produit, un thé dans le style du Bi Luo Chun. Ma rencontre avec Mme Li et M. Chen a été un réel plaisir. De voir des gens aussi compétents, produisant plusieurs grades de ce thé, maîtrisant à la fois la transformation de façon manuelle pour les plus hauts grades et la transformation mécanique pour les grades inférieurs m’a conquis. Peu importe le grade de thé, tout était fait dans les règles de l’art !

Après l’Ouest de la Chine, je suis revenu sur la côté Est pour un quatre jours à Yixing afin de parfaire notre sélection de théières du même nom pour l’année et de consolider mes liens avec les potiers.  Quelle belle surprise d’arriver chez M. Chen, artisan graveur et de recevoir une tasse gravée avec mon nom!  Même chose chez Mme Sheng où elle me montra avec intérêt et passion son travail de recherche sur le nombre de cuissons pour la Duan ni, la terre jaune.

Après Yixing, direction Anji, pour mon thé préféré, le Anji Bai Cha.  Miam, miam, miam pour le thé, mais aussi pour la nourriture de l’Est qui contraste avec la nourriture très piquante de l’Ouest de la Chine.  À Hangzhou, je recevais la visite d’une journaliste de La Presse qui venait passer une journée avec moi afin d’écrire un article sur mon travail d’importateur en Chine (lire l'article de La Presse).Une belle journée diversifiée m’attendait avec la rencontre de M. Hu, gagnant d’un concours de transformation manuelle de Long Jing en 2011 et ensuite avec la visite chez la famille Tang (Long Jing Shi Feng)  que je visite depuis 10 ans et qui me réserve toujours un accueil très chaleureux.

Après la tournée classique de quelques producteurs du Zhejiang dont celui du Pu Bu Long Zhu qui pour une deuxième année m’a encore charmé par sa rigueur et le nombre de grades de thé disponibles, je retournais dans le travail de sélection d’objets du thé.  Premièrement chez notre producteur de bouteilles en verre où il y avait à créer un nouveau modèle, ensuite, chez le fabricant des bateaux en bambou et finalement à Longquan, berceau de la poterie céladon.  Après la visite de près d’une dizaine de fabriques de céladon, j’étais prêt à faire mon choix pour la sélection que je cherchais. 

Après des chaos de transport et de traduction à Zhenghe où le Mei Zhan Zhen était encore une fois exceptionnel, je finissais mon voyage par la visite des deux endroits de prédilection pour les Wulong noirs : à Wuyi Shan et à Feng Huang.  À Wuyi, j’ai obtenu certaines réponses dans le cadre de mes recherches sur les nouveaux cultivars et j’ai fait une belle rencontre avec un collectionneur de Wulong vieillis de chez qui j’ai rapporté le superbe Da Hong Pao 1997.  À Feng Huang, cette année, j’ai eu un coup de cœur particulier pour le Chi Yeavec sa cuisson au bois et sa persistance en bouche unique.

Chine Automne 2011

Même après plus d’une douzaine de voyages en Chine, c’est toujours stimulant de constater qu’il y a toujours de nouvelles provinces à explorer.

Après un voyage particulièrement éreintant de cinq semaines en Chine au printemps 2010, j’avais décidé de diviser les objectifs de 2011 en deux voyages. Un au printemps pour la traditionnelle tournée des producteurs et un autre à l’automne consacré entièrement au Pu Er avec des rencontres pour les vieux Pu Er à Hong Kong et ensuite un séjour dans les campagnes du Yunnan.

J’aime toujours être à Hong Kong où l’on trouve un étrange mélange de traditions, à mi-chemin entre la culture chinoise et les méthodes occidentales. Ma dernière visite à Hong Kong remontait déjà à 2009, où j’avais eu la chance de visiter plusieurs entreposages de vieillissement de thé.

Cette année, les objectifs étaient plus axés sur la rencontre avec les fournisseurs, la dégustation et le choix d’une nouvelle sélection. Il faut dire qu’en deux ans, il s’en passe des choses en Chine!  Alors que 2009 fût l’année idéale pour l’achat de jeunes Pu Er et que les prix des vieux Pu Er était encore stables après l’éclatement de la bulle spéculative à la fin de 2007, le marché du vieux Pu Er en 2011 a connu une lancée fulgurante avec une demande ahurissante par rapport à l’offre. Alors que les prix s’affolaient jadis pour les thés des années 1950 à 1970, ils s’affolent maintenant aussi pour ceux des années 80 et 90. Il faut dire qu’un Pu Er sheng de 1990 a tout de même aujourd’hui déjà 21 ans!

Le séjour à Hong Kong s’est finalement conclu par de belles rencontres autour de dégustations précieuses et de beaux échanges sur ces thés prisés. Anecdote intéressante, plusieurs collectionneurs de Pu Er de Hong Kong ou de la Chine collectionnent désormais de grandes bouteilles de Bordeaux!  Comme quoi la spéculation est loin d’être terminée autant pour le thé que pour le vin !

Coup de cœur du séjour à Hong Kong (mis à part les thés aux prix complétement inaccessibles!) : le Pu Er 1983 Menghai 79032 (sheng).

Après trois jours à Hong Kong, c’était le temps de quitter la ville et d’aller m’enfoncer dans les montagnes du Yunnan à la rencontre des cueillettes d’automne. Petite escale à Kunming, ville transformée depuis deux ans avec ses bouchons de circulation et je débarque à Lincang afin d’explorer cette région productrice de Pu Er de vieux théiers, mais beaucoup moins connue que le Xishuangbanna plus au sud.

J’ai fait une belle rencontre avec la famille Li à Mengku sans pourtant faire d’achat, car toute leur production était réservée avant même la récolte. J’ai donc passé ma commande pour la cueillette du printemps 2012! Le marché de qualité du Pu Er, pour les maocha ou les galettes de l’année, fonctionne de plus en plus sur « réservation ». Contrairement aux années 2005-2007 où le marché chinois n’était pas si connaisseur et achetait plus pour « l’investissement », le marché de 2011 en Chine est plus informé et exigeant. Il faut dire qu’après les excès spéculatifs du marché, les amateurs sont plus éduqués et sensibles à la qualité.

Coup de cœur des achats dans cette région : Pu Er 2006 Mengku Shuang Jiang (sheng).

Après plusieurs visites de villages, de petits ateliers de fabrication de Pu Er et la visite d’une grande fabrique à Shuang Jiang, il était temps d’aller retrouver mon plus grand collaborateur dans le Yunnan pour le Pu Er, la famille Wang.  Tout comme à Lincang, avec le froid arrivé plus tôt que prévu, la saison venait de se terminer. Les grandes pluies d’automne n’ont pas été particulièrement bonnes pour la production de maocha, autant pour la qualité que pour la quantité.  J’ai fait la visite de plusieurs villages/montagnes, dont Banzhang, Banpen, Hecai, Yiban, Nannuo et Youle.  Provenant de ces montagnes, plusieurs thés sont en route dont une galette de 250g de Yiban Malishu  faite avec des feuilles de sinensis, de plus de 150 ans. Ma plus grande surprise a été au niveau du thé du Laos que je voulais explorer depuis quelque temps. J’ai eu la chance de tomber sur un excellent thé venant de vieux théiers du Laos et fermenté à Xiangming pour un rapport qualité/prix incroyable et un maocha de Phong Sali 2011de vieux théiers que j’ai fait presser en galette de 250g.

Chine 2011

Après une année difficile en 2010 pour le thé en Chine, je souhaitais vivement que le printemps 2011 soit plus clément. Dès le début de l'année, j'allais voir régulièrement les prévisions météorologiques afin de savoir ce que mère nature nous réservait pour l'année du lapin. À part un stress au début du mois d'avril ou le mercure a chuté tout près du point de congélation, le climat dans la majorité des provinces chinoises fût plutôt bon pour la récolte de printemps. Un hiver froid et un printemps plutôt tardif a permis aux feuilles de thé d'atteindre leur maturité tranquillement et d'aller chercher le maximum d'arômes. L'ambiance chez les producteurs fût donc plus agréable qu'en 2010, les producteurs étant content du déroulement de la plus importante saison de production. La fin du voyage, avec 10 jours de canicule à 35 degré à travers la Chine a laissé une petite note amère sur la fin de la saison. Plusieurs producteurs ont même perdu des feuilles car le temps chaud faisait croître les feuilles tellement vite qu'il n'avait pas le temps de les récolter.

La préparation de voyage fut très stimulante cette année car je laissais beaucoup de place à l'exploration. En plus de faire ma tournée classique de visite chez les producteurs, il y avait au programme principal de retourner pour la troisième fois à Yixing pour importer des théières en terre cuites de différents artisans. Côté thé, je voulais découvrir de nouveaux thés verts pour garnir notre carte mais aussi pour le livre sur le thé vert que nous préparons. Ces explorations pour de nouveaux thés verts se sont fait principalement dans la province du Zhejiang et dans le Sichuan. Un trois semaines de voyage porté plus sur le thé blanc, vert et noir car aucune visite chez nos producteurs de wulong chinois n'était prévus et côté Pu Er, je consacrerai un nouveau voyage en octobre prochain.

J'ai été satisfait du thé à peu près partout mais une inflation galopante a assombrie le portrait et j'ai donc dû encore paufiné mon art de la négociation ! Le problème est encore plus important pour des thés comme le Long Jing ou le Bi Luo Chun ou la demande pour les « vrais » thés de la région d'origine explosent sans que la production puisse suivre car les territoires sont restreints. Mon reflet aux producteurs cette année en leur montrant, sur la petite feuille de prix qui me suit partout, les augmentations subies depuis 2003 ? Et bien je leur disais que je me demandais si dans 10 ans j'aurai le marché et les moyens pour venir les visiter pour acheter du thé ? Cela suscitait de belles conversations sur le marché chinois ou le marché est inondé de nouveaux riches achetant tout ce qui coûte cher parce que supposément luxueux.

Chine 2010

C’est avec plaisir et excitation que j’ai préparé le voyage 2010. À mon huitième printemps sur la route du thé en Chine, la préparation se fait disons plus facilement que les premières années. Le voyage s’annonçait plus « léger » que 2009 avec un séjour de 24 jours seulement. Accompagné de Alexis R., nous partions toutefois craintifs de la qualité et des prix des thés, ayant eu écho de la vilaine température printanière. De la neige et trop de pluie dans certaines provinces et du temps trop sec dans d’autres faisaient craindre le pire. Eh bien, je doit l’avouer, en huit ans je n’avais jamais rencontré d’aussi mauvaise saison que cette année. La qualité du thé fut quant même au rendez-vous, le grand problème fut plutôt la quantité produite. Avec des chiffres variant entre 20% et 40% de diminution de production comparativement à la saison 2009, il est clair que les prix allaient tirer vers le haut, histoire de permettre aux producteurs de compenser cette perte de revenus importante. C’est donc dans ces années difficiles que les liens tissés avec mes amis producteurs prennent tout leur sens et j’ai remarqué, cette année plus que jamais, comment ces liens sont importants pour mes achats.

Coté objectif 2010, la démystification des cultivars et de l’aspect botanique des wulong noirs trônait tout en haut de ma liste, autant à Wuyishan qu’à Feng Huang, avec un Institut de recherche sur le thé à visiter dans chacun de ces hauts lieux de production de wulong torréfié. Ensuite, mon intérêt pour le cultivar Bai Ye (Anji Bai cha) m’amena à pousser plus loin la recherche sur le terrain, avec de nouveaux producteurs qui étaient prêts à récolter sur leurs jeunes théiers Bai Ye. Au même titre, je voulais explorer le cultivar Bai Ji Guan dans les Wuyi Shan et le Huang Jin Ye, à Feng Huang, qui sont le pendant wulong du type de feuille très jaune-blanche du Bai Ye. J’attendais aussi avec impatience ma première visite dans les jardins du Jingning Bai cha et sa dégustation, bien sûr. Côté lien d’affaires, il y avait deux producteurs avec qui je voulais passer plus de temps afin de consolider ceux-ci. J’ai donc allongé mon séjour à 3 jours à Jingning (Zhejiang) et également à Fuding (Fujian). Dans ces visites où je passe plusieurs jours avec les mêmes personnes, on commence toujours par du « tourisme » sur les lieux (ils m’amènent voir des attractions locales ou manger les spécialités du coin) et après on parle business. Au fil des ans, avec des dizaines de producteurs répartis dans 5 provinces, si je ne veux pas partir 3 mois à chaque printemps, j’ai à faire des choix et à sélectionner les endroits où je veux passer plus de temps, selon les objectifs. Il y a donc des endroits où je passe plus rapidement (pour dire bonjour, goûter et acheter le thé) ou une fois tous les deux ans (dans ces cas-là, les producteurs m’envoient des échantillons de leurs thés dans une ville chinoise où je passe), ce qui me permet de continuer l’exploration de nouvelles régions ou producteurs de thé. Cette année, l’exploration se faisait sur la route du thé de François, que nous sommes allés rejoindre pour 5 jours dans Anhui, Jiangxi et Hunan. J’allais enfin aller dans le terroir du Tai Ping Hou Kui! Youpi!

Chine 2009

2009 s’annonçait déjà très bien avec l’arrivée de l’année du Buffle qui est reconnue comme une année propice à de bonnes récoltes. Dès le commencement des récoltes, début mars, nous avons eu de bonnes nouvelles en provenance de la Chine. Tout semblait indiquer que le climat était de la partie pour faire du thé de qualité.

Accompagné du grand Jonathan, rédacteur du livre du Camellia, le trajet a débuté comme à chaque année, depuis sept ans, par Shanghai. Ayant le plaisir chaotique de devoir prendre le train la fin de semaine de Qingming (fête des Morts) nous avons réussi à nous rendre à Suzhou où un acolyte de M. Liu, producteur de Bi Luo Chun et de Dong Shan, nous attendait pour nous transporter à Dong Shan, à 30 mn en campagne de Suzhou. Deux jours à boire du Bi Luo Chun de grade supérieur, car étant sur place plus tôt cette année, il n’y avait que les meilleurs grades de prêts. Pour le retour vers Shanghai, de peine et de misère nous avons réussi à soudoyer le gardien du wagon afin de nous faufiler dans le train nous permettant de rentrer à Shanghai, où nous prenions l’avion pour nous envoler vers Kunming, Yunnan.

Nous avons passé plus d’une semaine dans le Yunnan, plus particulièrement dans le Xishuangbanna, à la recherche de jeunes Pu Er pouvant garnir notre cellier de vieillissement. En contact avec la famille Wang depuis 2007, notre arrivée tombait de pair avec une des rondes de M. Wang dans les montagnes afin d’aller collecter des maocha servant aux assemblages de Pu Er. Nous avons donc eu la chance de nous promener pendant 3 jours avec M. Wang et de visiter différents villages où il a des ententes d’achat auprès de familles possédant des plantations de théiers « sauvages ». Mensong, Banzang, Banpen, Yiwu, Yiban, Youle, Manzhuan façonnèrent notre itinéraire où le maocha coulait à flot, mais aussi le « bai jiu » (alcool de riz). Pour la première fois, nous avions la possibilité de sélectionner directement dans les villages et de pouvoir compresser des galettes de thé de terroir unique selon la forme voulue. Trois galettes de Pu Er 2009 (Mensong, Banzhang et Banpen) viennent donc de cette expédition et sont ornées de notre propre emballage.

C’est avec l’idée de manger moins épicé, et de boire du bon thé vert (les thés verts bus dans le Yunnan étaient vraiment terribles et ce malgré la fraîcheur! ) qu’il nous a fait plaisir de quitter le Yunnan et de rejoindre le Zhejiang. Que de plaisir de me retrouver devant mon thé préféré, le Anji bai Cha et de constater comment encore cette année il est super! Même chose pour le Long Jing Shi Feng et le Tian Mu Qing Ding qui sont de loin supérieurs à l’année passée.

Après une dégustation de thé avec M. Liu, dégustateur au Tea Reseach Institute de Hangzhou, et un cours de Gong Fu Cha, notre séjour dans le Zhejiang a pris fin avec la visite de la fabrique de notre bouteille en verre et auprès de M. He et de ses supers thés maintenant certifiés biologiques Écocert grâce à notre initiative et implication. Quelle surprise de voir que M. He avait fait laminer son certificat biologique en format 4 pieds par 4 pieds et qu’il avait fait installer banderole de 15 pieds au dessus de sa fabrique nous souhaitant la bienvenue. Les Chinois peuvent être très excessifs, pour ceux qui ne le savent pas! Que de bons moments passés en compagnie de M. He, avec qui nous travaillons depuis 7 ans. Ensuite, direction Fujian, où nous nous sommes arrêtés à Zhenghe pour le thé noir, à Fuding, pour les thés blancs, particulièrement exceptionnels cette année, Anxi pour le célèbre Tie Guan Yin et Dehua pour la porcelaine. Également, pour la deuxième année, nous nous sommes rendue à Feng Huang, dans le Guangdong, pour les wulong Dancong. La première année, nous avions diné avec le maire, eh bien cette année ce fut avec le gouverneur de la région! Fantastiques rencontres psychédéliques à la chinoise avec banquet et bière à volonté, bien sûr après le thé! Cinq nouveaux wulong Dancong font partie de notre carte, dont deux non torréfiés, fait plutôt rare et inusité. A découvrir.

Finalement, ces cinq semaines de voyage se sont terminées par Hong Kong où nous avons bu du Pu Er et visité des entrepôts de vieillissement à faire frémir n’importe quel amateur de Pu Er.

Avertissement

Prenez note que les cartes cadeaux ne peuvent être utilisées sur la boutique en ligne, elles ne sont acceptées qu'à nos boutiques de Montréal et de Québec.

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Cet article fait partie de la Série Collection où se trouve des objets et des thés créés par les plus grands artisans d’Asie.

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