Les Dégustateurs

Kevin Gascoyne

Inde 2016

Inde 2015

Inde 2014

Inde, Afrique, Angleterre... 2013

Inde 2012

Inde 2011

Inde 2010

Inde 2009

Inde 2016

Après avoir voyagé avec quelques collègues les dernières années, Kevin a bien apprécié voyager seul cette année. Ça lui a entre autres permis de se concentrer sur de nouveaux projets avec ses amis de longue date dans les Himalaya. Il a aussi été de passage dans la région d'Assam et de Meghalaya.

Inde 2015

Cette année, la Semaine verte a accompagné Kevin dans son voyage annuel. Le réalisateur Jean-François Michaud et le caméraman Andrew Lee ont suivi le dégustateur pendant quelques jours de son périple et ont produit le documentaire que vous pouvez visionner ici. Le gérant de notre entrepôt, Jean-Philippe, était aussi de l'expédition. Voyez quelques images de cette belle aventure.

Inde 2014

Après avoir parcouru 7 pays en 2014, mon voyage de 2014 était un peu plus concis. J'étais accompagné de Gabriel, le gérant du salon de thé de Montréal. Voici quelques photos de ce splendide voyage.

Inde, Afrique, Angleterre... 2013

Cette année, un voyage varié et extensif de 6 semaines m’a transporté en 19 vols sur 7 différents pays!

Le périple a débuté à New York où je donnais une conférence au « Coffee and Tea Festival » avant de prendre un vol pour l’Afrique du Sud.

De la côte de Cape Town, je me suis dirigé vers le paysage accidenté des montagnes Cedarburg dans le Cap-Occidental d’Afrique du Sud, pour visiter la vallée perdue de Wupperthal. Détaché du monde, ce minuscule village parsemé d’églises et de cottages aux toits de chaume se situe au centre d’une vaste plaine aride. Il fut fondé dans les années 1830 par des missionnaires Allemands. Maintenant, une coopérative de 93 fermiers de Wupperthal et des villages avoisinants y produisent un rooibos de type traditionnel, récolté à la main et de haute qualité. Camellia Sinensis l’achète depuis maintenant plusieurs années. C’est donc après de multiples explorations des rooibos et « honeybush » que j’ai quitté l’Afrique du Sud pour me rendre au Malawi.

Alexander Kay, producteur de notre thé blanc « Satemwa », vint alors m’accueillir à Blantyre. Ma première mission fut de trouver des théiers datant des années 1880, soit les deux derniers spécimens les plus anciens d’Afrique. J’ai été déçu d’apprendre qu’ils furent déracinés deux ans plus tôt… au profit d’un champ de maïs! La famille Kay y est depuis trois générations. En plus de la gestion de leur lucrative production de thés de type CTC, Alexander expérimente d’autres types de manufacture spécialisée. J’ai visité quelques jardins, ainsi que le « Tea Research Foundation of Malawi » à Mulanje. Ce pays présente un grand potentiel quant à la production de bons thés en feuilles entières originaux, grâce à ses cultivars et son terroir. La promotion des thés de type spécialisés pour rencontrer la demande mondiale grandissante devint rapidement le thème premier de ma visite. Les thés étaient prometteurs et j’ai depuis aidé Alexander à se procurer des machines plus spécialisées, notamment un sécheur de petit format, à l’aide de mes contacts en Inde. Des échantillons récents démontrent une amélioration marquée de la qualité. J’ai écrit un article pour le Fresh Cup Magazine au sujet de cette visite.

Je me suis donc envolé vers le Kenya, à Nairobi, pour y rencontrer le KTDA. Le « Kenya Tea Development Agency » fut fondé en 1962 quand le pays devint indépendant des Britanniques. Mises à part quelques énormes multinationales telles Unilever, le KTDA dirige l’entièreté de l’industrie kenyane du thé en partenariat avec les dizaines de milliers de petits producteurs et plus grandes entreprises. J’ai débuté ma visite dans les énormes quartiers généraux du KTDA à Nairobi en y donnant une conférence. Le titre de ma conférence, adressée au conseil des directeurs et au département de marketing, était « Les opportunités et défis de l’industrie du thé spécialisé: du cultivar à la tasse ». Par la suite, j’ai voyagé pour une semaine à travers le Kenya, en explorant plusieurs jardins, grands et petits. Un des points marquants fut Kangaita, source de notre meilleur thé kenyan depuis maintenant plusieurs années. J’ai ensuite poursuivi ma route vers Kericho pour y visiter le Tea Research Foundation of Kenya où j’ai fait la rencontre de leur conseil de directeurs et la tournée du jardin en compagnie du chef phytogénéticien pour discuter des cultivars potentiels pour la manufacture spécialisée.

De Nairobi, je me suis rendu vers Kigali, au Rwanda, pour y écrire un article au sujet d’un projet de thé local. La beauté verdoyante et dramatique de ses vallées de haute altitude m’impressionnadès mon arrivée. Les Vallées de Cyophoba à Kinihira étaient autrefois recouvertes de vastes terrains marécageux. Elles furent drainées par les Hollandais dans les années 60 grâce au fonds de développements Français. C’est donc aux bases de ces vallées qu’on y trouve maintenant des plaines très fertiles, et parfaitement nivelées.

La fabrique Sorwathé, première usine privée du Rwanda, fut complétée en 1978. Aujourd’hui, elle demeure la plus grande fabrique du pays où sont manufacturées annuellement l’impressionnante quantité de 3 millions de tonnes de thé, soit 15% de la production totale du Rwanda. Sur ses terres, 20% est dédié pour la de plantation traditionnelle; l’autre 80% étant exploité par une coopérative de petits producteurs.

Axée sur ses racines et le développement social, Sorwathé met continuellement l’emphase sur les valeurs humanitaires par ses projets d’habitation, d’éducation et de coopératives agricultrices. La Certified Fair Trade, la Rainforest Alliance ainsi que la Ethical Tea Partnership ont récemment estimé à 10 000 le nombre de familles soutenues par le projet. J’ai publié un article à ce sujet dans le Fresh Cup Magazine.

J’ai alors quitté le Rwanda pour retourner quelques jours à Nairobi pour offrir des consultations, avant de prendre un vol vers l’Est pour l’Inde.

Une fois arrivé, j’ai d’abord fait la tournée des Himalayas indiens, ma 20ième visite printanière annuelle d’une région où je me sens désormais chez moi. J’y ai sélectionné des thés Darjeeling spectaculaires provenant entre autres des jardins de Thurbo, Singell, Samabeong et Jungpana. Du haut des hautes vallées,  je suis descendu vers Calcutta pour quelques dégustations additionnelles et pour finaliser les détails de l’exportation.

S’ensuivi une escale au Royaume-Uni pour quelques projets. Le premier fut une visite de la fameuse compagnie de thé traditionnel Twinings à Andover, South London. J’ai passé une journée en compagnie de Stephen Twining, 10ième génération de la famille qui a fondé l’entreprise en 1709, ainsi qu’avec Michael Wright, leur excellent dégustateur en chef. Après avoir goûté un de mes échantillons frais de Darjeeling, nous avons visité l’usine de transformation, fraichement rénovée à la fine pointe de la technologie, pour ensuite apprécier un très agréable après-midi dans la salle de dégustation.

La dernière étape du voyage de cette année fut Tregothnan, dans les profondes étendues du sud de Cornwall. Sur ce domaine de campagne privée, fondé en 1334, pousse une petite quantité de théiers dans le microclimat spécifique à l’endroit.

Vient ensuite le temps de retourner au bercail pour y boire quelques uns de mes précieux Darjeelings et autres gâteries amassées lors de cette gratifiante aventure.

Inde 2012

Le 26 mars 2012 avait lieu mon 19ième voyage de printemps consécutif en Asie. Comme toujours avant le départ, j’ai révisé mon itinéraire hautement chargé, mon budget et les quantités de thé que je devais acheter. J’étais naturellement excité à l’idée de revoir mes amis et associés, dont certains que je connais depuis maintenant vingt ans. J’étais également impatient à l’idée de goûter les tout nouveaux thés First Flush à Darjeeling, un moment que j’attends toute l’année.  La saison des First Flush était d’ailleurs légèrement en retard cette année à cause notamment d’un début de printemps très sec. En fait, il n’avait pas plu depuis Octobre et les pauvres théiers peinaient à sortir leurs feuilles. Pourtant, malgré l’absence de précipitations, la récolte a pu être sauvée grâce à un couvert nuageux constant qui a empêché les jeunes pousses de brûler. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, cette première semaine de récolte s’est avérée fantastique pour la production de thés de très bonne qualité, certains thés trônant parmi les meilleurs que nous avions eu la chance de goûter ces dernières années. Comme c’est le cas chez plusieurs autres plantes, la chimie du goût est souvent améliorée par le stress. Les dernières craintes d’une récolte insuffisante ont rapidement été balayées par l’arrivée d’une pluie abondante bienvenue, qui a assuré la stabilité de la production pendant toute la période des First Flush, permettant aux producteurs de fournir les quantités nécessaires.

Comme toujours, mon premier arrêt était à Calcutta pour goûter les quelques échantillons hâtifs de Darjeeling qui étaient déjà descendus des montagnes. J’y ai acheté un délicat et lumineux Phoobsering et un Thurbo, qui avait été fait pour moi, d’une section de ce jardin aux jeunes plants clonaux que j’avais sélectionnée. Ces délices n’ont pas mis beaucoup de temps à être acheminés vers le Québec pour le plus grand bonheur des nombreux amoureux de Darjeeling parmi notre personnel et nos clients qui attendaient impatiemment leur arrivée.

Le jour suivant, je montais directement vers les montagnes et les jardins de Darjeeling. J’y ai rencontré le photographe français Stéphane Barbery qui a passé quelques jours avec moi. Voici le lien pour contempler quelques unes de magnifiques photos qu’il a prises. Dans les semaines suivantes, j’ai visité quelques 15-16 jardins, goûtant, appréciant, achetant, rencontrant les producteurs et les gérants tout en effectuant quelques recherches.

Une fois mon périple à Darjeeling complété, je me suis envolé vers l’autre côté de l’Himalaya, vers la petite région du Kangra, terroir indien de thé assez méconnu.

Ce fut une excellente expérience d’apprentissage tant au point de vue agricole qu’au point de vue de la dynamique socio-économique de cette industrie en mouvance constante. J’étais chanceux d’avoir été invité à donner un séminaire à l’Institute of Himalayan Bioresource Technology. En une journée de séminaires et d’activités, j’ai rencontré un nombre impressionnant de cultivateurs locaux. Par la suite, lors de dégustations, j’ai été agréablement surpris de constater le potentiel de certains thés que quelques cultivateurs sérieux produisaient. J’ai bu des tasses et des tasses de thés d’une belle complexité, allant du vert, au wulong, jusqu’au noir. En visitant les jardins, j’ai été frappé par la grande qualité des vieux plants « classic » datant des années 1850 à 1880, réalisant du coup que les producteurs du Kangra étaient assis sur une véritable mine d’or avec ces plants plantés à la graine, en altitude, avec des conditions climatiques similaires à Darjeeling.

Malheureusement, à cause d’une longue et pénible série de catastrophes naturelles et historiques (tremblements de terre, épidémie de choléra, chutes répétées du marché), l’industrie du thé survit à peine, produisant surtout du thé vert pour le marché Kashmir et du thé noir orthodoxe à dessiccation intense pour vendre aux enchères à Calcutta. Par contre, quelques petits jardins produisent d’excellents grades que je vais tenter d’ajouter à notre carte dans le futur. Depuis quelques années, les scientifiques de la région reconnaissent le goût du terroir unique du Kangra et ont réussi à lui obtenir une appellation géographique contrôlée pour la région. Les thés du Kangra ont donc leur propre logo, comme les autres régions de l’Inde, bien que la renommée de leur nom reste à faire. J’ai poursuivi ma visite avec 8 ou 9 autres magnifiques jardins avant de repartir pour le Népal.

J’ai atterri à Katmandou et après quelques rendez-vous sur place, je me suis rendu aux jardins de Jun Chiyabari. Ce nouveau jardin et sa superbe fabrique sont dirigés par deux gérants aguerris venant de Darjeeling. Ils produisent des thés exceptionnels et je n’ai pas pu m’empêcher de sélectionner un First Flush et un wulong. Rebondissement dans mon voyage : en une semaine, mon itinéraire a été compromis trois fois par une mesure politique de « grève des routes » appellée « bandts » où personne n’a le droit de conduire sur les routes. Quiconque est pris sur le fait voit son véhicule se faire brûler et a à retourner chez lui à pied! Depuis le Jour de l’an népalais, les choses se sont corsées et quand je suis parti, ils annonçaient trois jours de « bandts » consécutifs pour un total de cinq jours. Comme seuls les véhicules à deux roues sont autorisés, je me suis enfuis par la frontière de bonne heure le matin sur une motocyclette et c’est avec bonheur que j’ai retrouvé les plaines pour retourner en Inde. J’ai tout de même réussi à me faufiler pour visiter quelques jardins, voir les développements du projet que j’avais mis en branle l’an dernier avec les cultivateurs japonais au Fikkal, et assister au développement du projet jumeau de Jun Chiyabari, Ilam Chiyabari…

Comme j’ai du quitter le Népal un peu plus tôt que prévu, je me suis permis une courte visite à l’un de mes jardins préférés de Darjeeling que je croyais ne pas pouvoir voir, le très isolé Samabeong, qui avait connu une année exceptionnelle. J’en ai d’ailleurs ramené un délicieux thé.

À peine le temps de retourner à Calcutta pour d’autres rendez-vous, dégustations et pour finir les achats et les envois que j’étais déjà en route pour la maison pour profiter des délices de l’Himalaya…


Inde 2011

Cette année, mon voyage en Asie s’est déroulé selon trois grandes étapes. En plus de ma tournée habituelle des jardins de Darjeeling, je suis retourné au Sri Lanka et j’ai aussi piloté un passionnant projet au Népal. Jonathan, gérant de la maison de Montréal, m’accompagnait. Les premières nouvelles reçues à Calcutta des professionnels du thé nous annonçaient un excellent début de saison dans les montagnes. Après quatre années d’absence de soleil et de sécheresse, les conditions météorologiques étaient enfin favorables, à la fois pour la quantité et pour la qualité des feuilles. Seule ombre au tableau, toute la région de Darjeeling était paralysée par une grève des travailleurs, et des lots entiers de feuilles étaient bloqués dans les manufactures. Nous avons tout de même pu goûter quelques échantillons acheminés secrètement hors des plantations, et le conflit de travail a été résolu en quelques jours, permettant aux travailleurs de Darjeeling d’obtenir une substantielle hausse de salaire de 34%!

Je travaillais depuis quelques années à la réalisation d’un projet d’échange Japon-Himalaya. Cette année, enfin, nous avons pu en concrétiser le premier volet. Monsieur Iwata, un producteur de thé japonais de dix-septième génération possédant un petit jardin près de Kobe nous a rejoints à Calcutta dans le but d’améliorer sa connaissance du thé noir et de partager son expertise en matière de thé vert. Monsieur Takeda, un scientifique s’approchant de la retraite ayant passé sa carrière à développer de nouvelles plantes pour l’industrie japonaise du thé et président d’un des plus prestigieux instituts de recherche sur le sujet s’est aussi joint à nous. Nous nous sommes rendus ensemble à Darjeeling pour rejoindre notre expert local, le très respecté consultant JP Gurung, puis avons rejoint le Népal, où nous avons passé une semaine complète à partager des connaissances sur la transformation et la culture du thé vert et du thé noir. 

Une fois le projet terminé, nous nous sommes séparés de nos amis japonais et avons entamé une série de visites des jardins de Darjeeling afin d’acheter la sélection exceptionnelle de Darjeeling First Flush que vous pouvez retrouver dans notre catalogue 2011. La proverbiale patience des Indiens a enfin été récompensée par la saison record dont ils avaient désespérément besoin pour garder l’industrie du thé en vie. Après Darjeeling, nous avons pris l’avion pour Colombo, au Sri Lanka, pour entamer la dégustation et l’achat des thés de Ceylan pour notre catalogue. Nous avons aussi exploré différentes régions productrices. Quelques jours de plus à Kolkata afin de finaliser les achats et de régler les derniers détails pour l’expédition, et nous étions en route pour Montréal, la tête pleine d’expériences fascinantes et de nouvelles connaissances et les valises remplies à craquer de thés frais exceptionnels.


Inde 2010

INTRODUCTION

Cette année, j’étais accompagné par Alexis, membre de l’équipe de notre succursale de Québec. Tel que je le fais à chaque printemps, le voyage commença à Calcutta où nous nous sommes d’abord rendus à deux bureaux spécialisés afin de goûter et ainsi évaluer l’état général des récoltes des First Flush (premières récoltes) du printemps 2010. La sécheresse ayant touché gravement  la région productrice de Darjeeling, peu de lots de thé s’étaient déjà rendus jusqu’aux encans de Calcutta. Nous nous sommes ensuite rendus sur place pour une visite d’une semaine dans de multiples jardins, dans cette région de l’Himalaya priant pour que la pluie tombe enfin… Des hautes altitudes de Darjeeling, nous sommes par la suite descendus pour poursuivre notre itinéraire dans les plaines afin de visiter plusieurs jardins de thé en Assam. La troisième partie de notre voyage, plus exploratoire, nous mena dans l’état tribal fort isolé de l’Arunachal Pradesh, au-delà du puissant fleuve Bramapoutre, afin de faire la découverte de différents projets de jardins de thé s’y développant. Pour terminer notre itinéraire, nous revinrent finalement à Calcutta pour compléter les achats de lots de thé sélectionnés et finaliser les arrangements pour leur acheminement jusqu’au Québec.

DARJEELING

La région productrice de Darjeeling reçut ce printemps encore moins de pluie que l’année dernière (qui avait déjà obtenu un record important de sécheresse), faisant de cette période la plus sèche en 11 ans. En constatant des températures printanières largement au-dessus de la moyenne, l’industrie du thé comptait tristement les jours depuis le 10 octobre dernier, date à laquelle les dernières gouttes de pluie étaient tombées. Même après notre passage d’une semaine à visiter les jardins de la région, aucune averse n’était toujours tombée : cela faisait 175 jours sans la moindre goutte de pluie.

Dans les jardins se situant en basse altitude, les théiers souffraient de brûlures et de dormance prématurée en plus grand nombre que leurs acolytes cultivés plus hauts dans les montagnes, l’humidité y étant mieux retenue dans le sol grâce aux conditions plus fraîches des hautes altitudes. Néanmoins, la production foliaire était vraiment réduite dans les deux cas. Cela sautait aux yeux que ces jardins souffraient. Les jardins de renom offrant normalement des qualités supérieures n’arrivaient qu’à produire, dans ces conditions difficiles, des récoltes médiocres ou simplement inintéressantes. Je dû user de toutes mes ressources afin de regarder au-delà de ces habituels « incontournables » et trouver, de coup de chance en coup de chance, des lots surprenants provenant de jardins obscurs.  Depuis la fin de mes achats sur place, je me vis tout de même bien satisfait de notre sélection de cette année :

-CASTLETON DJ-12 CLONAL   en deuxième année de conversion biologique  
-GOPALDHARA WT CLONAL  
-PHOOBSERING DJ-1 CLONAL  bio.
-SOURENI EX-1 CLONAL  bio.
-THURBO DJ-12 CLONAL en deuxième année de conversion biologique
-SEEYOK DJ-6 CLASSIC bio. et équitable
-JUNGPANA DJ-14 CLASSIC en deuxième année de conversion biologique
-GADDAPAHAR DJ-5 CLASSIC
-AVONGROVE DJ-12 ASAMMICA/CLONAL 70/30 mélange biologique
-SIKKIM EX-1 CLONAL

ASSAM

Cette année fut probablement ma visite la plus fructueuse en Assam. Je réussis à visiter tous les jardins qui produisent présentement les meilleures récoltes de thé de méthode orthodoxe (à l’exception du jardin Sri Sibarri qui était géographiquement trop éloigné de notre itinéraire). Nous étions présents un peu trop tôt dans la saison pour faire les achats des meilleurs Assam « tippy », produits au mois de mai et juin, mais plusieurs belles découvertes nous attendaient néanmoins. Si la zone de plus haute altitude de la région de Assam reçut ce printemps une pluviométrie généreuse, la zone plus basse connut des averses moins abondantes qu’à l’habitude à pareille date (sans jamais être aussi faibles qu’à Darjeeling…). Nous y avons visité des installations fort variées, des plus grandes aux plus modestes, aux champions de la qualité aux producteurs des plus moyennes.

ARUNACHALPRADESH

From Halmari we headed for the town of Dibrugarh to meet for a trip into Arunachal Pradesh.  This obscure and isolated state is bordered by Bhutan, Tibet and Burma on the West, North and East flanks respectively.  All three are closed to the outside World.  The southern border is mostly the mighty Brahmaputra, a river so wide here that it is constantly changing its banks and cannot be bridged.   The Chinese border is still disputed, back in 1962 tensions mounted to the point of war between China and India.  Military activity has now calmed but there is a certain amount of tribal tension as the region is principally tribal.   We had arranged special permits to enter the region in advance.

Ayant quittés Dibrugarh, nous nous dirigeâmes vers le sud-est puis vers le nord, croisant plusieurs des centaines de rivières approvisionnant le Bramapoutre de toute son eau en provenance du plateau tibétain. À bord de notre Jeep, nous avons pu traverser une multitude de magnifiques vallées escarpées de haute altitude, jusqu’aux forêts les plus retirées de la région. Comme les rivières puissantes y détruisent les routes, plusieurs des chemins empruntés y furent sur le lit de ces plans d’eau. Les deux projets sociaux reliés au thé que nous y avons visité étaient très intéressants.

Des sections d’information plus spécifique reliée à notre parcours en Inde de ce printemps feront partie prochainement de publications sur le blogue de notre site web.


Inde 2009

DE DÉLICIEUX THÉS MALGRÉ UN PRINTEMPS DIFFICILE

Les premières nouvelles provenant des montagnes de Darjeeling cette année annonçaient un printemps chaud tant dans le domaine politique que du côté de la température. La température chaude fut, à prime abord, accueillie comme étant de bon augure après ces quelques années de froid et d’humidité qui embêtèrent les producteurs de First Flush. En réalité, cette température s’avéra être un fardeau lorsqu’en mi-mars on s’aperçu que peu de pluie était tombée et que très peu de thé poussait.

À mon arrivée à Kolkata, les premiers rapports des jardins annonçaient une production de 40 à 50% de leur capacité habituelle. Lors d’une saison clémente, la plupart des compagnies ont déjà envoyé leurs lots DJ20 et DJ30 pour être goûtés, cette année la production en était aux DJ10 seulement à mon arrivée fin mars. Non seulement la quantité a souffert mais également la qualité. Rares étaient les bons thés. Avec une quantité réduite, il était normal de s’attendre à ce que les prix soient plus élevés. À la fin de ma visite, il était clair que la qualité moyenne des thés de cette saison méritait un 6 sur 10. Les prix plus élevés sont également justifiés par le taux de change ne jouant pas autant en notre faveur que lors des années précédentes. Darjeeling n’avait pas connu de sécheresse de ce genre depuis 1999. Malgré tout, les producteurs, quoiqu’un peu inquiets, ont pris l’affaire avec philosophie et acceptation.

Mis à part les problèmes financiers immédiats, la quantité réduite de la production et la basse qualité des thés de la première récolte, d’autres complications vinrent s’ajouter. Les plantes sont tombées en banjhi (dormance botanique) beaucoup plus tôt que la normale, faisant en sorte que les Second Flush vont probablement devancer les pluies de l’été. Plusieurs sections des plantations furent détruites par la sécheresse et nécessiteront un remplacement.

SNOWVIEW / KUMAI

Le jardin de Kumai se situe dans la région la plus à l’est du district de Darjeeling et à 4 heures de route de la ville même de Darjeeling. À un kilomètre du Bhoutan, une grande partie du jardin se trouve dans les plaines, le restant étant sur les premières pentes des collines qui émergent pour devenir les Himalayas. À son plus bas, le jardin est à une altitude de 300m et à son plus haut de 1500m. Kumai fut acquis par la compagnie Tea Promoters (Singell, Samabeong, etc.) il y a 3 ans. Cela fait quelques années que je déguste de leurs thés et cette année la qualité du DJ4 et du DJ5 était bien mais la qualité générale de leurs thés avait grandement augmenté.

Lors de l’acquisition du jardin, la compagnie appliqua immédiatement une politique de culture biologique et équitable. Il y a environ 900 personnes qui travaillent à Kumai, la plupart étant d’origine népalaise quoique 13% sont originaires de la région. L’usine fut convertie d’un processus de transformation CTC à un processus orthodoxe. Cette année, le jardin a beaucoup souffert de la sécheresse et plusieurs plantes sont mortes où sont tombées malades. Avec plus de 60% de plantes assam-hybrides, le projet du jardin à long terme est de les remplacer graduellement par des clones chinois.

SAMABEONG

À quelques heures de jeep au nord ouest de Kumai, je me suis arrêté pour quelques heures au jardin Sambeong. La brume était épaisse et comme d’habitude le jardin était quelques semaines en retard par rapport au reste de la région, avec à peine assez de feuille à envoyer comme échantillons à Kolkata. Au moment de ma visite, seulement la section avec les vieilles plantes chinoises avaient donné une récolte, les feuilles des précieux clones n’ayant toujours pas émergé. J’ai pu goûter à 6 “ghannis” (petites productions non triées). Toutes étaient savoureuses mais la magie des clones ne se fit pas sentir cette année. Malgré tout, les sections chinoises de Samabeong possèdent l’unique signature du jardin.

RISHEEHAT

À une heure de la ville de Darjeeling, le jardin Risheehat fut établi par des Écossais en 1893. Le nom du jardin signifie “le Siège du Sage” en hindi. Ce jardin est probablement le plus abrupt de la région avec le plus grand différentiel d’altitude. Dans les dernières années, il nous a fourni une très bonne qualité de thé avec sa plantation constituée de 90% de vieux théier chinois. Risheehat donne l’impression d’un jardin bâti sur des fondations solides et bien organisé. L’usine est propre, bien tenue et recevra sa certification biologique à la fin de cette année. Les producteurs avaient 25 thés à me montrer, la plupart étant de solides Darjeeling classiques avec quelques clones floraux, dont un que j’ai acheté: le remarquable DJ-22. Leur production a chuté de 50% à cause de la sécheresse. Même si beaucoup de feuilles furent endommagées dans certaines sections, beaucoup de feuilles en santé réussirent quand même à émerger grâce à l’emplacement privilégié du jardin.

SUNGMA

Le vieux jardin de Sungma se trouve à l’opposé de Gopaldhara et est géré par le plus respecté des cultivateurs senior de Darjeeling: M. Jah. Planté en 1863, le jardin conserve encore 80% des plantes chinoises originales avec une population croissante de 15% de clones et 5% d’assam-hybrides. Pendant les 3 dernières années, Sungma produisit de façon consistante des thés de haute qualité. J’ai goûté à leurs premiers 30 échantillons et tous étaient respectables, avec un très haut pourcentage de première qualité. D’une liqueur légèrement ambrée, leurs thés ont une texture onctueuse et sont fortement aromatiques. Le jardin fut retardé par la sécheresse mais n’a pas subi la dévastation que plusieurs plantations ont vécue. Un jardin bien organisé avec une certaine ressemblance avec celui de Risheehat.

GOPALDHARA

La première chose que je fis à mon arrivée au jardin de Gopaldhara fut de visiter leur nouvelle usine de transformation. Ayant vu le chaos qu’engendra les 3 années de construction dans le jardin, j’ai encore plus de respect pour M. Panjika, le sympathique gérant du jardin et producteur du séduisant Wonder Tea. L’usine est au stade final de construction et comporte plusieurs innovations qui risquent de donner des résultats intéressants dans les prochaines années.

SAVOIR-FAIRE DES JARDINS

Comme dans toute industrie agricole, chaque gérant de jardin a une approche différente. En m’informant des choses à faire pour contrer la sécheresse, j’ai entendu plusieurs histoires, parfois même contradictoires. Du taillage sévère à aucune taille du tout, de l’utilisation de produits chimiques à des infusions naturelles ou ni l’un ni l’autre, les différences d’opinions sont impressionnantes. Cela montre comment il y a plusieurs façons de faire pousser du thé dans une même région.

Une nouvelle pratique fut adoptée très rapidement cette année par plusieurs jardins: la vermiculture. Sous les recommandations du TRA, plusieurs cultivateurs ont construit de longs réservoirs ombragés pour la reproduction des vers de terre pour les jardins.

Malgré les conditions difficiles et la qualité généralement médiocre des First Flush de cette année, j’ai étonnamment réussi à rassembler une sélection de thés de haute qualité. Un gros merci à mes bons amis en Inde qui m’aidèrent à trouver les meilleures feuilles.

Avertissement

Prenez note que les cartes cadeaux ne peuvent être utilisées sur la boutique en ligne, elles ne sont acceptées qu'à nos boutiques de Montréal et de Québec.

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Cet article fait partie de la Série Collection où se trouve des objets et des thés créés par les plus grands artisans d’Asie.

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