Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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4 grands thés verts chinois à boire maintenant!

10 juin 2019

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Changement de saison : le soleil réchauffe la terre, réveille les théiers. Dans les grands terroirs, la fébrilité est palpable. On a hâte de voir sortir les premiers bourgeons. Ce sont les meilleurs, les plus finement parfumés de l’année. Cultivés avec soins et transformés avec attention, ils exprimeront dans une fraîcheur incomparable l’habileté du savoir-faire chinois. C’est avec eux qu’on produira les plus grands crus.
Depuis le Québec, nous nous rendons sur place pour assister à cette éclosion. Il faut faire vite, car le temps presse. Cette première saison de production ne dure que quelques semaines et la compétition est rude pour les acheteurs. On se met en quête des meilleurs lots, visitant les jardins et renouant les liens avec nos producteurs préférés. Cet instant marque le début des grands arrivages en boutique. Vous remarquerez sur nos menus l’apparition massive de nouveaux thés. Achetés en quantités variables pour l’année à venir, c’est dès leur arrivée qu’ils sont à leur meilleur.
En boutique, on en profite pour remplir ses réserves. L’occasion est belle surtout de goûter les plus grands crus au sommet de leur fraîcheur. Contrairement aux thés du quotidien, les lots plus précieux ne sont pas achetés dans l’idée d’être vendus toute l’année. Entièrement récoltés et transformés à la main selon les techniques traditionnelles des différentes régions, ils sont produits et achetés en petites quantités pour être bus rapidement, au moment où leur expérience gustative est véritablement hors du commun. Goûtez-les en bonne saison et vous verrez que le prestige de ces grands noms n’est pas dû au hasard.
Pour les amateurs de fraîcheur, voici donc quatre grands thés chinois à déguster ce printemps :

Long Jing Shi Feng

Reconnu pour la beauté de ses feuilles en infusion ainsi que son parfum de châtaigne, le Long Jing est le thé vert le plus célèbre de Chine. Récoltée à Shi Feng (terroir d’origine) dans le Zhejiang, cette minuscule production (20 kg) est l’œuvre de la famille Tang avec qui nous travaillons depuis 2003. Arômes complexes et liqueur veloutée, ce grand cru allie richesse aromatique et saveurs finement équilibrées.

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Tai Ping Hou Kui — Hou Keng

Il n’y a pas si longtemps, il fallait encore une heure de bateau pour se rendre aux jardins du Tai Ping Hou Kui. Aujourd’hui, si la route rejoint finalement le village de Hou Keng (terroir d’origine), la production de ce thé n’en demeure pas moins mythique. Issu d’une transformation artisanale unique en son genre, ce thé aux énormes feuilles présente un profil aromatique impossible à reproduire. Parfums sucrés, arômes envoûtants (légumes verts), liqueur débordante d’huiles aromatiques, le thé descend dans la gorge comme un sirop épais, traînant dans le souffle et réchauffant le cœur.
Cultivar Gao Tiao, le plus grand cru des Tai Ping Hou Kui.

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Huiming Jingning Bai

Produit à partir d’un cultivar local sauvage (Jingning Bai), ce thé est le chef d’œuvre d’un de nos producteurs favori : M. He. Ses petites feuilles habilement roulées donnent à sentir des parfums frais de légumes verts, de zeste d’agrumes et de fleurs. Sa bouche onctueuse présente un équilibre entre l’amer et le sucré qui montre une habileté rare dans la transformation. Délicieux arômes d’asperges fraîches et de pois, complétés en finale par une touche florale (lilas).

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Bi Luo Chun Du Yun

Produit dans le Guizhou à Du Yun, le Bi Luo Chun est issu d’une cueillette extrêmement fine où dominent les jeunes bourgeons. Transformés de main de maître par M. Li en cuve traditionnelle, ces minuscules pousses roulées en torsades libèrent des parfums d’une intensité surprenante. Profonds arômes végétaux soutenus par un corps dense, ce thé riche et savoureux possède un équilibre unique entre corps et finesse.

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Yamabuki : Un cultivar aux feuilles jaunes

7 juin 2019

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Au Japon, environ 80 % des cultivars utilisés pour la production de thé vert sont des yabukita. Depuis le milieu des années 1950, quand il fut mis au point, ce cultivar occupe une place prépondérante dans les plantations japonaises. Il est devenu le cultivar préféré des producteurs et des consommateurs en raison de sa grande adaptabilité aux conditions de l’archipel et de son goût vif qui plaît aux Japonais d’aujourd’hui.

Malgré la prédominance du yabukita au Japon, plusieurs producteurs, dont M. Sugiyama, expérimentent de nouveaux cultivars en plus de conserver les anciens. C’est avec son père qu’il a réussi à diversifier ses plantations. Grand amateur de théiers hybrides, son père expérimenta pendant plus de 50 ans la production de nouveaux cultivars pour en évaluer les qualités. Les nombreux croisements donnèrent évidemment des résultats inégaux, mais causèrent parfois des surprises.

Il y a quelques années, M. Sugiyama constata avec étonnement l’apparition d’un théier aux feuilles jaunes qui, d’après lui, serait issu d’une suite de mutations naturelles. À ce moment-là, il ne croyait pas que ce théier aux feuilles jaunes ferait un thé de qualité. On le transplanta donc près de la maison, comme plante ornementale.

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Photo : M. Sugiyama et Miho sa mère, responsable de la plantation familiale.

Quelques années plus tard, alors qu’il travaillait au Laboratoire national de thé du Japon, M. Sugiyama se livra à quelques expériences sur ce théier et constata qu’il avait un goût singulier et délicieux. Il décida de multiplier ce cultivar dans une petite section de son jardin et il le baptisa yamabuki, du nom d’une fleur aux pétales jaunes.

D’après M. Sugiyama, seulement quelques producteurs japonais utilisent un cultivar similaire au yamabuki. Il en produit lui-même une minuscule quantité, de 5 à 10 kilos par année, et ne prévoit pas en augmenter la production, car la culture du yamabuki est difficile. Ses feuilles contiennent moins de chlorophylle (environ le quarantième de ce que contient le yabukita), ce qui diminue considérablement sa capacité d’effectuer la photosynthèse nécessaire à sa croissance. Heureusement, au cours de la saison, ses feuilles verdissent, permettant au théier de refaire ses forces.

Au Japon, l’intérêt suscité par ce cultivar est tout récent. Tout comme M. Sugiyama, les amateurs n’ont pas été spontanément attirés par ces feuilles jaunes qui leur semblaient un défaut. Mais, depuis que son goût inusité rappelant l’asperge, le maïs et la mâche a attiré l’attention au Concours mondial de thé du Japon, de plus en plus de curieux l’apprécient.

Pu’Er Yibang Man Gong de M. Lei

9 mai 2019

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La réputation du thé Pu Er n’est plus à faire. Dans les grandes villes chinoises, à Hong Kong, à Taiwan, en Malaisie, dans tout l’Asie, l’Europe et même jusqu’à nous en Amérique du Nord, les amateurs sont nombreux qui aiment déguster ces thés. Et si l’on connaît de mieux en mieux la valeur du thé vieilli, il n’en reste pas moins que ce n’est pas tout ce que le terroir sait offrir. En fait, dans beaucoup de régions du Yunnan, les récoltes fraîches sont beaucoup plus prisées que celles qu’on aura entreposées plusieurs années. C’est la raison pour laquelle chaque printemps, les acheteurs se ruent vers les montagnes avec un engouement inégalé ailleurs dans l’univers du thé. Que ce soit pour visiter les jardins célèbres, pour déguster directement chez les producteur ou dans l’une des innombrables maisons de thés, ou que ce soit encore pour en ramener au pays et étoffer sa collection personnelle, on se déplace de loin pour venir passer quelques temps au chaud, dans le plus ancien terroir du monde, le berceau du thé.

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S’il reste encore rare pour les producteurs du Yunnan de croiser un visage occidental, il n’en demeure pas moins qu’on nous aura vu dans plusieurs coins de la province. Parmi toutes nos visites, c’est celle au village de Man Gong, dans la montagne de Yibang, qui nous aura le plus marquée. L’endroit est à couper le souffle. Un paradis du thé comme on en trouve peu dans le monde : vieux théiers pleins les forêts, habitants souriants, maisons au style ancien et écosystème extrêmement vivant. Les villageois qui se sont enrichis ici très rapidement avec la culture du thé sont restés soucieux de préserver un esprit traditionnel (ce qui n’est pas le cas partout). Le producteur que nous y avons rencontré, M. Lei, est un homme plusieurs fois décoré pour sa technique de transformation qui, malgré tout, prend toujours soin de cuisiner les repas lui-même pour les invités et de tourner envers tous un regard doux et souriant. Ayant hérité des terres de sa famille (comme les autres habitants du village), il s’est retrouvé du jour au lendemain assis sur une mine d’or. Mais, il lui en aurait fallu davantage pour remplacer dans son jardin de vieux arbres les choux, les oignons et les courges qui poussent entre les racines.

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Dans le Yunnan, là où la culture du thé remonte à des temps immémoriaux, il n’est pas rare de voir dans un jardin des théiers plusieurs fois centenaires cultivés avec attention depuis des générations. Non seulement la culture elle-même des théiers témoigne d’une tradition quasiment absente dans le reste du monde, mais les techniques de transformation des feuilles ont aussi bien peu changé : elles restent, somme toute, plutôt simples, voire plutôt rustiques. Ce qui distingue ce terroir des autres ne se trouve pas là. Cela se trouve directement dans la terre, dans les échanges qui se produisent entre la montagne et l’arbre pendant des siècles, dans la nature qui fait son chemin et qui donne à chaque printemps des bourgeons d’une qualité aromatique impossible à reproduire autrement.

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Des jardins de M. Lei, nous avons choisi un lot de thé produit à partir de théiers plusieurs fois centenaires dont les qualités gustatives ne laissent aucun doute. Bu dans toute sa fraîcheur, il rappellera à certains le goût du thé vert chinois, mais ne manquera pas de dévoiler une intensité aromatique et une longueur franchement exceptionnelles, une texture généreuse, pleine de miel, de fleurs et d’herbes sauvages.
Vendu en petits lots de dix grammes, ce thé s’apprécie pleinement sur de multiples infusions. À l’image des vieux théiers, mieux vaut prendre son temps pour arriver au meilleur.

Voyages 2019 : les plans des dégustateurs

14 mars 2019

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Le printemps est toujours un moment excitant pour nos équipes et notre clientèle, alors que nos experts quittent le Québec durant quelques semaines afin de faire de nouvelles découvertes et rapporter les thés au summum de leur fraîcheur. En effet, dès la fin du mois de mars, les quatre experts dégustateurs du Camellia Sinensis partiront sillonner les terroirs d’Asie comme à chaque printemps afin de rapporter les meilleurs crus de thés, rencontrer nos précieux producteurs et mettre en place de nouveaux projets.

Voici ce qui les attend au cours des semaines à venir…

Kevin Gascoyne

Cette année, Kevin débutera son voyage annuel au Tea Studio, notre fabrique de thé expérimentale en Inde. Il en profitera pour rencontrer les partenaires du projet, produire du thé et collaborer au développement de nouveaux produits. Ce sera également une belle occasion pour raffiner l’offre éducative et touristique, alors que le Tea Studio accueillera un groupe d’américains en visite pour deux jours. Un volet particulièrement excitant pour notre équipe, qui sera développé au fil du temps. Kevin participera également à quelques rencontres afin d’officialiser l’établissement d’un projet à vocation communautaire où 1% de chaque vente ira à améliorer les infrastructures du village.

À la suite de ce séjour dans les Nilgiris, Kevin se dirigera ensuite à Darjeeling afin d’effectuer les achats de thés et de faire de la recherche. Il y rencontrera d’ailleurs deux petits joueurs de l’industrie, afin de les aider à mieux opérer parmi les grandes plantations de la région.

Finalement, son périple en Inde se terminera à Calcutta, où il ira visiter la manufacture de Earl Grey et rencontrera le Tea Board of India afin de discuter du Tea Studio. Avant de revenir au Québec, il s’arrêtera à Londres pour une conférence au UK Tea Academy. C’est à suivre!

Cette année, Kevin sera accompagné par le producteur africain Alexander Kay (Satemwa, Malawi) avec qui il a bien hâte d’échanger à propos de sa fabrique de thé.

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Jasmin Desharnais

Ce printemps, Jasmin sera d’abord accompagné de Laurence Lambin-Gagnon, conseiller à la boutique du quartier St-Roch à Québec, alors qu’il ira visiter le Yunnan. Grand amateur de Pu Er, Laurence sera le parfait compagnon pour ce voyage : ils iront faire de la recherche en vue de trouver de bons Pu Er à boire jeunes et des Pu Er de garde, de plus en plus rares dans le Yunnan.

Jasmin poursuivra ensuite sa route vers le Guizhou, le Jiangsu, le Zheijiang et le Fujian. Au programme : créer une nouvelle collection de céladon à Longquan, acquérir de nouvelles connaissances à propos de la transformation des thés verts à Jingning et Anji, et visiter la fabrique de verre compostable.

Cette année, Jasmin a particulièrement hâte de fabriquer du thé avec les producteurs, de mettre les mains dans les feuilles et de plonger dans le processus de transformation du thé.

Intrigués par la Chine? Lisez nos recommandations pour un voyage mémorable!

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Hugo Américi

C’est accompagné de son fils Léo et de François Marchand, qu’Hugo ira visiter le Japon entre le 6 et le 17 mai prochain. Ils iront visiter la région de Saitama en compagnie de M. Miyano, producteur de nos Temomicha, et se rendront entre autres au centre de recherche de la région. La majeure partie du voyage se déroulera ensuite à Shizuoka, où ils iront rencontrer nos amis du Sencha Nagashima (une coopérative de 40 fermiers) afin de leur remettre le Prix d’Excellence 2019. Plusieurs autres dégustations et visites auront lieu dans la région afin d’élaborer la carte 2019 de nos thés japonais.

Finalement, leur séjour prendra fin à Tokoname où ils iront rencontrer quelques uns de nos potiers afin de sélectionner les prochains trésors qui se retrouveront sur nos tablettes cette année.

Hugo a particulièrement hâte de faire découvrir la beauté du Japon à son fils!

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François Marchand

Ce sera un voyage différent cette année pour François, alors qu’il accompagnera Hugo sur les routes du pays du Soleil Levant. Son objectif : capter la beauté des jardins en photos et vidéos et interviewer des producteurs et artisans, afin de créer du contenu pour nos différentes plateformes. Muni d’un drone et d’une caméra, il s’amusera à saisir les plus belles images qui nous feront rêver tout au long de l’année. Il profitera également de son séjour au Japon pour réaliser un reportage sur la fabrication du matcha dans la région de Kyoto, avec notre producteur de Matcha Uji.

Intrigués par le Japon? Lisez nos recommandations pour un voyage mémorable!

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Avez-vous des questions ou demandes à faire à nos dégustateurs? N’hésitez pas à laisser un commentaire sous cet article!

Tea Masters Cup : une compétition entre passionnés du thé

13 mars 2019

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En octobre 2017, Kevin a eu la chance d’assister à la finale mondiale du Tea Masters Cup, alors qu’il était en Chine à l’occasion d’une conférence. Une compétition très excitante qui se déroule entre les jeunes enthousiastes du monde entier. Il s’agit d’un projet ouvert aux professionnels et passionnés du thé, aux entreprises et associations de thé et aux projets en lien avec le thé. Si la culture du thé moderne est divisée en trois segments (production, commerce et consommateurs), Tea Masters Cup est un projet entièrement centré sur la culture du thé de consommation, c’est-à-dire la préparation et le service du thé.

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En mars prochain, Kevin se rendra à Moscou, en Russie, afin d’en apprendre davantage sur le processus de sélection des gagnants avec la Fédération de Russie. En effet, Kevin sera l’un des juges de la compétition au Canada, à l’automne 2019. C’est à suivre!

À savoir à propos de la compétition :

  • Le Tea Masters Cup comprend 23 pays, de la France à l’Australie, en passant par le Vietnam, la Chine, la Corée, la Lettonie… De plus en plus de pays rejoignent la compétition chaque année ;
  • Les participants peuvent s’inscrire à l’une des quatre catégories suivantes : Préparation, Accords, Dégustation et Mixologie ;
  • Le mouvement est entièrement dirigé par des bénévoles ;
  • La compétition illustre l’enthousiasme partagé pour notre produit, au-delà des rivalités entre entreprises ;
  • Les participants sont souvent de jeunes adultes, passionnés de thé et ayant le désir de faire évoluer la culture du thé ;
  • Les gagnants sont envoyés aux championnats du monde pour affronter les gagnants des autres pays.

Suivrez-vous la compétition?

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Vietnam : Le thé au féminin

5 mars 2019

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Dans l’univers du thé, si les femmes sont nombreuses à participer à la cueillette, elles se consacrent moins aux tâches liées à la production, la plupart du temps réservées aux hommes. Cela dit, ce n’est pas le cas partout : dans la région de Thai Nguyen, au Vietnam, une majorité de femmes se chargent de toutes les étapes de la production du thé, de la plantation à la vente.

Selon la très active et très inspirante Mme Hiep, 67 ans, la place prépondérante des femmes dans sa coopérative reflète la réalité du Vietnam, où les femmes occupent 80 % des postes dans le domaine du thé. Sur les 37 membres que compte cette petite entreprise, il n’y a que cinq hommes. Ensemble, en partageant les tâches et les équipements, hommes et femmes produisent principalement du thé vert aux grandes feuilles torsadées destiné à la population locale.

Malgré la qualité des thés produits à Thai Nguyen, région la plus renommée du Vietnam, le marché est plutôt saturé. Plusieurs producteurs doivent restreindre leur production pour éviter les surplus. En cherchant une façon de développer ce marché tourné essentiellement vers des thés du quotidien, certains artisans ont tenté de produire des thés aux petites feuilles, de meilleure qualité. Mais, comme ils trouvent rarement preneur, ils reviennent à leur production régulière.

Cette réalité du marché, qui est aussi celle de plusieurs autres régions productrices, force donc certains producteurs à explorer d’autres voies. À la coopérative Tan Huong, on cherche depuis quelques années à diversifier les produits en fabriquant du Wulong. Sur le marché international, le Wulong peut être vendu jusqu’à quatre fois plus cher que le thé ordinaire, et la demande est en croissance. Si la coopérative réussissait à introduire ce nouveau thé dans le marché international, les conséquences en seraient assurément positives.

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Dans cette optique, les femmes de Tan Huong ont planté, dès 1997, des cultivars servant à la production de cette famille de thé. Mais, sans expertise ni équipements pour transformer ces feuilles, elles n’ont pas encore réussi à en faire une production satisfaisante. Pour remédier à ce problème, la coopérative s’est associée dernièrement à M. Xu, un spécialiste taiwanais, afin de mieux connaître le processus de transformation des Wulong et les nombreux paramètres à respecter pour obtenir un thé de qualité.

D’après Mme Hiep, les récents progrès sont très encourageants, mais, avant de conquérir le marché extérieur, la coopérative devra relever de nombreux défis organisationnels quant au transport, aux transactions financières et au contrôle de la qualité. Quoi qu’il en soit, avec l’aide de M. Xu, la persévérance des membres et l’appui de nouvelles générations prêtes à prendre la relève, l’avenir de la coopérative Tan Huong semble prometteur.

La Chine n’est pas le démon du thé!

4 février 2019

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À la suite de nombreuses discussions avec notre clientèle à propos de ses questions et inquiétudes concernant la Chine, nous voulions prendre un moment afin de vous faire part de notre vision de son développement depuis les quinze dernières années.

En effet, depuis 2003, nos experts dégustateurs visitent l’empire du Milieu chaque printemps afin d’aller à la rencontre de nos producteurs et de s’assurer de la qualité des jardins et des produits. Nous avons donc maintenant une bonne connaissance non seulement de l’industrie du thé en Chine actuellement, mais aussi de son évolution depuis près de deux décennies.

Alors qu’il est vrai que la Chine a fait de grosses erreurs dans les années 1990, il faut aussi comprendre que la mentalité s’est transformée de manière assez significative depuis le début des années 2000. Il est important d’actualiser sa vision concernant la Chine, comme elle change très rapidement.

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Si l’industrie du thé était à ce moment principalement axée autour du « beau », l’intérêt pour le goût, un jardin en santé et une production de qualité était alors relégué au deuxième rang. Le changement de mentalité du « beau » vers le « bon » se fait sentir depuis maintenant plusieurs années et il est possible d’observer l’impact de cette évolution dans l’amélioration incontestable des méthodes de production du thé. L’art du thé reprend en Chine et dicte le marché : les consciences changent, et ce, rapidement. Il faut dire que tout va à une grande vitesse en Chine, y compris les changements de mentalité.

Conséquemment, la Chine est loin d’être le démon du thé. Le pays s’ajuste visiblement, d’une part en s’intéressant à l’amélioration des techniques de transformation et de production, et d’autre part en complexifiant les règles d’exportation afin d’assurer la sécurité alimentaire des consommateurs.

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De notre côté, nous contrôlons nos importations en allant chaque année rendre visite aux producteurs – sur place, nous vérifions la qualité des feuilles, des jardins et des méthodes de production. Les produits sont ensuite envoyés en laboratoire et passent par un processus rigoureux, pour que nous puissions nous assurer de la qualité des feuilles qui vous seront vendues.

D’ailleurs, nous le disons souvent : à la quantité de thé que nous buvons chez Camellia Sinensis, nous ne vendrions jamais de produit que nous ne boirions pas nous-mêmes.

Tea Studio : Entrevue avec la chef des opérations

21 janvier 2019

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Le Tea Studio, notre fabrique expérimentale en Inde, est maintenant officiellement ouverte depuis près d’un an. En octobre 2018, nos quatre dégustateurs partaient à l’aventure pour quelques semaines, alors qu’ils allaient mettre la main à la pâte, rencontrer toute l’équipe et accueillir deux partenaires chinois pour optimiser la production.

Lors de ce voyage, François s’est également entretenu avec Muskan Khanna, chef des opérations du Tea Studio à propos de son métier et de son équipe entièrement féminine. Toute l’équipe est d’accord pour affirmer que le projet ne serait pas le même sans sa passion et son dévouement.

F : Quand as-tu commencé à développer un intérêt envers le thé?

M : J’ai vraiment commencé à m’intéresser à l’industrie du thé il y a environ 3 ans, lorsque nous débutions tout juste les discussions autour de ce projet. Je trouvais le concept différent, novateur et j’avais envie de m’impliquer. J’en ai fait part à mon père Hindi, l’un des associés du projet, et j’ai eu la chance de devenir chef des opérations. C’est alors que j’ai commencé à apprendre sur l’industrie et à visiter plusieurs fabriques afin de comprendre les processus.

F : Quel genre de parcours avais-tu avant de rejoindre le Tea Studio?

M : En fait, mes études sont en médias et publicité (Birmingham University, Royaume-Uni) et c’est dans ce domaine que j’ai travaillé pendant plusieurs années. C’est un monde totalement différent! Mon père m’a énormément aidé à apprendre mon métier et je suis très heureuse de faire partie de l’équipe.

F : À quoi ressemblent tes journées au Tea Studio?

M : J’arrive normalement à la fabrique vers 9h et je passe un moment dans mon bureau à répondre à mes courriels et à m’atteler à certaines tâches administratives. Je descends par la suite sur le plancher et, bien souvent, j’y passe le reste de la journée!

F : Vous avez accueilli deux de nos producteurs chinois récemment. Comment ça s’est passé?

M : J’ai adoré! Ça m’a permis d’apprendre une tonne de nouvelles techniques pour améliorer la qualité de la production dans la fabrique.

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F : Il est plutôt hors du commun pour une femme de gérer une fabrique de thé. Raconte-nous ton point de vue sur ceci.

M : En effet, ce n’est pas quelque chose d’habituel et surtout en Inde! Au début, les gens avaient du mal à comprendre ma réalité et c’était un peu difficile à expliquer autour de moi. Ça m’a pris un moment pour trouver une balance entre ma vie personnelle et mon travail – c’est tout un défi! Mais je suis profondément passionnée par ce que je fais. J’ai aussi la chance d’avoir une belle liberté au Tea Studio, comme mon père m’accorde une totale confiance. Comme il me dit souvent : “C’est toi la boss de la fabrique!”.

F : Qu’en est-il du reste de l’équipe?

M : Le Tea Studio comporte une équipe entièrement féminine qui sont devenues des amies. Sur le plancher, il y a toujours une belle énergie et on partage de nombreux fous rires.

Destination Japon : nos recommandations pour un voyage mémorable

28 novembre 2018

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Le Japon offre une fenêtre unique sur le monde. Incomparable, le pays ne ressemble à aucun autre endroit sur la planète. Il s’agit d’une civilisation véritablement à part, très différente des autres cultures asiatiques, marqué par des contradictions fascinantes.

Pour une première fois au Japon, le premier conseil d’Hugo, qui a visité le pays plus d’une dizaine de fois, demeure le même que pour la Chine : laisser aller, se doter d’une ouverture d’esprit et mettre de côté les idées préconçues. C’est ainsi qu’on pourra apprécier tout ce que le Japon peut nous apporter de merveilleux et d’unique.

La mentalité japonaise

Les Japonais ont réussi à accomplir de grandes choses, tant au niveau de la gastronomie que de l’architecture, des arts ou du thé, ce qui confère au pays un caractère riche et singulier. Il serait bien difficile de tenter de comparer le Japon à un autre pays – c’est justement ce qui le rend immensément intéressant.

Ce qui vous frappera d’abord probablement, c’est le contraste entre la tradition et la modernité, le caractère posé du jour et la spontanéité du soir. Le comportement japonais est fascinant, marqué par un respect cartésien pour le sens de l’honneur. L’anecdote d’Hugo illustre d’ailleurs bien ce fait : il était curieux de voir que plusieurs vélos n’étaient pas barrés, à quoi il s’était fait répondre “Qui voudrait perdre son honneur pour avoir volé un vélo?”.

À ceci s’ajoute également le respect des règles et des conventions, qui n’est pas toujours évident à déceler en tant que touriste, mais qui peut être perçu jusque dans la cérémonie du thé japonaise, extrêmement codifiée. Ce passage de la cérémonie du thé (Cha No Yu) reflète d’ailleurs bien la mentalité japonaise :

“Fais un délicieux bol de thé; dispose le charbon de bois de façon à chauffer l’eau; arrange les fleurs comme elles sont dans les champs; en été, évoque la fraîcheur, en hiver, la chaleur ; devance en chaque chose le temps ; prépare-toi à la pluie ; aies pour tes invités tous les égards possibles”.

Une des règles que vous pourrez facilement remarquer est le fait qu’il soit requis d’enlever ses souliers à de nombreux endroits. Notre astuce : assurez-vous d’avoir des chaussures faciles à retirer!

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Visiter le Japon

Se déplacer au Japon peut facilement devenir onéreux – on vous recommande fortement de vous doter de la passe de train, si vous souhaitez visiter plusieurs lieux durant votre séjour.

D’un autre côté, manger et se loger au Japon est relativement abordable. Vous n’aurez pas de mal à trouver un bon hôtel à moins de 100$/nuit, et vous pourrez très bien manger avec un budget raisonnable. Fait intriguant à noter : il n’est pas rare de tomber sur un endroit spécialisé qui offre une quantité limitée de plats. Par exemple, même s’ils pourraient techniquement réussir à vendre 100 pizzas ou plats de nouilles soba, ils choisissent délibérément d’en offrir que 30. Une belle représentation de leur vision face à la qualité versus la quantité.

Le coup de coeur d’Hugo : Kyoto. Louez-y un vélo et laissez-vous charmer par ce que la ville a à offrir.

Amateur de matcha? Rendez-vous à Uji, à environ 30 minutes de train au sud de Kyoto, et visitez cette vieille ville de thé où l’on produit matcha et Gyokuro. À seulement quelques pas de la gare de train, vous pourrez trouver d’anciennes maisons de thé.
Shizuoka, ville de petite envergure où est produit plus de 45% du thé au Japon, mais qui propose un centre-ville coloré, ainsi qu’une multitude de microbrasseries et de cafés ! En fait, il y plus de cafés que de maisons de thé…

Jardins et maisons de thé

Vous serez probablement déçus de savoir qu’il existe de moins en moins de maisons et de salons de thé traditionnels. Ils sont peu nombreux, parfois juchés dans les étages supérieurs des édifices et donc difficiles à trouver. L’idéal est de demander aux locaux une fois sur place : ils pourront vous guider vers leurs lieux favoris. Visiter des jardins peut toutefois être un peu plus complexe, comme il est nécessaire de se déplacer en campagne et d’être présent au bon moment. En effet, si l’on s’y rend durant la saison, le producteur n’aura fort possiblement pas le temps de nous accueillir et il peut être moins intéressant de s’y rendre hors saison. De plus, les producteurs n’ont pas nécessairement les infrastructures pour le tourisme et il serait primordial d’y aller avec un traducteur.

Durant votre séjour, nous vous invitons aussi à déguster les wagashi japonais, de petites bouchées sucrées multicolores qui accompagnent à merveille le thé.

Bon voyage!

UNE FABRIQUE DE THÉ INNOVANTE : VOYAGEZ AVEC NOUS AU TEA STUDIO! – PARTIE 2

22 octobre 2018

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Du 1er au 20 octobre dernier, les quatre dégustateurs de la Maison de thé Camellia Sinensis se rendaient directement au Tea Studio, la nouvelle fabrique expérimentale de thé dans les Nilgiris (Inde).

Maintenant de retour d’un voyage particulièrement inspirant, Hugo, François, Jasmin et Kevin nous partagent leur expérience au Tea Studio.

La nature en spectacle

À leur arrivée, c’est d’abord et avant tout l’architecture de la fabrique, tout simplement splendide, qui les a éblouis. Chaque angle de vue dans le studio et autour est magnifique. Au milieu des jardins verdoyants, les fenêtres donnent vers un spectacle sublime, alors que chacune d’elle devient un tableau en soi, aux multiples nuances de vert.

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Une énergie contagieuse

Nous avons ensuite été chaleureusement accueillis avec une magnifique énergie positive à travers la fabrique ; on peut facilement sentir que les membres de l’équipe sur place adorent leur travail et entretiennent d’excellentes relations entre elles. François a d’ailleurs pris du temps avec Muskan, à la tête de l’équipe, pour parler de leur travail et de ce que ça représente d’être une équipe entièrement féminine à la direction du projet. À suivre sur le blogue!

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Une vision commune axée sur le respect

Par la suite, une journée a été consacrée à la rencontre des partenaires indiens afin d’échanger sur ce qui a été fait jusqu’à présent, comment tout se déroule maintenant, et à propos des projets à venir. C’est avec grand plaisir qu’ils ont pu constater un accord parfait entre leurs visions. Quoique nos partenaires en Inde proviennent de différentes industries (pharmaceutique, construction, thé et épices), ils possèdent tous un immense respect pour le travail des autres. Il était donc facile de pouvoir aisément s’entendre sur chacun des points, entre autres sur l’établissement d’un projet à vocation communautaire où 1% de chaque vente irait à améliorer les infrastructures du village ainsi que sur l’achat d’un jardin autour du studio. Bref, quel plaisir de découvrir une équipe aussi solide et axée sur le respect que chez Camellia Sinensis!

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Partage de connaissances

C’est suite à un long voyage et une courte nuit de sommeil que M. He et M. Tang, deux de nos producteurs chinois, sont arrivés au Tea Studio. Ça ne les a pas empêché de se mettre au travail dès les premières minutes, alors qu’ils étaient bien intéressés par les feuilles, les machines et le processus de fonctionnement. Ils ont également pris le temps de déguster les thés et de visiter le jardin. Rapidement, M. He s’est mis en marche et a bombardé d’information Muskan, qui était vraiment très excitée de recevoir autant de connaissances aussi pertinentes pour améliorer le produit. Elle a d’ailleurs surnommé M. He le “Tasmanian Devil” ; comme une tornade, il regardait les feuilles, donnait un commentaire, et le temps que notre traductrice Yan puisse traduire à Muskan, M. He était déjà parti sur une autre machine!

Jasmin s’est d’ailleurs entretenu avec les deux producteurs chinois afin de connaître leur opinion sur le travail qu’ils sont venus faire, leur avis sur le potentiel de la fabrique et sur leur première expérience en Inde. À suivre sur le blogue!

Tea Studio 2018-47

Un rêve devenu réalité

Au retour de ce voyage, les quatre dégustateurs n’auraient jamais pu rêver mieux. L’évolution du projet va bon train et suit parfaitement la vision qu’ils avaient pour celui-ci. Un réel travail d’équipe, alors que Jasmin travaille à améliorer la qualité du thé en production, qu’Hugo bâtit les structures de travail, que Kevin partage sa connaissance sur l’industrie en Inde et fait le pont entre les différentes cultures, et que François prend plaisir à créer du contenu et à documenter le tout.

Tea Studio 2018

Nos deuxièmes lots commencent à faire leur arrivée! N’hésitez pas à nous envoyer vos commentaires.

 
 

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