Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Petit guide de la dégustation (Partie 2)

9 juillet 2017

Roue des arômes

Tiré du livre Thé : histoire, terroirs, saveurs

Mis à part tout le bagage de connaissances et d’expériences culturelles et personnelles qu’il transporte avec lui, un dégustateur doit être en mesure de mettre à profit plusieurs de ses compétences. L’une d’entre elles est de savoir structurer ses sensations pour ensuite arriver à les exprimer avec justesse.

Lorsque l’on hume un parfum, c’est souvent une image ou une émotion qui apparaissent à l’esprit plutôt qu’un mot. Malheureusement, sans l’apport nuancé d’un vocabulaire adéquat, une émotion demeure difficilement interprétable. Le fait d’associer une odeur à un mot permet de la classifier, de la catégoriser, de sorte qu’elle sera plus facilement reconnaissable par après.

L’acquisition d’un vocabulaire est donc d’une première importance. En cultivant un peu chaque jour notre mémoire olfactive, en portant attention aux odeurs qui nous entourent, naturellement, on apprend une plus grande justesse à nos sens.

Nommer les arômes d’un thé est beaucoup moins facile que de distinguer ses principales saveurs. La raison en est bien simple : il émane d’une infusion de thé plusieurs centaines de molécules volatiles. Envahi par toute cette information, le cerveau doit faire le tri et résumer…

Pour en arriver à utiliser correctement les mots de la dégustation, on peut commencer par se familiariser avec le vocabulaire des principales familles d’arômes du thé. L’intérêt premier n’est pas d’apprendre par coeur tous ces termes et leur définition, mais de comprendre plus facilement les différents ensembles d’odeurs en fonction de leurs caractères olfactifs. Bien sûr, les parfums d’un thé ne sont pas figés et peuvent appartenir à plusieurs familles d’arômes qui, souvent, s’entremêlent selon toute la gamme possible des nuances, nous mystifiant parfois pour notre plus grand plaisir… Bonne découverte !

La roue des arômes Camellia Sinensis (voir image ci-haut) est maintenant utilisée par les compagnies de thés partout autour du monde. Elle a d’abord été développée par notre équipe en 2008, alors que nous travaillions sur l’édition originale du livre Thé : histoire, terroirs, saveurs. Il s’agit d’une version spécifique au thé, similaire aux roues des arômes utilisées dans les domaines du vin, du scotch et d’autres formes de dégustations.

Petit guide de la dégustation (Partie 1)

27 juin 2017

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Tiré de notre livre Thé : histoire, terroirs, saveurs

Intimement lié à nos expériences antérieures ainsi qu’à nos habitudes alimentaires, le goût figure parmi nos traits culturels les plus fondamentaux. Il nous permet de percevoir toute la gamme de saveurs en établissant des liens directs entre nos souvenirs et le moment présent.

La dégustation est avant tout une recherche du plaisir par les sens, mais c’est aussi une méthode d’appréciation du goût. Avec un peu d’effort, tout le monde peut réussir à développer ses aptitudes de dégustateur. Cela dit, une compréhension sommaire du mécanisme complexe qu’est le goût s’avère précieuse en regard de l’appréciation globale d’une expérience gustative.

L’analyse visuelle

C’est habituellement par la vue que s’établit notre premier contact avec un thé. En observant attentivement les feuilles d’un thé, on peut faire certaines déductions relatives à son goût. La présence de petites pointes blanches formées par les bourgeons peut être un gage de qualité, tout comme une couleur éclatante, brillante, est souvent un indice de fraîcheur.

Le goût

Le goût est la somme de plusieurs sensations complexes. Il sollicite principalement deux systèmes sensoriels: les récepteurs olfactifs (le nez) et les récepteurs gustatifs (la langue). Après l’analyse visuelle, la deuxième étape cruciale d’une dégustation consiste à humer les parfums qui se dégagent des feuilles de thé. En plus de prédisposer le cerveau à recevoir les informations, cette étape fournit de précieuses indications que la langue seule ne saurait percevoir. Notre système olfactif est beaucoup plus développé que notre système gustatif, si bien que, sans l’odorat, la majeure partie des informations relatives au goût est pratiquement impossible à percevoir.

La dégustation

Si l’on veut enrichir l’expérience consistant à boire un thé, la première chose à faire, avant de mouiller ses lèvres au thé fraîchement infusé, est de humer les feuilles avant et après l’infusion en se laissant imprégner des plus subtils parfums qu’elles contiennent.

Ensuite, tout en examinant la couleur et la texture du liquide, on approche le bol près de son nez pour sentir les effluves qui émanent de l’infusion. On peut y aller avec la technique du « petit chien », en reniflant par petits coups rapides.

Lorsqu’on est prêt à boire, on prend une petite gorgée, puis on expire l’air par les narines, ce qui facilitera la perception rétro-olfactive.

Maintenant que vous avez bien humé les arômes tant des feuilles que de la liqueur et que vous vous apprêtez à avaler votre première gorgée, portez une attention particulière aux sensations que le liquide vous procure partout dans la bouche. Parmi les cinq saveurs, le salé se retrouve rarement dans le goût du thé. Par contre, l’amertume est présente à différents degrés dans pratiquement tous les thés, en raison des tannins et de la caféine qui structurent la liqueur.

Lors d’une dégustation, tous les sens interviennent. Ce n’est pas qu’une question de nez ou de langue. L’ouïe nous permet d’entendre le « chant de l’eau » et de savoir que l’eau est prête à l’infusion ; la vue nous renseigne sur l’apparence d’un thé, etc. De sorte que l’environnement, la musique, la lumière, les autres personnes présentes, notre propre humeur, etc., sont tous des éléments à considérer pour la réussite d’une dégustation.

TOP 3 DE FRANÇOIS : DÉCOUVREZ SES COUPS DE CŒUR 2017!

25 juin 2017

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Amateur de grands thés verts artisanaux, François s’occupe des provinces centrales de Chine depuis 2006. Chaque année, vers la fin du mois d’avril, sa route l’amène à visiter des producteurs de thés verts et de Liu Bao. Malgré son affection pour la gastronomie chinoise, le tofu vieilli ne fait toujours pas partie de son alimentation. Voici ses trois coups de cœur du printemps dernier :

Taiping Hou Kei Hou Keng :

Cette année, j’ai visité le terroir original du Taiping Hou Oui, le village de Hou Keng. C’est une zone protégée, donc ils ne peuvent pas exploiter davantage de territoire pour agrandir les jardins. C’est à quelques kilomètres en montagne du village de Sanhe et du réservoir Taiping. Les jardins sont situés sur des pentes très escarpées et le sol rocheux confère au thé une note minérale légère. Le thé est d’une finesse et d’une richesse que j’ai rarement dégusté. Les notes fraîches végétales sont accentuées d’une touche florale et légèrement rocheuse. C’est un thé haut de gamme unique qui est très dispendieux mais qui répond aux attentes. À boire au sommet de sa fraîcheur!

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Xin Yang Mao Jian :

Nous avions déjà eu ce grand classique chinois dans notre sélection. À l’époque, l’inconstance du produit et des producteurs nous avait poussé à le retirer de la carte. Cette année, j’ai rencontré un nouveau producteur qui a de superbes jardins plus éloignés de la ville de Xin Yang. Résultat : un thé plus abordable et surtout très aromatique. Le thé est constitué de plusieurs jeunes bourgeons, ce qui lui confère un goût vif avec une bonne amertume et une très longue persistance. Excellent pour la concentration et l’éveil.

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Jingxian Jin Jun Mei :
Ce thé noir haut de gamme est dans mes favoris depuis quelques années. Ceci dit, cette année a été exceptionnelle pour la qualité. Beaucoup de bourgeons et une transformation faite avec précision, font de ce le cru 2017 un thé très équilibré avec des notes florales, mielleuses et subtilement mentholées.
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Hou Keng pour une poignée de chanceux !

21 juin 2017

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Sébastien Collin nous parle de son expérience de dégustation de ce thé exclusif.

Nouvellement arrivé en sol québécois, voici une petite quantité d’un des plus intriguant thés de Chine! Cette version haut de gamme du célèbre Taiping Hou Kui (voir article) m’émerveille déjà par l’aspect impeccable de ses immenses feuilles transformées avec le plus grand soin.

Nous proposons depuis plusieurs années le thé du village de Sanhe situé au bord la rivière menant à l’imposant réservoir Taiping et seulement accessible par bateau. Cette année nous vous présentons celui cultivé un peu en retrait, à l’intérieur des montagnes avoisinantes, plus précisément à Hou Keng, village d’origine de ce thé unique où on le façonne depuis la fin du 19iéme siècle. Ce terroir escarpé, rocheux et bien drainé, abrite ainsi de modestes plantations, baignées d’un couvert forestier au micro climat particulier. Cette zone idéale à la culture du thé est d’ailleurs protégée, et comme à Long Jing, il y a interdiction d’agrandir les jardins en défrichant d’avantage. Une rareté pour une poignée de chanceux…

Reste à choisir l’occasion parfaite pour le boire !

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C’est la soif qui nous prend et se fait de plus en plus ardente, ou le désir, poussé à son comble, pour un thé savoureux, riche et profond qui attire le moment propice à la dégustation d’un thé comme celui-ci.

Pour préparer du Taiping Hou Kui, simplement mettre de 10 à 15 feuilles par tasse dans une théière ou dans une verre, en ajustant selon la taille des feuilles, puis arroser d’eau frémissante. Il suffira ensuite, à chaque service ou gorgée, d’ajouter de l’eau à l’infusion en cours sans retirer les feuilles. La liqueur demeure ainsi équilibrée, et ne devenant pas trop corsée, elle conserve sa richesse aromatique jusqu’à la fin. C’est la méthode de l’infusion libre, qui permet astucieusement de doubler le plaisir, en même plus selon la qualité du thé.

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Le Taiping Hou Kui offre une liqueur gouleyante, végétale et souple, bonifiée d’accents de fruits exotiques acidulés et d’orchidée, des plus désaltérants. Son dynamisme est marqué par une évolution des sensations et des saveurs se couronnant par un profond effet de gorge. Un doux massage chaleureux et calmant!

Le Taiping Hou Kui Hou Keng partage les caractéristiques de sa lignée, avec une liqueur encore plus texturée, grasse et soyeuse. L’équilibre des saveurs est remarquable et nulle trace ici de l’effet l’acidulé et légèrement tannique porté par son cousin. Les fines notes gourmandes de noisettes et de grains de café s’harmonisent à celles de légumes verts et de fleurs. Miam, encore…

Un véritable cadeau à offrir ou à se faire, qu’il faut déguster humblement sans attendre les feux d’artifices. C’est plutôt le type de thé, subtil et vitalisant, qui nous habite encore plusieurs heures après sa dégustation. À la vôtre…

Rapport de dégustation : Rou Gui Da Wang

16 mai 2017

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Infusion en gaiwan – 5 grammes de feuilles – eau à 95°C

Laurence Lambin-Gagnon, membre de l’équipe du Camellia Sinensis à Québec, nous présente ses notes de dégustation du wulong chinois Rou Gui Da Wang.

Cela peut paraître étrange, voire suspect, de choisir pour son rapport de dégustation un wulong chinois déjà vieux de plusieurs mois, alors que les premières récoltes du printemps, fraîchement arrivées, ne demandent qu’à être goûtées. Mais le choix s’explique aisément : c’est à ce temps-ci que le Rou Gui Da Wang est à son meilleur. Dans la région des monts Wuyi, les meilleurs thés sont cultivés au printemps, cuits en été et vendus en automne. Ce sont les fameux « thés de roche » dont les plus grands crus, connus et prisés par les amateurs du monde entier, se vendent à prix d’or. Leur signature est évidente : longues feuilles torsadées issues d’un terroir difficile, cuites selon les méthodes traditionnelles au charbon de bois et dont l’infusion présente un équilibre unique, profondément minéral. Pour beaucoup, c’est au printemps suivant la récolte, presqu’un an après la cueillette des feuilles, que cet équilibre s’exprime à son meilleur.
Notes de dégustation :

Première infusion au bouquet envoûtant : charbon, sucre caramélisé, encens et épices. En bouche, c’est tout bois et épices. Belle texture huileuse parfumée d’essences riches comme le bois d’olivier ou l’ébène. La liqueur est épaisse et suave, sucrée par la cuisson. En finale, cette longueur chocolatée qui rappelle le cacao grillé, la cannelle et le poivre de Cayenne. Le Rou Gui Da Wang (littéralement Grand Roi des Rou Gui) s’annonce déjà comme un thé d’exception.

La deuxième et la troisième infusion dévoilent un aspect plus frais et doux. La cuisson des feuilles, atténué par un an de repos, plie sous la puissance végétale du terroir. La liqueur s’épaissit, perd de son acidité, et dévoile une onctuosité qui rappelle le beurre de noisette. Issue de théiers âgés entre 60 et 80 ans, cette récolte transformée de main de maître par M. Liu n’aura produit au final qu’une cinquantaine de kilos. Cinquante kilos de feuilles transformées dont la qualité ne fait aucun doute et dont on saura profiter jusqu’au dernier moment. Le plus grand plaisir des thés de Wuyi, à mon avis, se trouve en fin de dégustation, lorsque les huiles aromatiques sont presque entièrement épuisées et que chaque tasse porte la signature unique de cet incroyable terroir : une liqueur encore dense et intensément minérale qui ne s’épuise pour ainsi dire jamais.

Démystifier les Pu Er : Sheng et Shou

9 avril 2017

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Les thés vieillis sont parmis les plus anciens types de thés produits  par l’homme : on y compte les Pu Er, les Liu Bao, les Liu An, les Fuzhuan et les Hei Cha. Les plus grands représentants, soit les Pu Er, sont champions de la lutte contre les malades cardio-vasculaires. En effet, le thé Pu Er agit sur la réduction des graisses excédentaires et sur le taux de mauvais cholestérol. D’ailleurs, les Pu Er Shou et Pu Er Sheng de plus de 10 ans seraient ceux qui sembleraient avoir le plus d’effets sur la santé.

Démystifions donc les caractéristiques de ces deux parents de la famille des PuEr.

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Certainement l’un des plus anciens thés à apparaître en Chine, le Pu Er Sheng (« cru ») est connu aujourd’hui pour son caractère riche et ses propriétés curatives. Selon le mode de fabrication traditionnel, les feuilles fraîchement cueillies sont chauffées, roulées et séchées avant d’être compressées (le plus souvent en galettes) puis entreposées. Elles débuteront ainsi leur lente fermentation, au contact de l’air ambiant, sur une période pouvant aller jusqu’à 50 ans.

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Au cours des années 1970, pour répondre à une demande de consommation toujours croissante, l’industrie chinoise met au point une nouvelle technique de transformation du Pu Er visant à accélérer sa fermentation. Cette méthode libère sur le marché, au bout de 45 à 60 jours seulement, des Pu Er entièrement fermentés que l’on appellera Pu Er Shou (« cuits »).

Ceux-si sont rarement conservés très longtemps car, contrairement aux Pu Er Sheng, leur goût ne s’améliore que légèrement avec les années.

DIFFÉRENTES FORMES DE PU ER 

En plus de cette distinction entre Sheng et Shou, les Pu Er possèdent certaines caractéristiques qui permettent de les identifier. L’une des plus évidentes est sans contredit leur forme. Voici quelques exemples :

• La galette, bing cha, qui pèse habituellement 357 grammes, mais que l’on peut trouver aussi en d’autres formats (100 g, 250 g, etc.) ;

• La brique, zhuan cha, de 250 grammes ;

• Le nid, tuo cha, qui pèse normalement 100 ou 250 grammes et se présente aussi en format de 5 grammes ;

• La citrouille, jin gua, qui se présente en plusieurs formats ;

• Le champignon, jin cha, qui pèse 238 grammes ;

• Le cube d’environ 5 grammes ;

• Différentes formes esthétiques (bouddha, cochon, etc.) pour souligner un événement particulier ;

• En vrac, etc.

NOS SUGGESTIONS

Si vous êtes intrigués par les PuEr de plus de 10 ans, notre équipe vous conseille les suivants pour un bon rapport qualité-prix :

- PuEr Sheng de 10ans: Yiwu Jing Long 2007 (18$/50g) – feuilles mortes, champignons frais, forestier.

- PuEr Sheng de plus de 20ans : Menghai Hou Gen 1992 (19$/10g) – Profond, minéral, végétal (lichen).

- PuEr Shou: Macao Scenary 2006 (18$/50g) – Minéral, betterave, caveau.

- PuE Shou: Bulang Shan 2006 (12$/50g) – Terreau sec et doux, cacao, pomme de terre.

Bonne dégustation !

Rapport de dégustation : Népal Automnal Jun Chiyabari J-215 biologique

12 mars 2017

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Si comme moi vous avez connu le plaisir et la fébrilité ressentis lorsqu’on reçoit une carte de Noël de sa grand-mère par la poste, vous comprendrez facilement mon enthousiasme pour une toute petite enveloppe laissée sur le comptoir du Camellia Sinensis récemment… Un colis mystérieux renfermant de précieux échantillons envoyés par nos producteurs ! Sur ce «cadeau sous le sapin», un seul indice: «From: Nepal Jun Chiyabari garden / To: Kevin Gascoyne».

Si j’attendais tant ce colis, c’est que Jun Chiyabari n’est pas un jardin comme les autres. Il s’agit d’un véritable «Dream Team» de la production de thé : des producteurs dont le savoir-faire est issu autant de Darjeeling que de Taïwan, explorant  le terroir de l’Himalaya avec des cultivars variés (indiens et chinois) et bénéficiant d’équipements taïwanais à la fine pointe de la technologie.  Alors que la plupart des jardins de Darjeeling considèrent la cueillette automnale comme une simple opportunité d’offrir des thés à un prix plus accessible et misent plutôt sur la qualité des premières récoltes de printemps, voilà que le jardin népalais bouscule la tradition et construit entièrement sa réputation sur une production d’automne sophistiquée.

Sans plus attendre, je prépare une première infusion en gaïwan selon le mode d’emploi proposé par l’équipe et en profite pour observer et humer les feuilles à l’état sec: Un parfum vivifiant, mentholé et poivré (souvenir de cannes de Noël ?) m’accueille et m’invite à la première gorgée…

La liqueur est claire et lumineuse, dans les tons chauds d’orangé, évoquant la couleur du caramel, des fruits confits, voire même de la croûte d’une tourtière cuite à la perfection (la nostalgie de Noël, je vous disais !).

Le bouquet offre à mes narines des notes chaleureuses d’épices (muscade, girofle, cannelle) et de légumes cuits (carottes, panais), agrémentés de rafraîchissants accents fruités (muscat, orange, canneberges). Rassemblez ces ingrédients et vous pourriez obtenir une intéressante recette de ragoût et d’atocas !

En bouche, je découvre un thé complexe, aux visages multiples et très «rythmé», c’est-à-dire que la perception de ses arômes s’opère en trois temps bien distincts :

1. Les notes de tête fruitées et acidulées (pommes, zeste d’orange, muscat) signalent leur présence doucement.

2. Les notes de corps boisées et épicées font leur entrée en rapide crescendo, créant un plateau chaleureux de quelques secondes jusqu’à la déglutition ;

3. Les notes de queue offrent une finale gourmande surprenante de miel, de sucre caramélisé et de chocolat qui persistent grâce au phénomène de la rétro-olfaction.

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Le lendemain, encore époustouflé par cette expérience de dégustation, je ressens le besoin d’échanger avec mon collègue John, maître de l’inventaire de la boutique, mais surtout, grand amateur de thé de Darjeeling et du Népal. Après quelques minutes de discussion, il clôt sa phrase par TROIS mots qui résonnent encore dans ma tête :

« Ça me rappelle un merveilleux Darjeeling Samabeong 2006… C’était comme du GÂTEAU DE NOËL !».

Le temps de TROIS mots, voilà que John et moi étions «au même endroit», ayant l’étrange impression de partager un repas du Temps des Fêtes à la mi-février.

Boire rassemble.

(Joyeux Noël en retard ! )

Jean-François, gérant de la boutique du Quartier latin

Thé et chocolat : nos recommandations d’accords gourmands

12 février 2017

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Les accords riches et délicats entre l’onctuosité du chocolat et les arômes du thés ne laissent personne indifférent. À l’occasion de la Saint-Valentin, Émilie Poissant, notre spécialiste des accords gourmands nous présente ses recommandations.

Comment déguster l’accord chocolat et thé? On adopte la technique « sandwich » ; on prend d’abord une gorgée de thé, on croque dans un morceau de chocolat, puis on termine avec une autre gorgée de thé. Cette technique permet au chocolat de fondre rapidement et uniformément, afin de pouvoir apprécier les saveurs respectives du thé et du chocolat. Pour les thés plus concentrés, on peut prendre plusieurs gorgées de thé à la fin de la dégustation. Il est aussi possible de faire fondre le chocolat à l’aide du thé chaud, ce qui donne également de délicieux résultats.

Si on pense à un chocolat noir fruité et acidulé avec un pourcentage de cacao moyennement élevé (Manjari 64% de Valrhona, Socconusco 66% de Chocolat Privilège) on veut le marier avec un thé rond fruité, légèrement malté, même chocolaté. On se tourne alors vers les thés noirs chinois (Yunnan Da Ye, Zhenghe Hong Gong Fu, Feng Huang Hong Cha) ou des wulong plus fruités et boisés (Gaba Cha, Bai Hao). Dans la même ligné, ces thés vont à merveille avec un chocolat avec une ganache à l’huile d’olive (par exemple, celui de Geneviève Grandbois) avec ses notes fruitées et sa finale de noix.

Si par contre, on est amateur de chocolat noir corsé ayant des notes de noix et fruits secs (Tanzanie 75% de Cacao Barry, Araguani 72% de Valrhona ou Grand noir 85% de Michel Cuizel), les accords se feront alors avec des wulongs plus boisés et grillés (Shui Xian Lao Cong, Qi Lan Wuyi) qui viendront concurrencer avec l’amertume du chocolat. C’est également le cas des thés vieillis plus terreux (Menghai 1992 ou 2011, Haiwan 2005). Ces derniers thés sont aussi parfaits avec des desserts chocolatés tel qu’un gâteau fondant au chocolat, une tarte ou un brownie.

Avec le chocolat au lait à faible pourcentage de cacao (Tanariva 33% de Valrhona, Ghana 40% de Cacao Barry), l’alliance sera agréable avec des thés noirs plus corsés et maltés (Ceylan New Vithanakande, Darjeeling 2nd flush ou automnal) qui se marient particulièrement bien avec le côté sucré du chocolat. En bouche, le mariage du thé avec le chocolat au lait donne l’impression d’un thé à l’anglaise.

Le chocolat blanc, pour sa part, trouvera aussi un mariage heureux avec des thés wulong avec une légère cuisson (Dong Ding M.Nen Yu ou M.Chang cuisson maison).

Finalement, si vous êtes amoureux des chocolats à la ganache de caramel à la fleur de sel, il y a aussi des thés pour vous! On recommande ici d’aller chercher le côté plus végétal, beurré et fruité du wulong taiwanais (Dong Ding de M. Chang ou Shan Lin Xi) pour une harmonie en équilibre et douceur, ou un thé vert japonais (Sencha Fukamushi Kagoshima) qui fera un accord plus explosif.

Intrigué par les accords gourmands entre thés et chocolats? Ne manquez pas notre atelier : une expérience sensorielle envoutante dans une ambiance conviviale. Chocolats de divers terroirs, thés d’exception, accords riches et délicats.

Bai hao – un niveau de plus!

25 janvier 2017

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Êtes vous familier avec les thés de compétition? Si c’est la première fois que vous lisez sur ce sujet, nous vous recommandons de lire cet article que nous avons publié il y a quelques années concernant les thés de compétition de Dong Ding.

En décembre dernier, nous sommes très heureux d’avoir pu mettre la main sur des thés Bai Hao (Beauté Orientale) d’exception issu de la compétition  de Emei (Taiwan), où l’on juge ces thés deux fois par année. Cela fait plus de 5 ans que nous essayons d’en avoir (la demande est extrême et l’offre tellement minime!) et grâce à notre insistance auprès de M Xu, notre producteur de Bai Hao depuis 10 ans, nous avons réussi à obtenir deux lots.
Cette compétition diffère un peu de celle de Luku. Chaque producteur ira porter un ou plusieurs lots, soit 12 jins (l ‘équivalent de 7,2kg) au centre où se déroulent les estimations. Suite à un examen pour s’assurer que les thés ne possèdent aucuns pesticides, trois juges s’affèreront à déterminer lequel des 2000 thés (!) présentés sera couronné « Grand Lauréat ».
Selon les années, entre 30 à 50% des thés présentés sont éliminés de la course…Par la suite, un classement minutieux est fait pour déterminer la valeur visuelle,  gustative et olfactive des Bai Hao en compétition et les juges déterminent alors un rang pour chaque lot qui demeure dans la course.
Cette année, nous vous présentons donc 2 lots, l’un classé « Mention 2 fleurs » et l’autre « 3e classe ».  À noter que seulement 10% environ des thés présentés reçoivent cette dernière mention. De quoi s’amuser gustativement parlant !
Alors, quelques mots pour terminer sur chacun d’eux…:

Bai Hao Mention 2 fleurs 

Ce thé présente de superbes feuilles ornées de somptueux bourgeons. Une fois infusées, elle déploient de séduisants parfums floraux (fleur d’oranger) et pâtissiers chargeant l’air de leur puissance aromatique. Sa succulente liqueur, mielleuse et équilibrée, se targue de nuances de résines douces (cèdre), d’épices (muscade) et de notes de fruits acides, évoquant en finale le melon d’eau. À l’image des thés de qualité, celui offre de multiples infusions généreuses et persistantes.

Bai Hao « 3e classe » 

Les feuilles sont fidèles aux noms que portes ce thé, soit beauté orientale ou thé aux 5 couleurs, avec leur délicatesse et les teintes variées de brun, de vert, d’orangé et d’argenté dont elles se parent. L’infusion est tout simplement extatique déployant une abondante richesse olfactive, tel un cortège de fleurs capiteuses, de fruits mûrs, de confiseries (miel) et d’épices. Sa liqueur, pleine et sucrée, offre un voyage gustatif des plus mémorable,s alliant harmonie et intensité des saveurs et textures aux multiples dimensions aromatiques.

À déguster dans une atmosphère choisie pour en capter toutes les subtilités!

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Révélation thé glacé

13 juillet 2016

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Avec la saison chaude qui bat son plein et plusieurs journées caniculaires encore à venir, c’est le temps idéal pour redécouvrir vos thés favoris dans leur version glacée.

Que vous utilisiez un mélange déjà préparé ou bien que vous en profitiez pour vider vos fonds de sachets de vieux thé en y ajoutant des fruits et des épices, la procédure reste simple. Il suffit d’ajouter de l’eau froide à votre préparation en dosant comme pour un thé infusé à chaud (en moyenne 1 c. à thé par tasse), de le laisser de 6h à 12h au réfrigérateur, puis de filtrer le tout avant de déguster! Ainsi, préparé le soir, il sera prêt dès le lendemain matin pour satisfaire votre soif et celle de vos invités.

C’est aussi l’occasion d’expérimenter de nouvelles recettes ou simplement de préparer un thé glacé nature comme nous le faisons chaque jour dans nos boutiques afin de vous donner l’occasion de goûter nos dernières créations. Si certains de mes collègues osent mélanger un Darjeeling avec un thé vert, ou bien un Pu Er et un Wulong, je suis plutôt conservateur et préfère n’utiliser qu’un seul thé, afin de d’apprécier pleinement son potentiel. C’est ainsi que j’ai redécouvert une famille que j’oublie parfois de savourer, celle des thés blancs. Ma révélation fut immédiate et sublime lorsque j’ai goûté le doux nectar obtenu à partir du thé blanc d’un de mes producteurs préférés, le Jingning Yin Zhen! Pureté, légèreté, finesse et désaltérant furent mes mots. Mon émotion est encore bien vive tant bien que je souhaite partager ma découverte avec vous en espérant aussi vous inspirer à varier vos infusions.

Osez, et faites-moi part de vos découvertes ! Je suis preneur de vos meilleures recettes ou simplement de vos coups de cœur.

Bon été!

Sébastien

 
 

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