Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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4 grands thés verts chinois à boire maintenant!

10 juin 2019

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Changement de saison : le soleil réchauffe la terre, réveille les théiers. Dans les grands terroirs, la fébrilité est palpable. On a hâte de voir sortir les premiers bourgeons. Ce sont les meilleurs, les plus finement parfumés de l’année. Cultivés avec soins et transformés avec attention, ils exprimeront dans une fraîcheur incomparable l’habileté du savoir-faire chinois. C’est avec eux qu’on produira les plus grands crus.
Depuis le Québec, nous nous rendons sur place pour assister à cette éclosion. Il faut faire vite, car le temps presse. Cette première saison de production ne dure que quelques semaines et la compétition est rude pour les acheteurs. On se met en quête des meilleurs lots, visitant les jardins et renouant les liens avec nos producteurs préférés. Cet instant marque le début des grands arrivages en boutique. Vous remarquerez sur nos menus l’apparition massive de nouveaux thés. Achetés en quantités variables pour l’année à venir, c’est dès leur arrivée qu’ils sont à leur meilleur.
En boutique, on en profite pour remplir ses réserves. L’occasion est belle surtout de goûter les plus grands crus au sommet de leur fraîcheur. Contrairement aux thés du quotidien, les lots plus précieux ne sont pas achetés dans l’idée d’être vendus toute l’année. Entièrement récoltés et transformés à la main selon les techniques traditionnelles des différentes régions, ils sont produits et achetés en petites quantités pour être bus rapidement, au moment où leur expérience gustative est véritablement hors du commun. Goûtez-les en bonne saison et vous verrez que le prestige de ces grands noms n’est pas dû au hasard.
Pour les amateurs de fraîcheur, voici donc quatre grands thés chinois à déguster ce printemps :

Long Jing Shi Feng

Reconnu pour la beauté de ses feuilles en infusion ainsi que son parfum de châtaigne, le Long Jing est le thé vert le plus célèbre de Chine. Récoltée à Shi Feng (terroir d’origine) dans le Zhejiang, cette minuscule production (20 kg) est l’œuvre de la famille Tang avec qui nous travaillons depuis 2003. Arômes complexes et liqueur veloutée, ce grand cru allie richesse aromatique et saveurs finement équilibrées.

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Tai Ping Hou Kui — Hou Keng

Il n’y a pas si longtemps, il fallait encore une heure de bateau pour se rendre aux jardins du Tai Ping Hou Kui. Aujourd’hui, si la route rejoint finalement le village de Hou Keng (terroir d’origine), la production de ce thé n’en demeure pas moins mythique. Issu d’une transformation artisanale unique en son genre, ce thé aux énormes feuilles présente un profil aromatique impossible à reproduire. Parfums sucrés, arômes envoûtants (légumes verts), liqueur débordante d’huiles aromatiques, le thé descend dans la gorge comme un sirop épais, traînant dans le souffle et réchauffant le cœur.
Cultivar Gao Tiao, le plus grand cru des Tai Ping Hou Kui.

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Huiming Jingning Bai

Produit à partir d’un cultivar local sauvage (Jingning Bai), ce thé est le chef d’œuvre d’un de nos producteurs favori : M. He. Ses petites feuilles habilement roulées donnent à sentir des parfums frais de légumes verts, de zeste d’agrumes et de fleurs. Sa bouche onctueuse présente un équilibre entre l’amer et le sucré qui montre une habileté rare dans la transformation. Délicieux arômes d’asperges fraîches et de pois, complétés en finale par une touche florale (lilas).

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Bi Luo Chun Du Yun

Produit dans le Guizhou à Du Yun, le Bi Luo Chun est issu d’une cueillette extrêmement fine où dominent les jeunes bourgeons. Transformés de main de maître par M. Li en cuve traditionnelle, ces minuscules pousses roulées en torsades libèrent des parfums d’une intensité surprenante. Profonds arômes végétaux soutenus par un corps dense, ce thé riche et savoureux possède un équilibre unique entre corps et finesse.

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Yamabuki : Un cultivar aux feuilles jaunes

7 juin 2019

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Au Japon, environ 80 % des cultivars utilisés pour la production de thé vert sont des yabukita. Depuis le milieu des années 1950, quand il fut mis au point, ce cultivar occupe une place prépondérante dans les plantations japonaises. Il est devenu le cultivar préféré des producteurs et des consommateurs en raison de sa grande adaptabilité aux conditions de l’archipel et de son goût vif qui plaît aux Japonais d’aujourd’hui.

Malgré la prédominance du yabukita au Japon, plusieurs producteurs, dont M. Sugiyama, expérimentent de nouveaux cultivars en plus de conserver les anciens. C’est avec son père qu’il a réussi à diversifier ses plantations. Grand amateur de théiers hybrides, son père expérimenta pendant plus de 50 ans la production de nouveaux cultivars pour en évaluer les qualités. Les nombreux croisements donnèrent évidemment des résultats inégaux, mais causèrent parfois des surprises.

Il y a quelques années, M. Sugiyama constata avec étonnement l’apparition d’un théier aux feuilles jaunes qui, d’après lui, serait issu d’une suite de mutations naturelles. À ce moment-là, il ne croyait pas que ce théier aux feuilles jaunes ferait un thé de qualité. On le transplanta donc près de la maison, comme plante ornementale.

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Photo : M. Sugiyama et Miho sa mère, responsable de la plantation familiale.

Quelques années plus tard, alors qu’il travaillait au Laboratoire national de thé du Japon, M. Sugiyama se livra à quelques expériences sur ce théier et constata qu’il avait un goût singulier et délicieux. Il décida de multiplier ce cultivar dans une petite section de son jardin et il le baptisa yamabuki, du nom d’une fleur aux pétales jaunes.

D’après M. Sugiyama, seulement quelques producteurs japonais utilisent un cultivar similaire au yamabuki. Il en produit lui-même une minuscule quantité, de 5 à 10 kilos par année, et ne prévoit pas en augmenter la production, car la culture du yamabuki est difficile. Ses feuilles contiennent moins de chlorophylle (environ le quarantième de ce que contient le yabukita), ce qui diminue considérablement sa capacité d’effectuer la photosynthèse nécessaire à sa croissance. Heureusement, au cours de la saison, ses feuilles verdissent, permettant au théier de refaire ses forces.

Au Japon, l’intérêt suscité par ce cultivar est tout récent. Tout comme M. Sugiyama, les amateurs n’ont pas été spontanément attirés par ces feuilles jaunes qui leur semblaient un défaut. Mais, depuis que son goût inusité rappelant l’asperge, le maïs et la mâche a attiré l’attention au Concours mondial de thé du Japon, de plus en plus de curieux l’apprécient.

Préparation locale du thé

12 mai 2019

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À chaque printemps, nos quatre experts dégustateurs de thé parcourent l’Asie à la recherche des meilleurs crus de thés disponibles. Avec le temps, ils ont pu remarquer des coutumes bien différentes d’un pays à l’autre, que ce soit concernant la consommation ou la préparation du thé. Découvrez les habitudes des Chinois, des Japonais, des Taïwanais et des Indiens, et quelles sont leurs préférences quant à la préparation du thé.

Chine

Avec un territoire de plus de deux millions d’hectares cultivés, il n’est pas surprenant qu’on puisse retrouver en Chine des modes de préparation très variés selon les régions. C’est aussi le seul pays à produire les six familles de thé ; la consommation de thé étant basée sur la culture locale, le goût des Chinois varie selon les régions et les coutumes. De manière plus générale, les Chinois consomment essentiellement du thé vert et ils le boivent sans façon, dans un verre ou une bouteille à thé. Le plus souvent, ils ébouillantent les feuilles pour ensuite diluer l’infusion avoir bu le quart de leur verre. Intéressant : la bouteille à thé se retrouve absolument partout en Chine! Ainsi, tout au long de leur journée, ils peuvent boire leur thé qu’ils se retrouvent dans un train, au bureau ou un autobus.

Japon

Bien que l’infusion classique du thé en feuilles soit encore de nos jours la boisson nationale au Japon, elle semble difficilement s’adapter au mode de vie des jeunes Japonais. Néanmoins, différentes formes de consommation demeurent courantes. Ainsi, les Bancha, les Hojicha et les Genmaicha sont servis en théière dans les restaurants. Pour des dégustations plus raffinées, les Sencha et Gyokuro sont infusés selon la technique senchado dans certains salons de thé spécialisés. D’ailleurs, cette technique d’infusion a été créée par des Japonais désirant s’éloigner des contraintes imposées par les règles du Cha No Yu, en se réappropriant une façon d’infuser le thé “à la chinoise” – plus décontractée.

Taiwan

Dans pratiquement toutes les familles taïwanaises, on a coutume de recevoir les invités avec le meilleur thé de la maison. Ce peuple est particulièrement fier de ses Wulong : plusieurs d’entre eux n’hésitent pas à parcourir de grandes distances pour se procurer leur thé de leur montagne préférée. Taïwan regorge d’amateurs et de fins connaisseurs de thé qui, pour faire ressortir l’extraordinaire richesse des Wulong, utilisent la technique d’infusion particulière appelée Gong Fu Cha.

Inde

Lorsque les Anglais l’ont implanté en Inde, le thé était un produit destiné essentiellement au commerce extérieur. Avant les années 1850, les Indiens n’en consommaient pratiquement pas, tandis que, de nos jours, ils consomment près de 79% de ce qu’ils produisent. À noter : ils n’accordent que peu d’importance à la qualité du thé, puisqu’ils y ajoutent presque invariablement du lait, du sucre et des épices pour créer le chai.

Et vous, quelle est votre manière préférée de préparer le thé?

Pu’Er Yibang Man Gong de M. Lei

9 mai 2019

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La réputation du thé Pu Er n’est plus à faire. Dans les grandes villes chinoises, à Hong Kong, à Taiwan, en Malaisie, dans tout l’Asie, l’Europe et même jusqu’à nous en Amérique du Nord, les amateurs sont nombreux qui aiment déguster ces thés. Et si l’on connaît de mieux en mieux la valeur du thé vieilli, il n’en reste pas moins que ce n’est pas tout ce que le terroir sait offrir. En fait, dans beaucoup de régions du Yunnan, les récoltes fraîches sont beaucoup plus prisées que celles qu’on aura entreposées plusieurs années. C’est la raison pour laquelle chaque printemps, les acheteurs se ruent vers les montagnes avec un engouement inégalé ailleurs dans l’univers du thé. Que ce soit pour visiter les jardins célèbres, pour déguster directement chez les producteur ou dans l’une des innombrables maisons de thés, ou que ce soit encore pour en ramener au pays et étoffer sa collection personnelle, on se déplace de loin pour venir passer quelques temps au chaud, dans le plus ancien terroir du monde, le berceau du thé.

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S’il reste encore rare pour les producteurs du Yunnan de croiser un visage occidental, il n’en demeure pas moins qu’on nous aura vu dans plusieurs coins de la province. Parmi toutes nos visites, c’est celle au village de Man Gong, dans la montagne de Yibang, qui nous aura le plus marquée. L’endroit est à couper le souffle. Un paradis du thé comme on en trouve peu dans le monde : vieux théiers pleins les forêts, habitants souriants, maisons au style ancien et écosystème extrêmement vivant. Les villageois qui se sont enrichis ici très rapidement avec la culture du thé sont restés soucieux de préserver un esprit traditionnel (ce qui n’est pas le cas partout). Le producteur que nous y avons rencontré, M. Lei, est un homme plusieurs fois décoré pour sa technique de transformation qui, malgré tout, prend toujours soin de cuisiner les repas lui-même pour les invités et de tourner envers tous un regard doux et souriant. Ayant hérité des terres de sa famille (comme les autres habitants du village), il s’est retrouvé du jour au lendemain assis sur une mine d’or. Mais, il lui en aurait fallu davantage pour remplacer dans son jardin de vieux arbres les choux, les oignons et les courges qui poussent entre les racines.

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Dans le Yunnan, là où la culture du thé remonte à des temps immémoriaux, il n’est pas rare de voir dans un jardin des théiers plusieurs fois centenaires cultivés avec attention depuis des générations. Non seulement la culture elle-même des théiers témoigne d’une tradition quasiment absente dans le reste du monde, mais les techniques de transformation des feuilles ont aussi bien peu changé : elles restent, somme toute, plutôt simples, voire plutôt rustiques. Ce qui distingue ce terroir des autres ne se trouve pas là. Cela se trouve directement dans la terre, dans les échanges qui se produisent entre la montagne et l’arbre pendant des siècles, dans la nature qui fait son chemin et qui donne à chaque printemps des bourgeons d’une qualité aromatique impossible à reproduire autrement.

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Des jardins de M. Lei, nous avons choisi un lot de thé produit à partir de théiers plusieurs fois centenaires dont les qualités gustatives ne laissent aucun doute. Bu dans toute sa fraîcheur, il rappellera à certains le goût du thé vert chinois, mais ne manquera pas de dévoiler une intensité aromatique et une longueur franchement exceptionnelles, une texture généreuse, pleine de miel, de fleurs et d’herbes sauvages.
Vendu en petits lots de dix grammes, ce thé s’apprécie pleinement sur de multiples infusions. À l’image des vieux théiers, mieux vaut prendre son temps pour arriver au meilleur.

Producteur du mois : M. Gao

6 mars 2019

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Chaque mois, l’équipe du Camellia Sinensis vous fait découvrir un de ses producteurs vedette en vous partageant leur histoire et leur rencontre.

Ce mois-ci, il s’agit de M. Gao Shi He, producteur de thé wulong à Taiwan. Hugo a rencontré M. Gao dans ses jardins à Pinglin il y a déjà plus de dix ans. Leur histoire dure depuis et vous pouvez goûter aujourd’hui en boutique son excellent Gaba Cha.

Quand et comment avez-vous fait vos débuts dans le monde du thé?

Il y a longtemps que le thé est la principale source de revenu de notre famille. Plus jeune, c’était mon père qui s’occupait des jardins et de la production, mais lorsqu’il est tombé malade et que la famille risquait de perdre ses ressources économiques, c’est moi qui ai repris le flambeau. Cela fait plus de 30 ans maintenant que ma carrière a débuté. Depuis, j’ai développé un goût particulier pour les arômes naturellement floraux du thé.

Êtes-vous propriétaire de vos jardins?

Oui.

Quelle est leur superficie?

La superficie des plantations familiales est d’un peu plus d’un Jia, soit environ 0,97 hectare avec une production annuelle de 1 000 kilogrammes. Récemment, nous avons développé une autre plantation sur une superficie de plus de deux Jia, soit environ 1,94 hectare.

Quelle quantité de Gaba Cha produisez-vous annuellement?

Environ 200 sacs de 600 g.

Le thé Gaba est un thé saisonnier. La meilleure période de l’année pour le produire est une semaine avant et après Duan Wu (le festival des bateaux-dragons). C’est à ce moment que les insectes nommés Jacobiasca Formosana envahissent les jardins et piquent les théiers. Si on récolte au moment leur morsure est encore présente sur les feuilles, la qualité du thé est optimale.

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Combien de travailleurs employez-vous?

Trois travailleurs permanents assurent la gestion des plantations de thé. À cela s’ajoutent huit à dix cueilleurs saisonniers engagés pour la cueillette des feuilles.

Quels aspects de votre travail préférez-vous?

Ce que je préfère, c’est la gestion des jardins. J’aime assister au processus de croissance des arbres, observer les différents changements à chaque étape et voir pousser les feuilles. C’est d’ailleurs mon endroit préféré. Je me sens toujours détendu et heureux dans un paysage naturel sur une montagne.

Qui sont les principaux acheteurs de vos thés? Clients locaux ou internationaux?

Actuellement, les clients sont principalement des Taïwanais, mais il y a aussi un petit nombre de voyageurs qui viennent librement à Taïwan depuis la Chine, le Japon, l’Europe, l’Amérique, etc. Sinon, vous êtes assurément notre plus grand client hors Taïwan!

Percevez-vous des changements depuis vos débuts dans l’industrie?

Aujourd’hui, l’industrie du thé est grandement affectée par un environnement météorologique anormal. Les cycles de croissance des arbres et des feuilles sont de plus en plus bouleversés et imprévisibles, ce qui rend l’intervention de la technologie beaucoup plus importante dans le processus de fabrication.

Heureusement, parallèlement aux progrès scientifiques et technologiques, les machines employées deviennent plus performantes et perfectionnées. À Taïwan, elles sont devenues des alliées indispensables pour maintenir la qualité du thé. C’est grâce à elles d’ailleurs que l’industrie est encore viable.

En ce qui concerne la clientèle, la majorité des consommateurs sont des personnes d’âge moyen alors que seulement un petit nombre de jeunes boivent du thé.

Quel est votre thé préféré?

J’aime beaucoup de styles de thé : Baozhong, Laocha, thés lourdement fermentés, thés noirs, thé Mixiang… mais mon préféré reste le Gaba.

Apprenez-en plus sur les vertus du Gaba Cha dans cet article.

Vietnam : Le thé au féminin

5 mars 2019

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Dans l’univers du thé, si les femmes sont nombreuses à participer à la cueillette, elles se consacrent moins aux tâches liées à la production, la plupart du temps réservées aux hommes. Cela dit, ce n’est pas le cas partout : dans la région de Thai Nguyen, au Vietnam, une majorité de femmes se chargent de toutes les étapes de la production du thé, de la plantation à la vente.

Selon la très active et très inspirante Mme Hiep, 67 ans, la place prépondérante des femmes dans sa coopérative reflète la réalité du Vietnam, où les femmes occupent 80 % des postes dans le domaine du thé. Sur les 37 membres que compte cette petite entreprise, il n’y a que cinq hommes. Ensemble, en partageant les tâches et les équipements, hommes et femmes produisent principalement du thé vert aux grandes feuilles torsadées destiné à la population locale.

Malgré la qualité des thés produits à Thai Nguyen, région la plus renommée du Vietnam, le marché est plutôt saturé. Plusieurs producteurs doivent restreindre leur production pour éviter les surplus. En cherchant une façon de développer ce marché tourné essentiellement vers des thés du quotidien, certains artisans ont tenté de produire des thés aux petites feuilles, de meilleure qualité. Mais, comme ils trouvent rarement preneur, ils reviennent à leur production régulière.

Cette réalité du marché, qui est aussi celle de plusieurs autres régions productrices, force donc certains producteurs à explorer d’autres voies. À la coopérative Tan Huong, on cherche depuis quelques années à diversifier les produits en fabriquant du Wulong. Sur le marché international, le Wulong peut être vendu jusqu’à quatre fois plus cher que le thé ordinaire, et la demande est en croissance. Si la coopérative réussissait à introduire ce nouveau thé dans le marché international, les conséquences en seraient assurément positives.

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Dans cette optique, les femmes de Tan Huong ont planté, dès 1997, des cultivars servant à la production de cette famille de thé. Mais, sans expertise ni équipements pour transformer ces feuilles, elles n’ont pas encore réussi à en faire une production satisfaisante. Pour remédier à ce problème, la coopérative s’est associée dernièrement à M. Xu, un spécialiste taiwanais, afin de mieux connaître le processus de transformation des Wulong et les nombreux paramètres à respecter pour obtenir un thé de qualité.

D’après Mme Hiep, les récents progrès sont très encourageants, mais, avant de conquérir le marché extérieur, la coopérative devra relever de nombreux défis organisationnels quant au transport, aux transactions financières et au contrôle de la qualité. Quoi qu’il en soit, avec l’aide de M. Xu, la persévérance des membres et l’appui de nouvelles générations prêtes à prendre la relève, l’avenir de la coopérative Tan Huong semble prometteur.

La Chine n’est pas le démon du thé!

4 février 2019

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À la suite de nombreuses discussions avec notre clientèle à propos de ses questions et inquiétudes concernant la Chine, nous voulions prendre un moment afin de vous faire part de notre vision de son développement depuis les quinze dernières années.

En effet, depuis 2003, nos experts dégustateurs visitent l’empire du Milieu chaque printemps afin d’aller à la rencontre de nos producteurs et de s’assurer de la qualité des jardins et des produits. Nous avons donc maintenant une bonne connaissance non seulement de l’industrie du thé en Chine actuellement, mais aussi de son évolution depuis près de deux décennies.

Alors qu’il est vrai que la Chine a fait de grosses erreurs dans les années 1990, il faut aussi comprendre que la mentalité s’est transformée de manière assez significative depuis le début des années 2000. Il est important d’actualiser sa vision concernant la Chine, comme elle change très rapidement.

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Si l’industrie du thé était à ce moment principalement axée autour du « beau », l’intérêt pour le goût, un jardin en santé et une production de qualité était alors relégué au deuxième rang. Le changement de mentalité du « beau » vers le « bon » se fait sentir depuis maintenant plusieurs années et il est possible d’observer l’impact de cette évolution dans l’amélioration incontestable des méthodes de production du thé. L’art du thé reprend en Chine et dicte le marché : les consciences changent, et ce, rapidement. Il faut dire que tout va à une grande vitesse en Chine, y compris les changements de mentalité.

Conséquemment, la Chine est loin d’être le démon du thé. Le pays s’ajuste visiblement, d’une part en s’intéressant à l’amélioration des techniques de transformation et de production, et d’autre part en complexifiant les règles d’exportation afin d’assurer la sécurité alimentaire des consommateurs.

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De notre côté, nous contrôlons nos importations en allant chaque année rendre visite aux producteurs – sur place, nous vérifions la qualité des feuilles, des jardins et des méthodes de production. Les produits sont ensuite envoyés en laboratoire et passent par un processus rigoureux, pour que nous puissions nous assurer de la qualité des feuilles qui vous seront vendues.

D’ailleurs, nous le disons souvent : à la quantité de thé que nous buvons chez Camellia Sinensis, nous ne vendrions jamais de produit que nous ne boirions pas nous-mêmes.

Destination Japon : nos recommandations pour un voyage mémorable

28 novembre 2018

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Le Japon offre une fenêtre unique sur le monde. Incomparable, le pays ne ressemble à aucun autre endroit sur la planète. Il s’agit d’une civilisation véritablement à part, très différente des autres cultures asiatiques, marqué par des contradictions fascinantes.

Pour une première fois au Japon, le premier conseil d’Hugo, qui a visité le pays plus d’une dizaine de fois, demeure le même que pour la Chine : laisser aller, se doter d’une ouverture d’esprit et mettre de côté les idées préconçues. C’est ainsi qu’on pourra apprécier tout ce que le Japon peut nous apporter de merveilleux et d’unique.

La mentalité japonaise

Les Japonais ont réussi à accomplir de grandes choses, tant au niveau de la gastronomie que de l’architecture, des arts ou du thé, ce qui confère au pays un caractère riche et singulier. Il serait bien difficile de tenter de comparer le Japon à un autre pays – c’est justement ce qui le rend immensément intéressant.

Ce qui vous frappera d’abord probablement, c’est le contraste entre la tradition et la modernité, le caractère posé du jour et la spontanéité du soir. Le comportement japonais est fascinant, marqué par un respect cartésien pour le sens de l’honneur. L’anecdote d’Hugo illustre d’ailleurs bien ce fait : il était curieux de voir que plusieurs vélos n’étaient pas barrés, à quoi il s’était fait répondre “Qui voudrait perdre son honneur pour avoir volé un vélo?”.

À ceci s’ajoute également le respect des règles et des conventions, qui n’est pas toujours évident à déceler en tant que touriste, mais qui peut être perçu jusque dans la cérémonie du thé japonaise, extrêmement codifiée. Ce passage de la cérémonie du thé (Cha No Yu) reflète d’ailleurs bien la mentalité japonaise :

“Fais un délicieux bol de thé; dispose le charbon de bois de façon à chauffer l’eau; arrange les fleurs comme elles sont dans les champs; en été, évoque la fraîcheur, en hiver, la chaleur ; devance en chaque chose le temps ; prépare-toi à la pluie ; aies pour tes invités tous les égards possibles”.

Une des règles que vous pourrez facilement remarquer est le fait qu’il soit requis d’enlever ses souliers à de nombreux endroits. Notre astuce : assurez-vous d’avoir des chaussures faciles à retirer!

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Visiter le Japon

Se déplacer au Japon peut facilement devenir onéreux – on vous recommande fortement de vous doter de la passe de train, si vous souhaitez visiter plusieurs lieux durant votre séjour.

D’un autre côté, manger et se loger au Japon est relativement abordable. Vous n’aurez pas de mal à trouver un bon hôtel à moins de 100$/nuit, et vous pourrez très bien manger avec un budget raisonnable. Fait intriguant à noter : il n’est pas rare de tomber sur un endroit spécialisé qui offre une quantité limitée de plats. Par exemple, même s’ils pourraient techniquement réussir à vendre 100 pizzas ou plats de nouilles soba, ils choisissent délibérément d’en offrir que 30. Une belle représentation de leur vision face à la qualité versus la quantité.

Le coup de coeur d’Hugo : Kyoto. Louez-y un vélo et laissez-vous charmer par ce que la ville a à offrir.

Amateur de matcha? Rendez-vous à Uji, à environ 30 minutes de train au sud de Kyoto, et visitez cette vieille ville de thé où l’on produit matcha et Gyokuro. À seulement quelques pas de la gare de train, vous pourrez trouver d’anciennes maisons de thé.
Shizuoka, ville de petite envergure où est produit plus de 45% du thé au Japon, mais qui propose un centre-ville coloré, ainsi qu’une multitude de microbrasseries et de cafés ! En fait, il y plus de cafés que de maisons de thé…

Jardins et maisons de thé

Vous serez probablement déçus de savoir qu’il existe de moins en moins de maisons et de salons de thé traditionnels. Ils sont peu nombreux, parfois juchés dans les étages supérieurs des édifices et donc difficiles à trouver. L’idéal est de demander aux locaux une fois sur place : ils pourront vous guider vers leurs lieux favoris. Visiter des jardins peut toutefois être un peu plus complexe, comme il est nécessaire de se déplacer en campagne et d’être présent au bon moment. En effet, si l’on s’y rend durant la saison, le producteur n’aura fort possiblement pas le temps de nous accueillir et il peut être moins intéressant de s’y rendre hors saison. De plus, les producteurs n’ont pas nécessairement les infrastructures pour le tourisme et il serait primordial d’y aller avec un traducteur.

Durant votre séjour, nous vous invitons aussi à déguster les wagashi japonais, de petites bouchées sucrées multicolores qui accompagnent à merveille le thé.

Bon voyage!

Camellia Sinensis a 20 ans : une rétrospective

11 novembre 2018

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Le 16 novembre 2018 marquera les 20 ans de Camellia Sinensis. Si vous avez suivi notre album rétrospective sur Facebook, vous aurez certainement remarqué une belle évolution depuis nos débuts – tant au niveau du décor que de nos coupes de cheveux ;)

Une approche asiatique du thé à Montréal

C’est en 1998 qu’Hugo Américi ouvre sur la rue Émery le premier salon de thé Camellia Sinensis, à Montréal (Québec). Après avoir longtemps jonglé avec l’idée d’un café-bar, il laisse finalement tomber le projet en faveur d’une entreprise axée sur une approche asiatique du thé, un concept fascinant qu’il a en rencontré l’année précédente dans les salons de Dobra Cajovna à Prague. Cette première version du Camellia Sinensis offre aux clients une cinquantaine de thés accompagnés de gâteaux, le tout servi dans une ambiance feutrée.

Curieux à propos de notre histoire? Lisez-en plus ici.

Une équipe passionnée et complémentaire

Cette même année, deux étudiants de l’UQAM, Jasmin Desharnais et François Marchand, entrent au service de la maison. Tous deux deviendront rapidement copropriétaires de l’entreprise qui fleurit et cherche à s’agrandir. Un quatrième joueur, Kevin Gascoyne, fait son entrée en venant présenter au salon sa compagnie d’importation de thés indiens (Kyela Teas). Ils ont maintenant chacun leur rôle dans l’entreprise : Jasmin s’occupe des ressources humaines et des opérations et voyage dans l’Ouest et l’Est de la Chine, François est responsable du marketing, du contenu et des technologies en plus de voyager en Chine centrale, Kevin donne les conférences internationales, s’occupe des ressources humaines à Montréal, chapeaute le Tea Studio et voyage en Inde au Népal et au Sri Lanka, alors qu’Hugo chapeaute la vision globale de l’entreprise, s’occupe de l’administration et de la distribution et responsable des achats au Japon et à Taiwan. Ceci nous donne l’avantage de cultiver autant une connaissance globale sur l’industrie du thé, qu’une expertise précise dans chacun des terroirs.

Notre soif de connaissances nous a poussé à ouvrir des boutiques et salon à Montréal et à Québec, à publier divers ouvrages, à lancer une École de thé, à créer le premier bar à chai du Québec et à lancer une fabrique expérimentale en Inde (Tea Studio).

Saviez-vous que….

  • Camellia Sinensis aurait pu porter le nom de “La théière fumante” (fiou!) ;
  • Durant les 5 premières années, les clients venaient surtout pour les chichas, les pipes à eau au tabac égyptien aromatisé ;
  • Camellia Sinensis était au départ un salon de thé. C’est suite à un mois de vacances qu’Hugo est revenu avec l’idée d’ouvrir une boutique ;
  • C’est en 2003 que nos dégustateurs ont fait leur premier voyage en Chine, durant la crise du SRAS ;
  • Camellia Sinensis possède aussi deux écoles de thé : une à Montréal, et une à Québec ;
  • L’entreprise compte maintenant une cinquantaine d’employés dévoués, en boutique, au salon, en entrepôt et dans l’administration ;
  • Camellia Sinensis offre plus de 200 thés différents, qui varient chaque année ;
  • Il y a plus de 500 restaurants dans le monde qui proposent nos thés, dont quelques étoilés Michelin! ;
  • 10 000 passionnés ont été reçus dans le cadre des ateliers de thé ;
  • 12 500 échantillons de thé ont été dégustés par les 4 propriétaires au cours des derniers 20 ans ;
  • 700 000 clients ont été servis au salon de thé de Montréal depuis l’ouverture ;
  • 32 000 kg de thé en importations privées chaque année ;

Nouvel amateur de thé? Découvrez nos assortiments – une excellente manière de découvrir ce qui vous plaît.

Passionné à la recherche de nouveautés? Inscrivez-vous à l’infolettre et suivez notre page Facebook pour être au courant des nouveaux arrivages.

Une fabrique de thé innovante : voyagez avec nous au Tea Studio!

4 octobre 2018

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Une innovation dans l’industrie du thé

Le Tea Studio est un brillant exemple d’une nouvelle approche artisanale de la manufacture de thé de qualité supérieure. Il s’appuie sur de nombreux éléments innovants de conception, de technologie, de responsabilité environnementale et sociale.

Le projet réunit des experts du thé de 3 continents. Cette micro-unité expérimentale vise une approche avant-gardiste de la fabrication du thé. Conçu pour répondre au marché en pleine expansion du thé de style «boutique» avec une grande diversité de thés faits sur mesure.

Le Tea Studio est situé dans la région indienne de Nilgiri, qui offre une excellente source de thé de type clonal et classique, cultivé sur des graines de Camellia Sinensis var.sinensis et de Camellia Sinensis var.assamica.

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Avez-vous suivi l’évolution du Tea Studio? 

En mars 2018, nous annoncions officiellement le lancement le projet, soit une fabrique de thé expérimentale située dans les Nilgiris. Les machines roulent depuis maintenant une année complète et nos quatre dégustateurs ont pris la route afin d’aller y travailler en octobre! Avez-vous goûté à nos premiers lots?

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Un itinéraire de voyage chargé!

Du 1er au 20 octobre prochain, Hugo, François, Jasmin et Kevin seront sur place afin de prendre le pouls de la fabrique de thé en action, de faire des rencontres prometteuses, d’apporter leur support à l’équipe de production et d’organiser l’évolution du projet. Au programme : beaucoup de travail sur la planche…avec une vue incroyable sur les jardins de thé!

Tea Studio 2018-44

La Chine débarque en Inde

Nous aurons la chance d’accueillir deux de nos producteurs de thé chinois favoris (M. He et M. Tang) afin de profiter de leur expertise et obtenir leurs conseils sur nos méthodes de production. D’ailleurs, M. He, producteur de plusieurs thés verts chinois classiques (HuimingJingning Yin Zhen, Bai Ye Long Jing, Long Jing Zhejiang, Long Jing Jingning Bai), nous rendra visite afin de nous aider à améliorer la qualité globale de la fabrique de thé. C’est d’ailleurs son premier voyage hors de la Chine! Comme il a travaillé un thé noir chinois transformé à la manière Darjeeling 1st flush (Huiming Hong Cha DJ-1), ce sera fort intéressant de bénéficier de son expérience sur ce type de projet. Agronome, spécialiste de la transformation, scientifique, directeur d’un centre de recherche sur le thé et dégustateur : son expertise sera grandement appréciée!

Même si la qualité de nos premiers lots dépasse déjà largement nos attentes, c’est une chance unique pour nous d’optimiser nos processus de production.

De dégustateurs à producteurs de thé?

Après 20 ans dans l’industrie du thé, Jasmin nous disait récemment avoir envie de mettre la main à la pâte! Ce sera l’occasion de le faire, alors que nos dégustateurs seront non seulement invités à déguster le thé du Tea Studio, mais à le produire. Mettrez-vous la main sur quelques grammes de nos lots #02 produits par Hugo, François, Jasmin ou Kevin?

Participer à l’épanouissement de la communauté locale

La qualité de vie de notre équipe est primordiale pour nous!

Saviez-vous que le Tea Studio amasse des fonds pour permettre l’accès à l’éducation aux filles des villages ruraux (souvent réservée au premier garçon de la famille)?

D’autre part, notre visite en Inde nous permettra également d’explorer mise sur pied d’une politique salariale favorable pour la communauté locale. C’est à suivre!

Suivez-nous sur Facebook et Instagram afin d’en savoir davantage sur le périple de nos dégustateurs de thé en Inde!

 
 

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Bienvenue dans la Série Collection.
Vous y trouverez des objets et des thés créés par les plus grands artisans d’Asie.

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