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Les conditions d’entreposage et de bonification des Pu Er

1 octobre 2009

coffre à pu er

Un coffre en fibre végétale laissant passer l’air est un bon choix pour la conservation des thés Pu Er.

Que cela soit pour les Pu Er compressés ou en vrac, les conditions de stockage de ces crus millésimés en vu d’améliorer leur maturation peuvent poser plusieurs défis de taille à l’amateur comme au collectionneur. Car si la plupart des plus vieilles galettes de Pu Er se seront bonifiées à merveille à Hong Kong, Macao ou à Taiwan dans des conditions naturellement chaudes et humides, il ne faut pas se cacher que le Canada n’est malheureusement pas un endroit aux conditions météo de prédilection pour le vieillissement de ces thés. Cela dit, il reste que le plaisir à suivre l’évolution de nos précieux “thés de garde” à la maison vaut bien l’effort à tenter de leur offrir “artificiellement”, au meilleur de nos possibilités, les conditions d’entreposage qui leur seront les plus bénéfiques. Je vous en présente ici les paramètres généraux pour quel que soit le type de Pu Er, sheng ou shou:

-Température constante variant entre 20 et 30°C ;

-Taux d’humidité relative comprise entre 50 et 80% ;

-Bonne circulation d’air ;

-Absence d’odeurs étrangères ;

-Obscurité.

Afin que les bactéries et levures présentes naturellement sur les feuilles de Pu Er s’activent et transforment le thé au fil des ans, elles nécessitent une température comprise entre 20 et 30°C et un taux d’humidité relative supérieur à 50%. Si le premier facteur ne nous pose généralement pas un problème, le second est quant à lui le principal obstacle au vieillissement du Pu Er dans notre pays. Souvent trop sec, l’air chauffé de nos maisons pendant la période froide de l’année fait “s’endormir” les micro-organismes amis dans nos galettes. Le processus de maturation se voit alors ralentit au point où il s’arrête presque. Augmenter le taux d’humidité relative est alors nécessaire que cela soit à l’aide d’un humidificateur, d’un contenant d’eau posé près des thés ou autre moyen, à condition que le troisième facteur soit absolument présent: une aération adéquate. Au même titre que le taux d’humidité de l’air ou la température, l’oxygène est essentiel à la fermentation des Pu Er. Si l’air doit pouvoir circuler entre les galettes ou les feuilles de Pu Er en vrac, l’usage de sacs ou de boîtes en plastique ou en métal est à proscrire. Et je vous met particulièrement en garde contre les humidors de fortune fermés et percés de trous où un récipient d’eau a été posé près du thé… trop souvent voit-on apparaître des traces de moisissures sur les feuilles en plus d’une odeur typiquement forte n’appartenant pas au thé. À contrario, les principaux matériaux qui “respirent” et qui ne dégagent pas d’odeurs pouvant contaminer le thé (qui a la faculté d’absorber les odeurs environnantes soit dit en passant) sont la terre cuite non émaillée, le bambou, les contenants en rotin, corde ou autre matière végétale tressée et le carton. Quelques modèles d’urnes à Pu Er sont d’ailleurs disponibles dans nos boutiques. L’obscurité est le dernier facteur d’importance, le thé s’altérant si une exposition à la lumière se prolonge pendant une trop longue période. Veuillez également noter que l’on tentera de conserver les Pu Er sheng (crus) à l’écart des Pu Er shou (cuits) afin d’éviter le mélange d’odeur.

hygrometre pu er

Un hygromètre peut être utile pour mieux évaluer les conditions idéales.

Sans trop se casser la tête, il est important de connaître les conditions nécessaires à la bonification des Pu Er. Il faut penser que le micro système artificiel que l’on tentera de créer pour ces derniers devra être maintenu au moins au cours des dix prochaines années, ce qui peut être de longue haleine… Aussi, mieux vaut qu’il soit simple et efficace pour vous quitte à ce que le processus de maturation du thé soit plus lent. Mon conseil: une boîte en carton entrouverte dans un garde-robe ou une armoire de chambre où un humidificateur est installé (50-60% d’H.R. est le taux recommandé pour la santé en général de toute manière…) fera généralement très bien l’affaire.

  1. Geneviève a dit:

    Merci Daniel pour cet article bien détaillé. Je suis bien contente de voir que je conserve depuis 5 ans mon puerh de la bonne façon. On peut quand même dire que ce n’est pas un travail trop ardu pour l’excellant résultat que ça nous donne année après année. Dans mon cas j’ai pas trop de problème avec l’humidité. Puisque j’ai un piano et que la situation idéal pour la table d’harmonie est un taux d’humidité sensiblement idem j’ai un bon humidificateur à la maison alors je réunie sans trop de problème les conditions. Je suis présentement à déguster le Xue Ya au chung tout en pratiquant le piano évidemment. Merci encore au plaisir de lire le prochain article.

  2. Daniel a dit:

    Merci Geneviève pour ton message. Je suis heureux d’entendre que musique et thé fasse une si belle paire sous plusieurs aspects! C’est vraiment merveilleux! Au plaisir de te relire!

  3. Vincent a dit:

    Ces conditions climatiques se retrouvent dans ma serre hydroponique intérieure où y pousse de fines herbes, des fleurs et, au printemps, les pousses des annuelles qui seront transplantées à l’extérieur. Suffirait de protéger le thé de la lumière… comme dans un coffre en fibre végétale. Peut-être même que ce thé pourrait acquérir une touche de l’odeur de rosée matinale qui réside dans ma serre. Merci pour cet article, je n’y aurait pas pensé autrement.

  4. Daniel a dit:

    Bonjour Vincent,
    Tout cela me semble fort bien! Quelle chance tu as d’avoir une pareille installation! En effet, il ne te restera qu’à conserver tes thés dans l’obscurité et d’assurer une bonne circulation de l’air. Seulement cet été, avec toute la pluie qu’il y a eu au Québec, mes galettes on vraiment évolué cette année… j’imagine bien que dans ta serre, ça sera fantastique! Donnes m’en des nouvelles si tu veux bien! À la prochaine!

  5. TheTea Garage a dit:

    Bonjour,

    De mon coté afin de garder une humidité la plus constante et la plus naturelle possible, j’ai placer des plantes vertes à proximité de mon “armoire à puerh”, ces plantes créent naturellement un petit microcosme humide.

    Eric pour The Tea Garage, Bruxelles, Belgique.

  6. Anne-Marie a dit:

    Hum !!! Moi j’habite en appartement au deuxième étage, que me suggérez- vous …? aussi faut -il sortir les Pu Er de leur sac de plastique quand on les reçoit a la maison …? je me demande si les mettre dans un sac de papier brun ferait l’affaire . Aussi j’ai une jar en porcelaine qui n’est pas très hermétique , serait -t-elle bien pour les Pu Er .Je sais qu’une jar en terre cuite est l’idéal , mais comme je n’ose pas mettre de thé dans cette jar et quelle ne sert qu’a ramasser la poussière me semble que, de lui donner une nouvelle fonction serait bien !!! Merci de me répondre ! :)

  7. Seb a dit:

    Bienheureux de savoir que l’univers des Pu Er vous inspire… Pour leur conservation, il existe différentes opinions sur les meilleurs conditions d’entreposage. Je suggère simplement un endroit à l’abris de fortes odeurs puisque le thé est très poreux et qu’il les absorbe facilement. Les jars en terre ont l’avantage de respirer et de garder un certain niveau d’humidité, nécessaire au vieillissement des feuilles. Simplement vous assurer que celle que vous avez offre une odeur neutre à l’intérieur. Aussi une boite en plastique perforé, en carton, ou l’idée du sac en papier sera une bonne alternative pour conserver de plus grandes quantités de galettes. Si l’endroit ou vous mettez votre thé est très humide, assurez-vous que ce soit bien aéré. L’humidité idéal semble se situer entre 40 et 70 %. Sachez que le thé vieillira aussi dans votre sac fermé, plus lentement, mais sûrement. Bonne entreposage et profitez bien du plaisir de goûter votre thé périodiquement afin de suivre son évolution. Cordialement, Sébastien.

  8. Zach Patterson a dit:

    Bonjours, j’ai une galette de thé pu er que ma mère m’a ramené de voyage. J’hésite à l’infuser à cause de son odeur de poisson. J’y ai gouté une seule fois et par chance il ne goute pas se qu’il sent! J’ai lu votre texte en diagonale pour trouver une référence à se sujet sans succès. Cette odeur provient elle de la fermentation ou d’une bactérie indésirable? Est-il encore bon? Pouvez-vous m’éclairer?

    Merci

  9. Social a dit:

    Bonjour Zach! L’odeur de poisson souvent présente dans les PuEr shou est normalement associée à un excès de fermentation ou un entreposage trop humide. Bien qu’il puisse être ardu de s’en débarrasser, cela n’est pas incorrigible. Il est rare que les odeurs déplaisantes des PuEr disparaissent en quelques jours, voir quelques semaines. Laissez reposer le tout et revenez-y à l’occasion pour observer les changements d’odeurs. Si les colonies de moisissures réapparaissent, brossez-les de nouveau pour aider les feuilles à retrouver leur flore normale.

 
 

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