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Liu An 1970 Guangdong: à la recherche du précieux thé perdu

2 février 2011

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Les origines du Liu An sont particulièrement obscures et les chinois eux-mêmes ne s’entendent pas sur ses sources exactes, ni sur ses techniques originales de transformation. Très peu d’informations sont disponibles. C’est justement son histoire complexe et ambigüe qui en fait un artéfact mystérieux et, par conséquent, fascinant! En outre, ce sont ses caractéristiques organoleptiques singulières et la qualité de certains Liu An disponible aujourd’hui. Essayons de dégager quelques bribes de son histoire et de ses caractéristiques…

Le thé en panier Liu An d’Anhui ( 安徽六安籃茶 ) est un thé vieilli (ou post fermenté) originaire de la province d’Anhui ( 安徽 ) en Chine ( 中華 ). Il se présente sous forme de feuilles compactées dans un petit panier ovale fait de feuilles de bambou. Alors qu’elles sont encore humides, les feuilles brutes sont compressées dans les paniers de 500 ou 600g puis entreposées pour vieillissement. Son goût est généralement plus doux et sa texture plus limpide que la plupart des thés Pu Er ( 普洱茶 ), avec des notes subtiles aqueuses et minérales, possiblement dues à sa transformation.

Les origines du Liu An remontraient aussi loin que le deuxième âge du thé, sous la dynastie des Song ( 宋代 , 960 à 1279 ap. J.C.). Plus tard, des textes anciens datant de la dynastie Ming ( 明代 , 1368 à 1644, troisième âge du thé) indiquent qu‘il était célèbre en ce temps-là. On y relate aussi ses vertus médicinales, entre autre pour aider la digestion. Qui plus est, il était également recommandé comme catalyseur, entre autre pour sa « nature refroidissante » au sens de la médecine chinoise, pour améliorer l’effet des plantes médicinales d’une prescription.

Il semble toutefois que les seules preuves matérielles de l’existence du Liu An ne remontent qu’à la période entre la dynastie Qing ( 清代 , 18ème/19ème siècle) jusqu’au début de la république de Chine (20ème siècle). Ils s’agit des Nei Piao (étiquettes de description de produit contenus dans les paniers) de Sun Yi Shun ( 孫義順 ), probablement la manufacture la plus célèbre, à cette époque, pour la production de Liu An. Sun n’utilisait que du maocha ( 毛茶 ) de très haute qualité, constitué uniquement de bourgeons et de jeunes pousses. Ce fut probablement un âge d’or pour ce thé jusqu’au début des années 1940. Après quoi, conséquence de l’instabilité politique et économique du pays, les manufactures fermèrent leurs portes, la production de Liu An prit fin et l’on perdit la recette de ce précieux thé.

Dès les années 1950, le Liu An a ressuscité, mais cette fois dans la province du Guangdong ( 廣東 ). Cette reconstitution s’explique peut-être par le fait que les consommateurs de thé du sud de la Chine et des provinces côtières, dont le Guangdong, étaient de grands amateurs de Liu An d’Anhui. Les versions guangdongaises de bonnes qualités post 1950 constituent des alternatives intéressantes pour avoir une idée de ce qu’est un Liu An d’origine, à prix raisonnable. Car, en effet, ceux qui voudraient connaître le vrai goût du Liu An devraient faire l’expérience d’un authentique panier pré 1940 originaire d’Anhui dont la valeur dépasse les 5000$!

C’est avec une certaine émotion que je vous invite à goûter de notre Liu An 1970 Guangdong qui, selon les descriptions des caractéristiques organoleptiques que j’ai pu recueillir, donne probablement une idée appréciable du fameux thé d’autrefois.

Bon thé!


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Pu er: thé vieilli, mais aussi thé vieux

28 octobre 2010

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Il s’agit probablement d’une des plus anciennes formes de thé encore offerte aujourd’hui, puisque son histoire remonte à la dynastie des Tang ( 唐代 ) (années 618-907), à une époque où l’on consommait le thé bouilli et ajouté à de la soupe. Pu er ( 普洱市 ) est une ville de la province chinoise du Yunnan ( 雲南 ). Autrefois, c’est par là que l’on acheminait les récoltes des montagnes avoisinantes pour les exporter ailleurs en Chine ou à l’étranger, sous forme de briques compressées, par la route du thé. Tout le thé qui transitait par Pu er était systématiquement considéré comme du thé Pu er, d’où ce nom encore utilisé aujourd’hui et qui fait l’objet d’une appellation contrôlée. D’autres provinces de Chine ainsi que d’autres pays produisent des thés postfermentés ( 黑茶 ), mais ne peuvent utiliser la mention « Pu er », bien sûr.

Bon thé!

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Un peu de lumière sur les thés sombres

20 octobre 2010

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Les thés sombres ou noirs ( 黑茶 ) (ainsi appelés par les Chinois), aussi nommés Pu Er ( 普洱茶 ), sont des thés postfermentés à oxydation non enzymatique. Nous les considérons comme une famille de thé à part entière qui se caractérise par une méthode de transformation qui consiste à faire vieillir le thé afin qu’il se bonifie avec le temps. C’est durant ce vieillissement que survient une fermentation grâce aux bactéries et aux levures qui se développent naturellement ou qui sont ajoutées sur les feuilles durant leur transformation (voir Distinction entre les Pu Er sheng et shou).

Ces thés ont des saveurs et des arômes principalement terreux, des notes minérales, de roche, d’humidité, de cuir, de légumes racines… Il s’agit ni plus ni moins d’un composte de thé, mais rassurez-vous, le thé sombre est savoureux, charnu, plein et profond et il possède d’excellentes vertus médicinales (voir Pu Er et santé).

Nos Pu Er.

Bon thé!

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