Le Blogue des thés | Camellia Sinensis

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Un thé à la frontière des genres

22 juin 2012

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Il est normalement assez aisé de distinguer à la simple vue des feuilles de thé, à quelle famille appartient celui-ci. Thés blancs bourgeonneux et duveteux, thés verts formés de petites feuilles frisées ou de grandes feuilles torsadées se déclinant en divers tons chlorophylle etc.

Mais qu’arrive-t-il lorsque cette distinction visuelle se brouille et que l’on se retrouve, par exemple, avec un thé vert uniquement composé de bourgeons blancs et floconneux? C’est une question qui s’impose à la vue du Tuyet San, étrange thé vert vietnamien qui fait son entrée sur notre carte ce printemps.

Ce thé semble être un secret bien gardé au sein des terres vietnamiennes. Absent du marché du thé de Hanoi, Hugo fut aiguillé sur la voie de cette sympathique curiosité par une méthode aussi ancienne qu’efficace pour découvrir des produits authentiques au sein des connaisseurs étrangers : le bouche-à-oreille. Quelques vendeurs de thé lui parlent d’un mystérieux thé blanc produit aux environs du village de Suoi Giang. Armé de cette piste un peu incertaine, mais décidé à tenter le coup, c’est ainsi que Hugo tombe sur cette petite merveille.

Le Tuyet San est un thé unique en son genre. Produit par une famille de producteurs possédant entre leurs mains un trésor de la nature, le Tuyet San est confectionné à partir de feuilles de théiers sauvages plusieurs fois centenaires. Récolté et transformé à la main, ce cru prend la forme de bourgeons cendrés aux reflets cuivrés qui ressemblent à s’y méprendre avec des feuilles de thé blanc. Pourtant, la transformation de celui-ci (par la présence d’une dessiccation) ne laisse place à aucun doute; il s’agit bien d’un thé vert. Côté aromatique, encore des surprises. Les feuilles sèches laissent dégager des arômes plutôt animaux et fermiers avec en arrière plan une verdeur rappelant la sève résineuse. En bouche, la texture est bien rehaussée par le duvet des bourgeons et la légère amertume est adoucie par une délicate touche sucrée. Ses arômes rappellent quelque peu le maocha de jeune Pu Er par ses notes florales et quelque peu minérales tout en laissant place à un agréable goût d’artichaut.

Une curiosité à découvrir, un voyage gustatif à ne pas manquer.

Voyages et rencontres autour du thé

18 mai 2012

Rencontre autour du thé

Nous voilà déjà dans le dernier droit de notre périple Vietnam/Taiwan. L’observatrice que je suis savoure ces scènes de vie dans lesquelles s’exposent généreusement les producteurs de thé et leur famille. Étant dans la boite depuis près de quatre ans, j’étais bien au courant de la démarche des importateurs du Camellia. J’imaginais donc facilement l’effet positif qu’allaient avoir chez moi mes premières rencontres avec les artisans du thé. Par contre, je n’avais pas anticipé l’inverse : quel impact avons nous chez eux? Je devine que beaucoup de producteurs ont peu de recul sur leur travail puisqu’ils sont collés à cette culture du thé qui fait partie d’eux. Il est vrai que cette proximité avec la tradition participe à la richesse d’un lieu puisque le savoir-faire transmis depuis de nombreuses générations suggère un produit des plus authentiques.

Par contre, les voyages sont très formateurs y compris pour ceux qui reçoivent les voyageurs de passage. Après une rencontre avec un producteur, si l’ambiance est à la découverte, Hugo a l’habitude d’offrir une dégustation comparative de quelques thés. Le Darjeeling, l’Anji Bai Cha et autres thés méconnus amènent ces artisans dans un spectre de dégustation encore inexploré. Le tout est proposé modestement dans le seul but de transmettre notre travail, notre philosophie et d’échanger davantage avec eux. En montrant le livre de la maison, nous ajoutons un aspect visuel sur les différentes techniques de transformation du thé en Asie. Souvent plusieurs discussions enrichissantes s’en suivent. Je constate fièrement qu’en se rendant chez les producteurs en Asie, les importateurs du Camellia leur partage un autre regard et participe ainsi à un certain dynamisme.

Merci!

Sabrina

Des nouvelles de Hugo et Sabrina au Vietnam

2 mai 2012

Mme Thoa, Nhai et Hiep

Voici déjà 3 ans que je n’avais pas eu l’occasion de revoir les courageuses femmes de la coopératives de Thai Nguyen. Elles sont uniques, travaillantes et très accueillantes. Dès notre arrivée nous avons eu une surprise. Ça sentait le wulong! Depuis peu, elles ont commencé, sous l’oeil avisé de M. Hsu, un taiwanais, l’apprentissage de la fabrication de wulong. Nous avons été étonnés d’apprendre qu’il y a plus de 10 ans, elles avaient déjà plantées plusieurs variétés de cultivars taiwanais (Cingxin, si ji chun, jin shuan, etc). Outre le défi d’acquérir la machinerie pour transformer le thé, il fallait en plus qu’elles apprennent à transformer les feuilles.

Et puis? Bien je vous dirais que les résultats obtenus sont encourageants. En plus de fabriquer un wulong de type taiwanais (Cingxin), de faible oxydation (20%) et aux accents floraux, vraiment très bien (nous l’aurons à la carte sous peu), elles ont exploré la voie du Bai Hao…(grand classique taiwanais). L’échantillon test que nous avons goûté est aussi prometteur. Je les ai par contre encouragées à créer LEUR wulong de type Bai Hao, d’essayer de créer une signature unique, pouvant ainsi concevoir une nouvelle voie, un autre thé et non pas juste une imitation de son confrère taïwanais. Le goût? Et bien pensez pour l’instant à un mariage entre un thé blanc, un wulong vert et noir…Texture très soyeuse, parfum infini de miel…

Merci de nous lire,

Hugo

jardin riziere

 
 

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