À la découverte des thés blancs

20 octobre 2009
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Le Bai Hao Yin Zhen, composé uniquement de bourgeons (en haut), et

le Bai Mu Dan composé de bourgeons et de leurs premières feuilles (en bas).

Il y a très longtemps, en Chine, le thé blanc aurait été une exclusivité réservée à l’Empereur tant il était précieux. On peut très bien s’imaginer le pourquoi de la chose : Avec les petites productions de l’époque, une cueillette aussi fine ne comportant que le bourgeon au duvet argenté de chaque pousse, récoltée sur une très courte période au printemps (raconte-t-on, par des jeunes femmes vierges munies de ciseaux d’argent !), ce thé valait bien son poids en or… Aujourd’hui, avec l’envergure des productions suivant la popularité et la demande croissante de ce type de thé de plus en plus apprécié par la population, nous retrouvons sur le marché des thés blancs aux grades et qualités variables, ainsi qu’aux prix certainement plus accessibles qu’à l’époque où les courtisanes impériales étanchaient leur soif à petites lampées de cette liqueur claire ! Et bien que le thé blanc fût l’affaire des Chinois depuis des centaines d’années, on voit naître de nos jours, dans certains jardins de thé d’Inde, du Népal ou d’Afrique, de petites expériences de thés blancs fort intéressantes à découvrir.

De toutes les familles de thé, c’est celle du thé blanc qui comporte le moins de manipulation lors de sa transformation: En usant des plus grands soins suivant la cueillette, les bourgeons (et premières feuilles dans certains grades) subiront uniquement un simple flétrissage de quelques heures avant leur séchage final. Ainsi, en évitant l’étape du roulage qui briserait assurément les tendres pointes argentées et aromatiques, ces dernières ne subiront pas d’oxydation à leur surface, conservant de la sorte leurs arômes fleuris et herbacés délicats.

L'étape du flétrissage des bourgeons

Le Fujian est le berceau de la production du thé blanc en Chine. Près de la ville de Fuding, sur les pentes bien exposées des montagnes Tai Mu, à une élévation de 400 à 680 mètres d’altitude, Monsieur Zhang produit pour nous des thés blancs depuis maintenant 6 ans. D’une gentillesse et d’un esprit vif et passionné, il est l’un de nos plus fidèles artisans. C’est à partir de la variété de théier Fuding Da Bai qu’il produit le Bai Hao Yin Zhen et le Bai Mu Dan Wang, respectivement à la fin mars et au début avril. Leur production est certifiée par l’organisme national OTRDC [Ecocert, depuis 2011], la culture de ces théiers n’impliquant pas l’usage de produits chimiques et fertilisants solubles. Parmi les autres thés produits par Monsieur Zhang sur notre carte, les Fuding Mao Jian et Xue Ya (verts), Bai Lin Hong Gong Fu (noir) et nos Perles du dragon (vert parfumé au jasmin).

Monsieur Zhang lors d'une visite d'un de ses jardins

Le caractère aromatique des thés blancs est délicat et parfumé. Le miel de trèfle, les fleurs comestibles, les noix fraîches, les herbes prairie fraîchement coupées, sont des arômes évoqués dans les nuances sucrées et veloutées de leur liqueur à la texture onctueuse. À relativement faible teneur en caféine et en tannins, leur infusion rafraîchissante est parfaite pour les personnes sensibles ou en convalescence, les femmes enceintes ou les enfants.  Consommé traditionnellement l’été par les Chinois pour son aspect rafraîchissant, il est dégusté à toute période de l’année comme de la journée par la plupart des amateurs occidentaux. Un thé à savourer en toute tranquillité, sans l’accompagnement de nourriture, afin de profiter de ses subtilités les plus fines et de son effet apaisant.

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