Céramistes d'ici

4 mars 2019
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La Journée internationale de la Femme approche et nous avons pensé vous faire découvrir les nombreuses potières québécoises qui enjolivent les tablettes du Camellia Sinensis, et vos espaces thé à la maison. Des artistes au talent incroyable et qui ont chacune une signature artistique bien caractéristique.

Julie Lavoie

La passion de Julie Lavoie pour le monde de la céramique naît en 2005, alors qu’elle étudie au Centre de céramique Bonsecours à Montréal. Elle y développe alors un intérêt marqué pour la porcelaine et les cuissons de haut feu.

Quelques années plus tard, elle entreprend un voyage de six mois au Japon, dans le but d’en apprendre davantage sur les types de fours à bois et les techniques de cuisson s’y rapportant. Ce voyage lui permet d’apprécier les objets du thé de façon beaucoup plus approfondie. Elle découvre également que l’objet céramique, œuvre de l’artisan, est omniprésent dans la société japonaise et elle se laisse imprégner par leur façon d’aborder la matière et de la transformer. C’est dans cet esprit qu’elle élabore une série d’objets destinés à la dégustation du thé.

La forêt est pour elle une source d’inspiration infinie: les arbres et leur présence si particulière, mais aussi le ciel sur lequel ils se découpent jour et nuit ainsi que les cours d’eau dans lesquels ils se réfléchissent. Son désir de se rapprocher de la nature lui a récemment fait quitter Montréal pour installer son atelier dans un petit village de la région de l’Estrie.

Les pièces qu’elle propose sont cuites au four à gaz, à haute température. Elle utilise des émails qui lui sont propres, fruit d’une longue recherche qui lui permet de créer un univers unique et personnel. Comme support, elle privilégie la porcelaine pour sa délicatesse, sa résistance ainsi que sa blancheur, qualités qui offrent à l’émail tout l’espace nécessaire pour raconter son histoire.

À propos de son travail, Julie explique: ” Un bol qui se moule à la paume de la main et qui s’harmonise parfaitement au contact des lèvres, pour livrer ses promesses d’arômes. Voilà toute la simple poésie d’une pièce de céramique. Les objets des arts de la table et du thé sont ceux que j’affectionne le plus, car leur présence nourrit notre quotidien.”

Makiko

Makiko Hicher-Nakamura est née à Hokkaido au Japon. Elle a habité plusieurs années en France avant de s’installer au Québec en 2011. Lorsqu’on lui demande comment elle est devenue céramiste, elle répond: “Par hasard, grâce à une petite annonce d’un atelier de céramique qui offrait des cours. J’y suis allée et j’ai adoré. Tout de suite j’ai pensé: c’est pour moi”.

Une entrée en matière toute simple, à l’image de son travail délicat, laissant place à l’intuition et au moment présent: “je laisse travailler mes mains et je me vide la tête. Le tournage, ça me met en transe.”

Les tasses et les bols sont les objets qu’elle préfère fabriquer. Pour elle, les objets du thé sont plus exigeants que les autres céramiques de la table. Lorsqu’elle les fabrique, elle est davantage consciente que ce sont des outils dédiés à un usage spécifique: “J’apprends en buvant le thé, j’analyse pourquoi ces objets sont bien ou pas. Je pratique un peu la cérémonie du thé pour mieux comprendre leur utilisation.”

Makiko aime la simplicité, la joie du quotidien. Elle aime les tasses qui tiennent bien dans la main. Plus que tout, elle aime imaginer que les gens prennent du plaisir à déguster leur thé (ou leur café) dans celles qu’elle fabrique.

Carmen Abdallah

La production de Carmen Abdallah se concentre principalement sur les objets de l’art du thé. Ce choix d’objet lui a été inspiré par son séjour de trois ans au sud du Japon (2002-2005). La fonction et l’esthétique qu’elle donne à ses objets est inspiré par les connaissances qu’elle a acquises pendant ses stages de céramique au Japon. Son travail sur la glaçure et la forme rend chaque pièce de Carmen Abdallah unique et, cependant, caractéristique du style de l’artiste.

Carmen Abdallah travaille le grès rouge et blanc qu’elle tourne au tour électrique ou au tour à pied. Elle grave, déforme et modifie les formes symétriques pour les rendre plus spontanées et organiques. Ses glaçures sont inspirées de recettes ancestrales japonaises, elles contiennent une grande quantité de cendre de bois. Elle cuit ses pièces au four électrique ou au four à bois.

En 2010, Carmen Abdallah retourne au Japon et y apprend à construire un four à bois de type anagama. Depuis, elle cuit ses pièces dans le four qu’elle a construit au Québec. À propos de ce processus, Carmen explique: “Cette méthode me fascine et je suis profondément concentrée sur les effets de cendres et de flammes dans une telle cuisson. Il donne de beaux résultats de cendres de bois fondues sur les pièces qui ressemblent à du verre. Ce processus rend chaque pièce encore plus unique et même héroïque d’avoir affronté et survécu à une telle chaleur et atmosphère pendant 24 heures ou plus.”

Nadine Desmarais

En s’intéressant davantage à son histoire, on s’aperçoit que la potière a un riche passé artistique : travail en présentation visuelle, en publicité, puis études en photographie. On saisit alors cette maturité dans une discipline toute récente. « J’ai cherché à m’exprimer de plusieurs façons au cours de ma vie (…) C’est toutefois à travers l’argile que je retrouve aujourd’hui une liberté intérieure depuis laquelle jaillit ma créativité ».

Grande amoureuse de la Gaspésie, ce n’est pas un hasard si les céramiques de Nadine Desmarais ont un fini nacré et une douceur inspirée des bords de mers.

Catherine de Abreu

La céramiste lavalloise Catherine De Abreu préconise une approche contemporaine pour les objets qu’elle confectionne. Juste avant la troisième cuisson de ses céramiques, l’artiste appose des décalques au laser qui ajouteront la signature ultime de l’objet: la méduse.

Pourquoi cette créature? “Il n'y a pas de raison spécifique... je trouve cet animal marin fascinant, il nous séduit par sa beauté”.

Stéphanie Blanchet

La céramiste québécoise Stéphanie Blanchet crée principalement des pièces utilitaires pour agrémenter et partager les rituels quotidiens de la vie. Son style vibrant exprime “ (...) la passion, la joie et la richesse que me procure mon travail.” Et c’est justement l’impression que nous avons. Une petite bombe d'énergie qui habite maintenant en Gaspésie!