Hommage aux cueilleuses

1 avril 2009
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Si dans certains pays producteurs les récoltes mécanisées prédominent, la cueillette manuelle reste le meilleur moyen d'assurer une qualité supérieure de cueillette pour le thé. Que cela soit en Chine, en Inde, à Taiwan ou au Japon (pour les plus hauts grades de thés), ce sont les femmes, jugées plus patientes et minutieuses, à qui reviendra la précieuse tâche de récolter les bourgeons et les premières feuilles des théiers. Sans elles, nous ne saurions retrouver d'infusions aussi aromatiques, issues de si belles et tendres pousses. Selon les régions productrices, de février à novembre, s'échelonneront maintes récoltes. 

 

 

Qu'elles soient membre de la famille possédant un petit jardin de thé, employée d'une équipe de cueilleuses à contrat ou habitante du village adjacent à un domaine de production de thé, leur travail se réalisera du petit matin jusqu'à ce que le soleil cuisant leur demande de s'abriter à la fraîcheur de l'ombre. Pendant ces 6 à 10 heures de travail par jour, jusqu'à 60 kilos de feuilles fraîches pourront être récoltées par chaque cueilleuse, ce qui donnera environ 12 kilos de feuilles séchées après leur transformation. Selon le type de cueillette, avec toute la minutie du savoir-faire, la jeune pousse sera prise entre l'index et le majeur de chaque main avant d'être segmentée par le pouce puis rabattue dans la paume pour finalement être jetée dans le panier ou la hotte tenu dans le dos de la cueilleuse ou suspendu à son cou. Un geste que ces femmes reproduiront environ 10000 fois quotidiennement!

 

 

Mis à part quelques cas spécifiques où les cueilleuses seront payées à la journée ou à l'heure, la plupart d'entre elles verront leurs paniers se faire peser avant d'obtenir le salaire qui leur revient. Les feuilles précieusement amassées seront par la suite transportées le plus rapidement possible à la manufacture (où sont les hommes d'ailleurs!) pour leur transformation. Il faut dire que les producteurs de thé de qualité devront prendre le soin de bien former et traiter leur personnel, tant pour la cueillette que pour la transformation, afin de s'assurer de la finesse de leur travail. Fait intéressant: au cours de nos voyages en Asie, nous avons plus d'une fois constaté qu'une corrélation entre l'ambiance joyeuse et décontractée des cueilleuses et la qualité supérieure du thé produite dans un même jardin allait souvent de pair...

 

 

Quoiqu'il s'agisse d'un travail simple mais dur physiquement, il n'est pas rare de voir des femmes d'âge mûr s'adonner à cueillir dans les jardins. La réputation de ces dernières est d'ailleurs presque mythique: elles seraient alors au sommet de leur art... À Taiwan, la doyenne des cueilleuses, ayant oeuvré dans le domaine toute sa vie durant, aurait d'ailleurs près de 85 ans! Mais qu'elles soient jeunes ou plus âgées, de Chine, de l'Inde ou d'ailleurs, elles sont presque toutes aussi coquettes les unes que les autres: Habillées de leurs voiles, saris, chapeaux, elles joignent l'utile de la protection envers les éléments à l'agréable d'être sous leur plus beau jour... même au fond de la campagne verdoyante! Alors, à vous toutes qui cueillez les précieuses feuilles qui nourrissent la passion au fond de nos tasses, je vous remercie mille fois, au nom de tous les amateurs de thé!

 

Eh non, pour ceux qui ne le savaient pas, les singes ne cueillent pas les feuilles de thé

comme le laisse croire une légende chinoise...!!! Dommage pour les rêveurs! :D