Le cultivar du Bai Ye et la beauté du thé vert

28 avril 2020
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Malgré le poids de la tradition, le monde du thé vert évolue très rapidement en Chine. D’ailleurs, les dernières années ont été très mouvementées. Sur le plan de la botanique, de nombreuses expérimentations ont eu lieu pour créer de nouveaux cultivars susceptibles d’offrir un meilleur rendement ou de produire des thés au goût du jour.

Le Bai Ye no 1 est l’un de ces nouveaux cultivars en vogue. On le cultive depuis les années 1990 seulement, mais déjà sa renommée dépasse largement le comté d’Anji, dans le Zhejiang, où il a été développé. Son nom, qui signifie « feuille blanche », lui a été donné en raison de ses feuilles jaune pâle, presque blanches, pourvues d’une nervure centrale verte.

En le comparant à d’autres théiers, la différence est évidente. Au début de la saison de cueillette, les parcelles plantées de Bai Ye no 1 se remarquent de loin par leurs reflets dorés. Plus tard dans la saison, lorsqu’elles sont plus matures, les feuilles retrouvent l’éclat vert forêt typique des autres cultivars.



Cette couleur surprenante n’est pas le seul intérêt de ce cultivar. Ses feuilles ont aussi la particularité de produire des infusions moins tanniques, comme c’est le cas notamment pour l’Anji Bai Cha. Avec ses belles feuilles en aiguilles de pin et son goût délicat, l’Anji Bai Cha est vite devenu un thé très populaire. Tellement qu’aujourd’hui les producteurs du nord du Zhejiang ne parviennent plus à répondre à la demande. Chaque année de nombreux producteurs d’autres provinces, cherchant à profiter de cet engouement, défrichent la forêt pour augmenter la superficie des jardins et plantent à leur tour du Bai Ye no 1 pour produire de l’Anji Bai Cha.



Si, en quelques années seulement, le thé Anji Bai Cha est devenu un incontournable en Chine, c’est aussi en raison de sa belle apparence. En effet, les Chinois sont fascinés par l’aspect esthétique du thé. En plus d’apprécier la forme et la couleur des feuilles, ils sont sensibles à leurs mouvements dans l’eau. Les feuilles qui restent parallèles à la paroi du verre sont les plus recherchées.

Le Bai Ye no 1 satisfait tellement bien à ces exigences esthétiques que les producteurs ne veulent pas cultiver le Bai Ye no 2, développé récemment par des chercheurs. Les feuilles de ce dernier cultivar, affirment les producteurs, ne se déploient pas d’une aussi belle manière dans l’eau que celles du Bai Ye no 1 !


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