Le projet de rencontre Himalaya-Japon : deuxième partie – Thé de printemps 2011 (Inde)

29 juin 2011
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Notre projet d’échange entre producteurs de thé japonais, népalais et indiens a été un grand succès, bien au delà de mes attentes.

Une fois établis à Fikkal, nous avons passé une partie de la nuit à visiter les installations de la grande usine de la coopérative Nepal Small Tea Farmers alors que les feuilles fraîches, récoltées la veille, flétrissaient dans les auges. Dès le petit matin, les feuilles sont passées par l’étape du roulage et ont subi ensuite le reste du processus de transformation. Depuis le début, les questions se succèdent et l’on entend les gribouillages incessants de nos visiteurs qui notent les moindres détails des opérations. Enthousiasme inspirant et contagieux!

La petite usine, située à seulement 15 minutes en voiture, a été construite dans le but d’expérimenter la production de thé vert. Il s’agit d’un petit bâtiment construit en 1999 et équipé avec des machines légères, de conception japonaise, développées pour produire des thés népalais de haute qualité pour le marché spécialisé. Voilà qui concorde tout à fait avec le type d’installation dont Monsieur Iwata a l’habitude; nous avons donc passé la plus grande partie de notre temps dans cette petite usine qui peut produire du thé vert, blanc, noir et wulong.

Les conditions climatiques et le type de théiers utilisé ici, des clones de souche Darjeeling, donnent un matériel végétal bien différent de celui utilisé au Japon avec les mêmes machines. Nous espérions donc améliorer le processus de transformation du thé vert grâce à la longue expérience générationnelle de Monsieur Iwata et les profondes connaissances scientifiques de Monsieur Takeda. En même temps, Monsieur Iwata tente de produire du thé noir au Japon depuis plus de 10 ans, il avait donc beaucoup de questions pour notre expert indien, JP, à savoir comment la transformation peut être améliorée. C’était impressionnant de voir combien chacun était humble devant leurs problématiques et combien ils se montraient généreux de partager le plus d’information possible en échange.

Pendant quelques jours, nous avons fait du thé noir le matin et du thé vert l’après midi. Tout le temps que nous avions entre les deux était consacré à la dégustation et à l’analyse des thés que nous avions faits et les échantillons que nous avions apportés avec nous. Il était question, entre autre, de l’ajustement et de l’entretien des machines ainsi que des technicités à propos de la plantation. Bien sûr, nous buvions aussi des litres de thés! Malgré que nous soyons intensément concentrés à la transformation du thé, l’atmosphère de travail restait serein et joyeux. Afin de casser le rythme, nous nous étions imposé la « règle des 15 minutes » : toutes les 2 ou 3 heures, nous devions parler d’autre chose que de thé. Cela a probablement grandement aidé à la qualité de l’atmosphère.

Monsieur Takeda, notre créateur de plante, avait apporté avec lui 15 théiers issus d’un clone qu’il a personnellement développé, appelé Okumidori. C’est le résultat d’une hybridation entre les cultivars Yabukita et Shizu Zai 16; il a été conçu pour résister au froid et aux conditions climatiques difficiles. Il a pensé que cette plante fonctionnerait bien ici et qu’elle donnerait éventuellement de bonnes feuilles pour le thé vert. Des théiers traditionnels japonais de type Yabukita avaient déjà été utilisés dans le cadre de ce projet, mais ils avaient tous péri. Les nouveaux théiers de Monsieur Takeda étaient donc les bienvenus! Nous en avons tous planté un et je suis déjà impatient de revenir voir leur progression lors de ma prochaine visite…

Laissant le Népal derrière nous, nous avons pris la route vers les plaines de Dooars, une région productrice de thé moins connu en Inde. Monsieur Takeda avait demandé une visite dans une usine CTC pour prendre quelques images pour les archives de la télévision japonaise. Nous avons donc organisé un rendez-vous à la plantation de Leech River… À suivre!

Kevin,
votre envoyé spécial au Népal.

Traduction : François Alexis Roy